PEAU
Faites fondre l’axonge et la cire, ajoutez les autres substances, laissez bouillir cinq minutes, en remuant toujours, et coupez en tablettes lorsque la masse est figée et refroidie.
On peut ajouter quelques gouttes d’essence de lavande pour conserver la préparation.
PEAU. — Tissus membraneux, épais, résistant, élastique, qui recouvre le corps de l’homme et de la plupart des animaux.
Chez l’homme, la peau est composée de quatre couches, qui se succèdent ainsi du dehors en dedans : 1° l 'épiderme ou cuticule, formé de cellules plates et cornées ; 2° le réseau de Malpighi, ou corps muqueux réticulaire, assemblage de cellules arrondies ; 3° le corps papillaire, membrane intermédiaire dont la substance ne s’est point encore réduite en cellules ; 4° le derme, ou chorion, formé de tissus cellulaires : cette dernière couche est fort épaisse à la plante des pieds et à la paume des mains, très-fine aux paupières, et généralement plus forte au dos qu’au côté antérieur du corps ; son épaisseur, plus considérable chez l’homme que chez la femme, varie entre un demi-millimètre et 3 millimètres. Il entre dans la composition delà peau différents organes de sécrétions et d’excrétions, dits follicules, et des parties accessoires telles que pellicules, poils et ongles.
Parmi les organes de secrétions et d’excrétions, nous devons citer le pigmentum ou matière colorante, qui est de couleur noire dans la race nègre, cuivreuse chez les peuples méridionaux et terreuse chez l’habitant du Nord.
Dans l’épaisseur de la peau se trcuvent des espèces de glandes, dite cèbacèes, qui secrétent un liquide huileux, versé à la surface du corps par autant de conduits excréteurs. Ces glandes sont surtout en grand nombre
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aux aisselles, aux aines, aux paupières, et, en un mot, dans toutes les régions où la peau forme beaucoup de replis
On donne le nom de pores aux orifices ordinairement microscopiques par lesquels les divers ordres de vaisseaux s’ouvrent à la surface de la peau. Les expériences de Leuwenhoëk ont démontré qu’un morceau de peau humaine de 8 centimètres carrés présente plus de 1,000 pores. Or, comme l'étendue de la peau d’un homme de moyenne taille est évaluée à 14 pieds carrés, le nombre de pores doit être de 2 billions 16,000,000.
Les poils sont les filaments cornés qui sortent de la peau et recouvrent certaines parties qu’ils semblent protéger.
Voyez cheveux et ongles.
PEULE. — Substance globuleuse, d’un blanc nacré, argentin, mat et chatoyant, et d’une grande dureté, qui se forme dans l’intérieur de plusieurs espèces de coquillages.-
Les perles se trouvent toujours dans les coquilles bivalves, et ne diffèrent point, quant à leur composition, de la substance même de la coquille. Elles ne sont donc composées que de terre calcaire unie à une certaine portion de gluten animal.
Dans les temps où l’on cherchait à expliquer la nature sans l’étudier, on a enfanté des systèmes plus absurdes les uns que les autres pour rendre raison de la formation des perles. 11 est inutile de rappeler les erreurs de nos pères à ce sujet. Aujourd’hui on sait, par expérience, qu’elles ne sont qu’une extravasion contre nature du suc contenu dans les organes de l’animal et filtré par ses glandes ; que ce sont des globules formés par couches peu épaisses, concentriques, avec plus ou moins de régularité. Aussi pour une perle que l’on trouve par fai-
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tement ronde et libre entre les membranes du manteau de l’animal, on en rencontre mille d’irrégulières, semblables à des verrues attachées à la nacre. Elles deviennent quelquefois si grosses et si nombreuses, que l’animal ne peut plus fermer sa coquille et périt. Les plus petites s’appellent semence de perle.
Toutes les coquilles bivalves dont l’intérieur est nacré peuvent donc produire et produisent en effet des perles ; mais celles qui en fournissent le plus communément sont, dans l’ordre de leur importance, l’avicule perlière, l’avi. cule hironde, et autres espèces de ce genre ; la pinne marine et la mulette margaritifère.
La couleur des perles dépend absolument des sucs qui les ont formées. Elles sont en conséquence d’un blanc argentin brillant dans les avicules perlières, brunâtres dans les pennes, verdâtres dans les mulettes ; mais il arrive quelquefois qu’elles sont jaunes, enfumées, et mômes noires. Ces dernières comme plus rares se vendent beaucoup plus cher, quoique réellement moins belles que les communes.
Réaumur a donné, dans les Mémoires de l'Académie des’Sciences, année 1717, la théorie de la formation des perles, appuyée d’expériences qui laissent peu de chose à désirer à cet égard.
Les perles se trouvent dans toutes les mers et dans les eaux douces ; mais les plus belles se pèchent dans les parties les plus chaudes de l’Inde et de l’Amérique, lieux qu'habite exclusivement l’avicule perlière, mytibus margaritiferus de Linné. Quant à la pêche de cette même coquille sur les côtes de l’Amérique, on ne la connait que de nom ; personne ne l’a décrite.
Les anciens croyaient, et les arabes croient encore, que plus il pleut, plus la récolte de perles.est abondante. Il paraît constant, au rapport de Morier, voyage en Perse, que les environs de l’ile de Bahrein, dans le golfe Persi-
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que, offrent le banc d’huitre à perles le plus abondant du monde. Au rapport de Kempfer, l’avicule, dont on retire les perles au lapon, est plus petite et moins épaisse que celle du golfe Persique, et cependant les perles qu’elle fournit sont plus grosses. Aujourd'hui, c’est autour de l’ile de Ceylan que se font les plus importantes pêches de perles. Mais comme elles ne sont retirées de la coquille que lorsque l’animal est pourri, elles sont sujettes à s’écailler ; celles provenant du golfe Persique n’ont pas cet inconvénient. Toutes perdent, jusqu’à cinquante ans, et de leur couleur et de leur poids, les perles de Ceylan plus que celle du golfe Persique ; après quoi elles restent stationnaires.
Plus les huîtres à perles sont pêchées à une grande profondeur, plus elles sont grosses ; ce qui s’explique parce qu’elles sont plus vieilles. Les plongeurs craignent les dangers de leurs pêches à plus de cinq à six brasses.
11 a été dit plus haut qu’on trouvait fréquemment des perles dans la mulette margarilifère ; mais ces perles sont presque toujours adhérentes à la coquille. Linnée, qui avait remarqué que l’animal formait ces tubercules pour mettre obstacle à la perforation de sa coquillê par les vers qui vivent aux dépens de sa chair, avait imaginé, pour leur en faire produire à volonté, de les percer avec une tarière. Ce moyen, dont le gouvernement de Suède a fait longtemps un secret, a réussi jusqu’à un certain point -, mais le nombre de perles marchandes qu’il fournissait était si peu considérable, que la dépense remportait sur la recette, et que le projet a été abandonné.
Pour qu’une perle soit d’une grande valeur, il faut qu’à une grosseur considérable et une rondeur parfaite elle joigne un poli lin, une blancheur éclatante, et un luisant qui la fasse paraître transparente sans l’étre. Quand elle réunit ces qualités, on dit qu’elle est d’une belle eau , qu’elle a un bel orient.
On appelle loupe ou coque de perle un tubercule nacré, . composé de plusieurs autres. Les perles irrégulières sont appelées baroques, et les très-grosses parangonnes.
Les perles les plus grosses qu’on ait remarquées sont : celle qui fut présentée à Philippe II, en 1579 ; elle était delà grosseur d’un œuf de pigeon, et. venait de Panama. Sa forme était celle d’une poire. On l’estimait à cette époque 100,000 francs, ce qui équivaudrait aujourd’hui à près d’un million. Tavernier a vu, en 1633, entre les mains de l’empereur de Perse, une perle qui avait été achetée, dit-il, 110,400 livres sterling, somme si énorme, qu’on n’ose la croire vraie. Pline évalue la fameuse perle que Cléopâtre but par vanité, après l’avoir fait dissoudre dar s du vinaigre, dans un repas qu’elle donnait à Antoine, à une somme encore plus exagérée, puis qu’il l’estime à 250,000 livres sterling, ce qui ferait 5 millions 500,000 livres de notre monnaie.
Les perles se montent en pendants d’oreilles. On les perce pour en faire des colliers, des bracelets, et autres ornements de parure recherchés par les femmes. Les plus petites servent à broder des robes, des bonnets, etc. Il est vrai de dire qu’elles parent beaucoup mieux la beauté que les pierreries, qui, par leur éclat, lui nuisent presque toujours.
On employait autrefois les perles à faire du fard; aujourd’hui on leur substitue la craie de Briançon et autres substances terreuses moins chères, et aussi appropriées ii cet objet. ( Base .)
Le Trésor de la couronne de France possède une collection de plus de 400 perles, pesant chacune 16 grammes, d’une blancheur parfaite, bien rondes et d’un orient magnifique. ..
ferles artificielles
L’industrie est parvenue à faire pour les perles fines, ce qu’elle a opéré pour les diamants et les pierres pré-
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rieuses : elle les a imitées de manière à s’y méprendre.
Ce fut dans le xvi* siècle qu’on inventa à Venise un procédé d’imiter les perles par des globules de verre, auxquels on donna une couleur et un vernis qui les a beaucoup fait ressembler à de véritables perles : on a. perfectionné cette imitation en leur substituant des petits globules de cire recouverts d’un émail ressemblant aux perles; mais ces globules ne peuvent résister longtemps à l’humidité qui ternit l’émail, ce qui les endommage promptement.
Ce ne fut qu’en 1656 que Jaquin, émailleur sur verre de Bourgogne, employa ce qu’on appelle essence d’Orient, qui n’est autre chose que l’ablette. On incorpore cette substance avec un peu de colle de poisson ou de gélatine, dont on garnit avec précaution les parois internes, des globules de verre très-mince ayant la forme de perles. Cet enduit étant très- sec, on introduit dans l’intérieur de la cire blanche fondue, pour donner à ces globules la solidité et le poids requis.
Perles de roses de Tdrquie. — L’on sait que la Turquie fait un assez grand commerce d’une composition connue sous le nom de perles de roses. Pour les obtenir, dit Marcel de Serres, on pile dans un mortier de fonte des pétales de roses fraîches, jusqu’à ce qu’elles soient en pâte bien unie, qu’on fait sécher à l’air. Avant que la dessiccation soit complète, od la pile de nouveau avec de l’eau de roses ; on fait sécher, et l’on répète cette opération jusqu’à ce que la pâte soit très-fine. Alors on lui donne la forme convenable ; on la perfore, afin de pouvoir passer un ruban dans les espèces de perles qu’on en forme ; on les fait sécher, et quand elles sont devenues très-dures, on les unit et on les polit, après quoi on les frotte avec de l’huile de roses afin de leur donner plus d’odeur et plus de lustre. Par ce procédé, la pâte de feuilles de roses prend une couleur noire très-prononcée