‹ Guide pratique du diagnostic bactériologique des maladies microbiennesChapitre 23 sur 89 · SYMPTOMATIQUES DES MALADIES GENERALES · texte numérisé non relu

SYMPTOMATIQUES DES MALADIES GENERALES

Les angines symptomatiques de la scarlatine, de la rougeole, de la syphilis, s’accompagnent souvent de production de fausses membranes. L’examen bactériologique de ces exsudats se fera en suivant le même manuel opératoire que pour les angines essentielles (examen immédiat et ensemencement). On indiquera seulement ici les renseignements qui doivent servir de guide dans celle recherche.

80. Angine de la scarlatine. — On sait que le microbe spécifique de la scarlatine, en supposant qu'il existe, est encore inconnu ou problématique. Le diagnostic bactériologique ne peut porter que sur l’exsudât de l'angine ou sur les urines.

D’après les recherches de Bourges, Y angine précoce de la scarlatine, celle qui accompagne ou précède même le début de la maladie, est due constamment au streptocoque pyogène ou à la forme que Ivurlh a distinguée sous le nom de Slreplococçus conglomeralus et que M. A. d’Espine vient de retrouver dans le sang au début de la scarlatine.

Au contraire, Y angine tardive , celle qui se développe

FAUSSES MEMBRANES

dans le second septénaire de la maladie, est presque constamment (une seule exception) diphtéritique.

L’ensemencement sur sérum montre dans le premier cas le streptocoque seul ou associé à des microbes indifférents; dans le second cas le bacille de Lœffler, génétalement associé au streptocoque.

On doit tirer parti de ces indications bactériologiques dans le traitement delà scarlatine. On fera donc un examen bactériologique tous les sept ou huit jours, ou toutes les fois qu’une élévation de température subite fera craindre une complication quelconque. On rapprocher le résultat de cet examen de celui que présente l’urine r point de vue de l’albumine et des microbes qu’elle pei contenir. L’ensemencement rendra surtout des service* dans les cas de scarlatines larvées ou à éruptions fugace qui réclament une surveillance toute spéciale de la p;r du médecin, en raison des accidents tardifs qui sont fréquents dans cette maladie.

81. Angine de la rougeole. — C’est aussi le streptocoque que l’on trouve ordinairement dans l’angine pseudo-membraneuse diphtéroïde de la rougeole. Cette angine est ordinairement bénigne.

82. Angine diphtéroïde de la syphilis. — L’angine à fausses membranes qui accompagne assez souvent les accidents secondaires de la syphilis, peut être prise pour une angine diphtéritique. L’ensemencement sur sérum démontrera l'absence du bacille de Lœffler.

C’est encore le streptocoque que l’on trouve le plus communément dans ces fausses membranes. Une fois

TECHNIQUE SPECIALE

il était associé au Baclerium coli (1) (167). Dans un autre cas, Y Oïdium albicans (forme du muguet), était le seul organisme présent dans l’exsudât diphtéroïde d'une angine syphilitique (Bourges).

La présence de la roséole caractéristique sur quelque point de la peau mettra souvent sur la voie du diagnostic, mais dans les cas douteux on sera fixé par l’examen bactériologique. On se rappellera que l’existence d'un microbe spécifique delà syphilis n’est pas encore démontrée (240 .

83. Laryngites. — Les fausses membranes sont identiques à celles provenant du larynx. On y trouve les mêmes microbes.

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