INFLUENCE DE LA COMPOSITION CHIMIQUE DU MILIEU FILTRATION A LA BOUGIE
Culture de l’Aspergillus niger sur liquide Raulin
360. — La culture du ferment acétique, dans laquelle on utilise un milieu acide; celle du ferment butyrique, où l’on joint l’action d’une température relativement élevée à la suppression de l’oxygène, ont déjà montré l'influence des conditions ambiantes sur le développement de certains organismes. La culture de YAspergillus niyer sur le liquide de Raulin permet d’étendre cette notion ; l’influence de la composition du milieu nutritif est si grande dans ce dernier cas qu'il est possible d’obtenir le développement exclusif de Y Aspergillus, sans avoir besoin de recourir à la stérilisation préalable du liquide.
Le liquide dont la formule a été indiquée par Raulin présente cette particularité de fournir sous une forme minérale simple tous les éléments nécessaires à la vie de ce végétal; il faut, bien entendu, excepter le sucre qui apporte le carbone et l’hydrogène, et dont une partie fournit par sa combustion l’énergie nécessaire au développement de la plante, et l'acide tartrique qui a pour but de donner au milieu la légère acidité favo-
CULTURE DE l’aSPERGILLUS NIGER
rable aux moisissures Lelles que Y AspergilLus. Il esl facile d’étudier l’influence d’un élément donné en le supprimant de la composition du milieu et examinant le développement du végétal dans ces conditions. On peut ainsi déterminer facilement le rôle de l'acide phosphorique et celui de la potasse.
361. — Pour cela, on prépare d’abord les solutions suivantes, au moyen de produits bien purs :
1° Acide tarlrique à 2sr,667 °/0
et carbonate de magnésium à.. 0^,267 °/0
2° Nitrate d’ammonium à 2^,667 °/0
3° Phosphate d’ammonium à 0er,4°/o
4° Carbonate de potassium à 0fcr|‘,4°/o
o° Sulfate d'ammonium à 0b'r,167 °/0
6° Sulfate de zinc à 0&r,0467°/o
7° Sulfate de fer à 0Br,0467 °/0
8° Silicate de sodium à 0tr,',0467 °/0
et enfin, une solution de 35 grammes de saccharose dans 150 centimètres cubes d’eau distillée.
Pour obtenir le liquide Raulin complet, on verse dans un matras 50 centimètres cubes de la solution sucrée, et on y ajoute 25 centimètres cubes de chacune des huit solutions indiquées, en agitant pour mélanger le tout. On obtient ainsi 250 centimètres cubes de liquide que l’on versera dans une cuvette à photographie en faïence du modèle 13 X 18.
Si on désire préparer le Raulin sans potasse, on opère exactement de même, mais en remplaçant les 25 centimètres cubes de solution de carbonate de potassium par 25 centimètres cubes d’eau distillée, ou de solution de carbonate de sodium à 0,3 °/0.
Enfin, pour avoir du Raulin sans acide phosphorique ,
2!)'l INFLUENCE DE LA COMPOSITION CHIMIQUE DU MILIEU
on opère comme pour le liquide complet, maison remplace les 25 centimètres cubes de solution de phosphate d ammonium par 25 centimètres cubes d’une solution de sulfate d'ammonium à 0,4 °/0.
362. Les trois liquides sont versés dans trois cuvettes; on les ensemence en versant dans chacune 10 gouttes d’une suspension de spores d'Aspergillus niger dans un peu d’eau.
On agile pour répartir uniformément les spores et on place les cuvettes à l’étuve à 37°. Il est bon de placer au-dessus une lamede verre posée sur une baguette de verre recourbée en forme de V, de manière à permettre une bonne aération, tout en s’opposant à une trop grande évaporation du liquide.
“ïüieï«“ spores" On voit au bout de vingt-
quatre heures le mycélium blanc commencer à se développer; après trois à quatre jours, le développement est entièrement terminé et on a une galette épaisse et résistante sur le liquide complet; sur les deux autres liquides se voient seulement des ilôts d’un mycélium mince et peu cohérent. On peut d’ailleurs enlever ces mycéliums, les laver, puis les égoutter et les sécher à l’étuve jusqu’à poids constant. Le rapport des poids obtenus donne une idée de
SÉPARATION DES DI A. STASES ET DES MICROBES 295 l’importance de l’élément supprimé pour le développement du végétal.
Au microscope, la moisissure présente l'aspect indiqué ci-contre (fig. 47).
Séparation des actions diastasiques et des actions microbiennes
363. — Dans les fermentations étudiées antérieurement, on ne s’est pas préoccupé du mécanisme des réactions observées. Les transformations chimiques des substances introduites dans les milieux de culture peuvent être dues soit à des diastases, soit à l’action directe du protoplasma vivant; souvent, une décomposition résultera de l’influence successive d'une ou plusieurs diastases, pouvant être suivie d’une action protoplasmique. Pour séparer ces deux phénomènes, on aura recours à un procédé mécanique tel que la centrifugation ou la filtration, qui fournira un liquide actif si l’activité est due à une diastase, inactif dans le cas contraire.
• Il y a des cas où la diastase est si intimement liée au protoplasme qu’il faut recourir à un broyage préalable des cellules avant de filtrer ou de centrifuger.
La méthode la plus généralement employée pour séparer les diastases des microbes qui les produisent est la filtration, à travers la bougie de porcelaine. On emploie la filtration, non seulement dans le but qui vient d’être indiqué, mais encore lorsque l’on veut faire agir les diastases dans des conditions rigoureuses d’asepsie, de manière à se mettre à l’abri des causes d’erreur provenant de l'ingérence des bactéries.