BACTÉRIES
L urine fraîche et normale est aseptique, mais elle s'ensemence rapidement dès qu'elle est abandonnée à Tair.
On soustrait lurine à toute cause d'altération en la recueillant le plus aseptiquement possible et en Tadditionnant de 2 c. c. dune solution .111 J- de cvanure de mercure par litre.
Il faut savoir que l'urine, additionnée de cyanure mercurique, réduit légèrement la liqueur de Fehling.
Les agents de la fermentation ammoniacale (le l'urine sont nombreux, on en a décrit plusieiirs espèces.
Les deux principales espèces d'urobactéries , tiue l'on retrouve, d'ailleurs, assez fréquemment assocÎL'os, sont le micrococcus urese de Pasteur, ei 1g hacillus urese de Miquel.
L^urine constitue un excellent milieu de culture; c'est dans l'urine que Pasteur a cultivé et
étudié un grand nombre de ferments, et surtout la bactéridie charbonneuse.
Les urines sucrées, après exposition à Tair, contiennent souvent en abondance la levure de la fermentation alcoolique, le saccharomyces cerevisise.
L'état septique des voies urinaires est une cause de contamination de Turine ; on trouve des bacilles de Koch chez les tuberculeux urinaires, des gonocoques et la flore habituelle qui leur est associée chez les blennorragiques.
Chez Fhomme, Turètre est la seule portion de Tappareil génito-urinaire qui soit normalement habitée par des germes; on y trouve des microcoques, des diplocoques et des bacilles, le plus souvent non pathogènes.
Chez la femme , la flore bactérienne de Turine est, en général, plus riche que celle de Thomme ; aussi, chez elle, la fermentation ammoniacale a fréquemment lieu dans la vessie; la brièveté du canal de l'urètre et la flore vulvaire en sont les causes habituelles.
Dans les états infectieux aigus, les microbes spécifiques traversent les reins et passent dans l'urine.
Berlioz a signalé des staphylocoques dans les suppurations étendues.
Caussade a trouvé du pneumocoque dans les premiers jours de la pneumonie.
Enriquez a rencontré le bacille d'Eberth, du deuxième au quatrième septennaire de la fièvre typhoïde.
Si l'analyse chimique fournit des données précieuses sur l'état de la nutrition- générale, si l'examen microscopique nous renseigne également sur les lésions massives du filtre rénal, il semble que ces moyens soient impuissants à fournir des renseignements suffisamment précis sur l'état de la perméabilité rénale et sur l'insuffisance fonctionnelle qui peut en résulter.
Or Ton sait que la perméabilité rénale est diminuée, au cours des néphrites, pour les matériaux normaux et anormaux de l'urine et pour certains médicaments.
On a remarqué depuis longtemps que les brightiques, après l'ingestion d'essence de téré-
m) KXAMEN DE LA PERMÉABILITÉ RÉNALE
bcnUùno, de copahu, de cubèbe, de safran, ne pix^outaiont i>i\s, comme à Tétat normal, une unno ilojfajir«anl Todeur de violette, ni cette otWur sm ^jrnrris. caractéristique, après Tinges- Iton d"as|Krï?os, ot l^>uchard, déjà en 1873, xUns SOS K-tMis cliniques, conseillait d'être pru- ^nt Am\^ TCTiploi do certains médicaments chez K^ mAÎ*-i€* a<^nt les reins fonctionnaient mal.
iïn;*<^ïi. All^^rran, Castaigne, ont montré que Aeh T\^yvf^, *1^^'^^ ^^ perméabilité était réduite, l^i*i5*ft»0** (vissor moins d'urée, de phosphates et
ttA<,p«w»oiiL ^Vidal et Javal ont signalé la dis-
fbfcMtiiM do la perméabilité rénale pour le chlo-
>^it« Je scnlium et Turée dans le mal de Bright.
Ku fi*!^"^*- 1^ bilan de Tazote ingéré et excrété
ohor los bri^htiques soumis alternativement à la
^^hli^ruration et à la déchloruration , la rétention
ji ^los cldurures n'entraînait, en général, aucune
^L Intention durée; l'élimination des chlorures et
^B Hc Ttu lo ]>araissait donc indépendante Tune de
^L«eJle ^1*^ l'autre.
^B A b jKM iode terminale du brightisme, certains ^^faialfides pj'ésentent une imperméabilité rénale
et conservent cependant une perméabilité intacte pour Turée et les phosphates.
Lépine a montré également Tinfluence de la perméabilité rénale dans la glycosurie, et, sans admettre le diabète rénal de Klemperer ^ il croit que certains reins, trop perméables, donnent du sucre sans que la glycémie soit exagérée, tandis que l'imperméabilité rénale, à tous ses degrés, peut ne pas traduire une hyperglycémie manifeste.
Les corps qui, vraisemblablement, aggravent les accidents de lurémie sont mal connus ou inconnus môme (néphrolysines et toxines de la sécrétion interne du rein), et comme ils sont en proportions infimes, leur dosage constitue une réelle difficulté. Gomment savoir, même, s'ils sont excrétés?
La recherche de la toxicité urinaire fournit des renseignements précieux sur le degré de rétention de ces substances toxiques, et, par suite, sur Tauto-intoxication de l'organisme.
Bouchard a donné une précision vraiment remarquable à cette méthode.
D'autres méthodes ont été imaginées dans le même but : apprécier et déterminer le degré de la perméabilité rénale.
L'épreuve de Tiodure, du salicylate, du bleu de méthylène, du rouge de rosaniline.
L'épreuve de la phloridzine (glycosurie phloridzique) utilisée par Achard et Delamarre, en 1899.
Enfin la cryoscopie, appliquée aux urines, qui effectue la numération des molécules qui ont réellement passé par les reins dans des conditions normales. Cette dernière méthode présente un grand avantage sur les précédentes, car elle indique la perméabilité du rein aux substances qui doivent effectivement le traverser, et non à des substances artificiellement introduites dans l'organisme.
Seule, la méthode cryoscopique permet de discerner, sans hésitation, la part qui, dans l'insuffisance de la dépuration urinaire, revient à l'imperméabilité glomérulaire , et celle qui doit être rapportée à l'imperméabilité des épithéliums canaliculaires.
Recherche de la toxicité urinaire.
Bouchard a posé en principe*, que si Ton recueille pendant vingt-quatre heures les urines d'un adulte bien portant et si l'on injecte une partie de ces urines , préalablement filtrées et neutralisées, dans les veines d'un lapin, il faut en moyenne 45 c. c. de ces urines pour tuer un kilogramme d'animal.
Dès que l'injection est faite, il se produit de la contraction des pupilles, de l'accélération des mouvements respiratoires, puis de la somnolence, de l'hypothermie, des convulsions et la mort.
Bouchard a donné le nom d'urotoxie à la quantité d'urine nécessaire pour tuer un kilogramme d'jemimal. Comme la quantité d'urine émise en vingt-quatre heures est d'environ trente
* Leçons sur les auto -intoxications.
lo4 EXAMEN DE LA PERMÉABILITÉ RÉNALE
fois 45 c. c, rhomme élimine trente urotoxies par jour.
On ;q>pelle coefficient urotoxique le quotient obti^nu en divisant le nombre d'urotoxies fabriquétis en viagt- quatre heures par le poids du corps.
Pour un homme normal du poids de 6 S kilogrammes ^ k^ coefficient urotoxique est :
Les uriiK*s sécrétées pendant la veille sont narcotiques et trois fois plus toxiques que celles du sommeil, qui sont convulsivantes.
L oppû^ition d'action physiologique de cette toxicité normale, engendrant successivement VexcUation et rabattement, est vraisemblableïïienL l'une lîes causes de la succession régulière Jes périodes de veille et de sommeil.
Le ïéi^iuiQ lacté et Texercice musculaire oyen diminuent la toxicité urinaire.
La toxlcilù urinaire augmente dans les maladn IuIk^ digestif, dans les affections hépajues, dans les maladies mentales et dans les ils infecLicux aigus, tant que la fonction rénale St pus nUciée; mais dès que les toxines ne
sont plus éliminés par les reins, la toxicité ùrînaire diminue, et les phénomènes urémiques se produisent.
D'après Maîret et Virés, la toxicité urinaîre est diminuée dans Fhystérie et l'épilepsie.
Bouchard a recherché les causes de Furémie :
L'urée ne tue qu'à la dose de 6 grammes par kilogramme d'animal.
L'ammoniaque est vingt-deux fois plus toxique que l'urée.
L'acide urique n'est pas plus toxique que l'urée.
Les matières colorantes de l'urine seraient, d'après Mairet et Bosc, les causes essentielles des accidents urémiques; cependant Gharrin, après avoir décoloré au noir animal des urines toxiques, a vu des accidents urémiques se produire.
La créatinine , la xanthine , l'hypoxanthine et les autres uréides, sont peu toxiques, surtout par leurs faibles proportions.
Les toxinfes microbiennes et les ptomaïnes de l'organisme malade, dont les auteurs ont signalé la présence si fréquente dans les urines pathologiques ( suppurations , eczéma , rougeole , va-
riole, scarlatine, grippe, typhoïde, tuberculose, syphilis, etc.), sont certainement les substances les plus toxiques.
Les sels minéraux, et surtout les sels de potasse, sont également toxiques.
En somme, c'est à la totalité des déchets retenus dans l'organisme que doit être due la toxicité urinaire.
Bouchard a préparé deux extraits avec l'urine toxique : Tun alcoolique, contenant surtout des principes organiques provoquant dans Téconomie animale la salivation, la somnolence, le coma; l'autre aqueux , contenant surtout des sels minéraux et quelques substances organiques aussi, provoquant, de son côté, l'hypothermie, le myosis, les convulsions tétaniques.
Moins les urines sont toxiques, plus la quantité à injecter doit être grande, et plus l'insuffisance rénale est manifeste.
Dieulafoy, qui a répété les expériences de Bouchard, a obtenu les mêmes résultats; il a même observé des troubles nerveux rappelant ceux des accidents urémiqires des brightiques. Achard a fait judicieusement remarquer que, pour être complète, la recherche de la toxicité
devrait porter à la fois et parallèlement sur l'urine et sur le sang du même sujet en observation.
Les recherches sur le sérum présentent des difficultés d'interprétation, et c'est sans succès que l'on a recherché dans le sang les poisons d(* l'intoxication urémique.
Le sang des urémiques s'est montré moïtiH dense, moins alcalin, mais plus riche en ur/ut. et provoquant au niveau de la peau et dan u$ti^ queuses de véritables décharges de adUt rii4^<i/^*' d'excrétion.
Les poisons que les auteui^ oot f*!\',f^ ^ »
urines des malades atteint» A- s$i>t\:cC>% .1 î*>tieuses, présentaient let^ <3îif^'*>^*^ y^ ^t>j^jà*^ giques et les réaction» <h.:s;l/i'^^-t ^ y* - >»> v*- ' des poisons alcaloïdiqu/^ ^^^'*;*•v/.
Ceux que préfsentai/rwt l^. vf>>** i»** <*" -*<*♦* atteints à^mimu^ûouh 4JÎ*^f*'i''>^. W'^ *'**** cachexies » étaient ^^^rl'^u*?*.
Épreuves de l'iodure de potassium ,
du salicylate de soude , du bleu de méthylène,
de la rosaniline, de la phloridzine.
Les épreuves de Tiodure de potassium, du salicylate de soude , du bleu de méthylène , du rouge de rosaniline , consistent à introduire sous la peau une substance facilement éliminable par les reins, mais ne se trouvant pas à Tétat normal dans Torganisme, et à observer méthodiquement son élimination.
L'épreuve de la phloridzine, en introduisant un élément, la glycose, qui fait partie normalement du sang, est une épreuve un peu différente des précédentes, en son principe, mais qui peut donner, dans certains cas, des indications sufiisaiilrs sur Tintégrité de la fonction cellu-
^HL Achaid a vérifié , en effet , que chez les dia- ^^pëtiquoîj , souvent Télimination de la glycose
EXAMEN DE LÀ PERMÉABILITÉ RÉNALE i'Mi
était gênée, dans une certaine mesure, par le mauvais état des reins.
Si Ton injectait de la glycose sou« la peau, elle serait vite arrêtée par les tissu», suivaul l'état de leur nutrition, et les fonctions n'^nuleti n'interviendraient pas seules dans son éliiuination.
Il faudrait donc provoquer de la gl^'fosiuii*, sans introduire de sucre dans l'organisnus
La phloridzine, produit végétal i(»tiré dr Técorce des racines de pommiers, fourni^ ce moyen facilement et sans danger.
La phloridzine exerce son action spéciale sur le rein lui-même, qu'il s'agit précisément d'explorer.
C'est par l'injection sous -cutanée (jue l'on introduit la phloridzine dans l'organisme.
La solution qu'Achard et Delamarre ont employée est à 1 pour 200, dont 1 c. c. contient 5 milligrammes de phloridzine.
Cette dose suffit à provoquer, chez des sujets sains, une glycosurie manifeste, ne durant ({ue quelques heures.
Au moment de l'injection, on fait uriner le malade pour vider sa vessie, puis on recueille
160 EXAMEN DE LA PERMÉABILITÉ RÉxNALE
Turine une demi-heure après, ensuite au bout d'une heure et enfin d'heure en heure.
Il est bien entendu qu'il faut s'assurer que le sujet n'est ni temporairement ni définitivement glycosurique.
En général , chez les sujets sains, le sucre apparaît dans l'urine au bout d'une demi- heure ou d'une heure, et la glycosurie dure de deux h quatre heures.
La quantité éliminée est comprise entre 1 et 2 grammes.
Sur 130 observations, où les fonctions rénales étaient manifestement défectueuses (néphrites aiguës et chroniques, interstitielles, reins dégénérés), Aehard et Delamarre ont signalé 120 fois une glycosurie phloridzique irrégulière, mais n'ont pu déterminer l'élément rénal en cause.
Des malades éclamptiques ou menacés d'urémie, ont souvent montré une élimination norf mal e de glycose.
^ Pugnat et Revilliod* écrivent que la glyco-
P surie phloridzique n'est pas un procédé d'appré-
* Archives générales de médecine (juillet 1902).
de à^l*iniiiiHf! ! a cil ML*- ;:i «ufiuiHirt dfî- -epitùtlii2XXH> rénaux.
I^'ctjrrtT- i*fh viw- rfv*fiiis iravaux. Vtuâu^j (i< jiOtatfsiuni ♦?! i^ iuiLr:tn<ii^ ù< jfouQ< subirsiieiil lUH* ^limmaiiciL irioiu^niiair^ . *?1 l*^ur empii»i eu clinigue. aujourdim^ O'^iaisw: . poun-ail être de Dcnrv^au utilisé pou; ^j^riiJ♦iî cette assertion.
Adiard *ri Ci^siai^ue oui oonué, en 18^. la technique de I éjii-euve du i/^Viz £/<» nié:hijli'n<* : <,m injecte souh la peau du malade 3 eenti- ^ammeF de Lieu de tnétbyiene. el I on recherche dan« l'urine d'ii^-ui-e en lieure la présence de la matière coloi-anle. suit en nt<tiire, t.oit à Têlat de ckromo^êne.
A Tétat nojina], le début de l'élimination so £îdt après une demi-heure.
A Tétat pathologrique , il peut être retardé do une ou plusieurs heures,
A Fétat normal, la durée de rélimiuAtion varie de 35 à 60 heures, tandis qu*à Total jv\thologique elle peut être abrégée ou prolongtV»
De plus, et c^'est là le point le plus îmjwrlttiit de l'épreuve, à Tétat normal, la quanlilt^ do bleu et chromogène réunis atteint au moîn« \k\ moitié de la dose injectée (28 à 30 nuUi-
grammes); il faut recueillir la totalité des
urines çt faire un dosage délicat.
Enfin, le rythme de Télimination, à Tétat nor-
timl, est (1 abord régulier, croissant, et ensuite
n^uli^rt TiMMi t décroissant.
Di^jis K^s aqjhrites interstitielles, la perméa-
biliti^ nu IjKm est toujours diminuée, pour certains auteurs.
D^iis les jiéphrites parenchymateuses, au con-
Imire, la porn^éabilité au bleu reste normale et
peut tuC*mo ^tre exagérée.
H^ScL^niineni, Claude et Barth ont étudié, chez di^s liialiules atteints de néphrites scléreuses tenteâ, rélimination urinaire pendant plusieurs jours consécutifs, et, par des moyens de contrôle ligoufLnix, ils sont arrivés à constater que cette ^limi nation Oliiit le plus souvent, pendant longlompPt normale ou augmentée grâce à Thyper- Irophie compensatrice des portions rénales res- (tVs saines,
Leii mina t ion des toxines ne paraît pas suivre prallèlf^ineiil la même voie que le bleu de méihyl^ne, car Ton a vu des éclamptiques éliminer normalonieiit le bleu de méthylène, et Widal ft cité rolîservation d un malade atteint de né-
phrite parenchjm;U*MiHt* ». ,i /. .,-
proie à des accûienN .îi* /T-t.uiir ^/....ir .1 -> ., * tait one perméahiiL:»* ji.rru;*.!'. »* .vi-* ^^ ..#-thvlène.
Lépine, en l'^/Si. '*i\,.,u*\ t w. r'»u 1'* '!'*. /''w.//./- /inc, trisulfona^rï ri*- 4*j»i:««:
La techniq-*.* 'V ••.- ^^r .*..-:.' -... l,^,u-.'-. \>î?
son élève» Dr»: :*.*•* r .. « ,.•,..:.*., .r •.>-
comme prmr k hurii 'I4' v.ir'.. -^'-./^ c^r . - -
nation des tx»x\c.tr'K ..i* t... <,n v« •. .,.- ;*..i.^'. .parallèle aui r.^.t:.' *'* '/,...?< /irt. *:* '^ ..r '1-? urémiques, dt^s ^x.^:.\\* a ,*'k p-":t#:^'^«..::.^ •.;.-
d'aec'rjr«d.^r ;%r^% •4p-**'-*'' ^, <.* /»y*j V> rft^.*r^>jU.rK^ et dn tr>./^. drr f,'*;!;. .!:^ •*;.-îr '>-rIr^r q^-»: I-r> expérier.^rir*^ ''i -^^ liv^-^ f.*^ p-^;^ !**>:;.•: ^>î*j j*^ •?'..'>- r. En s^.rr.r.'.-îr, 1 4.i:;.ir.;ît.'.ri pt^r I-r% r-:l:i> d^ su{/ftt;iri' r<i étr-îr.;^-rr'^ a I 'ir^'^r^^^rr-rr r-e d- nr*'.pas an ^l;î:rrAOs*.lc de rinsur'rls^r.cie r-rri.iie d«trs r»rsLl*-^r% ;f.%v:« p>r:Ls p:*ar qu'il «<:/:t to-jj«>ur&. et d;fr*s tous les cas. permis de ju^zer du dnr^ré de r>':t*e ins -fîlvt;. ce.
' Dfcnrr;*, thèse 'îe Lvon. I^>>,
aqueuses, c'est au cas de ces solutions que se restreindront les lois cryoscopiques.
L'eau distillée se congelant à 0^, toutes les humeurs auront un point de congélation audessous de Oo, d'autant plus bas qu'elles seront plus concentrées.
Deuxième loi : « Si le corps dissous existe dans la solution non combiné à l'eau, s'il n'est en aucune façon altéré par l'eau, l'abaissement du point de congélation (A) est proportionnel au poids de la substance dissoute (P) contenue dans 100 grammes d'eau distillée. »
Ce qui peut s'écrire A = P X K ( K étant une constante ) .
Lorsque P = 1 gramme , le point de congélation A = K.
K est donc l'abaissement du point de congélation de la solution de 1 gramme de la substance dans 100 grammes d'eau.
Si l'on prend une solution de chlorure de sodium renfermant 1 gramme de sel pour 100 grammes d'eau, le point de congélation de cette solution est reconnu être égal à — 0,605; nous pourrons dire que l'abaissement du point de congélation de la solution de chlorure de
sodium qui renfermerait P grammes pour 100 serait
A = 0,60SXP que P soit ]> ou <^ 1 .
Une troisième loi sur la proportionnalité entre rabaissement du point de congélation d une dissolution et le nombre de molécules solides contenues dans un volume déterminé de cette dissolution, permet d'admettre que le nombre de centièmes de degré dont est abaissé le point de congélation représente le nombre de molécules dissoutes dans 1 ce. de la dissolution.
Si l'abaissement du point de congélation d'une urine est 1^,30, on pourra dira conventionnellement qu'il y aura 130 molécules par centimètre cube.
Si deux urines congèlent à — lo,30 et — lo,SO, les nombres de molécules contenues dans 1 c. c. de chacune de ces urines seront entre eux comme 130 est à 130.
Une quatrième loi, facile à accepter, est la suivante :
« Lorsque plusieurs substances différentes sont contenues à la fois dans la même solution , l'abaissement du point de congélation de la solu-
U-zir^^^milÈ^ -1. **C
' ' ' 'A'/'*' '^^ -^v»/-^ ^. ;*u^r.i«»: i#:caZ: c'est
/' nii ffi -tff^nyOff /'^ A/^V>r .r,^^^,^ rr-OTCdie que
/ - // \^ I I h flfh-fffffftf4i,/fff /Uc J;i teirjpérafnre de
L'appareil que Berlemont a construit pour les expériences de Claude et de Balthazard est un appareil très précis, mais il exige une installation spéciale et une dépense assez forte pour 'chaque expérience.
On peut simplifier cet appareil.
L'abaissement de température est obtenu à Taide du mélange à parties égales de glace pilée et de sel marin qui abaisse jusqu'à — '16o. L'opération n'est pas difficile , elle exige quelque pratique et demande relativement peu de temps.
Lorsque la congélation se produit, la colonne de mercure monte brusquement d'abord, puis, plus lentement, passe par un maximum où elle reste stationnaire près d'une demi-minute, et redescend ensuite.
Le point maximum correspond au A de l'urine.
La théorie de Korâuyi et sou application au diagnostic et au pronostic des affections du cœur et des reins.
D'après Ludwig, le rein ne serait qu'un simple filtre, et, d'après Bowman et Heidenhain, il devrait être considéré comme une véritable glande.
En faveur de ces théories différentes, de nombreux arguments ont été présentés; mais on a soulevé également de valables objections.
Le professeur Koranyi, de Budapest, qui a introduit, après Bouchard, la cryoscopie dans les recherches pathologiques , a eu le grand mérite d'édifier une nouvelle théorie de la sécrétion rénale en empruntant à celles de Ludwig, de Bowman et d'Heidenhain, ce qui, en elles, est le mieux démontré.
Cette théorie a l'avantage d'avoir pour elle tous les arguments qui plaidaient en faveur de
Tune et de l'autre des théories classiques et d'expliquer, en plus, tous les faits dont la cryoscopie a enrichi nos connaissances.
Tout d'abord, comme l'admet Ludwig, l'eau de Turine sort par le glomérule et est en partie résorbée dans les canalicules urinaires.
Hufner a démontré que, chez les animaux, la concentration urinaire croît avec la longueur des tubes urinifères.
Si la rapidité de l'issue de l'eau au niveau du glomérule croît, il en sera de même de la vitesse de la circulation de cette eau dans les canalicules, et, par suite, la résorption sera moins grande, l'urine sera plus diluée.
Donc, toutes les fois que Ton augmentera la tension sanguine, on produira une diurèse abondante, et l'urine émise sera moins concentrée que normalement.
Dans les maladies non compensées du cœur, au contraire, la vitesse de la circulation décroît, et la vitesse de la circulation urinaire dépendant de la vitesse de la circulation rénale, la vitesse de l'urine dans les canalicules décroît aussi, et la résorption de l'eau doit être forte; Turine des cardiaques est toujours concentrée.
Heidenhain et, après lui, Sobieransky ont démontré, par l'excrétion du carmin, que les tubes contournés étaient Tappareil de la concentration de Turine.
Koranyi admet donc que l'eau de l'urine est, en partie , résorbée dans les canalicules ; mais il admet ensuite que l'eau et le chlorure de sodium filtrent par les glomérules, tandis que l'issue de la partie restante de l'urine se fait au niveau de l'épithélium canaliculaire.
Par quel mécanisme se produit cette sécrétion au niveau de l'épithélium canaliculaire?
Étudions ce qui se passe lorsque deux solutions de substances différentes dont le point de congélation est le même sont séparées l'une de l'autre par une cloison perméable : ces deux solutions ayant même concentration moléculaire, puisqu'elles ont le même point de congélation (loi de Van't Hoff) et aussi même tension osmotique , aucune molécule ne devrait traverser la cloison, la pression étant la même des deux côtés.
Cependant la diffusion intervenant a' pour effet d'amener une égalisation dans la composi- 4: — chimique des deux solutions.
La membrane étant perméable de la même façon aux molécules solides de ces solutions, l'égalisation se fera par échange moléculaire, molécule par molécule, de telle façon que le nombre des molécules dissoutes soit le même, constamment, dans les deux solutions.
Même chose se passerait si, au lieu d'être séparées par une membrane inerte, les deux solutions étaient placées de chaque côté d'une membrane vivante susceptible de maintenir par sa propre activité une différence de tension osmotique déterminée entre elles.
Au niveau du rein, l'épithélium canaliculaire sépare le sang de la solution de chlorure de sodium qui a filtré par la glomérule, et, bien que les deux solutions n'aient pas la même tension osmotique, il est vraisemblable d'admettre qu'il se produit de l'une à l'autre un double courant osmotique, les molécules de chlorure de sodium contenues k l'intérieur des canalicules regagnant le sang tandis que certaines molécules de sang quittent celui-ci pour participer à la constitution de l'urine, et cela de telle façon qu'à chaque molécule de sang excrétée corresponde une molécule de chlorure de sodium résorbée.
-V^««- pore d, . , ""« ooe „,„,.
'^^«ûg étant
Diurèse moléculaire.
^ , . , AV 8V A
Les trois valeurs p i —5- > -y
Nous avons admis que A exprimé en centièmes de degré représente le nombre de molécules solides dissoutes dans un centimètre cube d'urine.
Si V est, en centimètres cubes, le volume d'urine émis dans les vingt -quatre heures, le produit
représentera le nombre de molécules éliminées dans l'urine d'un jour entier.
Pour une urine dont le point de congélation est — 0,90, A exprimé en centièmes sera égal à 90 ; s'il a été émis dans les vingt-quatre heures 1 200 c. c. de cette urine, le produit
ne EXAMEN DE LA PERMÉABILITÉ RÉNALE
Ce chiffre représentera le nombre de molécules excrétées par les reins dans cette période de temps. Ce chiffre n'a, bien entendu, qu'une valeur relative; mais il constitue un terme de comparaison très exact qu'on pourra rapprocher de tout autre obtenu avec des urines, dans les mêmes conditions, pour évaluer l'intensité de la diurèse des molécules dissoutes dans l'urine.
Il reste à faire une remarque très importante : on ne peut comparer, à ce point de vue, un adulte à un enfant, et ces résultats ne seront utilement rapprochés que lorsque l'on rapportera les éliminations à l'unité ordinairement choisie pour caractériser la matière vivante, au kilogramme corporel.
Si P est le poids de l'individu examiné, la formule définitive devient
et exprime ce que l'on peut appeler « la diurèse moléculaire totale ».
On remarquera que, d'après la théorie de Koranyi, l'urine renferme autant de molécules qu'il en est passé par les glomérules puisque, grâce à l'échange moléculaire, les molécules
EXAMEN DE LA PERMÉABILITÉ RÉNALE ill.
changent de nature , mais pas de nombre , et , par suite, la diurèse moléculaire totale exprime à la fois le nombre de molécules excrétées par vingtquatre heures et par kilogramme et le nombre de molécules qui ont traversé les glomérules par vingt-quatre heures et par kilogramme de poids du corps.
Dans l'exemple précédent, si nous admettons que rindividu pèse 60 kilogrammes,
sera égal à 1 800.
Il est surtout intéressant d'apprécier ce qui, dans l'élimination urinaire, caractérise l'activité de la nutrition, car ce sont ces produits de la nutrition dont l'excrétion est le plus nécessaire et dont la rétention dans l'organisme cause les accidents d'auto -intoxication.
On peut dire que le chlorure de sodium est le seul corps qui, absorbé avec les aliments, soit rejeté ensuite sans avoir été l'objet d'une élaboration spéciale dans l'économie.
Le rôle nouveau, tout physique, joué par ce sel dans la théorie de Kôranyi, était intéressant à signaler.
,edes ^^^,.
este à f^^''
î peut ^ e à uia ^ nent raj^l^ ' liminati< ^ ' * caracte'"' me cor|>* P est le définit! '
)rime ulain
i nous retranchons ce nombre de la diurèse léculaire totale, il restera
^,^V 6..5XPXV )
olécules, et ces molécules seront des molécules aborées.
Si nous mettons
en facteur commun, cette formule peut plus simplement et plus utilement s'écrire
Elle représentera la diurèse des molécules élaborées, c'est-à-dire le nombre des molécules élaborées excrétées par vingt -quatre heures et par kilogramme du poids du corps.
On désigne par S la différence (A — 60,5 Xi>)> et la diurèse des molécules élaborées sera représentée par la formule simplifiée
xt
ihtf EXAMES DE LA tEUMÉàMUTÉ ftESÂLE
Supposons que. ddJis rurme citée ci - dessus « il j ait 1 gramiue pour l(Mi de Xa. Q i.
î = i 90 — 60.5 > = environ 30
et la diurèse des molécules élaborées sera :
A ce» deux formules
("diurèse moléculaire totale ) et
(diurèse des molécules élaborées) il sera utile d*en joindre une troisième qui représente leur rapport :
xx-p-
Ce rapport
important exprime le quotient du nombre de molécules de chlorure de sodium qui ont filtré
EXAMEN DE LA PERMÉABILITÉ RÉNALE i81
par les glomérules par le nombre de molécules élaborées qui ont été excrétées, et, comme ces dernières se sont substituées , molécule par molécule, aux molécules de chlorure de sodium qui ont été résorbées,
mesure le taux des échanges moléculaires qui se produisent dans les canalicules urinaires. La connaissance des trois valeurs