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AMBRE

dant l’impression de l’ongle; sa saveur est graisseuse; son odeur forte, mais assez agréable, se dégage surtout à la chaleur et par le frottement.

L’ambre gris existe quelquefois en morceaux considérables. La compagnie hollandaise des Indes en acheta du roi de Tidor un morceau du poids de 82 kilogrammes, qui la lui vendit 1,000 écus de Hollande (17,000 francs), et qui, plus tard, fut revendu en Europe 110,000 francs. La compagnie française des Indes fit l’acquisition d’une boule pesant 112 kilogrammes pour 52,000 francs. Cette substance était si commune autrefois dans les îles de la Polynésie que les insulaires de Timor en calfataient leurs barques.

Plusieurs chimistes ont trouvé dans l’ambre gris ;

Ambréine.52,7

Résine. 30,8

Acide benzoïque.1,1

Substance charbonneuse.5,4

L’ambre gris se ramollit à la chaleur, et constitue en fondant une huile épaisse, noirâtre, qui se volatilise complètement ; il brûle rapidement et répand une vive clarté ; il est insoluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool, les éthers, et quelques huiles fixes.

2° Ambre jaune ou Succin. — Substance minérale, dure, cassante, susceptible d’un beau poli, de couleur plus ou moins jaune, plus estimée quand elle tire sur le blanc; sa pesanteur spécifique varie de 1,080 à 1,085, sa saveur est peu agréable; elle est sans odeur, mais en acquiert une légère par le frottement, et par ce moyen elle a aussi la propriété d’être un peu magnétique; l’ambre jaune, exposé au feu, se ramollit, se fond, et brûle en répandant une odeur assez agréable.

L’ambre jaune, dit M. Le Play, se trouve, en général, associé aux dépôts de combustibles des terrains les plus récents. U se rencontre dans les matières arénacées qui

accompagnent les lignites, et souvent aussi au contact des lignites eux-mêmes. On remarque que lorsqu’il est associé à des bois fossiles, il est généralement adhérent aux parties corticales : il résulterait de cette observation que l’ambre jaune ne serait autre chose qu’une transformation d’une substance résineuse produite autrefois par des végétaux qui font aujourd’hui partie du règne minéral. On ne peut douter d’ailleurs que l’ambre jaune, comme les résines ou les gommes, n’ait été originairement à l’état fluide. On voit dans toutes les collections minéralogiques des échantillons de succin dans lesquels se trouvent empâtés des débris de végétaux, et des insectes très-bien conservés, appartenant principalement aux hyménoptères, aux diptères et aux arachnides. Le succin s’est d’ailleurs formé à une période géologique différente de celle dans laquelle nous vivons, puisque ces insectes sont spécifiquement différents des espèces qui habitent aujourd’hui les localités où s’exploite ce minéral. La présence de ces animaux dans cette substance est une nouvelle preuve qu’elle a été formée dans l’atmosphère, probablement pendant la vie des végétaux, et, par suite, antérieurement au dépôt des terrains de transport dans lesquels ceux-ci ont été enfouis. — On trouve le succin en France, à Auteuil près de Paris, et dans les dépôts de lignites des départements de l’Aisne, des Basses- Alpes, du Gard. On en importe annuellement un ou deux milliers de kilogrammes des bords de la mer Baltique, où se trouvent les gîtes les plus renommés de cette substance. Depuis Dantzig jusqu’à Mémel, l’exploitation de l’ambre jaune est l’objet d’üne industrie très-importante, qui n’existe guère que dans cette contrée. Il s’y trouve dans des couches de sables, de cailloux roulés et de bois fossiles. Les eaux des ruisseaux et des lacs dont le lit est creusé dans cette formation, les vagues de la mer sur la côte, en jettent sur les rivages des quantités

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