‹ Guide pratique du diagnostic bactériologique des maladies microbiennesChapitre 17 sur 89 · COMMUNES A TOUS LES EXAMENS BACTÉRIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

COMMUNES A TOUS LES EXAMENS BACTÉRIOLOGIQUES

Dans ce chapitre nous nous proposons de tracer la marche à suivre dans un examen bactériologique quelconque en insistant plus spécialement sur les règles générales qui sont communes à tous les examens.

55. Récolte au lit du malade. — Nous avons déjà indiqué (5 et 10) les instruments qui doivent servir pour celte récolte et dont on aura dû se munir à l’avance. Nous indiquerons plus loin les précautions particulières à prendre suivant qu’il s’agit d’une substance solide (fausse membrane), demi-liquide ou visqueuse (crachats) ou liquide (urine, liquide de la pleurésie, etc.).

Dans tous les cas, les instruments et les tubes de verre servant à les transporter auront été aseptisés à l’avance et ne resteront ouverts que le temps strictement nécessaire pour y introduire l’échantillon à examiner.

Pour les fausses membranes et les crachats, on se servira de tubes courts et larges (16) bouchés d’ouate et surmontés d’une capsule de caoutchouc. Pour les produits liquides on donnera la préférence à des tubes plus longs, semblables à ceux qui servent pour les cultures (6),

MÉTHODES GÉNÉRALES d’eXAMEN.

ou mieux encore aux tubes centrifugeurs à réservoir inférieur (22).

Nous supposerons que le spécimen à examiner a été transporté dans le laboratoire. Il s’agit maintenant de l'examiner. Après avoir pris les précautions indiquées (16, 69) on procède méthodiquement à cet examen.

56. Examen bactériologique immédiat : préparation extemporanée. — On débouche le tube et, à l’aide d’une pince stérilisée immédiatement par le flambage au brûleur à gaz ou à la flamme de la lampe à alcool, on saisit une parcelle de la matière à examiner, si elle est solide. Si cette matière est liquide ou visqueuse on y promène immédiatement le fil de platine ou la spatule (10) de même métal, après l’avoir flambée.

On enlève, à l’aide de ce fil ou de cette spatule, une trace de la substance à examiner : il vaut mieux en prendre moins que plus , quitte à renouveler l’opération plusieurs fois de suite, s’il est nécessaire.

57. On a fixé, d’autre part, dans \a pince Cornet (13) une lamelle prise dans le flacon où ces lamelles sont conservées dans l’alcool. Cette pince, qui fait corps avec la lamelle (comme le pied d’une loupe avec celte loupe) et 1 isole, servira à manier cette lamelle pendant les nombreuses manipulations qu’il lui reste encore à subir.

On dépose la pince avec sa lamelle sur la feuille de papier buvard bien propre que 1 on a devant soi : on sèche la lamelle en dessous avec du papier à cigarettes, puis on achève de la sécher en la promenant au-dessus

EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE IMMEDIAT.

de la flamme, et l’on s’assure une dernière fois, en la faisant miroiter au jour, qu’elle est d’une propreté et d'une netteté parfaites et que le verre dont elle est formée ne présente aucun défaut.

Alors, on promène à sa face supérieure le fil de platine ou la spatule que l’on vient de charger, de manière à y déposer la substance recueillie par l’instrument sous forme de stries parallèles sans épaisseur appréciable ' au besoin on croise ces stries à angle droit de manière à bien étaler la substance en couche aussi mince que possible.

S’il s’agit d’une fausse membrane ou d’un produit solideon peut frotter directement cette fausse membrane, que l’on lient par une pince, sur la lamelle de manière à y déposer une couche très mince de substance, exactement comme avec le fil ou la platine.

Dans tous les cas, ce frottis doit donner à la face supérieure de la lamelle simplement l’aspect d’un verre très légèrement dépoli. 11 faut craindre plutôt de mettre trop de substance , comme le font presque toujours les débutants, ce qui donne des préparations opaques et confuses, surtout après coloration. Il ne faut pas craindre de laisser des clairières entre les stries : les microbes s’y montrent souvent (sur le bord des stries), plus nettement que partout ailleurs.

La préparation sèche rapidement à l’air ; on active cette dessiccation en soufflant sur la lamelle à l’aide de la poire de caoutchouc (14) pleine d’air ; pour la fixer, dès qu'elle semble à peu près sèche, on la passe trois fois à travers la flamme en tenant la partie frottée en dessus.

Remarquons une fois pour toutes qu’au cours de Diagnostic bactériologique. 4

MÉTHODES GÉNÉRALES D’EXAMEN

toutes les manipulations qui précèdent et qui suivent, il importe essentiellement de ne jamais confondre les deux côtés de la lamelle. Si l'on se sert de la pince Cornet, l’index que porte la branche supérieure de cette pince fixée à la lamelle évite toute confusion, pourvu qu’on la pose toujours de la même manière (l’index en dessus) sur le papier buvard placé devant soi. Si l’on se sert d'une pince mobile et si, par suite d'une distraction, l'on craint une confusion entre les deux faces de la lamelle, on reconnaîtra toujours la face préparée à son aspect dépoli (bien visible à la loupe, sinon à la vue simple), tandis que l’autre côté a conservé l'aspect lisse et brillant du verre.

58. Coloration. — On colore alors la préparation en déposant à sa surface, à l’aide d’un compte-gouttes, deux ou trois gouttes de Bleu de Roux (36, 37) ou de Bouge de Zielil (38), suivant la coloration que l’on désire obtenir. On laisse le liquide agir lentement ou bien l'on hâte la coloration en faisant évaporer le liquide par exposition à une certaine distance au-dessus de la flamme. Quand tout est évaporé, on fixe en passant rapidement deux ou trois fois à travers la flamme.

Ce procédé rapide , à chaud, est aujourd'hui le plus usité dans les laboratoires. Autrefois on laissait la couleur agir plus lentement en déposant simplement la lamelle à la surface du liquide colorant placé dans un verre de montre. 11 faut souvent 20 à 30 minutes pour obtenir une coloration à froid ; mais les préparations ainsi obtenues sont souvent plus belles que celles faites à chaud.

La coloration achevée, on lave la lamelle a grande eau

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