‹ Guide pratique du parfumeurChapitre 142 sur 159 · RUBANS DE BRUGES · texte numérisé non relu

RUBANS DE BRUGES

Faites la teinture suivante :

Alcool à 88° c. . . .

Musc.

Essence de roses . .

Benjoin.

Myrrhe.

Iris de Florence. . .

Essence de verveine.

ISO gr.

Dans cette teinture, plongez du ruban de colon sans apprêt, préalablement imbibé dans une solution de 50 gr. de salpêtre dans 1/2 litre d’eau, puis séché.

Au sortir de la teinture, faites sécher les rubans. — Pour l’usage, on les allume, puis on éteint la fli mme, et à mesure qu’ils brûlent, ils répandent dans l’air les vapeurs odoriférantes des substances ci-dessus.

SALPÊTRE. — Appelé aussi nitre, nitrate ou azotate dépotasse. Ce sel est employé par le parfumeur à la préparation des pastilles odorantes, des clous fumants.

Le riitrese trouve dans la nature ; dans l’Inde, l’Amérique méridionale, quelques parties de l’Espagne, on le voit surgir à la surface du sol sous forme de petites houppes soyeuses ; on l’appelle salpêtre de houssage, parce qu’on le récolte à l’aide de balais ou de houssoirs.

La plus grande partie du nilre employé dans les arts provient soit de l’épuration du salpêtre naturel, soit par la transformation du nitrate de soude du Pérou en nitrate de potasse.

Nous n’entrerons pas dans les détails de celte fabrication, qu’on trouvera dans les ouvrages de chimie industrielle. Nous donnerons seulement, et d’une manière succincte, les principales propriétés du nilre pur.

Le salpêtre se présente sous la forme de longs cristaux prismatiques, rarement réguliers et transparents. — Quand les cristaux sont très-longs, on nomme le sel nilre en baguettes; mais, pour les besoins habituels des arts et pour la facilité des transports, on double la cristallisation de manière à obtenir de gros pains de sel affectant, comme le sucre, la forme des vases dans lesquels s’est opérée la cristallisation.

Le nitre a une saveur fraîche, salée et piquante ; il excite fortement la sécrétion de la salive. — Il est beaucoup plus soluble dans l’eau chaude que dans l’eau froide. — Le salpêtre forme la base des poudres de guerre, de chasse, de mines et des poudres d’artificiers.

Voir Clous fumants , première partie, page 43).

Voir Pastilles fumantes du présent Supplément.

SANTAL. — Voir Parfums d'origine végétale . (Supplément.)

SASSAFRAS. — Idem.

SAVONS de TOILETTE (addition à l’article Savons, de Lunel, page 186).

des savons ordinaires fabriqués seulement avec des matières premières d’excellente qualité, aromatisés par un ou plusieurs parfums, ou bien ayant reçu l’application de modes particuliers de préparation (comme les savons transparents, par exemple.)

Le parfumeur fabrique lui-même ou achète dans les grandes savonneries les divers savons à l’état brut, puis il les refond, les parfume et les colore selon les articles qu'il se propose de faire.

Les savons de toilette, appelés aussi savons parfumés , se divisent en deux grandes classes, les savons durs qui sont à base de soude, et les savons mous ou crèmes de savon, qui sont à base de potasse. Ces derniers se subdivisent encore en sortes diverses selon le corps gras employé et la proportion d’alcali qu’ils contiennent.

Les matières premières employées généralement dans la fabrication des savons de toilette sont :

1° Comme matières grasses, l’axonge, les suifs de bœuf et de mouton, les huiles concrètes de palme et de coco ; ces matières sont purifiées avec soin et souvent blanchies par un procédé chimique. On emploie aussi le blanc de baleine, les belles huiles d’olives et de graines, le beurre de cacao, des pommades odorantes,

2° Comme matières saponifiantes, des lessives faites avec des sels de soude ou de potasse, très-blancs, complètement exempts de sulfures, et ayant un degré alcalimétrique élevé.

3 Comme matières colorantes, des substances empruntées aux trois règnes de la nature, et convenablement choisies et purifiées.

4° Comme parfums, des matières aromatiques telles qu’elles sont fournies par la nature, ou bien des essences, teintures, infusions, huiles parfumées, etc.

5° Enfin, on emploie diverses substances, telles que des gommes, de la cire, du miel, etc., pour donner aux savons, soit du corps, soit diverses propriétés.

Le cadre restreint de ce supplément, ne nous permet pas d’entrer dans beaucoup de détails au sujet de la

fabrication si intéressante, des savons de toilette, d’autant plus que l'Editeur de cet ouvrage s’occupe de la publication d’un Traité complet de la fabrication des savons. Cet ouvrage devra faire partie de la Bibliothèque des professions industrielles et agricoles. Nous renvoyons nos lecteurs pour la connaissance des matières grasses au « Guide pratique de la connaissance et de l’exploitation des corps gras industriels, huiles, beurres, graisses, suifs et cires, de M. Th. Chateau-, » et au « Guide pratique de l’essai et du dosage des huiles, de M. C. Cailletet; » — pour l’élude des matières saponifiantes, au « Guide pratique pour reconnaître et déterminer le titre véritable et la valeur commerciale des potasses, des soudes, des cendres, etc., par MM. Fresenius et Will, au « Manuel du fabricant de vernis, » de M. Violette, pour les matières aromatiques, au présent ouvrage, et enfin aux nombreux articles publiés par M. Droux dans les Annales du Génie civil.

Les diverses sortes de savons de toilette durs sont, d’après M. E. Lormé, le savon blanc d’axonge, le savon de suif, le savon d’huile de palme, le savon de demipalme, et le savon d’huile de coco. Viennent ensuite les savons dits à froid, et les savons de Windsor, puis les savons légers, les savons en poudre, les essences de savons, les savons transparents, et enfin les crèmes ou savons mous.

D’après M. S. Piesse, les savons suivants constituent, au moins en Angleterre, la base de tous les savons de fantaisie à odeur que font les parfumeurs en les mêlant et refondant comme nous l’indiquerons bientôt :

Le blanc de suif, savon presque neutre, composé de soude pure et de suif de première qualité.

Le savon à l'huile, combinaison incolore d’huile et et de soude, dure, serrée et ne contenant que peu d’eau.

Le savon de Castille, importé d’Espagne, est un composé semblable au précédent, mais coloré, marbré avec du protosulfate de fer (vitriol vert). La tranche de ce

savon, exposée à l’air, est marbrée de rouge, par suite de l’aclion oxydante de l’air sur le protosel de fer, tandis que l’intérieur est marbré de vert. K ‘ J .

Le savon marin, fait avec de l’huile de noix de coco, un grand excès de soude et beaucoup d’eau.

Le savon jaune, qui est composé de soude, de suif, de résine, de saindoux, etc.

Le savon de palme, composé de soude et d’huile de palme, conserve la couleur et l’odeur particulières à cette huile concrète.

Le savon mou de figues, composé d’huiles, principalement d’huile d’olive très-commune et de potasse.

Le savon mou de Naples, savon fait avec de l’huile de poisson mêlée à de l’huile de Lucques et de la potasse ; pur, ce savon conserve l’odeur de poisson.

Nous examinerons succinctement, la fabrication des diverses pâtes de savons durs ; nous passerons ensuite à la description également succincte, des différentes opérations que l’on fait subir aux dites pâtes pour les transformer en savons de toilette.

Rappelons d’abord que la fabrication du savon de toilette se divise en plusieurs opérations qui sont 4° L’empâtage ;

2° La séparation ;

3° La cocliou ou cuite ;

4° La liquidation.

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