Les matières organiques, chauffées avec une
niiClIERCllE DE l’azote
dissoliilion sulfurique d’acide chromique, réduisent ce dernier et la couleur jaune du mélange vire au vert (formation de sulfate de chrome vert).
On place dans un tube à essai une petite quantité de substance (queb{ues centigrammes suffisent), puis on verse 3 centimètres cubes d’acide sulfurique pur, 1 centimètre cube de bichromate de potassium à 2 on agite pour mélanger.
Si la coloration jaune persiste, on chaulfe peu à peu mais sans atteindre l’ébullilion du liquide.
Une coloration vert olive ou vert franc indique la présence du carbone (à condition qu’il n’existe pas en même temps de substances minérales réductrices).
Recherche de l’azote
4. — En général, les substances azotées dégagent lorsqu’on les chaufle fortement une odeur de corne brûlée, mais cette indication ne peut suffire; On recherche l’azote en le transformant soit en ammoniaque, soit en cyanure.
5. — T7'ansf ormation de l'azote en aimnoniaque pat la chaux sodée (Will et Warrentrapp). On chauffe au rouge sombre, dans un tube, une petite quantité de substance (0”'',2 environ) avec 3 à 4 grammes de chaux sodée. L’orifice du tube étant soigneusement essuyé avec du papier, pour enlever les parcelles de chaux adhérentes, on y présente un fragment de papier de tournesol rouge préalablement mouillé; ce papier bleuit sous l’action de l’ammoniaque si la substance est azo-
HECIlKIiCIlE ET DOSAGE DES ÉLÉMENTS
lée. Ou peut aussi reconnaître l’ammoniaciue à l’odeur et aux fumées blanches de chlorure d’ammonium qui se forment si on approche de l’ouverture du tube un agitateur mouillé d’acide chlorhydrique concentré.
Pour les réactions de l’ammoniaque, voir 528.
6. — Transformation de l'azote en cyanure imr le sodtwm (Lassaigne). On emploie un petit tube à essai de 10 centimètres de longueur sur environ 5 millimètres de diamètre, dans lequel on introduit un petit fragment de la substance à essayer (de la grosseur d’une graine de moutarde) et un fragment de sodium quatre fois plus gros. On chaulîe doucement jusqu’à fusion du métal, puis jusqu'au rouge sombre. Onplonge le tube encore chaud dans 3 à 5 centimètres cubes d’eau contenus dans un verre. Le tube se brise; on délaie son contenu dans l’eau, on filtre et on lave le résidu avec 1 centimètre cube d’eau.
Il est essentiel, dans cette opération, de ne jamais tourner l’orifice du tube vers le visage, afin d’éviter les projections toujours possibles et dangereuses de sodium. Le chaulfage doit être poussé jusqu’à destruction totale des substances goudronneuses, afin d’avoir une solution incolore.
En présence du sodium, le carbone et l’azote de la matière organique donnent naissance à du cyanure de sodium, qui se dissout ultérieuremenl dans l’eau. On reconnaîtra la présence de ce corps par les réactions suivantes ;
7. — La moitié du licpiide filtré est chauffée très légèrement avec un petit cristal de sulfate ferreux
liRCIIEBCHE DE l’aZOTE 5
(comme une lôLe d’épingle ou un grain de mil au plus) en as'ilanl à l'air. La solution, c|ui doiletre alcaline, est refroidie, puis nettement acidifiée par l’acide chlorhydrique étendu, en présence d’un fragment de papier de tournesol ; la formation d’une coloration ou d'un précipité bleu (bleu de Prusse dû à 1 action du ferrocyanure sur l’excès de sel de fer qui s’est peroxydé) indique que la substance essayée est azotée. Si la coloration ne se produit pas, on ajoute une goutte d’une solution étendue de chlorure ferrique, afin d’être certain qu’il y a du fer au maximum. Si l’on a un doute, on peut filtrer le liquide bleuâtre sur un petit filtre qui arrête le précipité et se teint en bleu.
8. — L’autre moitié de la solution est portée à l’ébullition pendant une à deux minutes avec 3 ou 4 gouttes de solution de sulfure d’ammonium jaune; après refroidissement, on acidifie par l’acide chlorhydrique étendu, on fait bouillir pour chasser l’hydrogène sulfuré, on filtre pour enlever le soufre qui rend le liquide laiteux et on refroidit complètement; en ajoutant goutte à goutte une solution diluée de chlorure ferrique, on obtient une coloration rouge, si la matière est azotée.
La méthode au sodium est plus sensible que celle à la chaux sodée, excepté dans certains cas (alcaloïdes oxygénés (').
(>) Ces méthodes ne conviennent pas pour la recherche de l'azote dans les composés organiques nitrés, bien entendu. Ceu.x-ci se reconnaissent à ce qu’ils donnent lieu par chaufl'age à la production de vapeurs nitreuses, souvent avec détonation.
RECIIEnCITE ET DOSAGE DES ELEMENTS
Il est nécessaire d’éviter les dilutions, en prenant juste les quantités d’eau ou de réactifs slrictcment indispensables.
Recherche du soufre
9. — La présence du soufre peut être constatée par sa transformation soit en sulfure, soit en sulfate, que l’on caractérise ensuite.
T rems for mat ion dit soufre en suljure de sodium. On peut transformer le soufre organique en sulfure de sodium en opérant comme pour la recherche de l’azote par le sodium (ci-dessus, ^ 6).
La solution alcaline obtenue après fdtralion est additionnée de quelques gouttes d’une solution étendue de nitroprussiale de sodium : une coloration violette indique la présence du sulfure.
10. — Transformation dusoufre en sulfure de plomb. Cette réaction n’est possible qu’avec certains composés, comme les matières protéiques, la cystine, etc.
On verse dans un tube à essai quelques gouttes de solution d’acétate de plomb, puis assez de solution de soude à 10 ®/o pour redissoudre l’hydrate de plomb (jui se précipite d’abord. On ajoute la substance et on fait bouillir doucement pendant quelques minutes; nue coloration noire (due au sulfure de plomb) indique la présence du soufre.
Cette réaction est moins sensible que la précédente, car une partie seulement du soufre organique est transformable en sulfure de plomb par ce procédé.