DÉCOCTION
des doubles ; ils sont montés, le plus souvent, sur un manche de bois des îles, et prennent alors le nom de tampons à rouges.
DÉCANTATION. — Opération qui a pour objet la séparation d’un liquide d’avec les matières solides déposées. Pour décanter, on verse doucement en inclinant peu à peu le vase ot la liqueur est contenue; mais il vaut mieux se servir d’une pipette.
DÉCOCTION. — Opération qui consiste à faire bouillir dans des liquides une substance dont on veut extraire les principes solides. L’eau chargée des principes dont la matière s’est ainsi dépouillée s’appelle un decoctum. 11 faut distinguer, dit Hoefer, la décoction de Yinfasion. Dans l’infusion, l’eau est versée bouillante sur les matières organiques dont on veut extraire certains principes, tandis que dans la décoction ces matières sont bouillies simultanément avec l’eau. Chacune de ces opérations présente des résultats différents : une plante ne cède pas les mêmes principes par la décoction que par l’infusion. Par la décoction on obtient en général les principes extractifs, résineux et amers, tandis que par l’infusion on se procure une bien plus grande quantité de principes volatils aromatiques, d’essences, etc. Ces principes peuvent avoir sur l’économie animale une action toute différente de celle qu’auraient les principes obtenus par la décoction. Il importe donc de ne point confondre la décoction avec l’infusion.
La durée de l’ébullition doit être relative à la nature des substances qu’on traite par la décoction. Les feuilles et les fleurs surtout, dont le tissu est en général moins résistant, ne doivent être exposées qu’à une ébullition très-passagère, surtout si elles sont odorantes : il ne faut les traiter que par infusion. Les racines et les écorces aromatiques ne doivent être exposées qu’à une très-
DECOLORATION.
courte ébullition, parce que les principes aromatiques s’évaporent ou se décomposent par l’action de la chaleur, ou se séparent par suite d’une sorte de distillation. Il est donc très-essentiel, dans la préparation des décoctions, de faire attention à la manière dont l’eau en ébullition agit sur les différentes substances, pour ne les soumettre que le temps convenable à l’action de ce liquide.
DÉCOLORATION. — Opération qui a pour objet d’enlever la couleur aux substances végétales et animales. En général, on décolore les liquides par deux procédés : par le charbon animal, et par le chlore, qui, en raison de son affinité extrême pour l’hydrogène, décompose la couleur organique en lui laissant une teinte légèrement jaunâtre qu’on peut enlever par la potasse.
Le charbon animal comprend deux variétés :
1° Le noir animal, ou charbon d’os, préparé avec les os des divers animaux employés à la nourriture, et le noir d’ivoire, produit de la carbonisation des rognures et petits morceaux d’ivoire. Ge dernier est, du reste, imité avec assez de succès en y employant des os de pieds de mouton bien nettoyés.
Noir, très-léger, brillant, lamelleux, très-friable et trèsdifficile à réduire en cendres, il jouit de l’éminente qualité de décolorer un grand nombre de substances liquides et solides, et particulièrement le sucre.
2° Pour obtenir le charbon animal proprement dit, on prend la partie la plus compacte des os de bœuf et de mouton, on en remplit un creuset de dimension appropriée. On lute avec soin le Gouvercle, mais on laisse une petite ouverture à la partie supérieure. On place alors le creuset dans un fourneau de forge, et on chauffe graduellement jusqu’au rouge. Lorsque la flamme a cessé, on diminue-l’ouverture du couvercle, on donne un fort coup de feu ; c’est alors qu’il se dégage du gaz hydrogène