ATTRIBUTIONS DU PAQUETIER
Le paquetier doit avoir recours à son metteur en pages pour tout ce qui peut offrir du doute dans sa copie; mais lorsqu'il en a reçu les renseignements nécessaires, il est passible des corrections résultant de sa négligence à cet égard.
Lorsqu'il y a impossibilité d'être renseigné d'une manière positive sur un ouvrage spécial, les paquetiers doivent s'entendre entre eux, afin que leur travail soit au moins uniforme jusqu'à la décision de l'auteur ou du correcteur.
Le paquetier est responsable de la copie qui lui est délivrée. Il doit, après Tavoir terminée, la placer d'une manière visible entre le haut et le bas de casse.
Après avoir lié solidement ses paquets (1), le paquetier les met par ordre sous son rang, le premier à gauche et libre, c'est-à-dire sans être couvert, afin que le metteur en pages trouve facilement la composition à prendre. Les autres paquets se mettent l'un sur l'autre.
H Vaut mieux que le dernier paquet d'une composition soit long de quelques lignes, que d'en faire un nouveau avec un excédant trop faible.
(1) La misé en pfttp àe^ paquetR mal liéA est à la eharge do paquetier.
258 CHAPITRE Vf, PARAGRAPHE II.
Le paquetier doit éviter de commencer un paquet par un bout de ligne (fin d'alinéa); on le fait rentrer dans le paquet précédent, qui alors devient long, et le suivant est tenu court. Par là on épargne, sans se porter le moindre préjudice, le temps du metteur en pages, souvent obligé, faute de cette précaution, de remettre plusieurs pages en pages.
Il convient aussi (sans pourtant qu'il y soit obligé) qu'il place un petit bout de papier entre les lignes où se trouvent des titres , des vers, des opérations, etc. Il en est de même des renvois de notes en chiffres supérieurs sans parenthèses et peu nombreux; mais s'ils sont en chiffres ordinaires avec parenthèses, cett« indication devient à peu près inutile, leur grosseur les faisant facilement apercevoir en mettant en pages.
Bien que finissant sa copie en alinéa, le paquetier doit toujours s'assurer s'il a un rattrapage; car, indépendanunent que le metteur en pages peut avoir eu des motifs pour ne faire commencer qu'au deuxième ou au troisième alinéa du feuillet suivant, il est possible qu'il ait été lui-même trompé par un alinéa mal formé par l'auteur en tête du feuillet. — Tout bourdon résultant de ce fait est à la charge de celui qui a omis de remplir cette formalité.
Le rattrapage doit, autant que possible, être remis aussitôt à celui qui le demande, afin, dans certains cas, de ne point retarder la mise en pages.
Le paquetier doit la correction de la typographique, c'est-àdire de toutes les fautes provenant de son fait, comme coquilles, mots tronqués, bourdons, doublons, espacement vicieux, mauvaises divisions, et autres défauts de composition; ainsi que des fautes relatives à une disposition particulière adoptée pour l'ouvrage, et pour laquelle, comme nous l'avons dit, il doit avoir reçu les instructions convenables. Mais il n'est point tenu d'exécuter à son compte le redressement de phrases mal construites, lorsque la copie est vicieuse sous ce rapport, non plus que les changements dans la ponctuation, surtout quand il s'agit d'une réimpression.
Lorsque , pour une cause quelconque (ci> qui ne doit avoir lieu
ATTRIBUTIONS DU PAQU£T1£R. 259
que dans des cas très-rares), Tépreuve est envoyée à Tauteur sans avoir été lue en typographique, et qu'elle est surchargée de corrections faites par ce dernier, le paquetier se trouve dégagé de la correction des fautes qui lui sont personnelles.
Le paquetier seul est responsable des bourdons, de quelque nature qu'ils soient, dans les catalogues, tables, poésie, en un mot, dans toute composition dont la trop grande fréquence des alinéa en empêche la vérification par le metteur en pages.
Si un paquetier fait un bourdon dans le corps d'un alinéa, il doit en opérer le remaniement à ses frais, et il n'a rien à réclamer pour sa composition, si le placement des lignes en plus s'opère au détriment des blancs de titres ou de notes. Il n'a droit à cornpter que les lignes qui sortent d'une fepille, lorsque la feuille suivante n'est pas en pages; il doitcornpte, au contraire, des lignes qu'il prend sur le premier paquet à mettre en pages, pour le remplacement d'un doublon dans le corps d'un alinéa.
S'il arrive que , dans un ouvrage où certaines divisions tombent en page ou en belle page, un bourdon de cinq ou six lignes dans le corps d'un alinéa entraîne à faire une et même deux pages de plus, et occasionne la désimposition, la réimposition, et le changement des folios de ce qui est imposé, tout ce travail est à la charge de celui qui a fait le bourdon, sans que, pour cela, nous le croyions rigoureusement en droit de rien exiger; car le metteur en pages eût eu le bon de ces pages, en partie blanches, si le bourdon n'eût pas été fait. Le seul avantage réel qui en résulte pour ce dernier est la confection de deux pages par le paquetier ; avantage dont, au reste, il est juste qu'il lui tienne compte, en le remboursant du temps passé.
Il en sera de même si, dans un cas semblable, un doublon de quelques lignes dans le corps d'un alinéa entraine la suppression d'une ou de deux pages presque blanches; c'est-à-dire que le paquetier opérera à son compte le travail en résultant, mais que le metteur en pages ne perdant en réalité que le temps qu'il a passé à confectionner les deux pages que la présence seule du doublon a nécessitées, ne peut rien exiger au delà de ce temps.
2<H) CHAPITRE YI, PARAGRAPHE il.
Lorsque plusieui*s paquetiers ont des bourdons dans la même feuille , celui qui doit corriger le premier par son tour d'ordre sur l'épreuve peut profiter des lignes à regagner ou des blancs à diminuer jusqu'à l'endroit oii;3e trouve le bourdon du second ou du troisième paquetier. Si^ arrivé là^ son bourdon n'est pas entièrement placée il s'entend avec son suivant pour le report, si celui-ci a lui-même des lignes excédantes; dans le cas contraire, il continue le report jusqu'au point c(mvenable. Celui qui corrige avant son tour, comme cela arrive quelquefois, ne peut rétrograder pour profiter d'un blanc quelconque favorable à son bourdon, qu'après s'être assuré que celui qui le précède n'en aura pas besoin. — il en est de môme à l'égard des doublons.
Si la correction d'un paquetier est faite en son absence, il en doit le remboursement. Il est cependant d'usage que si la correction se fait extraordinairement , c'est-à-dire pendant la nuit ou un dimanche , elle soit comptée dans les frais de gratification par le metteur en pages.
Le paquetier qui corrige le premier doit porter l'épreuve à son suivant; et, en l'absence de celui-ci^ au compositeur qui marche après (4). Celui qui corrige le dernier ne doit pas laisser l'épreuve sur le marbre, mais la remettre au metteur en pages.
Le paquetier doit inscrire ses compositions et ses c^orrections
(1) Il était d'aaage, atitrefote, loraqo^un compositeur linissaii sa ooinpositioii au tiers ou à la moitié de la dernière page de la feuille, qu'il en corrigeât le bas quoiqu'il ne fût pas à lui, à moins cependant quMl n'y eût nécessité de remanit^r, pour iMurdon, doublon, etc. Cette manière d'agir, qui du reste était réciproque, était dictée par la courtoisie, et avait pour but de ne pas déranger un compo«titeur pour quelques lettres à changer, souvent pour une seule, en le mettant dans le cas de démonter une casse, de descendre ou monter un ou plusieurs étages, ou tout au moins de quitter sa casse, ce qui porte toujours préjudice. Plus tard , comprenant mal le motif qui avait fait agir ainsi , on a pensé qu'il était de rigueur de corriger non-seulement le bas de ta dernière page de la feuille, mais encore tous les autres bas de pages; ce que rien ne motivait, puisque celui à qui on corrige le commencement de sa composition, n'est pas pour cela dispensé d'en corriger le reste, et par conséquent de se déranger. — Maintenant on tend à tomber dans un excès contraire , et la plupart des compositeurs refusent de corriger aucun tMs de page.