‹ Guide pratique des malades aux eaux de Vichy [electronic resource]Chapitre 25 sur 39 · DOUCHES · texte numérisé non relu

DOUCHES

Les douches, queMmo de Sévigné, étant à Vichy en 1676, appelait «une répétition du purgatoire, » consistent à diriger sur une partie du corps, avec plus ou moins de violence, le jet d'une colonne d'eau minérale, d'un volume déterminé. La direction qu'on donne à ce jet lui a fait prendre les noms de douche ascendante, latérale ou descendante. La forme du jet varie suivant l'indication de la maladie ; il en est de même de sa durée et de sa hauteur. Quant à sa force, on la règle suivant l'ouverture du robinet. La durée d'une douche est ordinairement de dix à vingt minutes.

On peut les diviser également en douches révulsives, quand on les applique sur les parties éloignées du mal, et dérivatives , lorsqu'on les dirige sur l'organe malade. On emploie les premières toutes les fois que la partie affectée est trop irritée, trop sensible ou enflammée, dans le but de faire cesser l'état maladif, en développant ailleurs une irritation en quelque sorte supplémentaire sur un organe qui n'est nullement affecté, ou qui a cessé subitement de l'être à l'instant où la maladie qu'on veut guérir s'est développée dans un organe plus ou moins éloigné.

On emploie également les douches dérivati-

ves pour attaquer des organes dont les parties sont froides, empâtées et sans douleur, afin d'y rappeler la chaleur, de réveiller les fonctions de la peau, de dégorger ou de rétablir le jeu des viscères qui fonctionnent mal.

La douche produit une action stimulante, nerveuse, analogue au massage, effet mécanique qui a pour but d'accélérer localement la circulation ; c'est un moyen accessoire dont le traitement sérieux est l'eau en boisson et en bains , la thermalité et là percussion l'emportent infiniment sur l'action minérale, dont on peut, dans ce cas, perdre de vue la composition. Ce mode de traitement trouve son utilité dans les engorgements du foie et de la rate ; dans les maladies des articulations, par suite de douleurs goutteuses, rhumatismales , musculaires ou sciatiques. Or, comme toute douche ébranle le système nerveux, on aura soin, pour calmer l'effet général et local de la partie douchée , de se placer immédiatement après dans un bain mitigé , pendant une demi-heure au moins.

Les douches , pour être utiles , doivent être appliquées avec la plus grande précaution. On évitera par conséquent que le jet du liquide ne frappe avec trop de violence les orgarieS en souffrance, pour ne pas augmenter l'inflammation, ou réveiller d'anciennes douleurs, en commençant par la circonférence du point affecté. Il suffira que la percussion fasse rougir vive-

ment la peau, pour que l'effet désiré soit produit, sans aller toutefois jusqu'à la vésication, ce qui pourrait arriver par la seule force du calorique de l'eau. Les douches peuvent être appliquées une ou deux fois par jour, pendant dix ou quinze jours de suite; on peut les cesser et les reprendre avec le même avantage, après plusieurs jours de repos. Après la douche , le malade devrait se revêtir de vêtements de flanelle et se faire transporter dans son lit pour favoriser et attendre la transpiration.

Ce mode de traitement convient également contre les engorgements et le relâchement des ligaments de la matrice, sous la forme d'irrigations à jet continu ou intermittent. Les malades prennent ces irrigations pendant qu'elles sont couchées daDS le bain. Ce moyen sera très-favorable aussi dans les cas de suppression des règles ou de stérilité.

Quant à la douche ascendante, elle n'est utile que lorsqu'il y a constipation, paresse ou atonie des intestins, sans irritation locale ; il en sera de même toutes les fois qu'on voudra rétablir le llux hémorrhoïdal.

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