S VI
DE L'ÏNTERLINÉAIRE.
Il est important, dans la composition des traductions interlinéaires, que les mots les plus courts, soit du texte, soit de la traduction, se trouvent exactement au milieu des mots les plus longs : de là, presque toujours, la nécessité de composer simultanément les deux lignes, avant de les justifier. Supposons, par exemple, la ligne ci-dessous à composer :
\l icoi KXstviou, oT{iat as OsufxdCstv élri •^vt6\u^fiç irpSiToc G fils de Clinias, je pense toi être surpris de ce que ayant été le premier
On conmience par former une ligne en prenant, dans leur or^ dre successif, les mots les plus longs de chacune de ces deux lignes, que Ton espace, autant que possible, un peu plus largement que dans les textes ordinaires :
\2 icaî de dinia», je pense as Mre surpris de ce que YevopieviK le premier
DE l'iNTERLINÉAIRE. ^^^y
On justifie cette ligne en l'espaçant convenablement^ puis on en retire les mots (pour les placer momentanément sur une galée ou dans un composteur de bois) empruntés à la traduction^ en les remplaçant^ au fur et à mesure, par leurs correspondants du texte, que Ton a soin de justifier à chaque fois au milieu du blanc résultant de Textraction du mot de la traduction. On obtient alors la ligne de texte espacée comme elle l'est ici :
\t itott KXeiviou, oT{i.ai àt 6aufxà2[eiv Sri *(i'*6[uyo^ icpuTOç
Cette première ligne achevée, oa forme la ligne de la traduction par-dessus en replaçant les mots longs qui ont été extraits^ et en composant les mots courts au milieu des mots longs du texte ; ce qui donne pour résultat définitif la double ligne de la page précédente.
Lorsqu'il se trouve dans la traduction quelque mot explicatif qui n'est pas exprimé dans le texte, ce mot se met en italique ou entre parenthèses et à découvert, ainsi qu'on le voit dans le modèle de composition que nous donnons ici :
\k intt KXeivtou, oTfAat et OotufAal^ctv &ti -^tyù^uwç icptSroç G fils de Clinias, je pense toi être surpris de ce que ayant été le premier
i(MtaTi^< «ou, To>v dfXXoDV icr}cau{A^vo>v, (a^v<k oôx aicaXX^TTOUflii' xai ami de toi, les antres ayant ceHsé, seul non je m'éloigne; et
Sx% ol dcXXot uàv StaXc^ofiLCvoi iyi^orto £t& JyXou aoi, i'^ùi de ce que les autres à la vérité conversant ont été à charge à toi, moi
Bk toaouTcov ^Tc5v ouoè irpcasiirov.
cependant pendant tant d'années pas même à toi j'ai adressé la parole.
To «Îtiov toutou y^YO^^v oùx ^vôpciiceiov, àXkd ti évavTuopia
La cause de ceci a été non humaine, mais un certain empêchement
$atuLOviov oS o^ iceuaet t^v Suvafxiv xoii uoTcpov vov divin dont toi tu apprendras la puissance et cela plus tard ; maintenant
iirei^fj ouxcTt IvavTiourai, outo> irpoaeXi^Xuôa.
puisque cela ne plus Tait obstacle, ainsi je suis v^n vers toi.
On doit, autant que possible, éviter de diviser les mots à la fin des lignes; pour cela, on a la latitude d'espacer fortement, ou.
si l'on est obligé de serrer, de rapprocher, lorsqu'il y a lieu, un mot large, texte ou traduction, à l'alignement d'un mot court, et gagner par là tout l'espace de séparation. Ainsi, dans un cas analogue au suivant,
ou à celui-ci,
dlv6paii7ctov , -iceuaei oaifjLOviov hnmaine, tu apprendras divin
icpoaeiirov Toaouiaiv Ettav adressé la parole tant d'années
on peut rapprocher les mots de cette manière :
ivOpo)ireiov, iceuaei oaifidvtov hamaine, tu apprendras diTÎn
et
icpoaeTTTOv to^oukdv èxwv adressé la parole tant d'années
mais, toutefois, sans fmre mordre ces mots l'un sur l'autre.
Lorsque le texte est latin, italien, espagnol, anglais, etc., la traduction doit être d'un caractère inférieur, afin que la distinction en soit facile.
Si, comme il arrive quelquefois, le mot à mot est recouvert d'une troisième ligne exprimant la phrase rectifiée, cette dei^ nière se met en italique :
Tu , Tityre , lentu» in umbra , Toi, Tityre, swis souci à Fooibre,
FormoMun resonare doces Amaryllida sylvas.
U belle répéter ta Instruis (à) Amaryllis les forêts. Tu fais redire aux forêts le nom de la belle AmaryUis,
Le blanc qui sépare la ligne de texte de sa traduction, doit être moins fort que celui qui sépare celle-ci de la ligne de texte.
Il convient, pour gagner du temps, lorsqu'on distribue de ces sortes d'ouvrages, d'en séparer préalablement les divers caractères.
La composition du plain-chant dont les notes sont fondues avec la portée^ est loin d'offrir les mêmes difficultés que lorsque les notes et les filets de la portée étaient fondus séparément : ce dernier système, en effet, nécessitait un calcul d'enclavemeùt qui n'existe plus aujoiml'hui, et qui rendait beaucoup plus longue la justification des lignes ainsi que leur correction (i). Mais en dehors de cela, et après la connaissance préalable des signes qui constituent le plain-chant, cette composition exige encore, pour être exécutée d'une manière convenable, Tapplication de diverses règles qui feront le sujet de ce paragraphe.