CHAPITRE IV
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Les sPCT^taîros inlerprèles cl tlrognians sont nommés par
CHAP. IV. DES SECBÉTWRES INTERPHÈTES, ETC. L'inslitulion des Jeunex de langues esl de dale lorl ancienne en France, el remonle à l'administration de Colber!, Régieuicalée d'abord par les arrêts du conseil des 18 novembre 1669 cl 31 octobre 1670, ellefiilmodifiée par celui du 7 juin 1718. A cette époque, l'Elal faisait sîtnullanénienl les frais de l'éducalton de dix jeunes Orientaux au collège des Jésuites, à Paris,' el de douze enfants français aux couvents des Capucins de Conslantinuple el de Smyrne. Ce système pouvait avoir pour résultai d'iingager l'Etal pendant plusieurs années successi- \es dans des dépenses faites pour des enfants qui , soil par manque de dispositions naturelles , soit par défaut d'application, ne devenaient jamais capables de servir utilement dans les emplois qui leur étaient destinés. L'arrêt du conseil du 20 juillet 1721 fit cesser ces inconvénienls, en statuant qu'à l'avenir il sérail é\e\c dans le collège des Jésuites de Paris au lieu de douze jeunes Orientaux, dix jeunes enfants français, de l'âge de huit ans, pris dans les familles françaises établies en Levant , ou faisant en France le commerce des échelles, et que ces enfants, après avoir reçu à Paris une première éducation et suivi un cours d'arabe el de turc, seraient ensuite envoyés au collège des Capucins de Constanlinople, ponr se perfectionner dans l'élude des laugiies orientales , de manière à devenir optes aux emplois de drogman.
Celle législation a, depuis lors, été modifiée, en raison des réformes mêmes qu'a subies depuis plus d'un siècle noire organisation consulaire dans le Levant; mais le principe qui en fait la base a été maintenu. L'ulJlilé d'une école préparatoire pour les Jeunes drogmans ne saurait en effet èlre mise en doute, et la supériorité de nos drogmans, due en grande partie à l'éducation pratique qu'ils commencent à recevoir dans UDâge très-Jeune, commande impérieusement la conservation du Bvglème actuel.
U n'y a plus aujourd'hui de collège spécial à Constanlinople, et les jeunes de langues, en sortant de l'école du droginanat, attachée à l'un des collèges de Paris, sont ordinairement envoyés àConsInntinople, ou dans les consulats généraux ilu Levant, pour y terminer leur éducalion, sous la direction du premier drogman de l'échelle à laquelle ils sont attachés
tS GUIDE PRATIQUE DES COXSL'LàTS.
par le minisire des affaires étrangères, avec le titre d'élève drogman.
Le nombre total des élt:vi.>s droginans employés dans le Ijevant. et des jeunes de langues enirelenus à Paris ne drâl pas excéder celui de douze. L'admission à l'écoie des langues orientales est limilcc , aux enfanls âgés de huit à douze ans , qui peuvent d'ailleurs perdre le LénéGce de la faveur àoat ils ont été l'objet, et être rendus à leur famille , par décision dn minisire des affaires élraagéres, pour cause d'insubordinalion ou d'incapacité (Ij.
L'élève drogman est placé à l'étranger sous la protection dn consul, à la bienveillance duquel il est spécialement recommandé.
Ordinairement, à son arrivée dans une échelle, et lorsqu'il ne doit pas habiter dans la maison consulaire , l'élève drogman est mis en pension, sous la surveillance du consul, cbêi un indigùne, avec lequel il ne lui est permis de communiquer que dans la langue du pays, qui forme l'objet ^dal de ses études. Quoi qu'il ne doive pas être détourné de ses études spéciales, il ne peut refuser aucun des travaux que le CMunl jugerait à propos de lui donner, et qui l'initierait (uns les tonclions de drogman chancelier, 11 en est de même lorsqu'il s'agit d'accompagner le drogman titulaire auprès de l'une des autorités locales.
L'avenir de sa carrière dépendant du zèle et de l'aptilode
<;HAP. IV. DES SEOItETAinES INTERPRÈTES, ETC. ^^
citions du consul, le tilre de drogman sans résidence lise ne conférant aucune Toactioa personnelle el n'impliquant qu'un avancement de grade, par rappoi't aux élèves sortis de l'école des Jeunes de langues.
\ défaut d'élèves drogtnans, le ministre des afTaires étrangères clioisit quelquefois les drogmans parmi les gradués français de l'école des langues orientales vivantes de Paris, dont la liste lui est à cet elTct adressée tous les ans (1). Ordinairement , les drogmans ainsi nommés ne sont d'abord que drogmons auxiiiaires, et ce n'est que lorsqu'ils ont jusiilié, par leur zèle et leur aptitude au travail , la faveur exceptionnelle dont Us ont été l'objet, qu'ils reçoivent le titre de drogman chancelier.