II... — III... — VI... — vil... — VIII... — XI... — XII
96. Les fractions à barre horizontale (J... ^... j^), formées de chiffres qui se parangonnent sur le corps du texte employé, s'appliquent de préférence aux ouvrages d'arithmétique; celles à barre diagonale figurent mieux dans les prix courants, et, quand elles sont en petit nombre, dans les textes ordinaires. Ces dernières se composent de chiffres du corps (1/2... 2/30), ou de chiffres supérieurs et inférieurs (V«... Vi»), soit du corps, soit parangonnés, et d'une barre en biais fondue à cet effet.
97. Dans les dates doubles concordant avec deux systèmes de calendrier, comme le grégorien et le russe, on ne peut employer que la barre diagonale :
2/14 avril... — 20/31 mai... — 7/19 décembre...
98. Lorsqu'un nombre exprimé en chiffres est suivi d'une fraction, celle-ci doit être' plus près du nombre qui la précède que du mot qui la suit; mais lorsque la fraction n'est le complément d'aucun nombre, elle prend l'espace des autres mots :
cette passe est large seulement de I7 à 2^ encablures...
La coupure du canal n'a que ■— de mille de largeur au S. \ S. K...
99. L'alinéa se marque, dans la prose, pour tous les formats, par le cadratin du caractère que l'on compose.
Dans les vers de même mesure,, il se forme par le cadratin ou par une ligne de blanc, et quelquefois aussi par les deux réunis.
iOO. On se trouve parfois obligé d'augmenter ou de diminuer légèrenoent le cadratin, pour cause d'espacement ou de division; mais il est nécessaire alors, si l'ouvrage est soigné, de faire subirune semblable modification à tous les alinéa de la même page.
101. Lorsque le texte d'un alinéa est coupé par une citation quelconque hors ligne, on reprend le texte sans rentrée, avec ou sans majuscule, selon le cas :
w Nos poètes se sont permis quelquefois d*einployer le comparatif pour le .su- » perlatif n^aiif ; on doit leur savoir gré de cette hardiesse, qui donne plus de « concision, plus de nerf à Texpression. C'est ainsi que Corneille a dit :
Que le parti plui faible ob<ii«M au pluR fort ; «
«'et Racine :
Déji , «ur lui vaiueau , dam le port préparé ,
Chargeant de mon débris le« relique* plui ehères, «
Je méditai* ma fuite but rive* étrangère!.
« Mais si oetle licence n'(^oute rien à la beauté de Texpression... >*
102. Les mots Monsieur^ Madame y etc., placés en tête d'une lettre ou d'un discours, se renfoncent de deux ou trois cadratins, selon la largeur de la justification. — H en est de même de la date, lorsqu'elle est placée à la fin de la lettre; mais si elle est au commencement, elle se reporte presque à l'extrémité droite.
103. Les lettres de deux-points, au début d'un livre, d'un chapitre, etc., ne se renfoncent pas.
104. Lorsque le tiret remplace un interlocuteur dans le corps d'un alinéa, on doit éviter qu'il ne tombe à la fin d'une ligne. Il ne doit pas non plus, dans ce cas, rester à la fin d'un vers; il se reporte au commencement du vers suivant.
105. Toutes les fois que, dans un discours dialogué, les expressions dit-il, lui dit-elle y répondit-il, etc., figiu'ent pour marquer le changement d'interjocuteur, on ne met pas de tiret.
106. On le met quelquefois, à l'imitation des Anglais, ajMvs la
âO CHAPITRE 11^ PARAGRAPHE I.
virgule^ le pointrvirgiile, et le point, dans le but de marquer une espèce de transition. Lorsque! en est ainsi, on ne met de majuscule qu'au mot qui vient après le point.
107. On met un tiret entre le chiffre qui suit le paragraphe et renoncé du titre, lorsque ce titre est en ligne perdue :
§ 2. — De la Taille des arbres à fruit.
Si, au contraire, ce titre est placé au commencement de Talinéa, on met le tiret après l'énoncé du titre :
$ 4. D« Divorce. — Cette grave et iroportaote question...
108. L'espacement des vers pouvant plus facilement se régulaiûser que celui de la prose, il est indispensable d'employer constamment la même espace. A cet effet, on peut diviser le cassetin aux espaces en deux parties inégales, dont la plus grande sera destinée à l'espace de choix, et l'autre à celle de justification.
109. Les vers se renfoncent en raison du nombre de syllabes qu'ils contiennent; le renfoncement ordinaire est d'un demi-cadratin par syllabe de moins. Ainsi, en supposant que les vers de douze syllabes remplissent la justification par la gauche, le vers de dix syllabes (i) sera rentré d'un cadratin; celui de huit, de deux cadratins; celui de sept, de deux et demi; celui de six, de trois; et ainsi de suite :
<• O mort, viens terminer ma misère cruelle! >• S'^riait Charle, accablé par le sort.
La Mort accourt du sombre bord :
« C*est bien ici qu*on m^appellel' « Or, çà, de par Pluton, « Que demande-t-on ?
•( — Je veux... w dit Cliarle.
u — Tu veux... parle...
» Khbien!
« — Rien. »
(1) Les vers de onze syllabes ne se rencontrent que dans quelques opéras, oii ils sont appropriés à la musiqui*. — Les vers de neuf syllabes , quoique plus fréquemment employés, ne sont guère d*usage non plus dans la |M)ésie régulièn*.
liO. En scandant un vers pour en opérer la rentrée^ on doit faire attention que là syllabe muette et au singulier qui se trouve devant un mot commençant par une voyelle ou une h muette^ ne se compte pas :
Mon cœur me l'avait dit : tou/6 kme est wfnv d*un« àme. Car oet/e liorrible vie est un enfer sans toi.
Il en est de même de celle qui, soit au singulier, soit au pluriel, termine un vers :
Que nous n'étions pas deux, que mon Ame et la tienne N'ont rien qui ne se mêle et qui ne s'appartienne.
Quand celui qui voulut tout souffHr pour ses frères Dans sa coupe sanglante eut vidé nos misèref.
i H . Le mot encore s'écrit sans « à la fin, selon le besoin de la rime :
BAtir et renverser, et rebAtir encor
Mille ombres de bonheur avec ses songes d'or.
Dans rintéineur du vers, il ne le prend pas non plus lorsqu'il termine un hémistiche suivi d'une consonne :
Od l'accent altéré de ma voix trop émue ' A son oreille enewr la laissait inconnue.
Devant une voyelle ou une h muette il le prend toujours, mais il ne compte que pour deux syllabes :
Cœur mort, il faut encore éteindre ton flambeau. La mort ? Oui , si j'étais encore homme peut-être ?
1 12. Les mots monsieur y madame, mademoiselle , etc., faisant partie d'un vers, se mettent toujours au long, ainsi que les adjectifs numéraux qui accompagnent certains noms propres, tels que Henri quatre , Louis quatorze y etc.
H 3. Les nombres de toute espèce se mettent aussi en lettres :
En l'an seize cent vingt, j'épousai dans Bayonne Charlotte-Marguerite-Honorine Delorme.
L'an mil six cent vingt-six, je la mis an couvent , Pour de certains péchés répétés trop souvent...
Ï\A, Les diverses parties d'un vers coupé par des interlocuteiu^s^ doivent être disposées de manière à ce'que chacune d'elles tombe immédiatement à la suite de l'autre. Pour cela^ après avoir (*omposé la première partie du vers, on renfonce la seconde de sa valeur exacte, plus une espace; la troisième, de la valeur de la seconde et du blanc représentatif de la première, plus une espace; et ainsi de suite pour la quatrième, s'il y a lieu :
Votre reine est Inès.
Hsl'-il vrai ?
Fils ingrat!...
Lorsque l'étendue de c(*s diverses parties est assez considérable pour excéder la largeur de la justification, on peut les rentrer également l'une sous l'autre, si, dans la même page, il n'y a pas d'autres longs vers à faire entrer dans la garniture :
Seifçneur...
Ali ! c*en est trop.
Quoi î vous vouiez ... ?
Je veux...
i i r>. Loi*sque, dans un ouvrage soigné , un vers ne peut enti-er dans la justification, on en place l'excédant dans le blanc de la marge; mais lorsqu'il s'agit d'une édition économique, on met. cet excédant, que l'on a rendu le moins considérable possible en diminuant l'espacement et que l'on fait précéder d'un crochet, à la fin de la ligne de dessus, ou, lorsque celle-ci n'offre pas suffisamment de blanc, à la fin de la ligne de dessous :