AMBRETTE
considérables que l’on recueille avec soin ; mais on l’exploite aussi par des fouilles, et surtout en faisant ébouler le terrain dans les escarpements de la côte de la Baltique. Ordinairement l’ambre jaune est en petits rognons ; on en rencontre cependant quelquefois des masses considérables. Récemment on en a découvert, entre Mémel et Kœnigsberg, un échantillon du poids de onze kilogrammes.
L’ambre jaune est insoluble dans l’eau; il se dissout dans l’alcool ou dans une solution de sous-carbonate de potasse; fondu dans de l’huile de lin siccative, et, incorporé dans de l’essence de térébenthine, il fournit un très-bon vernis.
L’ambre gris, par son odeur suave, aromatique et très-divisible, entre dans plusieurs préparations cosmétiques; mais il importe de l’avoir très pur, car on le sophistique avec de la cire ou des résines odorantes.
AMBRETTE ou Graine musquée. — Semence d’une espèce de ketmie, genre de plantes de la famille des Malvacées, composées d’herbes et d’arbrisseaux exotiques, remarquables par la grandeur et la beauté de leurs feuilles. C’est la ketmie odorante (hibiscus hab-el moschus) qu’on trouve aux Indes orientales et dans les contrées chaudes de l’Amérique, qui fournit l’ambrelte. La capsule qui la contient est pyramidale, longue de 5 centimètres, et un peu rétrécie en pointe inférieurement. Les fleurs de cette espèce de ketmie sont jaunes, avec un fond pourpre, et leur calice est caduc, c’est-à-dire qu’il tombe avant la fleur.
L’ambretle s’emploie encore en parfumerie à cause de son odeur qui participe à la fois de celle du musc et de celle de la vanille; mais le règne de l’ambrette a passé avec l’usage de la poudre pour les cheveux : c’était le parfum généralement adopté pour cette poudre.
A.XONGE. Il
Bonastre ‘, qui a fait l’analyse de la graine de la ketmie odorante, a trouvé :
• Parenchyme et humidité ..... .130 Mucilage au gomme........ 90
Matière albumineuse.. 14
Huile fixe fluide,
Matière concrète,
Corps odorant,
Résine coloriée,
Ce sont les corps gras, résineux, acides ou non, qui constituent les quatre dernières substances indiquées dans cette analyse.
AXONGE, graisse tirée de la panne, ou des portions graisseuses attachées aux côtes, aux intestins et aux reins du porc. Elle, forme la base en parfumerie, d’une foule de pommades.
L’axonge, comme toutes les matières grasses, est insoluble dans l’eau; elle est soluble en très-petite proportion dans l’alcool froid, et un peu plus dans l’alcool bouillant ; l’éther en dissout une grande proportion. Elle est formée, en presque totalité, de deux substances principales ; l’une solide à la température ordinaire, possédant une consistance et un aspect analogues à celui du suif, a reçu pour cette raisou le nom de stéarine ; l’autre ne se fige qu’à quelques degrés au-dessous de zéro, c’est l’ oléine. On parvient à la séparer de la stéarine, au moyen de l’alcool bouillant, qui en dissout une plus grande quantité ; mais le moyen le plus économique de le faire a été indiqué par Braconnot: il consiste à soumettre l’axonge à une pression forte et graduée, entre plusieurs feuilles de papier non collé. L’oléine s’imbibe dans le papier, et en répétant cette opération plusieurs
1 Journal de Pharm., t. XX, p, 391.