‹ Guide pratique du parfumeurChapitre 36 sur 159 · DENTS · texte numérisé non relu

DENTS

tage par des aspersions de liquides qu’on appelle vulgairement chlorures, mais qui sont des mélanges de chlorures et d’hypoclilorites.

DENTS.,— Organes osseux en apparence, qui garnissent le bord de chaque mâchoire, et forment deux lignes paraboliques appelées arcades dentaires. Chaque dent se compose « d’une couronne qui fait saillie en dehors, d’une racine implantée dans une cavité appelée alvéole, et d’un collet ou col qui sépare la racine de la couronne. Quant â la matière elle-même de la dent, on y distingue : 1° une partie intérieure [pulpe ou noyau), molle, gélatineuse, pourvue de vaisseaux et de nerfs, qui est l’organe sécréteur de la dent et le siège des douleurs si vives qu’on y éprouve ; 2 e une partie intermédiaire, dite ivoire, dont la texture est très-dense, sans aréoles ni cellules ; elle présente une disposition lamelleuse et une cavité qu’occupe le centre de la couronne, et qui va en se rétrécissant jusqu’au sommet ouvert de la racine; l’analyse chimique montre cette partie composée de phosphate et de fluate de chaux, de carbonate de magnésie, de soude et de chlorure de sodium, indépendamment des cartilages et des vaisseaux ; 3° Vémail, qui recouvre l’ivoire, de consistance cartilagineuse, d’un blanc mat; il est peu adhérent à l’ivoire, tant que la dent n’a point percé la gencive ; il acquiert, au contraire, une très-grande dureté et adhère intimement à l’ivoire dès qu’il a éprouvé l’action de l’air et de la salive. »

Les maladies des dents, examinées sous le rapport de la santé générale, forment une branche de la médecine que l’on a peut-être jusqu’ici trop négligée. Combien d’affections, dit le D r Thoirac, dont on cherche en vain la cause, et qui n’en ont pas d’autre que la carie ou la pousse d’une dent! Tous les jours on rencontre des migraines rebelles, des maux d’oreilles, des névralgies qui, après avoir épuisé le formulaire du médecin, guérissent

parce qu’on s’est avisé de faire ouvrir la bouche, où se trouvaient une ou plusieurs dents gâtées ou quelques vieilles racines oubliées depuis longtemps; des érysipèles, des abcès n’ont souvent pas d’autres causes. Les dents cassées inégalement excorient quelquefois la langue et peuvent occasionner des glossites et y déterminer des ulcères qu’on a plus d’une fois confondus avec les maladies cancéreuses de cet organe. L’accumulation du tartre a non-seulement l’inconvénient de donner un aspect hideux aux dents, mais encore d’entretenir un gonflement douloureux des gencives : ce corps étranger finit par s’interposer entre les dents et l’alvéole; les gencives se boursouflent, deviennent fongueuses, saignantes et trèshumides ; arrivées à ce degré, les dents deviennent vacillantes et produisent dans toute la bouche des sensations fort douloureuses. Les fonctions de l'estomac ne sont pas à l’abri de l’action malfaisante de ces causes; la carie, réunie à ces corps étrangers, active continuellement plus ou moins la sécrétion et l’excrétion des humeurs de la bouche, et ordinairement d’une manière remarquable.il est à présumer que cette grande quantité de salive, mal élaborée, très-putrescible, mêlée à la matière ichoreuse qui s’échappe des cavités que présentent les dents cariées, acquiert des propriétés irritantes qui ne peuvent manquer de s’exercer sur l’estomac et les autres organes que parcourent les aliments ; l’altération de ces liquides et le défaut d’une mastication convenable donnent lieu . à de mauvaises digestions, et prédisposent nécessairement à toutes les maladies qui se rattachent au trouble des fonctions de ce viscère régénérateur. C’est à l’époque où les dents viennent à manquer ou sont affectées de maladie qu’on a l’occasion de remarquer les altérations dont nous parlons. On comprend combien leur étude est précieuse; quelle sollicitude ne doivent-elles pas donner aux mères de famille et aux médecins qui en connaissent encore

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