GRAISSES
des mélanges de plusieurs principes particuliers, parmi lesquels la margarine ou stéarine, et Voléine, sont les plus remarquables. Voy. Huile.
Pendant longtemps, dit Payen, on a regardé la graisse d’ours, dont la couleur est jaunâtre, l’odeur forte et la consistance peu considérable, comme jouissant de la propriété de faciliter la pousse des cheveux : il est même encore des praticiens qui en prescrivent l’emploi. On attribuait la même vertu à la graisse d’os ou moelle de bœuf, qui, dans la parfumerie faisait la base des pommades et préparations cosmétiques ; aujourd’hui on y a entièrement renoncé, et les parfumeurs lui ont substitué avec avantage la graisse de veau, qui par sa blancheur et son peu de disposition à rancir est préférable. Lorsqu’ils veulent en diminuer la solidité, ils y mêlent de l’huile de ben en proportion de la consistance voulue.
Les graisses, surtout l’axonge et la graisse de mouton fondue avec de l’huile d’olive, font la base d’une foule de pommades, cosmétiques et savons, etc.
appréciation. — Les graisses animales s’altèrent avec le temps, rancissent et peuvent donner aux produits dont elles font la base des propriétés irritantes, toxiques môme.
Les graisses ainsi altérées, traitées par l’alcool bouillant laissent après l’évaporation un résidu brun, d’un saveur piquante nauseuse. Ce résidu a quelquefois empoisonné des animaux.
On falsifie les graisses avec des fécules, des pommes de terre cuites, du kaolin, du marbre pulvérisé, etc. Toutes les matières seront décelées par l’éther, qui ne dissout que la graisse pure. Du reste, en faisant bouillir la graisse suspecte dans 10 fois son poids d’eau, les impuretés se précipitent et la graisse pure surnage.
HUILE
HUILE. — Liqueur grasse, onctueuse, inflammable, qui se tire d’un grand nombre de substances végétales, animales et minérales. Distinguons d’abord les huiles en huiles fixes et en huiles volatiles ou essences.
Les huiles fixes sont à peu près semblables à des graisses liquéfiées ; elles s’enflamment au contact du feu, ne se mêlent pas à l’eau, l’alcool et l’éther, se transforment en savon par l’action des alcalis. La plupart des huiles végétales se tirent des graines ou des noyaux des fruits, sauf l’huile d’olive néanmoins, qui provient de la chair même de ce fruit ; les unes sont extraites pour la consommation de bouche, comme les huiles de noix, de faîne, d’olive, d’amandes, etc.; les autres pour l’éclairage, telles que l’huile de colza, d’œillette ; d’autres pour la fabrication des savons, et autres emplois industriels ; etc.
Les huiles animales sont celles de poisson, de pied de bœuf, de baleine, etc.; elles servent exclusivement à des usages industriels.
Les huiles minérales ne sont, à proprement parler, que des bitumes ; on les extrait du naphte, du pétrole, de l’asphalte et de diverses houilles grasses ; on les obtient par la voie de distillation.
Les huiles végétales se préparent, généralement par pression ou par distillation. On fait macérer d’abord à feu nu ou à la vapeur la pulpe des fruits ou des noyaux, puis on les soumet au pressoir à vis. Mais les huiles préparées à froid sont toujours d’une qualité supérieure.
On distingue encore les huiles fixes en siccatives et non siccatives ou grasses.
ai’Préciation. — Les huiles siccatives, comme celles de lin, de noix, de chenevis, d’œillette, etc., ont la propriété de s’épaissir peu à peu au contact de l’air et de se transformer en une espèce de membrane transparente ; les huiles non siccatives ne se résinifient pas au contact de l’air.
HUILES
Les huiles grasses sont insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et l’éther ; composées d’un ou de plusieurs acides organiques et de glycérine, et contenues en général dans le tissu cellulaire des animaux et dans certaines parties des fruits des végétaux. « Les huiles grasses, dit Hœfer, se distinguent des huiles essentielles par une série de propriétés particulières. Elles sont saponifiables par les alcalis. Dans cette action, parfaitement éclaircie par M. Chevreul, l’alcali (potasse, soude, ammoniaque, oxyde de plomb, chaux, etc.) se substitue à la glycérine en se combinant avec l’acide gras naturellement contenu dans l’huile employée. Ces acides gras sont le plus ordinairement l’acide stéarique, l’acide margarique et l'acide oléique, en proportions très-variables. L’oléate de glycérine prédomine dans les huiles grasses, tandis que les corps gras, solides à la température ordinaire, sont plus riches en stéarate et en margarate de glycérine. L’oléate, le stéarate et le margarate de glycérine, sont appelés, par abréviation, oléine, stéarine, margarine.
« La chaleur fait éprouver aux huiles grasses une décomposition caractéristique. Elles bouillonnent en général aune température de 300 à 400°, en dégageant un corps volatil qui irrite vivement les yeux et les organes respiratoires. C’est le corps que Berzelius a nommé acroléine. En même temps, ses huiles se colorent par l'ébullition et s’épaississent; les huiles siccatives, perdant alors leur solubilité dans l’alcool et dans l’éther, s’altèrent bien plus rapidement à l’air. Par le refroidissement, elles déposent souvent une certaine quantité de leur acide cristallisable. A une température supérieure à celle du plomb fondu, les huiles s’altèrent complètement : il se développe des gaz inflammables, de l’acide carbonique et de l’acroléine. Les produits de décomposition varient suivant la durée de l’opération. L’acide oléique donne naissance à de l’acide sébacique; et l’acroléine se forme aux dépens de la gly-
cérine. Les produits inflammables sont diverses espèces de carbures d’hydrogène composant le gaz d’éclairage. »
Quant à l’action des alcalis sur les huiles grasses, voys Savons.
Falsification des huiles
Les huiles fines sont ordinairement falsifiées par leur mélange avec des huiles de qualités inférieures ou par des huiles animales.
En soumettant dans une petite capsule, à la flamme d’une lampe à alcool un échantillon d’huile suspecte, la fraude peut être reconnue à l’odeur particulière du produit falsifié. Si la falsification des huiles a lieu par l’huile animale (huile de graisse) ou l’acide oléique du commerce, une réaction très-simple permet de la découvrir : elles rougissent immédiatement la teinture de tournesol, sur laquelle les huiles pures n’exercent nulle action.
Pour reconnaître les autres mélanges d’huiles, M. Félix Boudet a proposé un excellent procédé, fondé sur les colorations diverses que l’acide hyponitrique fait prendre aux huiles et sur le temps qu’il met à les solidifier. Toutes les huiles non siccatives se solidifient sous l’influence de cet acide. Voici le tableau présenté par M. Boudet.
HUILES
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Huiles d’olive.
— d’amandes douces.
— d’amandes amères.
— de noisettes.
— de noix d'acajou.
— de ricins.
— de colzas.
— d’œillette.
— de faine.
Vert bleuâtre.
Blanc sale.
Vert foncé.
Vert Bleuâtre.
Jaune soufre.
Jaune doré.
Légèrement j aune.
142 HUILES
Ces expériences ont été faites à 1?° centigrades sur 5 grammes de chaque huile et avec 0 gr. 06 d’un mélange de 3 parties d’acide nitrique, à 35° Réaumé et 1 partie d’acide hyponitrique.
Les principales huiles employées en parfumerie sont Timide d’amandes douces, l’huile d’amandes amères, les huiles de noisette, de ben, etc. « Les huiles parfumées cosmétiques ne peuvent jamais être préparées qu’en petite quantité, à cause de la difficulté d’en réunir les éléments, et doivent être mêlées par conséquent avec une autre huile plus facile à obtenir. Si l’on veut préparer, par exemple, de l’huile de jasmin, on réunira le plus possible de fleurs de jasmin blanc et on les fera infuser dans de l'huile d’amandes fraîchement exprimée. L’infusion doit être préparée au bain-marie dans un vase d’étain muni d’un couvercle fermant à vis, et durér une demi-heure ; après quoi, le tout est soumis à l’action d’une forte presse. L’huile n’est encore qu’à demi parfumée; on renouvelle l’infusion pendant une demi-heure au bain-marie, avec la même quantité de fleurs, et l’on presse une seconde fois. Dans les pays où les noisettes sont abondantes, l’huile de noisettes peut être substituée à l’huile d’amandes douces. Toutes les huiles cosmétiques à la rose, à l’œillet, à la fleur d’oranger, se préparent de la même manière. » Les huiles parfumées usitées pour lisser les cheveux, et pour donner de la souplesse à la peau au sortir des bains de vapeur, sont des cosmétiques agréables et d’un usage inoffensif.
Nous allons présenter ici quelques-unes des formules employées en parfumerie :
Pour les Huiles volatiles, ou essences, huiles éthérées, voy. Essences.