DON PÈDRE, CONSTANCE, BLANCHE, ALVARÉS, CASTRO, GRANDS, MAGISTRATS
73. Lorsqu'un vers excède la justification et qu'on le prolonge dans le blanc de la marge, on agit de la manière suivante : Après avoir composé la ligne et lui avoir donné un nombre déterminé de points en sus de la justification, on la place entre deux interlignes de toute sa longueur, puis Ton couche le long de la page, en dessus et en dessous de l'excédant, des cadrats d'une force égale, dont la valeur a préalablement été diminuée sur la garniture, ou ajoutée aux autres pages si la page modifiée en justification se trouve près du biseau. 11 est indispensable que les interlignes et les garnitures de tête et de pied soient de la largeur totale , afin de maintenir exactement à leur place le^ cadrats ajoutés. — Si plusieurs lignes sortantes se trouvent dans la même page^ elles doivent être toutes justifiées sur la plus large.
74. Lorsque, pour un tableau ou une opération quelconque, on est obligé d'excéder la largeur ou la longueur de la page, on doit s'arranger de manière que l'excédant représente un nombre exact de points, afin de pouvoir les retirer sans tâtonnement de la garniture en imposant.
84 CHAPITRE II, PARAGRAPHE lY.
— Si l'opération ressortante n'occupe verticalement qu'une partie de la page^ on ajoute , aux deux extrémités des lignes de texte, le nombre de points convenable pour former l'excédant de largeur.
75. Quand une opération ou un tableau offre une trop grande largeur relativement aux marges, on le place verticalement. Dans ce cas, le commencement des lignes doit se trouver au bas de la page. (Voir page 13i .)
76. Lorsque plusieurs parties éventuelles (préface, introduction, avis, etc.) se trouvent réunies en tète de l'ouvrage, on les subordonne l'une à l'autre pour la force de caractère, et toujours en les différenciant du texte.
77. Les parties qui sont de l'éditeur marchent avant celles de Fauteur. Elles doivent, autant que possible, commencer des pages impaires; et pour cela on a la faculté, selon la nature de Pouvrage, de diminuer ou d'augmenter l'interligne, d'allonger ou de raccourcir les pages d'une ligne, ou de jeter une ligne de blanc entre les alinéa.
78. La dédicace se place immédiatement après les quatre pages du frontispice.
79. Il y a des introductions qui, par leur contexture littéraire , sont tellement liées au texte, qu'elles en forment pour ainsi dire le premier chapitre. Dans ce cas, elles se composent en caractère semblable, et se placent immédiatement après le sous-titre de début.
80. Quand un ouvrage est manuscrit, les pièces éventuelles ne se composent t)rdinairement qu'en dernier lieu, et prennent une pagination particulière en chiffres romains; mais lorsqu'il s'agit d'une réimpression, on commence habituellement par ces mêmes pièces, et on les comprend dans Tordre général des folios et des signatures du texte.
81 . L'erraia se compose ordinairement en petit caractère et à quatre colonnes : les deux premières comprennent les pages et
les lignes^ la iroisièine les locutions fautives^ et la quatrième la locution corrigée. Ces deux dernières se tiennent le plus large possible^ afin d'éviter de doubler les lignes :
Ptf . Ii|r« Ad lieQ de : Lis«i :
4 7 ii Ait fidèle à sa parole il resta fidèle au serment
5& 25 rapprendre me l'apprendre
80 15 le sayait épuisés les avait épuisés
125 12 Tamitié sinècre l'amitié sincère
Les trois premières colonnes peuvent se composer en une seule fois dans le même composteur^ en ayant soin de garder l'alignement vertical des chiffres et des mots au moyen de cadrats de proportion; mais la quatrième colonne exige une justification à part. (Voir^ au sujet de Talignement vertical^ ce que nous avons dit page 57, n« 131.)
Si l'on se trouve dans la nécessité de doubler une ligne dans la troisième ou la quatrième colonne, on renfonce la seconde ligne, d'un cadratin, conune on le voit dans l'exemple ci-dessous.
On donne encore à l'errata la disposition suivante, en répétant à chaque &ute le mot lisez :
Page 1 , ligne 12 : royale lisez loyale
— 150 y — 6 : une douce affection succéda lisez une amitié
constante et bien vive encore succéda
— 164 y — 22 : à la porte Saint-Martin lisez à la porte Saint-
Denis
OU bien celle-ci, préférable peut-être, en ce qu'elle ne comporte aucun alignement :
Page 7, ligne 25 : ils prièrent à Saint-Sulpice lisez ils prièrent ensemble à Saint-Sulpice
Page 125, ligne 12 : le banc sur lequel il aimait à se reposer lisez le banc sur lequel il se reposait avec bonbeur
82. La ponctuation ne doit figurer à la fin de la locution fautive ou corrigée d'un errata que lorsqu'elle est elle-même le sujet d'une modification.
83. L'errata se met ordinairement à la fin du volume, après la table; mais nous pensons que, dans rintérèt du lecteur, il serait
bieii plus convenablement placé au début du livre, c'est-à-dire immédiatement après le frontispice.
84. Les filets que l'on emploie pour les diverses coupures d'un ouvrage doivent être uniformes, et gradués dans leur valeur relative. Si l'ouvrage est divisé en parties, livres et chapitres (soit qu'ils tombent en page ou non), le chapitre prendra le filet simple, le livre le filet double-maigre, et la partie un filet tremblé. Si l'ouvrage a des notes séparées par le filet maigre, le chapitre prend le double-maigre,. le livre le tremblé, et la partie une vignette légère, mais supérieure en force d'oeil au tremblé (i).
85. Le titre général de la première page ne débute par aucun filet, mais il est séparé de la partie, du livre ou du chapitre par le filet adopté pour ces divisions. Si, comme cela arrive quelquefois, le second titre suit immédiatement le premier, il reçoit également le filet qui lui est propre, mais réduit alors à une petite dimension.
86. Le sommaire d'une partie, d'un livre, etc., ne doit être séparé de ces mots par aucun filet; c'est entre le sonmiaire et le texte qu'il convient souvent d'en mettre un petit, maigre ou anglais, très-léger.
87. Lorsqu'un titre quelconque est séparé du texte par un petit filet maigre ou anglais, et que ce titre ne peut entrer à la fin d'une page, le filet, s'il n'est supprimé par défaut de place, doit figurer au bas de la page. Mais on n'en met pas à la dernière page du texte loi*sque le moi fin ou tout autre s'y trouve exprimé.
88. Le filet que l'on met à la fin d'un livre ou d'un chapitre doit être un peu supérieur en force d'œil à celui du sonunaire de ce même livre ou chapitre.
89. Les parties éventuelles d'un livre doivent, autant que pos-
(1) Les fileU en tète des divisions tombant en page (et notamment les tremblés et les vignettes) tendent de jour en jour à disparaître entièrement. L*usagc anglais a prévalu à cet égard : on les remplace généralement jw un blanc de quelques lignes, mis en avant du titre.
sible^ porter en tête des filets distincts de ceux des divisions du corps de Touvrage.
90. Le filet anglais ombré ou orné, employé isolément , doit avoir l'ombre ou le gras en dessous; mais lorsqu'il y en a deux renfermant une ou plusieurs lignes de titres, le premier a le gras ou Tombre en dessus.
91. Lorsque les divisions principales d'un ouvrage ne poilent pas de filet en tête, on les baisse toutes régulièrement de la valeur exacte d'un nombre de lignes de texte , afin de ne pas nuire à la rencontre des lignes Tune sur l'autre lors de l'impression. Dans ce cas, les parties éventuelles n'en prennent pas non plus.
99. L'éfHgraphe se compose en petit caractère. — Son renfoncement ordinaire, à gauche, est des deux cinquièmes environ de la justification; mais ce renfoncement peut varier selon l'étendue de l'épigraphe et la disposition générale du frontispice.
93. Son extrémité droite se renfonce légèrement, de manière que la plus large ligne du frontispice la dépasse de quelque peu.
94. L'épigraphe qui se place soit aux livres, soit aux chapitres, se renfonce aussi, à droite, d'un cadratin sur le texte.