‹ Guide pratique pour l'étude et le traitement des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 64 sur 95 · XXXV · texte numérisé non relu

XXXV

L'ophdialmoscopie , comme on le voit , embrasse nu fjrand nombre de détails ; chaque maladie des yeux , il est vrai , ne réclame pas un examen aussi minutieux que celui que'^nous venons d'indiquer, dans les paragraphes qui précèdent ; mais c'est en observant avec soin , et en ne se hâr tant point trop , que Ton évite les erreurs de diagnostic , non seulement si préjudiciables au malade, mais encore si souvent funestes à la réputation du chirurgien.

Toutes les fois que la maladie est grave , l'examen de l'œil doit être rapide et de peu de durée. Le chirurgien ne doit le prolonger, que lorsqu'il devient nécessaire de prendre un parti décisif , comme lorsqu'il s'agit de ponctionner l'œil pour évacuer l'humeur aqueuse , un hypopyon pururlent, ou pour vider un œil suppuré.

Lorsque l'on a fini d'examiner le malade , il reste encore à rinterrog^er. On ne procède bien à cet interro{jatoire qu'avec de l'habitude et de la méthode : les jeunes médecins sont souvent fort embarrassés pour y procéder. H est plus convenable d'interroger les malades, que de les engager à exposer leur situation ; car ils se perdent ordinairement dans un dédale de choses insignifiantes, et oublient ce qui est le plus important pour le médecin. Il faut donc poser les questions avec le plus de clarté possible , pour obtenir une réponse convenable et aussi précise que faire se peut. Il faut demander au malade :

1° Où il souffre , et depuis combien de temps.

2^ S'il n'a pas été atteint d'affections antérieures de l'œil.

3" S'il peut attribuer la maladie locale à quelque cause spéciale, constitutionnelle, héréditaire, acquise ou accidentelle.

4« Engager le malade à décrire ce qu'il éprouve.

S*» Lui demander comment il voit : le médecin doit chercher à juger lui-même des facultés visuelles.

Q"* L'interroger sur sa vue avant la maladie , pour savoir s'il était myope, presbyte, ou s'il voyait aussi bien la nuit que le jour, ou tout le contraire.

7° S'enquérir si la vue était égale des deux côtés : ce que les malades ignorent souvent, et s'il voit mieux avec un œil fermé.

8« Observer ce qu'il reste de vision : lui présenter des objets de différens volumes et à des distances variées ; demander s'il voit les objets en entier, à moitié , grossis, ou diminués de volume.

9° Enfin si les douleurs ou le trouble de la vision se rattachent à des sensations particulières , à des accès périodiques , à des exacerbations régulières ou intermittentes.

ii Dans les interrogatoires , il ne faut point alarmer le malade ; et lorsque , par la comparaison des symptômes objectifs avec les subjectifs , Ton est en mesure de faire son diagnostic , il faut se rappeler que la vérité ne doit pas toujours être dite au malade , surtout quand il n'y a plus aucun espoir (1).

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