SS
deux onces de manne; d'autres fois, les sujets ne se purgeaient qu'après avoir pris les eaux pendant quatre ou cinq jours.
(.< Il faut, disait Tardy, que le malade s'adresse au médecin, non-seulement pour savoir si les eaux lui sont convenables, mais encore pour qu'il le dirige sur la source qui paraît convenir davantage à sa position et à son tempérament ; pour qu'il détermine la quantité et le temps pendant lequel on doit en faire usage, la composition du bain, sa durée, sa température, et qu'il juge si le malade a besoin d'être saigné ou purgé, ce qui est très-important pour les femmes à cause des règles, et pour les hommes à cause des hémorrhoïdes . »
Nous n'en dirons pas davantage au sujet des précautions que l'on prenait anciennement, persuadé que cela suffira pour éveiller l'attention des malades et leur faire comprendre que si on n'obtient pas aujourd'hui des guérisons aussi miraculeuses qu'autrefois, il ne faut pas s'en prendre à la vertu des eaux, qui est toujours la même, mais bien à l'absence du régime et de précautions hygiéniques. Je ne suis pas d'avis que les malades insistent pendant les repas sur l'usage exclusif des eaux alcalines, il faut en tout une juste proportion ; car il serait à craindre que toute l'acidité du suc gastrique, dont une partie est nécessaire à une bonne digestion stomacale, no fût détruite complètement, ce
qu'il faut éviter, d'autant que l'eau prise convenablement, matin et soir, suffit et constitue la véritable cure.
Règles hygiéniques à suivre pendant la cure.
H n'y a pas de médication possible sans une hygiène appropriée à la nature de la maladie et du médicament.
Tous les malades doivent savoir qu'il ne suffit pas de se rendre à une source d'eau minérale, d'en boire une certaine quantité, de prendre très-exactement son bain, pour obtenir de l'usage de cette eau la guérison des maladies dont on est atteint ; il faut encore ne pas se livrer aux plaisirs de la table, aux promenades, aux courses accidentées, fatigantes et souvent remplies d'émotions ; les distractions sont utiles sans doute, mais, poussées à l'extrême, elles produisent sur la maladie les plus mauvais résultats.
Lorsque la santé est compromise, on ne saurait examiner de trop près les conditions hygiéniques dans lesquelles on doit se placer pour rendre à l'organisme les éléments de vie qu'il a perdus, et les règles à suivre dans l'usage des choses qui doivent être mises en rapport avec l'estomac, la peau et les poumons pendant qu'on prend les eaux. La régularité dans le régime et la sévérité dans les choses permises doit être la
règle des malades; cette ligne de conduite, en mettant les organes dans des conditions meilleures pour recevoir le bienfait des eaux, rend la cure beaucoup plus complète.
Les adjuvants diététiques et hygiéniques sont, dans ce cas, d'une importance réelle ; il ne faut pas les négliger à Vichy, à cause de la nature toute particulière des eaux . Il faut d' abord choisir, lorsqu'il y a possibilité de le faire, une localité thermale où règne un air pur, un climat doux, un site d'un aspect agréable ; il est rare qu'on n'obtienne pas déjà, avec ces conditions premières, d'innombrables avantages pour le rétablissement de la santé. Sous ce rapport, Vichy et ses environs n'ont rien à envier aux pays les plus favorisés. Mais, pour répondre à toutes ces indications et ne rien omettre de ce qui peut seconder l'effet salutaire du traitement, j'ai vu, par les questions qui m'ont été adressées, qu'il m'était indispensable de faire connaître en détail les règles hygiéniques à observer pendant et après le traitement.