PAPIER IMPERMÉABLE
contre l’action de l’eau, et même jusqu’à un certain point contre celle du feu.
Celte préparation convient. surtout pour le papier d’emballage, employé pour les ballots qui doivent rester exposés aux intempéries.
Procédé pour faire un papier parchemin.
Ce procédé consiste à immerger le papier, pendant quelques secondes, dans l’acide sulfurique étendu d’eau.
Pour obtenir un produit parfait, il faut apporter une grande attention à proportionner également l’acide et l’eau, et à calculer la durée de l’immersion, selon que la température est élevée ou basse. Ce qui importe le plus, c’est, la réaction achevée, d’éliminer tout l’acide sulfurique, dont les moindres parties restées dans le papier causeraient tôt ou lard la destruction de ce dernier.
Pour atteindre un résultat complet, on opère sur le papier des lavages à l’eau, répétés et prolongés pendant longtemps; ensuite on le passe dans un mélange d’une partie d’ammoniaque liquide avec dix parties d’eau. On le retire aussitôt et on renouvelle les lavages à l’eau pure. L’expérience a démontré que l’acide sulfurique ne produit aucun changement chimique dans la constitution du papier; il ne fait que déterminer dans ses éléments une nouvelle disposition moléculaire.
Procédé pour empêcher le papier de boire.
Colle de Flandre .. .. 125 grammes.
Savon blanc.125 —
Faites fondre ces deux substances sur le feu avec 1 litre d’eau, ajoutez ensuite 60 gr. d’alun en poudre, en remuant fortement le mélange, et laissez refroidir ; l’étendre ensuite légèrement avec une éponge ou un pinceau plat.
Papier ininflammable.
Tremper le papier dans une forte solution saturée à froid d’alun, et ensuite le faire sécher.
Peu importe que le papier soit blanc, écrit ou imprimé, peint ou marbré; le procédé convient à tous.
PARFUM. — Ce mot a deux acceptions. Tantôt il exprime l’odeur aromatique, agréable, plus ou moins forte, plus ou moins subtile et suave, qui s’exhale d’une substance quelconque, particulièrement des fleurs. C’est dans ce sens qu’on dit le parfum de la rose , le parfum de l'encens. Tantôt il désigne les corps mêmes d’où s’exhalent les différentes odeurs qui excitent en nous une sensation de plaisir. On doit l’entendre en ce sens quand on parle des parfums de l’Orient et de tous les parfums simples ou composés. Lorsqu’on dit qu’on aime l’odeur des parfums, on emploie alors le mot dont il s’agit dans sa double acception.
Les anciens Grecs regardaient les parfums non seulement comme un hommage qu’on devait aux dieux, mais encore comme un signe de leur présence. Les dieux, suivant la théologie des poètes, ne se manifestaient jamais sans annoncer leur apparition par une odeur d’ambroisie.
A quel degré les Romains n’ont-ils. pas poussé leur luxe dans les odeurs, soit pour l’usage des sacrifices, soit pour donner une marque de leur respect envers les hommes constitués en dignités? On s’en servait encore aux spectacles et dans les bains ; les roses y étaient prodiguées, et la profusion des parfums devint si excessive dans la célébration des funérailles, que l’usage en fut défendu par la loi des Douze Tables.
Une telle défense n’eut jamais lieu chez les Orientaux, bien plus avides encore des parfums que les Romains. De tous les peuples du monde, ils sont ceux qui en ont fait
dans tous les temps, et qui en font encore aujourd’hui le plus grand usage. Gela doit être : la nature les leur a prodigués, et ils vivent sous un climat dont la douce température invite à la propreté, compagne inséparable du plaisir.
En général, dans les pays chauds, les nerfs sont plus délicats, les sensations plus vives, et les hommes plus habituellement disposés à la volupté. L’odorat est l’organe favori des sens ; il est rare qu’ils ne soient pas éveillés par lui; presque toujours une odeur forte et suave, en ébranlant le cerveau et les nerfs, produit en nous une sensation favorable à l’amour. Les femmes ne l’ignorent pas. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles elles aiment tant les odeurs. Non contentes de parfumer leurs cheveux et leurs vêtements, elles font usage d’élixirs et de savons odoriiêrants, de pâtes et d’eaux de senteur de toute espèce pour blanchir leurs mains et leurs dents, rendre leur teint plus frais ; leur haleine plus douce, et donner à leurs lèvres le parfum et la couleur vermeille de la rose. Quelquefois ces apprêts font mentir la nature, en imprimant sur les sillons de l’âge mûr un vernis de fraîcheur qui trompe l’œil. On jouit un moment des hommages rendus à la jeunesse; mais l’heure vient où il faut déposer sur sa toilette cette beauté d’emprunt; la nuit achève de détruire l’effet de l’art, et la rose de la veille n’est souvent le lendemain qu’une triste fleur presque entièrement desséchée, et que le papillon du jour daigne à peine regarder.
Les parfums de l’Inde et de l’Arabie ont toujours été les plus estimés ; ils méritent la célébrité dont ils jouissent. Cependant ceux d’Europe, quoique moins renommés, ne sont pas moins agréables. On les compose avec tout ce qu’il y a dans ce pays de fleurs les plus odoriférantes et de plantes les plus aromatiques. Telles sont les fleurs d 'orange, de rose, d’ œillet, de jasmin, de jonquille,
de tubéreuse, les feuilles et les fleurs de thym , de lavande , de sauge , de romarin , de marjolaine , les écorces de citron, les racines d’iris, etc. Tantôt on emploie en nature les parties odorantes de ces plantes ; on les dessèche, on les mêle avec goût, et on en remplit des sachets, des sultans, des cassolettes qui embaument le linge et tous les corps qui en sont touchés et environnés. Tantôt on en fait des pots-pourris ou des pètes, ou des pastilles de toutes les formes, qui, étant brûlées, parfument l’air des appartements. Le plus souvent on enlève aux fleurs leur huile essentielle ou arôme, que l’on conserve sous les noms d’essences et d’eaux de senteur, ou bien qu’on mêle aux poudres, aux pommades et aux vinaigres de propreté qui entrent dans la toilette. Ainsi ce principe odorant des plantes qui, dissous dans l’air, vient frapper agréablement nos organes et s’évapore aussitôt, cet esprit fugace et léger, cet arôme invisible et subtil des végétaux, est rendu fixe par la main de l’homme. Notre industrie s’en empare au moment où il allait s’échapper du sein des corps qui le recèlent. Pour en jouir plus longtemps, nous l’emprisonnons dans tous les corps employés à notre usage. Non-seulement nos vins, nos liqueurs, nos aliments en sont parfumés, mais nos meubles, nos habits, les lieux où nous demeurons et que nous fréquentons en sont pleins; tout ce qui est sur nous, auprès ou autour de nous, exhale l’esprit des fleurs qui n’existent plus, et, au sein même de l’hiver, nous respirons leur parfum délicieux, comme si nous étions encore aux plus beaux jours du printemps et de l’été !
C’est principalement à l’art du distillateur et du parfumeur que nous devons ces jouissances. En ceci, comme en tout, l’homme a imité la nature. Voyant tous les jours les vapeurs de la terre et des mers s’élever dans l’atmosphère, s’y condenser et se résoudre en rosée et
en pluie, il a imaginé un appareil ou instrument, à l’aide duquel il pût opérer en petit un effet à peu près semblable. Cet instrument est un alambic, et l’opération à laquelle il sert se nomme distillation. Par elle on sépare et on, recueille, au moyen de la chaleur, les principes fluides des corps qui sont volatils à différents degrés. On met ces corps dans un vase de terre ou de verre surmonté d’un chapiteau. Le vase est échauffé, soit au bain-marie, soit à un feu plus ou moins fort, selon la matière qu’on se propose de distiller. Lachaleus en détache les parties volatiles. Dégagées des substances lourdes et terreuses qui les tenaient captives, ces parties s’élèvent au haut du chapiteau, s’y condensent par le moyen d’un réfrigérant, et tombent, par un canal appelé serpentin, dans le vase destiné à les recevoir.
On peut diviser les parfums en parfums de l’Arabie, de l’Inde et de l’Europe. Les uns et les autres sont simples ou composés, secs ou liquides. Les parfums simples sont ceux dont la nature nous fait présent dans un état tel qu'on peut les employer et les conserver sans y rien changer ni ajouter, comme l’encens, les baumes, etc. Les parfums composés sont un mélange de plusieurs parfums simples réunis. Les parfums secs sont friables, et peuvent être facilement réduits en poudre, comme toutes les résines odorantes. On donne, en général, le nom de parfums liquides aux esprits et aux essences de plantes très-odorantes. (Bosc.)
Les parfums ne sont pas sans influence sur l’organisme ; ils produisent, chez beaucoup de personnes, une sensation qui réjouit, qui cause un bien être particulier surtout notre être, aussi les voluptueux Orientaux en font-ils sous ce point de vue un usage fréquent, et même presque continuel. On a vu des affections nerveuses, vaporeuses même, être modifiées heureusement par des odeurs. Mais aussi, on a eu des exemples fréquents d’as-
phyxie causée par le parfum des fleurs respirés la nuit, dans les chambres petites, fermées. ( Voy. page 130 de ce Dictionnaire .)
Le nombre et la variété des parfums sont très-considérables, bien que « les dames russes ne s’arrachent plus les sourcils, comme au temps dePierre-le-Grand, poury substituer une couche épaisse de plombagine. » On aura l’idée de l’importance de l’étude des parfums en consultant les articles Ambre, Ambrette, Baumes, Benjoin, Eaux distillées, Essences, Huiles, Savons, etc., de ce dictionnaire.
Les anciens connaissaient plusieurs huiles essentielles à l’état de pureté, telles que celles de citron, de térébenthine, de laurier, etc., mais, dit M. Maigne, leurs compositions odoriférantes les plus usitées étaient des solutions d’essences dont les huiles grasses, obtenues par la macération des plantes aromatiques dans l’huile d’olives. Les mêmes procédés ont été seuls employés jusqu’à notre époque, où l’on est parvenu à extraire les principes odorants des végétaux par des moyens beaucoup plus sûrs et beaucoup plus prompts. Ce perfectionnement est dû au savan Millon, chef de la pharmacie militaire centrale d’Alger. En 1856, cet habile chimiste, faisant des rechers ches sur l’application des dissolvants volatils à la fabrication des parfums, soumit les fleurs les plus aromatiques à l’action du sulfure de carbone : il reconnut qu’au contact de cet agent elles se dépouillaient de toute odeur, et en conclut que leur principe odorant devait s’y être dissous. Il eut dès lors la pensée de distiller les solutions ainsi obtenues de manière à chasser tout le sulfure, et la distillation lui donna pour résidu des substances généralement huileuses, inconnues jusque là, et constituant essentiellement le parfum des plantes les plus suaves. Cette nouvelle méthode, exploitée en grand aujourd’hui, a l’avantage de ne pas exiger qu’on opère sur des plantes
parfaitement sèches, ce qui permet d’aller recueillir sous les latitudes les plus éloignées, pour les employer dans nos contrées, les parfums concentrés des fleurs qui nous sont entièrement inconnues.
PARFUMERIE, Parfümeur. — La parfumerie est la fabrication et le commerce des parfums, des cosmétiques, des pommades, des savons de toilette, des pâtes d’amandes et autres, des huiles antiques, aromatiques et essentielles, des poudres dentifrices et à poudrer, des pastilles à parfumer, des eaux-de-vie aromatiques et autres eaux de senteurs, des fards et autres compositions cosmétiques diverses.
Le parfumeur est celui qui fabrique et vend les parfums et toute sorte de préparations destinées à entretenir la beauté.
Les plus grands centres de parfumerie sont; en France, Grasse et Paris. Indépendamment de ces deux villes, dit M. Joseph Garnier, il y en a quelques autres où l’on confectionne plus particulièrement certains articles. Ainsi, les pommades se fabriquent à Grasse et à Paris d’abord, et ensuite à Avignon, Montpellier, Marseille et Bordeaux. C’est aussi principalement de Paris, Grasse, Montpellier et Marseille, que l’étranger tire des parfumeries, en pâte, en poudre ou en liqueur ; toutefois, il est bon d’observer que ces villes n’exportent guère que des parfumeries fines, car les étrângers commencent à faire eux-mêmes la plupart des produits qu’ils nous demandaient il y a quelques années. De môme, les savonnettes qui ont le plus de réputation viennent de Grasse, Montpellier, Marseille et Avignon. Pour les parfumeries liquides, bien que chaque parfumeur en compose à sa fantaisie, et qu’elles soient par conséquent nombreuses, les plus recherchées viennent d’Avignon, Montpellier, Metz, Nancy et autres endroits où il croit des plantes aromatiques.
Grasse et Paris sont, avons-nous dit, les deux villes de France qui font le plus de commerce en parfumerie. Grasse, par la douceur de son climat, est le sol natal des plantes aromatiques; la plupart d’entre elles y croissent avec tant d’abondance, que quelques-unes n’ont pas besoin de culture. Celles qui y sont cultivées sont le jasmin, la rose, la violette, la tubéreuse et la jonquille. Il serait à souhaiter qu’on y cultivât encore davantage l’oranger, le citronnier, la jacinthe, le réséda, l’héliotrope, fleurs que l’on trouve surtout à Cannes, petit village près de Grasse, où leur produit annuel a été estimé en 1840 environ 200,000 francs. La parfumerie absorbe les fleurs de tous les jardins de cette ville et des communes environnantes : en un mot cette fabrication est une des principales branches de l’industrie du département du Yaï. A Paris, la parfumerie a pris une grande extension depuis une quarantaine d’années, époque où les arts qui tiennent au luxe ont fait de grands progrès.
Dans un charmant ouvrage publié par M. Louis Claye *, on trouve! un historique remarquable sur les Parfums et la Parfumerie. Nous en extrayons ce qui suit :
« Avant 1789, la parfumerie était soumise comme les autres industries au régime des corporations, et ses titres remontaient fort loin. Des statuts octroyés par Philippe- Auguste en 1190, confirmés par le roi Jean le 20 décembre 1357, et par lettres royales données par Henri III le 27 juillet 1582, la régirent jusqu’en 1636. Le génie de Colbert avait alors donné une impulsion plus grande à l’industrie française, chaque corporation obtenait des libertés et des privilèges plus étendus ; celle des parfumeurs ou des parfumeurs-gantiers, comme on les désignait alors, ne fut pas négligée; elle obtint des patentes datées du mois de mars et enregistrées au parlement le 13 mai
Les Talismans de la Beauté.
suivant, qui prouvent l’importance qu’elle avait acquise. Leur confrérie avait été établie en la chapelle Sainte- Anne de l’église des saints Innocents, par patentes données à Paris, le 20 juillet 1426, par Henri, roi d’Angleterre, qui se qualifiait roi de France pendant les troubles qui marquèrent le règne de Charles VII. Leurs armes, en registrées en l’Armorial général de France, sont : d’argent à trois gants de gueules, au chef d’azur chargé d’une cassolette antique d’or.
» La Révolution soumit la cosmétique aux exagérations passionnées qu’elle portait dans les mouvements politiques ; chaque parfum, empruntant une dénomination bizarre ou sanglante au langage des partis, devint un signe de ralliement. 11 y avait les habits à la Guillotine, il y eut la pommade de Samson ; un pénétrant parfum annonçant la présence du muscadin à l’odorat peu charmé du patriote, on bravait la proscription et la guillotine en imprégnant son jabot et son mouchoir d’essence de lis ou d’eau de la Reine.
» Plusieurs compositions devenues historiques nous ont été transmises par le Directoire et par l’Empire. Dès cette époque Part du parfumeur se transforme, en s’appuyant sur la science, pour devenir ce qu’il est aujourd’hui... Nous terminerons cette esquisse historique, — qu’on nous pardonnera d’avoir faite, parce qu’elle contient pour ainsi dire les titres de noblesse de notre art, — par un tableau restreint des ressources que la cosmétique a offertes à l’imagination fantasque et bizarre des peuples.
» Le tatouage qui, en Europe, se réduit aujourd’hui à parer de cœurs enflammés, d’emblèmes et de devises galantes les bras de nos marins, servit et sert encore dans le monde entier à orner le corps des guerriers de ses dessins indélébiles. Avant que César vint conquérir les Gaules, les Pietés, premiers habitants des montagnes
1G4 PARFUMERIE
d’Ecosse, empruntaient leur nom aux couleurs dont ils ôtaient couverts ; les chefs et les nobles papoicas portent leurs armoiries en tatouage sur leur front ou leur poitrine; d’ingénieux et indélébiles dessins couvrent les corps des habitants de l’Océanie et des naturels de l’Amérique. Pour se rendre terribles et déguiser le sang qui coulait de leurs blessures, les Germains se teignaient en rouge ; le guerrier indien se peint pour le combat, d’après les usages de sa tribu et les rites de sa religion. Ces peintures, comme les graisses et les huiles dont les peuples primitifs se couvrent le corps, répondent chez eux à une nécessité hygiénique autant qu’à un besoin de parure. Presque nus et vivant toujours exposés au grand air, ils se cuirassent aiusi contre la piqûre des insectes qui rendent insupportable aux étrangers le séjour de leur pays, et ils se trouvent moins sensibles aux émanations malfaisantes et aux changements atmosphériques.
» Les femmes de la Floride se couvrent tout le corps de dessins indestructibles, celles de Duan se font graver sur la peau des fleurs de différentes couleurs ; l’ornement le plus caractéristique et le plus remarquable des habitants de Rotouma et des îles Wallis, est le chache , qui recouvre le corps depuis le bas de la poitrine jusqu’au genou d’un tatouage très-régulier, imitant les cuissards des anciens preux ; la poitrine, les bras sont couverts de dessins composés de linéaments tenus, d’une légèreté extrême, imitant des poissons volants, des fleurs et autres objets délicats.
» Les lobes des oreilles des habitants de Taïti et de beaucoup d’iles de l’Océanie sont percés et reçoivent, au lieu dépendants, des herbes odorantes, des fleurs suaves, et aux Mariannes les cigarettes à demi fumées des créoles lespagnoles. La beauté naturelle de ces peuples semble leur avoir inspiré le goût des parures ingénieuses et déicates, tandis qu’un os hideux, fixé dans les narines,