Lorsque Ton bloque une lettre en composant, il est d'u
(1) Les accolades sont généralement fondues de six en six points, depuis 12 points jusqu'à 250; aunlcssus de ce nombre, elles sont de deux pièces.
sage de la mettre le cran en dessus^ en lui conservant l'œil en Tair, afin que son contact avec le marbre ne l'endommage pas. La lettre de remplacement doit être parfaitement identique en force avec la lettre bloquée^ et Ton doit éviter de se servir jamais de lettres crénées.
440. Lorsqu'on réimprime un ouvrage qui, par le fait de changements quelconques, ne va plus page pour page, il convient de bloquer les chiffres qui renvoient à quelque endroit du volume, afin d'appeler sur eux l'attention de l'auteur et du correcteur.
1. Avant de distribuer pour la première fois dans une casse, le compositeur doit la débarrasser de tout ce qu'elle peut contenir d'étranger au caractère, et jeter un coup d'oeil sur certaines sortes peu courantes du haut de casse, qui, malheureusement, ont souvent une classification différente dans chaque imprimerie.
2. On mouille habituellement la distribution, afin de la rendre plus coulante et plus facile à manier (1); lorsque, malgré cela, elle ne se détache pas facilement, on la frappe très-légèrement par le pied sur la galée ou sur un ais (2) : mais si elle tenait par trop, il vaudrait mieux la plonger pendant dix minutes dans de l'eau bouillante.
(1) L'expérience nous a pleinement convamcu que la distribution faite à sec, préconisée par quelques compositeurs, était loin de présenter des avantages qui répondissent en rien aux inconvénients de son exécution, surtout pour les caractères de moyenne grosseur. — Ce que nous disons ici de la distribution s'applique en général à l'imposition, à la désimposition, aux remaniements, aux reports de pages ou de lignes, etc. ; opérations qui se font toutes avec bien plus de sécurité, et partant avec plus de célérité, si tout le texte pour Fa distribution, et le bord des lignes dans les autres cas, sont légèrement mouillés.
(2) La plupart des compositeurs ont la funeste babitude de battre leur distribution sur le marbre; on ne saurait trop blâmer ce moyen, qui a le grave inconvénient d'élargir le pied de la lettre, laquelle perd ainsi sa hauteur, sa ligne et son approche.
G4 CUAPITRE H, PARAGRAPHE H.
3. Lorsque la distribution est convenablement lavée et rincée, elle coule mieux et sèche plus vite.
4. Il est inutile de surcharger la main par une trop forte poignée; plus^ au contraire^ on pourra prendre de mots entre les doigts^ sans toutefois en gêner les mouvements^ plus on distribuera avec célérité.
5. Il faut se garder de jeter la lettre avec force dans les cassetins^ en distribuant^ car cela nuit sensiblement au caractère. La lettre ne doit recevoir d'autre impulsion que celle résultant de sa chute dans le cassetin qui lui est propre, lorsqu'elle s'échappe d'entre le pouce et l'index.
6. La distribution faite avec soin contribuant puissamment à produire une composition correcte, on doit éviter le plus possible de faire des coquilles.
7. Les espaces d'un point doivent être soigneusement mises à part en distribuant.
8. Les interlignes provenant de la distribution se placent avec ordre dans le cassetin des tirets ou dans celui des/. Quand on emploie des interlignes de diverses longueurs ou épaisseurs, on doit les mettre séparément en distribuant.
9. Il est plus avantageux de survider quelques cassetins que de les emplir outre mesure; car l'attention, souvent inutile, que l'on apporte poiu* éviter les coquilles, soit en continuant de distribuer, soit en composant, nuit nécessairement à la célérité de l'une ou l'autre de ces deux opérations.
10. Si la distribution est d'une très-petite justification, comme les additions marginales, les colonnes de texte de certaines opérations, tableaux, etc., on en réunit plusieurs, afin de donner à la poignée une largeur convenable.
li. Lorsqu'on a un certain nombre de colonnes de chiffres à distribuer, il est bon d'en réunir plusieurs, si elles sont peu lai^ ges (après les avoir dégagées de leurs têtes et filets), et de placer la poignée sur le plat de la lettre, le haut de l'œil à droite; on distribue ensuite toute la première couche, c'est-à-dire les derniers chiffres, puis la seconde cx)uche, et successivement jusqu'à
la dernière. La pratique a fait reconnaître un avantage marqué en faveur de cette manière.
12. Lorsque ; dans une distribution quelconque^ il se trouve un certain nombre de mots spéciaux susceptibles de se répéter souvent dans la composition^ on place ces mots^ selon leur retour successif, sur une galée disposée à cet efTet en plusieurs compartiments, pour les y reprendre au besoin.
13. Quand la distribution offre des sortes étrangères à la casse, et que ces sortes doivent encore servir, on recouvre d'un papier fort (i) les cassetins des lettres les moins usuelles, et on les y place provisoirement.
14. Lorsqu'on n'a pas la casse italique à côté de soi, ou si elle sert à plusieurs, il est convenable , pour ne se pas gêner mutuellement, de mettre provisoirement l'italique qu'on rencontre, soit dans un composteur de bois, soit dans une galée s'il est consi-. dérable, afin de choisir le moment opportun pour le distribuer.
15. Lorsque la distribution n'est pas de même nature que la composition, c'estrà-dire si elle excède en italique , petites majuscules, etc., il convient d'extraire ces diverses parties au fur et à mesure de leur rencontre, et de les placer sur une galée oii l'on a préalablement mis une interligne de la justification dont on se propose de former le paquet; puis, lorsque cette interligne est recouverte, on en place une seconde, que l'on recouvre à son tour, et ainsi de suite jusqu'à la fin de la distribution. — Ces caractères sont immédiatement remis à l'homme de conscience, ainsi que les interlignes, les filets, le grec, ou les signes quelconques dont on sait ne pas avoir besoin.
16. Il faut éviter de soulever les lettres dans leurs cassetins avec la pointe ou même avec les doigts; on a plus tôt fait de relever un peu la casse, et, en agissant ainsi, le caractère est garanti de tout contact ou frottement nuisible.
17. Le moment le plus convenable pour faire la distribution est
(1) La présence du papier a pour but de prévenir tonte erreur en distribuant, et de rendre Vextraction de ces sortes plus facile lorsqu'elles deviennent inutiles.
la fin de la journée. De cette manière^ la tête se repose un peu de l'attention soutenue qu'exige la composition^ et la lettre a le temps de sécher pendant la nuit.
18. Lorsque^ dans l'hiver surtout^ on est obligé de composer immédiatement après avoir distribué, il y a avantage à étendre les principales sortes sur des porte-page pendant quelques minutes , afin de les faire sécher plus promptement.
§in.
i . Lorsqu'on desserre les formes pour corriger, on commence à chasser les coins dç pied avant ceux de côté , pour éviter l'écartement horizontal des lettres du bord des pages qui aurait lieu en agissant autrement, surtout si le caractère est petit et non in* terligné. On doit aussi passer du coin le plus faible au plus fort, et, s'il y a deux coins réunis, placer le décognoir sur celui qui est près du châssis.
2. Quand un coin se trouve engagé de manière à empêcher de se servir du décognoir, on avance la forme en dehors du marbre, jusqu'au biseau; puis on le frappe légèrement, soit en dessus, soit en dessous, avec la pointe du maillet, tout en maintenant le biseau près des pages avec la main gauche.
3. La lampe ou le chandelier ne doit pas être mis en contact inmiédiat avec le caractère : il faut avoir le soin de le placer sur un porte-page.
4. On ne doit pas éparpiller sur le marbre ou sur le châssis, et encore moins sur les pages, les lettres extraites de la correction; il faut les placer inunédiatement dans le composteur de bois.
5. Il faut avoir le plus grand soin de ne pas coucher le fer de la pointe ou sa virole sur l'œil des lettres voisines du mot que l'on enlève, afin de ne pas l'endommager.
6. Lorsqu'il arrive qu'une espace se brise en corrigeant, on en
enlève avec soin les fragments et on la remplace; sans quoi les lettres voisines perdent leur appuis et sont alors susceptibles de se rapprocher.
7. Pour s'assurer de la régularité de la justification après la correction d'une ligne, il faut opérer le mouvement de pression vers le blanc de fond et non vers le biseau, qui , par le relâchement des coins, n'offre pas le point d'appui convenable.
8. On doit s'attacher, en levant sa correction, à ne prendre que les lettres indispensables, quand il s'agit d'un mot à substituer à un autre; par exemple, pour remplacer le mot renverser par le mot énumérer, on n'aura à lever que les lettres e, w, m, c, les autres se trouvant dans le mot changé.
9. Lorsque la lettre à changer se trouve près d'un /ou d'un j italique, il est nécessaire d'enlever ces lettres en même temps, afin de n'en pas casser les extrémités.
10. Si la dernière ligne d'un alinéa a été serrée à la composition, et qu^une lettre ou un mot soit supprimé dans cette ligne, il faut l'espacer de nouveau entièrement, pour la mettre en harmonie avec les précédentes, et non se contenter de jeter tout le blanc à la fin de la ligne. Si, au contraire, il s'agit de former un alinéa dans une ligne trop laidement espacée relativement à celles qui la précèdent, il faut en diminuer convenablement les espaces, et mettre le blanc à la fin de la ligne.
tl. Quand une épreuve est surchargée de corrections, d'ajoutés ou de suppressions qui occasionnent des remaniements, et, par suite, la remise en pages, il est nécessaire de mouiller et de dégarnir les formes, afin d'exécuter les corrections à sa casse, et non sur le marbre.
12. Avant de faire la correction d'un ou plusieurs mots ajoutés ou supprimés, on s'assure préalablement si Ton doit remanier en remontant ou en descendant, ou quelquefois faire l'un et Pautre, pour simplifier le travail tout en l'exécutant d'une manière plus convenable.
13. On doit éviter, en remaniant, de laisser dans le corps des lignes les divisions qui, prcccdemment , se trouvaient au bout,
OU de réunir sans espaces le dernier mot d'une ligne avec le premier de la ligne suivante.
14. Si une suppression quelconque dans l'intérieur d'une page nécessite le report de lignes^ on opère de la manière suivante : Supposons une suppression de deux lignes dans la page i : on prend deux Hgnes en tête de la page 2^ et on les met au bas de la i ^ qu'on a préalablement disposée à les recevoir; on repousse la matière de la 2 vers son folio ^ et l'on apporte au bas les deux premières lignes de la page 3; et ainsi de suite ^ jusqu'à la rencontrc^ soit d'un ajouté équivalent^ soit d'un blanc de titre ou de queue de chapitre à augmenter, soit de lignes de plus à faire à de certains alinéa finissant en lignes pleines; ce qui a dû être calculé avant de commencer le report.
Lorsque le report a lieu pour des lignes en plus, on agit d'une manière inverse. Soit, par exemple, un ajouté de trois lignes à intercaler à la page 2, qui nécessite de reporter jusqu'à là page 9, où il se trouve une queue : on commence par retrancher de cette queue l'équivalent exact des trois lignes, et l'on repousse la matière vers la ligne de pied, de manière à laisser le vide sous le folio; on enlève alors les trois dernières lignes de la page 8 et on les met en tète de la 9, puis les trois dernières de la 7 en tête de la 8; et ainsi de suite, jusqu'aux trois dernières lignes de la page 2, qui, enlevées et mises en tète de la 3, donnent la place nécessaire pour les trois lignes ajoutées.
15. Lorsque, par le fait d'une correction, la dernière ligne d'un alinéa précédant un titre, de courte qu'elle était se trouve allongée de manière à modifier l'aspect du blanc vertical qu'elle offrait primitivement, il faut régulariser de nouveau le blanc de ce titre.
16. (Si, pour éviter un remaniement dans une feuille dont il y a déjà un côté de tiré, on n'a d'autre ressource que de passer légèrement quelques lettres d'une ligne sur la lime, on fera subir de préférence cette diminution d'épaisseur aux lettres rondes, que l'on frottera également sur les deux côtés. )