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(1) La classificatioa de ce modèle, la même, quant au fond, que ceHe donn(^* par Fertel en TTiS, <et encore en usage dans la totalité des imprimeries de Paris, est devenue essentiellement vicieuse depuis les réformes successives introduites dans les fontes. On peut voir, à la fin du volume, un article détaillé, extrait du Recueil complet tT Impositions que nous avons publié en 1834 et en 1848 (librairie de Firmin Didot), od nous motivons, par le juste emploi des lettres, les modifications radicales que nous proposons.
La composition^ proprement dite, est l'assemblage des lettres, pour en former des mots, des lignes, des pages, de quelque nature qu'ils soient.
La personne qui compose se tient ordinairement debout, de-
vant le casselin aux espaces, le composteur dans la main gauche ,
OÙ il est placé de la manière suivante : les quatre doigts, plies et
rapprocliés les uns des autres, le supportent avec la face interne des phalanges, sur lesquelles il glisse lentement d'avant en arrière, à chaque lettre qu'il reçoit, par le mouvement que lui impriment les doigts simultanément avec le pouce. Ce dernier est placé, presque allongé, d'abord au-<lessus de la clavette et la débordant un peu; puis, successivement, au-dessus des lettres reçues, qu'il sert à maintenir.
On jette d'abord un coup d'oeil sur la copie ( l), pour en retenir, sans confusion, le plus de mots possible, puis sur la première lettre à prendre. On saisit celle-ci par la tête et, autant que l'on peut, le cran en dessous; ou bien on la retourne dans ce sens.
(1) La copie, préalablement fixée au visoriuin à Paide des mordants, qui en laissent les premières lignes à découvert entre eux , est placée sur la traverse du milieu du bas de casse, ou mieux (comme on le voit à la figure de la page précédente) sur celle de droite, qui reçoit directement le jour de gaucbe. — Malgré Tentratnement vicieux qui tend à faire disparaître le visorium , nous en recommandons vivement Tusage, persuadé que nous sommes de sa supériorité sur les autres moyens mis en pratique pour le remplacer.
afin de la poser de la manière convenable dans le composteur^ c'est-à-dire le cran en dessous et la tête en Tair. (On agit ensuite de même pour toutes les lettres que contient la ligne.) Pendant le trajet que parcourt la main droite pour apporter la lettre dans le composteur, la main gauche s'approche au-devant d'elle, et incline légèrement le composteur en avant pour recevoir la lettre ;
puis, lorsque celle-ci y est placée, elle la fait glisser par un mouvement contraire qui lui fait atteindre le fond du composteur.
Avant que l'élève termine sa première ligne, on s'attachera à lui faire sentir, d'une manière toute particulière, l'importance : 1° de la confronter attentivement avec la copie, et de la dégager de toute faute (I) avant d'en changer, s'il est nécessaire, les es-
(1) Pour lire la ligne, on rentre un peu le poignet gauche en dedans, de manière à ce qu'elle soit presque en face de soi ; si elle contient des coquilles ( lettres employées pour d'autres) , on prend la lettre de remplacement entre le pouce droit et l'index , et avecr le pied de cette lettre on soulève par-d(«sous la lettre qui doit ^tre remplacée, de façon que le pouce gauche puisse la soutenir en appuyant légèrenH*nt sur son plat, jusqu'à ce que la lelln» de rem|)lac4'ment ayant été suffi -
6 CH\PITRE î, PARAGRAPHK 11.
paees pour la justifier; !2^ d'en espawr également tous les mots; .'J» d'en bien redresser toutes les lettres, et de la justifier d'une manière convenable, c'est-à-dire qu'elle ne soit ni trop lâclie ni trop serrée dans le composteur : choses que Ton doit rigoureusement mettre en pratique à chaque ligne, si Ton veut faire de bonne composition.
Lorsque le composteur est rempli, on en extrait les lignes, et on les transporte dans la galée, laquelle se place ordinairement sur la partie inférieure du côté droit du haut de casse (\),ei dans une position inclinée. Cette opération s'exécute ainsi :
Si le composteur ne contient qu'une ou deux lignes, et que la justification ne soit pas trop Iai*ge, il reste constamment dans la main gauche. Le pouce et l'index droits sont placés, par leur face
interne, sur les extrémités des lignes, et saisissent celles-ci en s'avançant tant soit peu sur l'interligne (ou le filet, si la matière rfest pas interlignée) qui les recm*vi»e poiu* la maintenir, tandis
sainmeiit engagtk^, «'lit» est saisie |»ar la main droite pour ê(re remise en plaw. — 11 en est de même |M)iir les es|>ace8 à clianger. (1) Comme on le \oil à la Hpire de la pa{;e :\.
que le médius, recourbé, les soutient par-dessous; puis, par un léger mouvement de droite à gauche et de gauche à droite, on les sort sans secousse du composteur et on les place sur la galée, de manière qu'elles y soient parfaitement d*aplomb.
Si le composteur contient plus de deux lignes, on le place devant soi, son plat appuyé contre le rebord de lançasse; on met les index sur les extrémités de Pinterligne ou du réglet qui recouvre la dernière ligne, les pouces sous les extrémités de la première ligne; puis, opérant sur le fer un léger mouvement de
pression, on renverse tant soit peu les poignets sur la dernière ligne, pour dégager le tout du composteur, tandis que les médius, plies et placés le long des deux extrémités des lignes, les soutiennent, et en facilitent en même temps l'extraction. Cela fait,
H CIIAPITHE 1, PARA(;R4PUE 11.
OH imiintient lt*s lignes dans cette position, e'est-à-clire le pied de la lettre devant soi, et on les transporte dans la galée. Lorsque les mains sont arrivées au-dessus de la galée, on ramène les poignets à leur position primitive, de manière que les lignes se trouvent l'œil en Tair; on appuie le conmiencement des lignes sur la tringle longitudinale, puis on retire les pouces, et Ton approche carrément les lignes contre la tringle transversale. Il faut avoir soin
de ne pas trop descendre le médius gauche sur le côté des lignes en les retirant du composteur, afin que ce doigt n'en gène pas le placement contre la tringle longitudinale de la galée.
Lorsque le nombre de lignes convenu est placé dans la galée, on lie le paquet (1) de la manière suivante : Après avoir appuyé solidement la galée contre le rebord du bas de casse, on prend entre le pouce et Findex de la main gauche un ou deux centimètres d'une des extrémités de la ficelle (2), qu'on applique, en la relevant en équerre, sur l'interligne qui couvre la dernière ligne,
(1) Il est vicieux de remplir plusieurs galées et de dÎTiser ensuite la composition, parce que, par là, on perd du temps , tout en s*exposant inutilement à mettre en pâte.
(2) La longueur et la grosseur de la ficelle doivent être en rapport avec la grandeur de la page, et selon qu^elle est pleine ou interUgn<^.
à l'angle de droite^ et à peu près au milieu de la hauteur des cadrais. Avec le pouce et l'index de la main droite on fait suivre la ficelle, bien tendue, vers la tête de la page, en continuant de la tourner (aussi près que possible des tringles de la galée) jusqu'à Tangle où Ton a appliqué et retenu le premier bout; le pouce gauche abandonne le bout de ficelle, lequel se trouve alors libre par le haut; on fait passer la ficelle par-dessus ce bout, qui est repris inunédiatement par le pouc^ gauche et tendu légèrement, et Ton commence le secx)nd tour en prolongeant la ficelle siu* le bord libre de la page, au-dessus du premier tour, jusqu'à l'angle droit de la tête de la page. La main gauche quitte alors entièrement le bout engagé de la ficelle, et vient se placer sur le haut de la page, les quatre doigts sur le côté libre de l'extrémité des lignes, et maintenant la ficelle, le pouce étendu sur la tringle verticale. Après ce mouvement, on fait couler la ficelle entre le pouce et l'index droits de la longueur de dix à douze centimètres au delà de la galée, ôli lui fait faire un tour sur la main droite , et on serre, en appuyant fortement la face du pouce contre le rebord
extérieur de la tête de la galée. Pendant cet effort, la page est solidement maintenue par la main gauche, toujours étendue sur elle, mais redescendue au bas. Gela opéré, on porte l'index gauche sur la ficelle, à l'extrémité libre de la première ligne de tête, et on l'y maintient jusqu'à ce que la main droite, après s'être débarrassée de la ficelle, l'ait ressaisie entre le pouce et l'index, et prolongée jusqu'au retour de Tangle gauche du bas. On termine.
sans s'arrêter, le second tour au-dessus du premier (1), et l'on place l'index gauche sur la ficelle, à l'extrémité droite de la ligne de pied; puis, lorsque la main droite a prolongé une troisième fois la ficelle jusqu'à l'angle droit de tête et serré comme au second tour, on porte le médius gauche sur ce même angle, et l'index un peu en retour. La main droite abandonne de nouveau la ficelle, pour repousser un peu la page vers le bas de la galée, et, à l'aide d une pointe (i) , elle enfonce entre les tours de ficelle et la première ligne la partie de ficelle non aiTêtée qui est près de l'angle, de manière à former une boucle au-dessous des deux tours de 'ficelle; on passe le bout de la pointe ou le doigt dans cette boucle lâche, et on la serre en poussant vers l'angle d'arrêt, tout en maintenant solidement la fin des lignes avec les doigts gauches étendus, le commencement avec la paume de la main, et le plat de la ligne de tête avec le pouce. On retire un peu le bout libre de la ficelle, pour diminuer la longueur de la boucle, de manière qu^elle ne puisse passer sous le pied de la lettre lorsqu'on met la page sur le marbre; et après l'avoir rapproché de l'angle, on le coupe, en lui laissant excéder l'œil de la lettre de troiâ centimètres environ. On dégage ensuite la page du côté de la tringle verticale, et, à l'aide des pouces, on abaisse un peu la ficelle aux deux angles de tête et à l'angle gauche de pied, afin qu'elle se trouve à peu près au milieu de la tige (3).
On enlève alors la page de dessus la galée, en plaçant la face latérale des médius, plies, sûr le plat des lignes de tête et de pied, la face intérieure des index sur l'extrémité droite des lignes,
(1) Lorsque la hauteur du rebord de la galée s'oppose à ce que Ton puisse placer le second tour de ficelte au-dessus du premier, il faut, après le premier tour, repousser tant soit peu la page pour baisser la ficelle (que la main droite n'abandonne pas) aux quatre angles, et agir de même pour le troisième tour.
(2) On doit éviter de se servir d'interlignes pour faire la boucle de la ficelle , CAT on courrait risque de les casser et de se blesser la main.
(3) Il est important que la ficelle ne soit pas trop reportée vers le haut ou v(m*s le bas de la ti|QB, car la |)age perdrait de sa solidité et pourrait très-facilement se iiiottiv en pâte.
COMPOSITION. Il
et la face interne des pouces sur rextrémité gauche. Par un mouvement de renversement sur les pouces, l'œil de la lettre est ramené en avant, et la page entièrement dégagée de la galée ; puis, par un nouveau mouvement de renversement sur la main droite, la page se trouve le bas en l'air, Foeil de la lettre sur le côté ; la main gauche l'abandonne, et la main droite la tient en équilibre dans cette position. La main gauche prend alors le porte-page, le présente devant la page du côté du pied de la lettre, s'étend bien
pour la recevoir, et se renverse en dehors pour la remettre sur son pied lorsqu'elle est quittée par la main droite : cette dernière reprend immédiatement la page par les extrémités des lignes, en
relevant et collant sur elles les bords du porte-page, pour la déposer sous le rang.
L(»*sque l'élève aura suffisanmient composé pour bien connaître sa casse et lire avec facilité sur le plomb, on le formera à la distribution.
12 • CHAPITRE 1, PARAGRAPUE 111.