CHAPITRE XV
PROTÉIDES ET DÉRIVÉS
Généralités sur les protéides
331. — Les proléides sont, par définition, des composés d’une protéine avec un groupement prosthétique de nature variable. On peut classer les principaux d’entre eux, d’après la nature de ce groupement, en :
Glncoprotifides, lorsque le groupement prosthétique est formé par un hydrate de carbone azoté, le plus souvent la glucosamine.
Phosphoprotéides, formés par l’union d’une protéine avec un groupement phosphoré.
MétallojjrotéideSy composés d’une protéine et d’un complexe contenant tantôt du fer, tantôt du cuivre, du manganèse, du vanadium, etc.
Leurs propriétés sont variables d’un groupe à un autre.
Glucoprotéides
332. — Les glucoprotéides sont solubles dans l’eau et leurs solutions sont incoagulables par la chaleur. Ils
PnOTÉiDES ET DÉRIVÉS
possèdent des propriétés légèrement acides et se dissolvent dans les alcalis en donnant des solutions viscpieusesqui sont en général précipitées par les acides.
CliaulTés pendant quelques heures avec des acides minéraux étendus, les glucoprotéides sont hydrolysés avec mise en liberté de glucosamine et le liquide réduit le réactif cupropotassique.
333. — Si on chauffe la solution d’un glucoprotéide, additionnée d’un peu de soude, pendant quelques instants, et si on l’additionne ensuite d’une solution de p-diméthylaminobenzaldéhyde à 2 dans l’acide chlorhydrique à 10 "/„, jusqu’à ce que la réaction redevienne acide, il se produit une coloration rouge violacé, qui augmente par chauffage.
On distingue deux .groupes de ces protéides : les mucines, insolubles dans l’eau, qui sont précipitées de leurs solutions naturelles ou alcalines par l’acide acétique, et les mucoïdes solubles dans l’eau, non précipitables par les acides.
Préparation de la mucine
334. — La mucine existe dans un grand nombre de glandes des voies respiratoires (trachée) et du tube digestif; on l’extrait facilement des glandes salivaires. Pour la préparer, on peut faire macérer la glande sousmaxillaire d’un bœuf, bien broyée, avec 20 parties de soude à 0,1 "/o- Agiter souvent et, après une demi-heure de contact, passera travers une mousseline, puis fdtrer sur papier Chardin.
Précipiter le liquide filtré parla (juanlité juste néces-
PRÉPARATION DE l’OVOMUCOÏDE
saire d’acide acétique, goutte à goutte, en agitant. Le précipité recueilli sur un filtre et lavé donne les réactions xanthoprotéique, du biuret, de Millon, glyoxylique ainsi que la réaction colorée indiquée ci-dessus (5< 333). Il est soluble dans la soude ou l’acide chlorhydrique dilués.
Bouilli avec l’acide chlorhydrique à 6 ou 8 "/o pendant une à deux heures, il donne un liquide qui réduit la liqueur de Fehling (chlorhydrate de glucosamine).
Préparation de Tovomucoïde
335. — Le blanc d’œuf contient, à côté de l’albumine et de la globuline, une petite quantité d’un protéide incoagulableappartenantau groupe des glucoprotéides; c’est l’ovomucoïde, qui diffère des mucines en ce qu'il n’est pas, comme celles-ci, précipitable par les acides.
Pour le préparer, après avoir cassé deux œufs, on sépare les blancs des jaunes et on délaye ces blancs avec 4 fois leur volume d’eau. On acidulé par l’acide acétique et on porte à l’ébullition, en agitant, pour coaguler les protéines. Lorsque le liquide bouillant est devenu clair, on filtre à travers un filtre à plis, et la solution d’ovomucoïde qui passe est concentrée au bain-marie, dans une capsule de porcelaine, jusqu’à moitié de son volume. On la sature alors, à chaud, de sulfate d’ammoniaque pulvérisé, qui précipite l’ovomucoïde, puis on filtre le liquide bouillant. On peut aussi précipiter la solution fortement concentrée par 4 à 5 volumes d’alcool à 96“. On vérifie que le précipité donne les réactions xanthoprotéique, du biuret, de Millon, et celle du diméthylaminobenzaldéhyde.
PROTIÎIDES ET DÉRIVÉS
336. — Caractérisation de la glucosamine. Le précipité restant est dissous dans 25 centimètres cubes d’acide chlorhydrique ù 10 ‘’/o5 verse la solution dans un ballon muni d’un long tube qui sert de réfrigérant et on fait bouillir doucement pendant 3 heures. Le liquide est devenu réducteur. On neulrali.se, on filtre, et sur 5 centimètres cubes on détermine approximativement le pouvoir réducteur, que l’on exprime en glucose.
On ajoute alors, pour chaque gramme de sucre calculé, 10 centimètres cubes de chlorure de benzoyle et 100 centimètres cubes de soude à 10 ®/„ ; on agite vigoureusement, et on voit se former un précipité blanc debenzoyl-glucosamine que l’on peut recueillir sur un filtre, laver et sécher.
Phosphoprotéides
337. — Les phosphoprotéides doivent à la présence d’un groupement phosphoré leurs propriétés acides. Ils sont solubles dans les alcalis dilués et reprécipités de leurs solutions par les acides étendus.
On les divise en deux groupes : les para ou pseudonucléoprotéides, qui ne contienncntpas dans leur molécule de bases puriques liées à l’acide phosphorique, et les nucléoprotéides vrais, dédoublables avec formation d’un acide nucléique.
338. — Le premier groupe comprend surtout la caséine du lait et la vitelline du jaune d’œuf.
Traitées par une solution de soude à 1 "/oi pendant 24 à 48 heures, à la température de 37”, ces substances