CHAPITRE XIV
AMIDES
Caractères de l’asparagine
322. — L’asparagine est très répandue dans le règne végétal, en particulier dans les organes en voie decroissanee rapide (bourgeons, germes).
Ce corps est l’amide de l’acide aspartique ; il se présente en beaux cristaux incolores et transparents, peu solubles dans l’eau froide (2 “/o environ), beaucoup plus solubles à chaud.
La solution d’asparagine, additionnée d’acétate cuivrique en solution saturée, donne un précipité cristallin, bleu ciel, d’asparaginatede cuivre, apparaissant au bout d’un certain temps. Sa formation est favorisée par l’agitation.
Hydrolyse de l’asparagine et formation d’aspartate cuivrique
323. — On verse dans un tube à essai 10 centimètres cubes d’une solution d’asparagine à 2 on ajoute trois pastilles de potasse et on place au bain-marie
AMIDES
bouillant pendant vingt à trente minutes, lise dégage de l’ammoniaque facile à reconnaître (odeur, papier de tournesol rouge qui bleuit). Au bout de ce temps, on neutralise exactement par l’acide acéti(pje cristallisable, puis on ajoute 1 à 2 centimètres cubes d’une solution d’acétate cuivrique à 10 "/o 1 par refroidissement, on a une cristallisation d’asparlate de cuivre peu soluble, d’un beau bleu clair (favorisée par amorçage et agitation).
Dosage de l’asparagine
324. — On maintient pendant une heure au bainmarie bouillant un mélange de 20 centimètres cubes de la solution d’asparagine à doser avec 2 centimètres cubes d’acide chlorhydrique concentré. L’asparagine est changée en acide aspartique et la moitié de l’azote qu’elle renferme donne du chlorure d’ammonium suivant la formule :
COOH-CtlNH2-CH2-CO^q^2 + IICI 4- H20
= C00H-CH.\H2-Cn2-C00H + NHiCl.
On verse le liquide dans le ballon de l’appareil d’Aubin pour le dosage de rammoniaque, on ajoute les eaux de lavage du matras, puis assez d’eau pour amener le volume à 200 centimètres cubes, et enfin 10 centimètres cubes de lessive de soude. On fait bouillir et on titre le liquide ammoniacal qui distille, en j)résence d’orangé, au moyen d’acide sulfurique N/5, comme pour le dosage de l’azote. Chaque centimètre cube d’acide employé correspond à
CARACTÈRES DE l’uRÉE
d’ammoniaque ou à O^^OSO d’asparagine cristallisée
Ce dosage n’a de valeur que si on ne se trouve pas en présence de corps susceptibles de donner de l’ammoniaque par chauirage avec l’acide chlorhydrique.
Caractères de l’urée. — Recherche de l’urée dans l’urine
325. — Formation du nitrate d'urée. Dans une petite capsule de porcelaine, on évapore au hain-marie 4 à 5 centimètres cubes d’urine jusqu’au volume de 1 centimètre cube environ (pas à sec). On refroidit et on ajoute 1 centimètre cube d’acide nitrique : il se produit immédiatement une masse cristalline blanche de nitrate d’urée, formée de lames transparentes (examiner au microscope).
326. — Formation du'biuret. Dans un tube à essai, on chauffe une petite quantité d’urée (O^^IO environ) jusqu’à fusion et on maintient un instant à cette température. Il se dégage de l’ammoniaque et la masse se solidifie; le biuret se forme par la réaction :
n?s’II2
Ntl 3 -f-
CO
CO
^NH2
)Nn
nNH2
Laisser refroidir, puis reprendre le résidu blanc par 2 centimètres cubes d’eau; chaulïei- légèrement au besoin pour dissoudre, puis ajouter 1 c.enlimètre cube de soude à 10"/„ et, goutte à goutte, une solution de
AMIDES
sullale de cuivre à 1 '*/„ : les premières gouUes produisent une coloration rose violacé, tirant ensuite sur , le bleu par addition ultérieure du sel de cuivre.
Dosage de l’urée dans l’urine
327. — Dosage par Vhypohromite. Ce dosage est basé sur la décomposition de l’urée en acide carbonique, azote gazeux et eau, sous l’inlluence de l’hypobromite de sodium, d’après la réaction :
sNH2 + ^^'aOBr + 2NaOH =
2N + Na2CQ3 + 3NaBr SH^O.
En milieu alcalin, l’azote se dégage seul; on mesure son volume et on en déduit la richesse en urée.
On doit se rappeler qu’il ne se dégage ainsi ([ue les 92/100 de l'azote de l’urée ; si qn opère en présence de sucre, saccharose ou glucose, on obtient la totalité de l’azote correspondant à l’urée. On doit donc opérer en présence de sucre, ou bien multiplier le résultat trouvé par 100/92; il n’y a pas lieu de faire cette correction dans le cas des urines fortement diabétiques. 11 faut savoir aussi que dans le dosage de l’urée contenue dans l’urine, il existe une cause d’erreur en plus due à ce que l’hypobromite décompose également d’autres substances azotées, les sels ammoniacaux, la créatinine, etc. On trouve donc un peu plus d’azote que n’en fournirait l’urée seule. Dans la pratique ordinaire, cette cause d’erreur, assez faible, est ordinairement négligée.
DOSAGE DE l’urÉE DANS l’uRINE
328. — L’appareil employé se compose d’une cloche à gaz graduée en centimètres cubes et dixièmes de centimètres cubes, portant un renflement au voisinage de l’ouverture, et d’une capacité totale d’environ 35 centimètres cubes (G. Bertrand). On commence par mouiller intérieurement la cloche, on l’égoutte et on y fait couler suivant une génératrice, au moyen d’une pipette, 10 centimètres cubes de la solution d’hj^pobromite('), puis doucement et sans mélanger, 5 centimètres cubes d’une solution de soude à 4 "/o (soude normale) ou d’eau sucrée à 10®/ qui surnage, et enfin 1 centimètre cube d’urine exactement mesurée, qui surnage à son tour les couches précédentes. Redressant l’uréomètre, on lit le volume total occupé par le liquide [fig. 31) et on note ce volume. On bouche solidement avec le pouce, on retourne deux ou trois fois pour mélanger et, quand le dégagement de gaz a cessé, on retourne l’instrument sur la cuve à eau, puis on retire le pouce et on laisse écouler l’excès d’hypobromitc. On plonge complètement l’éprouvette.
Fie. 31. — Uréomèlre.
(') La golulion d’iiypobroinite s’obtient en faisant dissoudre i centimètre cube de brome dans 7 centimètres cubes de lessive de soude à GG" B., préalablement étendue de 215 centimètres cubes d'eau.