‹ Guide pratique du compositeur d'imprimerieChapitre 75 sur 127 · W. LL · texte numérisé non relu

W. LL

11 existait autrefois certaines lettres abréviatives que Ton rencontre dans d'anciennes éditions^ comme : â, ë, pour am^ em, an, en; m, pour mm; n, pour nn; 5, pOur ou; ff, q^, pour que/ w, pouriim, etc.

Les lettres i, m, u, sont beaucoup plus employées dans le latin que dans le français; mais les cassetins qui contiennent ces lettres étant de première grandem* et convenablement placés par rapport à la main, aucune modification n'a besoin d'être opérée dans la classification générale de la casse, même pour la composition prolongée de cette langue. Vœ seul pourrait être placé avec avantage dans le cassetin aux é.

COMPOSITION DE L'ITALIEN (i).

La composition de l'italien sur réimpression n'offre aucun embarras; seulement, lorsqu'on ne va pas ligne pour ligne avec la ox)pie, on peut, pour la division des mots, rencontnsr des difficultés dont nous allons nous occuper, ainsi que de quelques observations relatives à l'apostrophe et à certains mots qui peuvent paraître douteux sur de mauvais manuscrits.

Les Italiens n'ayant ni substantif ni adjectif composés, ne font usage du trait d'union que pour quelques noms de lieux :

Pietra-Santa... — Nuova-Segovia... — Noova-York...

(1) f:e |iaragraph(> a été soumis h feu M. Bmglie fièrc, coin|HiMteur estiiné de rimprimerie do MM. Pinnin Didof .

et il ne figure jamais au bout des lignes que comme coupure d'un mot; on ne devra donc pas hésiter^ hors du cas ci*dessus, pour réunir les deux parties qu'il sépare sur la copie.

On ne peut couper les mots entre le s, le ^, le p et le /; on divisera donc :

ni-scredito... — Di-sciplina... — Di-sperazione. . — Di-spiacere.. — Arrestato... — Fa-stose...

La voyelle e se prononçant toujours cotnme notre é, la syllabe muette disparaît ^ et l'on peut plus facilement supporter la division de deux lettres^ surtout dans les justifications étroites :

Amo-re. . . — Contor-te. . . — Ordi-ne. . .

On ne doit pas terminer une ligne par une apostrophe, si le mot où elle se trouve n'a pas une voyelle exprimée; il faut^ dans ce cas, remplacer l'apostrophe par la lettre éiidée , et mettre, par exemple :

Che I ella... — GK | infermi... — Me | inramminai... — Voi | enteDdeto...

au lien de :

Ch' I ella... — GV \ infermi... — M' | incamminai... — V | intendete...

Mais toutes les fois qu'il se trouve dans le mot une voyelle exprimée , l'apostrophe peut terminer la ligne :

Coir I nell' I 8uir I deU' | de' | degl', etc.

En dehors de ce que nous venons d'exposer, les mots se coupent, conune en français, à chaque syllabe :

Au-to-riz-zare... — AY-va-lo-ra-mento... — Az-ze<>care... — Ban-cbiere... — Bi-blio-teca. . . — Com-mift-sione ... — Go-vemo. . . — Ini-mico ... — SîMaba. , . — So-vrano...

L'apostrophe, placée à la fin des mots, tient le plus souvent lieu d'une voyelle, comme dans le françus :

Air altra (alla altra)... — Deir ozio (dello ozio)...

Quelquefois aussi, mais particulièrement dans la poésie, elle tient lîeii d'une syllabe :

Un po' (an poco)... — Vo' esscre (voglio essere)...

Très-fréquemment encore, mais jamais dans la prose, elle remplace une voyelle au commencement d'un mot :

Vhe 1 tempo (che il tempo)... — El corso (e il corso)...

Dans ces divers cas, le mot où se trouve Télision doit toujours être séparé de celui qui le suit ou le précède. Cependant, comme l'usage, en Italie, tend à rapprocher le mot qui est terminé par une apostrophe (celle qui remplace une voyelle) du mot qui le suit, lorsque ce dernier commence par une lettre de forme ronde, on peut, quand l'espacement l'exige, diminuer le blanc de préférence entre ces mots; mais devant les lettres de forme droite, l'espace doit être aussi forte qu'aux autres mots.

Il résulte de cette disposition, qu'on devra faire autant de mots distincts des consonnes isolées qui sont suivies de l'apostrophe, comme :

C' — ch' — d* — r — m' — n' — s' — V* — '\* (en poésie), etc.,

lesquelles se rencontrent très-souvent.

De toutes les voyelles, dans le français, Vu est la seule qui soit suivie de l'apostrophe, et l'A la seule consonne qui en soit précédée; dans l'italien, elle se met après toutes les voyelles et devant toutes les consonnes :

A' bambin!.. . — Da' suoi... — E* degji... — De' sospir.,. — V dîoo... — veggi' orsi... — Non vo' che... — Co* suoi... — U' son... — Tu* aita...

Cet emploi divers et répété de l'apostrophe est bon à connaître; car, sur un mauvais manuscrit, on peut facilement, quand on ne sait pas la langue, prendre l'apostrophe pour un accent.

L'apostrophe se met encore, de plus qu'en français, après diverses consonnes, comme g, /*, v, s, etc. :

Piing' ore.. — Perdi' io... — Ov' egli... — Senz' arte...

COMPOSITION DE l'iTALIEN. 177

et aussi après des consonnes redoublées :

Debb* io... — Miir anni... — venn* io... — Sepp' io ... — Potess' io... — Tutt* altre.

On rencontre souvent, seules, les voyelles a, e, è, i, o. Ces lettres forment autant de mots. D arrive aussi assez fréquemment que deux de ces lettres se trouvent à côté Tune de l'autre :

Eacastighi... — Eglièa... — F. ibuoni... — Oatutti... — Oèlibro... — O i«|>adri...

Il faut se garder de les réunir; t et o, au contraire, ne se séparent pas : c'est le mot io (je, moi).

Le mot ei n'est pas italien; si ces deux lettres ne sont pas séparées, c'est le mot ci, dont le c est mal formé.

Le mot cou n'est pas italien ; c'est con (avec) qu'il faut mettre.

II ne faut pas confondre le mot Io (avec t majuscule) et le mot Io (avec / minuscule); le premier ne se trouve jamais qu'au commencement d'une phrase.

La lettre j' se voit quelquefois à la fin d'un mot; elle remplace deux f ;

. — LaYatoj... — libng... — Propïj... — Regj... Il y a des mots terminés par deux i :

Desiderii. . . — Topazii.. .

d'autres par deux e :

E ferrée mote... — E variate Huée...

Les mots di (de) et si (on) s'écrivent aussi avec l'accent grave : di (jour). Si (oui).

Indépendamment des consonnes 6, c, d, /, g, /, m, », p, r, «, t, qui se redoublent plus souvent qu'en français, les Italiens redoublent encore très-fréquenunent le t? et le s ;

Avvokmtato... — Awoltura... — OvYiatore... — .\zzalino... — Azzimo... — Izza... — Ozzimo...

On ne fait pas usage du A, de Vx, de Vy, ui des doubles lettres «, œ, w.

L'accent grave est très-souvent répété ; il se place sur les cinq voyelles et toujours à la fin des mots :

Già... — Unaniraità... — Vanità...

Anzichè .. — É... — Ne...

Cosï... — D\... — Sï... — Vi...

Ciè... — E sospirÀ... — Dirô...

Gesii... — Piii... — Virtù...

L'accent aigu ne s'emploie que dans les ouvrages de prosodie ^ ou dans ceux où Ton veut indiquer la prononciation aux étrangers. Il en est de même de l'accent grave dans le corps des mots.

L'accent circonflexe ne s'emploie pas.

Le tréma figure quelquefois dans la poésie.

Altro non resta

Oggi a noi dnnque, che alla nobil plèbe Rïunir ftdi il Toler nostro intero.

E r istantanea guisa onde V avesti, Prodigïosa ell' è pur anco.

Les mots et cœtera (en italien eccetera) s'indiquent par ce, et non par etc.

Les Italiens renfoncent assez conununément les alinéa de deux cadratins.

La casse italienne n'est nullement semblable à la nôtre; mais la certitude que nous avons acquise qu'elle n'est en rien appropriée à l'usage plus ou moins fréquent des lettres, nous dispense d'en donner le modèle. On peut, lorsqu'on a un labeur de longue haleine à composer, transposer, comme dans le latin et l'anglais, les sortes les plus courantes, pour les rapprocher le plus possible de la main.

La seule difficulté qu'offre l'anglais, lorsqu'on est au courant de l'écriture , repose sur la manière de diviser les mots au bout des lignes. Nous nous occuperons donc premièrement et spécialement de cet objet.

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