‹ Guide pratique pour l'étude et le traitement des maladies des yeux (volume 3)Chapitre 46 sur 122 · I. dû · texte numérisé non relu

I. dû

français parle sublime Delille , plongé comme lui dans une nuit éternelle.

Mais, hélas! à mes yeux la lumière est ravie. En vain leur globe éleint et roulant dans la nuit , Cherche aux voûtes des cieux la clarté qui me fuit ; Tu ne visites plus ma débile prunelle.

Pourtant , des chants sacrés adorateur fidèle , Ma muse , chère au ciel , anime encor ma voix ; J'erre encor sur ses pas sous la voûte des bois , Au bord du clair ruisseau , sur la montagne allière, Que pour d'autres que moi vient dorer la lumière. Mais c'est vous , vous surtout , qui m'avez inspiré , Montagne de Sion , et toi , ruisseau sacré , Toi qui , baignant ses pieds avec un doux murmure , Les caches sous des fleurs, les couvres de verdure : Souvent aussi ( des maux trop funestes rapports ! ) J'évoque ces mortels fameux par leurs accords, Qui n'ont de tes bienfaits gardé que la mémoire. Votre égal en malheur, que ne lesuis-je en gloire? O vieux Tirésias , Homère , Thamyris !

Ainsi , de mille objets en silence nourris Mes vers coulent sans peine, et ma muse féconde Reproduit dans mes chants les merveilles du monde ; Mais du moins dans mes maux j'imite leurs concerts , Et mon cœur, sans efforts , se répand dans mes vers : Tel au sein de la nuit et de la forêt sombre L'oiseau mélodieux chante caché dans l'ombre. ^

Les ans , les mois , les jours , par uue sage loi Tout revient \ mais le jour ne revient pas pour moi : Mes yeux cherchent en vain les fleurs fraîches écloses. Mes printemps sont sans grâce et mes étés sans roses. J'ai perdu des ruisseaux le cristal argentin , La pourpre du couchant , les rayons du malin, Et les jeux des troupeaux, et ce noble visage Où le Dieu qui fit l'homme a gravé son image. J'ai gardé ses malheurs et perdu ses plaisirs. Où sont les doux tableaux si chers à mes loisirs? Pden , rien de celte scène , en beauté si féconde , Ne se peint dans ces yeux, où se peignait le raondev ,

Vainement se colore et le fruit et la fleur ; '*

Pour moi , dans l'univers', il n'est qu'une couleur.

Ma vue, à la clarté refusant le passage,

Des objets effacés ne reçoit plus l'image :

Tout est vague, confus , couvert d'un voile épais,

Et pour moi le grand livre est fermé pour jamais.

Adieu ; des arts brillans la pompe enchanteresse ,

Les trésors du savoir, les fruits de la sagesse;

La nuit engloutit tout. Eh bien ! fille des cieux,

Éclaire ma raison au défaut de mes yeux ;

Epure tout en moi par la céleste flamme ;

Mets tes feux dans mon cœur, mets tes yeux dans mon âme,

Et fais que je dévoile , en mes vers solennels,

Des objets que jamais n'ont vus les yeux mortels.

But thou Revisit'st not thèse eyes, lhat roll in vain To find thy piercing ray, and find no dawn ; So thicka drop serene hath quench'd their orbs. Or dim suffusion veii'd.

Yet not the more Cease I to wander, where the muses haunt, Cleare spring, or shady grove, or sunny hill , Smit with the love of sacred song ; but chief Thee, Sion, and the flowery brooks beneath That wash thy hallow'd feet, and warbling flow, Nightly I visit : nor sometimes forget Those other two cquall'd with me in fate, So were I equall'd with them in renown. Blind Thamyris, and blind Mœonides, And Tiresias, and Phineus, prophets old : Then feed on thoughts, that voluntary move Harmonious numbers ; as the wakef ul bird Sings darkling, and in shadiest covert hid, Tunes lier nocturnal note.

Thus with the year Seasons retuin; but not to me returns Day, or the sweet approach of eveu or morn, Or sight of vernal bloom, or summer's rose,

Or flocks, or herds, or liumaii face divine;

But cloud instead, and evcr-during dark

Surrounds me, from the cheerful ways of nien

Cut off, and for the book of knowledge fair

Presented with a uni versai blank

Of nature's works, to me expung'd and ras'd,

And wisdom at one entrance quite shut out.

So much rhe rathev thou, celestial light,

Shene inward, and the mind through ail lier powers

Irradia te ; there plant eyes, ail mist from thence

Purge and disperse, that I may see and tell

Of things invisible to mortal sight.

Quoique doué d'un caractère d'individualité marqué , l'œil ne marche point isolé dans l'économie ; et si son principe vital réside tout entier dans son organisation , il entretient aussi, au moyen de sa structure intime, des liaisons organiques et physiologiques avec les autres systèmes , et surtout avec leurs fonctions. Gomment peut-il en être autrement , puisque presque toutes les parties constituantes de l'économie humaine concourent à sa formation ? N'est-il pas construit de tissu cellulaire simple et composé , de muscles , de vaisseaux sanguins , lymphatiques , sécrétans et absorbans , de tissus scléreux , muqueux , séreux , de glandes de divers ordres et formes, de nerfs, d'épanouissemens nerveux , de ganglions , de corps pileux et papilîaires , dermoïdes, de follicules sébacés, d'humeurs qui l'abreuvent , l'entretiennent , le lubréfient , lui donnent de l'éclat, le tout renfermé dans une boîte osseuse qui le protège et le maintient ?

L'œil est le même chez tous les hommes qui constituent les différentes races humaines ; il ne diffère que par la grosseur et la couleur dans quelques races ; caractères que nous examinerons avec soin en temps et lieu. Nous nous bornerons à dire ici que l'œil est d'autant plus volumineux , d'autant plus puissant , qu'il appartient à des races de pays chaud , et que la puissance de ses fonctions est en général

en raison directe de la grosseur. Il est aussi d'autant plus coloré qu'il appartient aux races mongoles, indiennes, nègres, américaines primitives et australiennes. Par contre, ses tissus le sont d'autant moins qu'ils appartiennent aux individus se rapprochant des types hyperboréens.

L'ensemble de l'œil et de ses annexes forme ce que l'on appelle les dépendances oculaires. Ce sont les sourcils , les tégumens qui les supportent , les paupières , les muscles qui lui sont propres , les vaisseaux qui le nourrissent , la conjonctive qui l'enveloppe, la glande lacrymale, le syphon qui aspire les larmes pour les conduire dans le nez ; enfin les nerfs qui lui donnent la vie et le mettent en relation avec les autres systèmes.

Des sourcils.

Les sourcils sont des éminences arquées et convexes , formées par l'arcade sus-orbitraire , recouvertes de tégumens propres au front, et sur lesquelles sont implantés des poils inclinés de la partie nasale vers les tempes , en forme de cercle ; ils sont plus épais du côté du nez , et se terminent ordinairement en pointe vers les tempes. Leur coloration varie aussi chez les hommes des pays chauds ; ils sont noirs épais , foncés dans les individus appartenant à la race turc-grecque ; ils se dessinent comme un air de cercle presque uniforme ; caractère surtout appréciable chez les femmes de l'Archipel grec , de la Mingrélie et de la Géorgie ; tandis que chez les Mongols, les Chinois et les Japonais, en raison de la construction des os du nez, des bosses frontales, et de l' affaissement de l'apophyse malaire, ils paraissent obliques , et font croire aussi à l'obliquité de l'œil , ce qui n'est pas. Les hommes qui appartiennent ou qui dérivent des races hyperboréennes ont les sourcils blancs , blonds ou roux.

Les poils des sourcils sont raides et forts , leur pointe se

porte obliquement en haut et en dehors : dans l'âge assez avancé, ils prennent souvent un accroissement anormal, au point d'avoir trois fois la longueur habituelle , propre au jeune âge. Les sourcils sont mis en mouvement par les muscles frontal, sourciller et orbicuîaire : c'est par leur contraction que les sourcils se rapprochent , se portent en avant pour ombrager la pupille , pour éloigner les corps étrangers ou la sueur. Leurs différentes positions servent à exprimer les sensations de l'âme, et ils contractent par l'habitude, une position qui imprime à la physionomie une expression propre , caractéristique et souvent indélébile. Dans la joie, l'admiration, -F amour-propre satisfait ou flatté , dans la stupeur , l'horreur , les sourcils se relèvent sous l'action du muscle frontal. Dans la colère , le mépris , la haine, ils se contractent fortement en se rapprochant du grand angle , au moyen du muscle frontal et des sourciliers. Dans la réflexion , l'indignation , la tristesse , le muscle orbicuîaire les abaisse. Ces caractères avaient été bien sentis par l'illustre Lavater , dans ses caractères de l'orgueilleux , du soucieux , du colérique et de l'atrabilaire. Ceux qui ont vu depuis l'inimitable Talma 3 savent tous le rôle que jouaient sesimposans sourcils, dans les expressions variées qu'il donnait à son visage , destiné à réfléchir tant de passions,

Des paupières*

Les paupières sont des prolongations des tégumens qui recouvrent le front, les sourcils et la face : les supérieures descendent de la marge supérieure de l'orbite ; les inférieures montent des rebords inférieurs. Dans les premiers mois de la vie intra-utérines , elles sont complètement, unies, et c'est cette union qui, persistant chez l'homme après sa naissance , comme chez quelques animaux, forme une maladie spéciale, l'anchyloblépharon, dont nous parlerons plus tard. L'ouverture des paupières

n'est point horizontale ; elle est légèrement cintrée avec la concavité en bas, circonstance que Ton apprécie plus facilement quand l'œil est fermé; il est aussi fort aisé de reconnaître que la paupière supérieure est plus large des deux tiers que l'inférieure ; fait qu'il ne faut pas perdre de vue , et qui donne lieu à des inductions chirurgicales de la plus haute importance. Cette paupière a aussi une action plus puissante et qui dépend de sa construction et de son appareil musculaire, supérieur en nombre et en force à celui de l'inférieure. Cinq couches différentes forment l'épaisseur des paupières : 1° la couche cutanée, remarquable par sa finesse et sa laxité ; 2° la couche cellulaire -, 3° la couche musculaire formée par les muscles orbiculaires et élévateur de la paupière supérieure ; 4° leur couche fibreuse qui naît du pourtour de l'arcade orbitaire, et arrive s'insérer au cartilage tarse ; 5° une couche muqueuse qui ne revêt que la partie postérieure de la paupière connue sous le nom de conjonctive,

Des tarses des paupières,

La peau qui forme le bord libre des paupières est ren-' forcée par un arc cartilagineux nommé tarse , et qui se rend d'une commissure à l'autre des paupières. Le cartilage n'est point une pièce de rapport ; il se soude entièrement à la paupière , et ne s'en sépare pas même par une longue macération. Il se rapproche par sa nature de la structure de la glotte ou de la trachée-artère.

Les cartilages ont deux faces , l'une convexe qui est extérieure, l'intérieur est concave. Leur extrémité externe est taillée en arête , tandis que l'interne est un peu arrondie. Celui de la paupière supérieure participe à la prépondérance de forme et de puissance qui la distingue. Les tarses sont-ils retenus par des ligamens propres provenant de l'épanouissement du périoste de l'orbite, c'est ce qu'a

~ dis —

cherché à démontrer Winslow, et que nie positivement Zinn. Cependant , selon lui , le redoublement de la duremère qui tapisse l'orbite, vient jusque sur les paupières, qu'il renforce , et où il sert à séparer les vaisseaux internes des vaisseaux externes qui sillonnent ces voiles mobiles.

Je les ai toujours vus, lorsque je les ai recherchés avec soin ; ils se terminent par un tissu excessivement ténu , comme quelques unes de ces aponévroses multiformes qui se dédoublent au devant du sac herniaire. Cette opinion a été admise par l'illustre Sabatier, qui les nommait ligamens des paupières. Rosenmùller partage la même croyance : ces cartilages ne sont du reste appréciables chez le fœtus que vers la fin du quatrième mois.

Sur le rebord externe que l'on nomme marge du tarse , naissent , sur une seule rangée, mais dans un ordre peu régulier, des poils que Ton nomme cils , et dont nous allons nous occuper.

Les tarses, par leur structure, sont destinés à former un arc élastique destinés à renforcer les paupières et à les fermer exactement.

Des cils.

A la marge de Tune et de l'autre paupière , dans le bourrelet cutané qui renforce le tarse , l'on voit naître une rangée de poils irrégulièrement plantés qui portent le nom de cils (ciîia) , et dont la longueur ainsi que la couleur varient. Ils prennent naissance dans de petites bourses nommées vulgairement matrices des poils ou bulbes. Déjà Winslow avait fait connaître les raisons pour lesquelles ils ne sont pas placés sur une ligne uniforme, ce qui a fait croire à quelques anatomistes qu'ils naissaient sur plusieurs rangées. 11 faut aussi tenir compte de la profondeur à laquelle ils naissent, quand il s'agit de les détruire partiellement ou en totalité.

Ils sont noirs et très-longs chez les hommes des pays chauds , blonds et courts chez les individus appartenant aux pays froids. Les cils ont une courbure particulière} dont la convexité regarde l'œil et la pointe des sourcils. Ils sont plus longs à la paupière supérieure, et au centre de chaque paupière ; ils diminuent en nombre et en longueur à mesure qu'ils se rapprochent des angles internes et externes.

Leur usage est de diminuer par leur rapprochement l'influence de la lumière sur l'œil, et de le défendre contre les agens irritans externes.

Lorsqu'un individu est privé congénialement de cils , ses yeux sont presque toujours impressionnables à la lumière, et il a pour habitude de fermer l'œil à moitié pour suppléer ainsi à l'absence des organes destinés à amoindrir l'action et l'influence des rayons lumineux.

Des muscles sourclllers.

Deux petits faisceaux de fibres musculaires constituent à chaque œil les muscles sourciliers : ils sont situés sous la peau des sourcils. Ils naissent d'un petit tendon court, prenant son attache à l'apophyse nasale du coronal ; de là, ils longent obliquement le bord de l'orbite jusqu'à ses deux tiers; arrivés là, ils confondent leurs fibres avec celles de l'extrémité frontale du muscle occipito-frontal, pour s'insinuer à la peau qui supporte les sourcils. De là ils s'unissent et passent sous une partie des muscles orbiculaires , ils se terminent à la peau.

L'on verra plus tard quel parti le chirurgien peut tirer de ces dispositions dans les paralysies des muscles des paupières.

Les muscles sourciliers jouent un grand rôle dans l'expression de la physionomie. Quand ils se contractent , ils rapprochent les sourcils et en font hérisser les poils ; ils combattent l'action du muscle occipito-frontal, et font dis-

— us —

paraître les rides produits par celui-ci , dans la peau du front; ils concourent avec les autres muscles des paupières à maintenir l'ouverture de celles ci.

Des muscles orbiculaires des paupières.

L'orbiculaire des paupières est immédiatement placé sous la peau et le tissu cellulaire de la paupière. Il consiste en une aglomération de fibres semi-eîliptiques, enveloppant les deux paupières. C'est à tort que Ton a divisé ce muscle en deux parties ; il ne forme en réalité qu'un seul muscle composé de deux plans de fibres charnues , minces et adhérentes à la peau. Ces plans partent d'un tendon s' attachant, partie à l'apophyse interne du coronal, partie de l'apophyse nasale de l'os maxillaire , enfin quelques bandes fibreuses viennent s'insérer sur l'os unguis. Le tendon envoie des aponévroses minces, mais solides, qui réunissent les extrémités internes des tarses au grand angle. A partir du tendon, les fibres musculaires s'épanouissent en forme de raquette et forment deux lignes semi-elliptiques plus éloignées du côté de la tempe , de manière à former un ovale, dont la partie la plus large regarde la tempe, et la plus étroite le nez. D'un côté les fibres les plus minces viennent s'insinuer à tout le pourtour de l'orbite , ce qui lui a valu le nom de naso-palpébral ; de l'autre, les plus fortes adhèrent à tout le cartilage tarse, auquel elles se lient très-étroitement. Riolan pensait que ce muscle avait pour action de lier les cils, et l'avait nommé muscle ciliaire. A la face externe ces minces fibres s'entre-unissent et vont former un petit tendon commun qui les sépare. Ce muscle a été très-bien décrit par Albinus et Santorini. Les fibres qui vont rejoindre l'orbite sont presque circulaires et sans entrecroisement apparent. Elles sont recouvertes en partie par les derniers faisceaux du muscle occipito-frontal et par le muscle sourcilier, circonstance dont Acrel etHunt de Manchester

ont tiré lia grand parti chirurgical. Fatori prétendait que les fibres inférieures du muscle orbiculaire communiquaient toujours avec le muscle zygomatique, par de petites houppes musculeuses ; mais ce fait est loin d'être constant. Le muscle est destiné à rapprocher les paupières , à les fermer , il comprime le globe de l'œil et le refoule au fond de l'orbite: il exprime les larmes, et les sécrétions destinées à lubrifier l'œil. Pendant le sommeil, son action est moindre , et on en doit tirer parti pour examiner les yeux des enfans atteints de blépharospasme consécutif à l'ophthalmie catarrho-purulente , ou à Toplithalmie serofuleuse. C'est aussi pour cette raison , que , lorsque l'on commence à avoir sommeil, la paupière tombe d'ellemême. Le même phénomène a lieu lorsque l'encéphale est sous l'influence d'une congestion légère produite par les narcotiques ou les liqueurs fermenlées , les individus font alors ce que l'on dit vulgairement les petits yeux.

Glandes sébacées des paupières connues sous le nom de glandes

de Meibomius.

Quoique connues dès la plus haute antiquité, les glandes sébacées des paupières , plus connues des anatomistes modernes sous le nom de follicules ciliaires , n'ont été parfaitement décrites que par Meibomius en 1666 , qui les dessina avec un soin particulier. Morgagni et Haller en aussi ont donné une description exacte en leur conservant le nom de Meibomius.

Les follicules de Meibomius sont de petits corps ronds placés à côté les uns des autres comme un chapelet dans de petits sillons derrière le cartilage tarse, et non point sur lui , comme le, prétendent quelques anatomistes. lis sont assis sur un coussinet cellulaire et recouverts par les conjonctives -, ils offrent plusieurs séries , doubles et triples, mais sans avoir une position toujours verticale, de

manière à représenter des lignes noueuses, jaunâtres, ramifiées et plus nombreuses à la paupière supérieure , plus développées au centre de ce voile mobile , que dans ses extrémités interne et externe.

Ces petits follicules sont assez durs , ils communiquent entre eux , par de petits conduits , et chaque follicule a ensuite un canal excréteur, qui vient s'ouvrir sur le cartilage tarse, à un quart de ligne des cils ; celui des seconde ou troisième rangées s'ouvre un peu plus en arrière.

Pour bien étudier les follicules ciliaires, il faut enlever avec soin le rebord de la paupière , la faire macérer dans l'eau pendant deux ou trois jours, l'exprimer ensuite avec les doigts , et quand elle est privée de liquide , la plonger dans une forte dissolution de bois de Fernambouc. Les follicules se remplissent de principes colorans, et avec un grossissement de 75 sur leur volume, l'on voit facilement les canaux qui excrètent les produits de leurs sécrétions. Les canaux ne sont point uniques pour chaque follicule; ilss'entre-unissent, se chevauchent et ressemblent assez à la disposition des vaissaux mésentériques.

La matière sécrétée par les glandes meibonniennes est grasse et limpide chez les jeunes gens , et concrète chez les vieillards ; elle se solidifie de plus en plus après la mort; au point qu'en serrant fortement le bord des paupières , elle sort en forme de vers.

Cette sécrétion des follicules ciliaires, est destinée à entretenir la souplesse de la conjonctive. À la suite desophthalmies chroniques , le boursouflement de la muqueuse obstruant les conduits excréteurs, la conjonctive devient moins souple.

Le produit des glandes sébacées se nomme chassie, Up- ■pitudo : il ne doit pas être confondu avec le mucus que sécrètent les follicules capillaires de la conjontive.

La première n'est pas soluble dans l'eau , mais par con-

tre facilement dissoute par l'huile et les corps gras : Tautre au contraire se comporte en sens inverse.

Muscle releveur de la paupière supérieure.

Le nom de ce muscle indique suffisamment son usage ; il prend naissance au fond de l'orbite dans la bifurcation de la dure-mere au moment où elle se sépare du nerf optique pour se diviser , et donner le périoste de l'orbite. Son attache est un petit filet grêle et tendineux naissant entre le releveur et le grand oblique de l'œil. Il coloie la partie antérieure du muscle releveur de l'œil, puis, s'amincissant en avant , il vient le recouvrir en grande partie. Ce muscle est le plus long de tous ceux qui naissent dans l'orbite ; il est peu charnu et composé de fibres dont la plupart ont une direciion droite , excepté les extérieures qui, en s'épanouissant, forment un concavité qui s'applique sur le cartilage tarse, au moyen d'une aponévrose très-mince , mais forte. A peine au sortir de l'orbite , il est recouvert par le muscle orbiculaire des paupières avec lequel il échange quelques fibres. Son usage est de relever la paupière supérieure et c'est à sa paralysie en général que sont dues la plupart des blépharoptoses ou chutes de la paupière ,

Appareil lacrymal.

L'appareil lacrymal se compose des points et canaux lacrymaux du sac lacrymal et du canal osseux du même nom : de la glande lacrymale avec ses conduits excréteurs.

Des points lacrymaux*

On appelle de ce nom de petits mamelons ronds situés à l'angle interne de chaque paupière et percés à leur exi. il

trémité d'un trou toujours ouvert , qui correspond à un canal.

Les points lacrymaux sont situés vis-à-vis l'un de l'autre, et ils se rencontrent presque toujours lorsque les paupières se ferment. Ils sont fournis d'une espèce de valvule élastique , qui leur donne une forme plus conique et plus élevée, chaque fois que les paupières se rapprochent; phénomène qui disparaît , dès l'instant qu'elles s'écartent. Le calibre des points lacrymaux varie , chez les hommes des pays chauds , ils sont plus saillans et ils peuvent recevoir un stylet assez gros, tandis que chez les hommes qui habitent les pays tempérés ou froids, ils ne peuvent recevoir qu'une petite soie de sanglier.

Les points lacrymaux ne sont , à proprement parler , que l'orifice externe de deux canaux qui vont se rejoindre, après avoir sillonné le rebord interne de chaque paupière. Ce conduit commun va s'insérer à la partie antérieure du sac lacrymal. Dans leur trajet, ils ne sont recouverts que par la conjonctive seule , mais ils sont protégés par les fibres du muscle orbiculaire, qui les embrasse étroitement et leur donne'ainsi une espèce de solidité. Leur membrane interne est très-déliée, pale et de même nature, que celles que tapisse l'intérieur des paupières et du sac nasal. Quelques anatomistes ont prétendu même que la membrane interne était d'une nature toute opposée à celle de la pituitaire ; mais leur dire n'est fondé sur aucune preuve.

Du sac lacrymal.

Le sac lacrymal est un réservoir oblong, situé au grand angle de l'œil dans une goulière formée par l'os unguis et l'apophyse montante de l'os maxillaire : c'est une petite poche membraneuse ovale et terminée en haut par une espèce de chapiteau , il est caché derrière le muscle orbiculaire et son ligament. Il est recouvert par des fibres mus-

culeuses connues vulgairement sous le nom de muscles de Horner, quoique l'anatomiste Duverney les eût déjà décrites. Cet appareil musculaire du sac consiste en fibres longues et assez pâles, qui, du bord interne de l'orbite, à la jonction du tiers interne avec les deux tiers moyen , s'insèrent sur le sac lacrymal. Celui-ci est formé de deux membranes bien distinctes : l'une extérieure mince, blanchâtre et semiaponévrotique ; l'autre, interne rouge, vasculaire , villeuse, n'est qu'une continuation de la membane pituitaire. La membrane interne sécrète une mucosité assez semblable à celle de l'intérieur des narines. Pour bien étudier l'ensemble du sac et des points lacrymaux qui forment ce que l'on nomme le siphon lacrymal , il faut l'injecter par l'orifice nasal*avec de la cire, comme le faisait Zinn, et mieux encore avec le métal de Darcet comme nous avons l'habitude de le faire et de le démontrer dans nos cours.

Le sac nasal se termine par un canal tubulé finissant en une pointe coupée en biseau, qui va s'ouvrir dans les narines internes. Ce conduit se nomme nasal ou lacrymal ; il prend son origine à la hauteur du muscle oblique inférieur de l'œil, il est étranglé tout à coup. Quelques analomistes, entre autres Lecat, pensent qu'il existe dans cet endroit un sphincter ou ligament qui est la première] cause de cette démarcation entre le sac proprement dit et son prolongement nasal. Dans l'état pathologique du sac, ce sphincter ou cette valvule sont fort peu apparens et ils jouent un grand rôle., lorsque les fonctions du sac sont perverties. La membrane qui tapisse l'intérieur du canal lacrymal n'est que la continuation de celle du sac , elle jouit des mêmes condilions. Le canal nasal membraneux est renfermé dans un conduit osseux qui porte le même nom; il est formé par l'apophyse maxillaire^ l'os unguis et une partie du plancher de l'orbite ; il est un peu oblique d'arrière en avant , il n'est point parfaitement rond , mais ovale et aplati ; il est évasé supérieurement et il se termine légèrement en cône,

son orifice inférieur s'ouvre un peu en avant dans les narines et sous les cornets inférieurs. Le canal membraneux adhère fortement aux os, chez lesquels il remplit les fonctions de périoste.

De la glande lacrymale.

La glande lacrymale appartient au genre des glandes conglomérées , elle est convexe extérieurement pour s'adapter plus facilement à la fosse'te intra-orbitaire où elle est située ; inférieurement elle est concave pour ne point gêner les mouvemens de l'œil , elle est formée par un assemblage de granulations assez développées, rassemblées en groupes qui sont unis entre eux par un tissu cellulaire assez lâche. Chaque groupe reçoit un filet nerveux, une branche veineuse et artérielle. Pendant long-temps l'on n'avait pas pu découvrir les conduits excréteurs de cette glande chez Thomme , on n'admettait leur existence que par induction , en raison de ce qu'on les observait facilement chez le bœuf. A force de patience on est parvenu à les découvrir chez l'homme , ainsi qu'on peut s'en convaincre non seulement en parcourant les belles planches de l'anatomie de l'œil de Sœmmering , mais encore en visitant le cabinet anatomique de Pavie , où l'on voit une préparation superbe due à notre célèbre maître Scarpa. Chaque canal excréteur est indiqué par un fil de crin qui le traverse dans toute sa longueur. Ces canaux s'ouvrent sous la paupière à une ligne au devant de la terminaison des glandes méibomiennes. Ils sont placés en forme d'éventail dont la base est au bord libre de la paupière et l'extrémité tronquée vers le corps glanduleux d'où ils sortent. Ces points sont au nombre de dix ou douze , et quelquefois moins.

La glande lacrymale est destinée à sécréter un fluide particulier connu sons le nom de larmes , dont l'usage est d'humecter l'intérieur des paupières et de les débarrasse?*

des mucosités qui pourraient s'y accumuler. L'excédant est ramassé dans un espace triangulaire formé par un tubercule rougeâtre oblong, et par le renflement du limbe interne des paupières. Ce tubercule se nomme la caroncule lacrymale, elle est composée d'un grand nombre de follicules en tout semblables à ceux de Meibomius, et qui se terminent par de petites aspérités vermiculaires, percées à leur trou d'un orifice villeux duquel découle une matière gluante qui se mêle aux larmes. Lorsque celles-ci sont ainsi retenues par la caroncule, elles sont ensuite dirigées par la duplicature delà conjonctive connue sous le nom de semilunaire vers les canaux lacrymaux.

Pour que l'excrétion des larmes s'accomplisse d'une manière normale , il faut qu'il existe les conditions suivantes : que nous rapportons d'après M. Bourjot de Saint-Hilaire.

« 1° La sécrétion dans une juste mesure du fluide lacrymal; si elle devient trop abondante , les larmes ne peuvent plus être pompées assez promptement, elles s'écoulent sur la joue comme il arrive après un fort larmoiement.

» 2° Une proportion également juste entre le mucus que les larmes doivent dissoudre et entraîner, et la partie la plus ténue du liquide.

» 3° L'état tonique des siphons lacrymaux , qui n'est pas dû, comme on Ta dit, à des fibres circulaires que lanatomie ne peut démontrer, et qu'une saine physiologie ne revendique pas d'une manière plus expresse; car ces fibres que Ton ne peut démontrer chez l'homme , manquent tout-à-fait sur les grands mammifères , le bœuf , le cheval; sur de plus petits, le chien et le lapin , où nous n'avons pu constater qu'une lacune à bords très-plats et très-minces. Les fibres décrites sous le nom de muscles de Horner, qui agissent sur rallongement des canaux qui communiquent des points au sac lacrymal, ont une fonction plus manifeste.

il*

» 4« Le jeu d'aspiration , pour puiser les larmes dans le sac du grand angle de l'œil est plus conforme , selon nous , aux lois physiques ; il se fait surtout par l'action i d'un muscle que nous pensions avoir découvert dans des recherches récentes, et que l'anatomiste Duverney avait déjà fait connaître. Cet appareil musculaire , consiste en fibres longues et assez pâles , qui du bord interne de l'orbite , à la jonction du tiers interne avec les deux tiers moyens, se portent sur le sac lacrymal, et distendent sa paroi fibreuse à chacune de leurs contractions. Ces contractions sont isochrones à celles de l'orbiculaire, et deviennent très-énergiques, lorsqu'on fait effort pour sécher les larmes après avoir beaucoup pleuré ; aussi est-ce instinctivement que nous contractons alors avec force tout l'appareil musculaire palpébral , comme cela est facile à voir sur un enfant qui sanglotte.

» Les fibres de ce muscle que nous appellerons dilatateur inférieure du sac {M. dilatator sacculi lacrymalis inferior)}, sont bien distinctes de l'orbiculaire, peur l'attache, la direction , elles ne sont pas circulaires et concentiques.

» Un autre muscle qui a dû être confondu avec l'origine du sourciller, et la queue de l'occipito-frontal , à la môme action, sur la partie qui se trouve au-dessus du tendon direct de l'orbiculaire. Ce tendon lui-même est tiré en dehors par les fibres de son muscle propre , lorsque la contraction est extrême et rend à imprimer. A la partie moyeune de la paroi fibreuse du sac à laquelle il est uni, un mouvement saccadé de dilatation, auquel nous attribuons les descentes des larmes dans le sac , plutôt qu'à une action capillaire , et à toutes les autres raisons données par les auteurs , ainsi , par la dilatation alternative du sac , un véritable jeu de pompe aspirante est établi , les larmes sont absorbées par les points lacrymaux , lorsque la valvule membraneuse qui se trouve à l'orifice intérieur du conduit nasal sous le cornet inférieur s'abaisse , et ouvre le

passage , "après s'être relevée à chaque* inspiration , mouvement de clausion qui empêche l'air inspiré de pénétrer dans les voies lacrymales. Cette valvule est percée d'une sorte de canal, obliquement creusé dans lu muqueuse et exactement construit;, comme la valvule , qui permet à l'urine de sortir de l'uretère dans la vessie , sans permettre son refoulement. Il en est de môme ici , à cette différence près que c'est de l'air, et non un fluide aqueux qui agit sur la valvule nasale ; aussi est-i! impossible de faire remonter des lotions ou douches par inspiration du nez dans le conduit des larmes ; ce serait la même chose pour des fumigations. Cette valvule ou va-et-vient donne une grande importance pour faire des voies lacrymales un véritable siphon aspirant. Comme elle s'oppose à l'entrée de l'air dans les voies nasales , à l'ascension des corps étrangers, tels que poudres sternutatoires, poussières, etc., nous chercherons donc à ménager cette valvule dans la méthode aujourd'hui en vogue de la dilatation , par une canule à demeure , en modifiant considérablement celle-ci.

« 5° Une autre condition nécessaire à l'intégrité de la fonction, c'est l'état sain de la conjonctive oculaire, et de la muqueuse qui pénètre par les points lacrymaux dans le sac et dans le conduit lacrymal , pour se continuer avec la membrane olfactive , dont elle revêt les caractères , mais légèrement dans le canal nasal.

« Cette membrane muqueuse est sécrétoire dans toute son étendue ; elle le devient davantage lorsqu'elle se trouve hypertrophiée dans son appareil crypteux. La sécrétion de cette partie de la muqueuse passe a!ors de la qualité d'un mucus clair, qui est miscible aux larmes, à celle d'un mucus épais , quelquefois puriforme. Le tissu lui-même de la membrane, dans les divers points de son étendue, peut éprouver toutes les transformations , depuis la plus faible injection jusqu'au bourgeonnement de sa surface, jusqu'àla végétation depolypes, de callosités, de brides, etc.,

toutes transformations qui mènent l'oblitération sur une partie ou sur toute la longueur du canal de transmission de larmes.

« 6° La conservation du calibre du canal osseux est, comme on le pense bien , un e autre condition indispensable à un écoulement facile des larmes du devant de Lœil dans les fosses nasales. »

La sécrétion lacrymale n'est pas aussi active pendant le sommeil que pendant la veille ; il est même des physiologistes qui prétendent que pendant le sommeil il n'y a aucune sécrétion ; ils se fondent sur ce que , au moment du réveil, l'œil est sec et en proie à des picotemens qui ne cessent que lorsque les larmes ont commencé à couler. On accélère leur sortie en frottant le bord des paupières. Dans la journée, cette sécrétion est entretenue parle clignement des paupières, l'irritation de l'air et des objets ambians. L'usage des larmes, comme nous l'avons dit plus haut, est non seulement d'humecter la conjonctive , de diminuer le frottement des paupières contre le globe et d'entraîner non seulement l'excédant des mucosités, mais encore les corps étrangers qui pénètrent accidentellement dans l'œil. Quelques personnes ont prétendu que les larmes n'étaient point indispensables à la conservation de l'œil ; elles se fondent sur ce que cet organe a continué à être en bon état lors même que l'on eut extirpé la glande, ce qui est déjà arrivé plusieurs fois. Ces raisons ne sont point suffisantes pour légitimerl'inutilité de ce fluide dont la nature indique l'importance par l'ampleur cle l'organe qui les secrète et par l'appareil nerveux et sanguin dont il est pourvu. D'un autre côté, l'influence que joue le cerveau sur les larmes n'est-il pas vraiment étonnant, puisque diverses passions de l'âme, telles que la joie , la peine , se traduisent par une surexcitation de l'organe lacrymal suivi d'un flux abondant de larmes. Dans les peines profondes on est soulagé en versant des larmes en abondance ; c'est une dé-

tente qui fait du bien, ainsi que l'avait observé Ovide:

Est quœdam flere voluptas.

Il fawt donc reconnaître avec M. Baux (1) , qu'après avoir lubrifié l'œil , elles servent à prévenir les désordres qui résulteraient des émotions trop vives ; c'est , selon lui , un exutoire physiologique qui produit une évacuation avantageuse. Cela est si vrai que, dans les chagrins violens,l'on ne peut pleurer, on est en proie à un spasme tonique continuel, dont l'écoulement des larmes indique la résolution. La glande lacrymale entretient des liaisons intimes avec le globe de l'œil et la membrane pil ai taire.

Si l'œil est irrité soit par une trop vive lumière , soit par une congestion sanguine , soit enfin par le fluide électrique , les larmes coulent en abondance.

Si les nerfs olfactifs sont titillés, on éternue, ou bien les yeux se remplissent d'eau. Ces sympathies s'expliquent facilement par les belles recherches du professeur Scarpa sur les nerfs vidiens et le sphéno-palatin ; le nerf découvert par Trasmondi joue aussi un grand rôle dans cette sympathie. Les enfans pleurent plus facilement que les femmes, les femmes plutôt que les hommes , les jeunes gens plutôt que les vieillards.

De Vorbite.

On donne le nom d'orbites à deux cavités situées à la partie antérieure et supérieure de la face, et destinées \k renfermer et abriter l'œil et ses annexes. Ces cavités conoïdes sont formées par la réunion de diverses pièces osseuses du crâne et de la face. Ces os sont le coronal, le sphénoïde, Vos de la pommette. Vos maxillaire supérieur, Vos palatin, le malaire, Vos lacrymal et Yethmoïde.

(1) J.-J. Baux, Physiologie de la glande lacrymale. Paris, 1821, pag. 17.

Du coronal ou frontal.

C'est par sa face orbito-ethmoïdale que cet os concourt à former l'orbite. A gauche et à droite de l'échancrure ethmoïdale, l'os présente une surface concave triangulaire formant la partie supérieure de l'orbite ; en dehors et antérieurement, on rencontre une petite fossette destinée à lo ger la glande lacrymale ; en dedans on remarque une légère irrégularité : c'est l'empreinte de la poulie cartilagineuse, dans laquelle vient se réfléchir le tendon du muscle grand oblique de l'œil.

Du sphénoïde.

De même que tous les autres os qui viennent prêter leur appui, pour former la cavité dont nous nous occupons, nous ne décrirons du sphénoïde que la face qui fait partie de noire sujet, appelée face antérieure ou orbito-nasale ; elle s'articule avec Fethmoïde et le coronal.

Au-delà des ouvertures des sinus, on rencontre des inégalités qui s'articulent avec Fethmoïde en haut et les os palatins en bas ; en dehors, de chaque côté, on voit une surface quadrilatère, tournée en avant et en dehors ; cette surface , lisse et plane , forme la partie externe de l'orbite : celte paroi est bornée en dedans par un rebord arrondi, où l'on voit une fente ou trou pour le passage d'un rameau de Fartère ophthalmique.

De l'ethmoïde.

Ce sont les faces latérales de Fethmoïde qui viennent former les parties internes des orbites , et seulement par une lame lisse et polie, et que présente leur milieu lisse : souvent sur son bord supérieur on voit de petites échancrures qui concourent à former les trous orbitaires internes.

De Vos maxillaire supérieur,

La portion du maxillaire supérieure qui forme le plancher de l'orbite , fait partie de la face externe ou orbitonasale de cet os. En arrière de l'apophyse nasale est une surface lisse, polie, inclinée en bas, en avant et en dehors, triangulaire, présentant, vers sa région moyenne, une gouttière qui se change bientôt en trou : c'est le canal sousorbitaire , par lequel passent les vaisseaux et les nerfs du même nom.

De Vos lacrymal.

La face orbitaire de l'os lacrymal est externe, lisse, polie , séparée dans son milieu par une crête saillante , qui manque assez rarement. En avant de cette crête on remarque une gouttière criblée de petites porosités : c'est la gouttière lacrymale, recouverte par les parois du même nom. Cet os est placé à la partie interne de l'œil ou au grand angle.

De Vos de la pommette, ou malaire.

C'est par sa face supérieure que l'os malaire forme la partie antérieure et un peu externe de l'orbite, et seulement par son bord supérieur, qui est lisse , concave , arrondi ; il fait donc partie du contour de l'orbite. Il s'articule par son angle supérieur avec l'apophyse orbitaire externe du coronal. :

De Vos du palais.

Cet os ne forme que la partie la plus reculée du plancher de l'orbite, par une facette supérieure , qui, comme on le sait, en cet endroit en a cinq, qui toutes appar-

tiennent à la gouttière du méat supérieur des fosses nasales.

Du bulbe de VœiL

Sous le nom de bulbe de l'œil on comprend une sphère presque parfaite formée par les membranes et les humeurs de l'œil. Il est plus fort chez l'homme que chez la femme. Lorsqu'il est dépouillé avec soin de ses muscles et autres accessoires , il pèse en totalité chez les Européens cent trente-trois grains, et quelques fractions variables. Il va rarement jusqu'à cent trente-quatre , tandis que chez les nègres il arrive jusqu'au poids de cent quarante-un. On peut reparlir ce poids comme il suit :

Humeurs aqueuses et vitrées ensemble, . . 97 grains.

Cristallin seul 4

Membranes 29

Perte 3

133 grains.

Dans le corps vivant le bulbe est ferme et résistant à la pression du doigt ; il est composé de quatre membranes principales qui sont la sclérotique , la cornée , la choroïde et la rétine. Il a aussi trois humeurs ; savoir : l'humeur aqueuse , l'humeur vitrée et le cristallin, qui cependant est plutôt un corps solide qu'une humeur.

Le bulbe est renfermé dans Forbile , où il est maintenu par des muscles qui lui sont propres et qui lui impriment divers mouvemens, ils sont au nombre de six; quatre droits et deux obliques.

Les quatre droits ont reçu différens noms, en raison de leur situation et de leurs fonctions.

Le supérieur, ou releveurt ou superbe.

L'inférieur, ou abaisseur, ou humble.

L'interne, ou aducteur, ou liseur.

L'externe, ou abducteur, ou dédaigneux.

Les deux autres reçoivent leur dénomination en raison de leur situation; l'un est appelé oblique supérieur, ou grand oblique , ou trochléateur parce qu'il passe à travers une espèce de poulie ; l'autre est appelé oblique inférieur ou petit oblique.

Tous ces muscles prennent naissance au fond de l'œil dans un cercle fibreux, fortement adhérent au périoste de l'orbite, qui embrasse et enveloppe le nerf optique au moment où il pénètre dans la cavité orbitaire.

Le bulbe repose sur un coussinet graisseux , élastique, dont l'épaisseur varie selon l'âge , le tempérament et l'état de santé de l'individu. Dans les grandes maladies il disparaît en partie, alors l'œil s'enfonce davantage, les paupières le suivent, et alors l'on dit que l'individu à les yeux caves. Ce phénomène est très-apparent après le choléra, le typhus et la fièvre jaune. Ce même tissu graisseux est aussi susceptible d'hypertrophie, et alors l'œil devient très-saillant, ce qui arrive chez les individus obèses.

Des muscles de l'œil.

Comme nous l'avons dît plus haut , l'œil est mû par six muscles dont nous avons indiqué les noms. Ils naissent, du fond de l'orbite, d'une aponévrose annulaire qui entoure le nerf optique. Quelques personnes prétendent que le sixième prend sa naissance à la partie inférieure de la circonférence de cette cavité.

Des muscles droits

Les muscles droits de l'œil sont le supérieur, l'interne , l'externe et l'inférieur; ils ont aussi d'autres noms, que nous avons déjà indiqués, tirés de l'expression qu'ils donnent aux regards, et des passions qu'ils désignent et qu'ils

peignent.. Ils ont pour caractère commun de naître tous au I. 12

fond de l'orbite. Leur tendon s'attache à la partie la plus intime d'une petite crénelure qui se trouve à l'ouverture orbiculaire de la fissure sphénoïde ; il adhère fortement à la dure-mère. Les muscles droits ne répondent pas précisément au nom qu'on leur donne ; car dans leur situation naturelle , ils ne vont pas en ligne droite.

Muscle droit supérieur ou releveur de Vœil (musculus reclus oculi super ior , attoliens, superbus). Il naît de l'anneau fibreux dont nous avons parlé , entre le trou optique et la fente sphénoïdale, immédiatement au dessous du releveur propre de la paupière supérieure ; il se porte en avant sur la partie supérieure de l'œil ; il s'élargit , devient épais et va s'attacher, par un tendon large et mince, à la sclérotique.

La plupart des auteurs pensent qu'il s'arrête à deux lignes de la cornée. Sir Everard Home, au contraire, a prouvé par des recherches excessivement exactes, que ce tendon , de même que tous ceux des muscles droits de l'œil, se terminait par une aponévrose fine et transparente qui s'avançait sur la cornée et jouait un grand rôle , comme nous le verrons plus tard, dans les phénomènes de la vision.

Ce muscle tient le second rang parmi les muscles droits de l'œil.

Muscle droit de Vœil ou abducteur ( musculus oculi reclus, exlernus, abducens, indignatorius). Il est bifurqué à sa naissance. L'une de ses origines , plus grosse, est fournie par la face externe du tendon commun ,*où elle adhère d'une manière très-intime au tendon du droit inférieur. La supérieure, beaucoup plus petite, est confondue avec le tendon du droit supérieur, prend naissance non loin de la fente sphénoïdale.

Le trajet de ce muscle a lieu le long du centre de la paroi externe de l'orbite , contre lequel il appuie. Il va se terminer par un tendon très-mince et transparent à la sclérotique, et d'après Home, sur la cornée. Lorsqu'il est arrivé à la moitié de son trajet, il s'élargit en forme de ven-

tre, puis il se rétrécit de nouveau avant d'arriver à sa terminaison.

C'est le plus gros et le plus épais des muscles de l'œil.

Muscle droit inférieur ou abaisscur de V œil {musculus rectos oculi inferior, dcprimens, pudibundus) . Son Origine est commune avec le droit externe et le droit interne, avec lesquels il reste long-temps confondu. Il passe sous le nerf optique; il s'avance en suivant la pente de l'orbite pour aller se terminer, comme les autres, à côté de la sclérotique. Quant à la grosseur, il est le troisième des muscles de l'œil, plus mince que l'interne et plus long que lui.

Muscle droit interne ou adducteur de l'œil [musculus rectus oculi internus, adducens, amatorius, bibitorius, luxuriosus). De même que le droit, il est pourvu de deux origines : l'origine supérieure ou externe, provient de la partie supérieure et interne du tendon commun ; la supérieure on interne , qui est la plus grosse , naît sur la partie interne du nerf optique.

Ce muscle se porte ensuite de dedans et en devant sur la paroi interne de l'orbite, dans une couche de graisse , pour aller se former en un tendon qui s'attache à la partie interne de la circonférence de la sclérotique. C'est le plus court des muscles droits ; mais il est plus épais que le supérieur et l'inférieur.

Muscles obliques.

Ces muscles sont au nombre de deux : le supérieur et l'inférieur.

Oblique supérieur de l'œil, grand oblique (musculus oculi obliquas superior, longus, trochlearis, patheticus). Ce muscle prend aussi son origine dans l'anneau commun qui environne le nerf optique ; il prend son insertion par un tendon court et mince ; ce tendon devient bientôt charnu. Les fibres qui le composent forment un muscle grêle ; rond et

long} ayant au centre un ventre très-prononcé. Il marche le long de la paroi interne de l'orbite à la jonction du frontal, à l'os planum. Il monte obliquement en s' enveloppant d'un tissu cellulaire abondant , puis il finit en un tendon mince, rond, long, qui pénètre sur-le-champ dans une petite plaque cartilagineuse fixée à l'orbite pur des fibres ligamenteuses très-fortes que l'on nomme la poulie (trochlea).

En sortant de cette poulie il change de direction : il descend d'avant en arrière et s'épanouit en forme de patte d'oie, et va s'insérer à la sclérotique, à sa partie interne et supérieure et en dedans du muscle supérieur, dont il est recouvert en partie. Ce muscle est le plus long et en même temps le plus mince de tous ceux du globe de l'œil.

Oblique inférieur de l'œil , petit oblique ( musculus oculi obliquus, in fer i or). Le muscle oblique inférieur naît par un tendon court de l extrémité interne du bord inférieur de l'orbite; il s'élargit promptement, puis il monte obliquement entre le tendon de l'abaisseur et l'orbite, puis il finit entre ce muscle et l'élévateur par un tendon un peu large qui s'attache à la sclérotique à une assez grande dislance des tendons des muscles droits, entre celui de l'externe et celui du supérieur. Ce muscle, qui est le plus court de tous les muscles de l'œil, adhère, au moyen de tissus cellulaires abondans, à plusieurs muscles de l'œil, mais surtout à l'ab. ducteur.

Usage des six muscles de Y œil.

Le muscle droit supérieur meut en haut la partie antérieure du bulbe, quand on lève les yeux ; le droit inférieur porte la même partie du globe en bas ; l'interne le tourne vers le nez et l'externe vers les tempes. Lorsque ces quatre muscles agissent simultanément les uns après les autres , ils font tourner l'œil en rond et v déterminent ces mouve-

mens rotatoires qui deviennent involontaires chez les cataractes de naissance et dans quelques affections cérébrales congestives du cerveau dans l'hystérie et fépilepsie.

Quand tous ces muscles contrebalancent réciproquement leur action, l'œil est immobile, fixe, d'où est venu le terme fixer. Quand tous les muscles se contractent simultanément, ils possèdent un effet analogue à celui du muscle orbito-sclérotidien des animaux, c'est-à-dire qu'ils retirent l'œil au fond de l'orbite. Ils alongent et modifient ainsi le foyer de la vision. Cette action est augmentée par l'eflet des paupières , des fibres du frontal et des sourcils. Les muscles obliques servent particulièrement à contrebalancer l'action des droits puisque leur insertion leur est tout-à-fait opposée.

M. Lawrence pense que l'action des muscles obliques n'est pas évidente et qu'ils ne méritent point surtout le nom de pathétiques qu'on leur a donné, en les considérant comme chargés d'exprimer les passions tendres de Lame. Il se fonde sur ce que les animaux qui possèdent ce muscle n'expriment point de la sorte les sentimens amoureux qui les agitent.

Ces objections sont tout-à-fait fausses, et si M. Lawrence, qui a publié dans le temps un ouvrage singulier sur la génération de l'homme, eût examiné un certain nombre d'animaux avant, pendant et après l'acte reproductif, il eût observé que les nerfs pathétiques ne faillissent point à leur nom. Quand le grand oblique agit seul et tire le bulbe obliquement en devant en le faisant tourner sur son axe, si le petit oblique agit seul, il tire le bulbe dans un sens contraire au précédent et le meut obliquement en haut ; lorsqu'ils agissent simultanément ils tirent l'œil directement en dehors et à fleur de tête.

La graisse qui tapisse le fond de l'orbite permet à l'œil d'accomplir ses divers mouvemens et préserve le nerf optique des effets de la traction ou du refoulement.

— 'J3S -< De la sclérotique^

La sclérotique connue aussi sous lenom de cornée opaque, est la première enveloppe du globe depuis l'insertion du nerf optique jusqu'à la cornée transparente; son nom lui vient à cause de sa dureté (chàftpoç). C'est à proprement dire la charpente de l'œil , destinée à protéger et maintenir ses parties constituantes internes, et à servir d'attache et de soutien aux muscles qui meuvent le bulbe. Cette membrane présente deux faces , la face externe et convexe , l'autre interne et concave ; la face externe est recouverte en arrière par les muscles de l'œil , et par le coussinet graisseux dont nous avons parlé : antérieurement elle est enveloppée par la conjonctive. Quand on Fa dépouillée de toutes ses enveloppes , elle est extérieurement très-blanche et nacrée-, intérieurement, au contraire, elle est d'un gris brun. Cette teinte vient d'autant plus évidente que l'on arrive dans un âge plus avancé chez le fœtus , elle est rougeâtre. La teinte blanc nacré de la sclérotique se perd à mesure que l'on se rapproche des races d'hommes à peau colorée , et lorsqne l'on est arrivé à la race nègre et australienne , elle a déjà pris une teinte mate , tirant sur le jaune sale ; son épaisseur varie , cependant elle n'est pas aussi épaisse qu'on le dit à sa partie postérieure , ainsi que nous le verrons en traitant de la construction intime de l'œil humain éclairée par le microscope.

A sa partie postérieure elle est percée d'un trou assez considérable pour l'entrée du nerf optique et des vaisseaux qui l'accompagnent; à la face antérieure , l'on remarque une ouverture circulaire de dix-huit à vingt ligues de circonférence , et qui reçoit la cornée transparente. Cette ouverture est coupée en biseau aux dépens de la face interne et s'avance sur la face externe de la cornée ; cette

membrane est percée en plusieurs points de sa circonférence et surtout à deux lignes de son insertion avec la cornée d'une foule de petits trous destines à donner passage à des vaisseaux veineux et artériels. Les vaisseaux qui sont propres à la sclérotique proviennent des artères ciliaires postérieurs. Dans la partie antérieure , surtout vers l'union de la cornée à la sclérotique , la sclérotique est percée , comme un crible , par une infinité de trous qui donnent passage à des vaisseaux sanguins , et qui, lorsqu'ils injectent, donnent des injections particulières ( voir le mémoire de M. Dugès). L'on a prétendu que cette membrane était privée de nerf propre; nous verrons plus tard jusqu'à quel point celte opinion est fondée.

La sclérotique est fort élastique , et c'est à cette élasticité entretenue et provoquée par les muscles de l'œil qu'il faut attribuer la promptitude avec laquelle font hernie les membranes et les humeurs de l'œil , quand la sclérotique est blessée.

De la cornée transparente.

Au-devant de la sclérotique est une petite convexité , que quelques anatomistes ont même considéré comme une continuation de celle-ci -, tandis que d'autres pensent que c'est une membrane à part. Winslow (1) la considérait comme le segment d'une petite sphère ajoutée au segment d'une sphère plus grande. Dès la plus haute antiquité elle a pris le nom de cornée , en raison de ce qu'elle ressemble aune corne mince et polie, prima tunica oculi cornu formam et figuram habet, et expolitis cornubus assimilatam et v.*pot.TQ£i§Yiq nomen gerit (2).

La cornée est donc une membrane représentant un verre

(1) Winslow, Exposition anatomiqae. 1732 , in-4 , p. 462 , § 215.

(2) Rufîus, Ephesius do appel, part, corpor. liumani in collectione Batiri Slephani, p. 102 , lib. 1,

ménisque concave intérieurement, et convexe extérieure: elle est également ép tisse partout, et chez le fœtus elle a le double de dimensions que pour l'œil adulte ; elle repose sur un sillon que quelques anatomistes entre autres , Futoris, comparait au sicton destiné à supporter le verre d'une montre ; elle est recouverte par la conjonctive ainsi que nous le verrons plus tard, et elle contient devaisseaux sanguins , lymphatiques et de nerfs (1) .

La cornée est destinée à contenir les humeurs antérieures de l'œil à travers lesquels les rayons lumineux passent pour se rendre dans les milieux réfringens de l'organe.

Da la conjonctive.

Le nom de cette membrane indique qu'elle unit le globe de l'œil aux paupières ; elle adhère très-intimement à la partie antérieur du globe de l'œil. La rangée des cils de chaque paupières , peut être considérée comme la ligne de démarcation entre la peau et la conjonctive. Cette ligne de démarcation n'est cependant que fictive , car elle se prolonge plus loin en dessus du tarse , et pour peu que la membrane soit dans les conditions pathologiques , il est facile de voir son union interne avec la peau , au point qu'un grand nombre d'anatomistes la considèrent comme une continuation du derme. Entre autres, M. de-Blainville, qui la considère comme une peau rentrée. Cette opinion acquiert de la valeur en réfléchissant à l'étroite sympathie qui unit la peau à la conjonctive , et que dans un grand nombre d'affections éruptives , la conjonctive s'enflamme et se couvre d'éruptions analogues à celles de la peau. Dans son mémoire sur la physiologie de l'œil, insérée dans les transactions médicales de 1834. M. Rognetta a cherché à faire ressortir la ressemblance que la conjonctive oculaire

(1) Schlemm, Dissertatio de nervis corneœ. Berol., 1829,

possède, avec la construction des muqueuses, des organes génitaux. Par cette sympathie de similitude d'organisation et de propriétés vitales, on peut expliquer des sympathies morbides qui existent entre les affections des muqueuses oculaires et génitales. Aujourd'hui on ne révoque plus en doute le passage de la conjonctive sur la cornée. Les magnifiques injections, faites par le professeur Scarpa sur des individus qui avaient succombé en 24 heures , à l'ophthalmie égyptienne, confirme entièrement les assertions de Winzlow. Une autorité plus grande encore , par la nature des travaux microscopiques auxquels il s'est livré, est celle de Roiando. Les travaux plus récens de Broc , de Blandin , complètent la série des preuves de la présence de la conjonctive sur la cornée. Elle y est , il est vrai , tellement amincie, tellement adhérente, qu'il faut une peine extrême pour la détacher; on le fait cependant en attendant le premier travail de la putréfaction, ou en plaçant sur l'œil une éponge trempé dans l'eau bouillante. Ces preuves sont plus que suffisantes pour renverser l'opinion de Ribes, de Wallace, et celle plus récente d'Eblé, qui nie le passage de la conjonctive sur la cornée.

Ce dernier , par contre , admet donc la conjonctive palpébrale , et celle du globe , un épithélium , un corps papillaire et un corium. Selon lui, la conjonctive palpébrale, porte dans toute son étendue des traces d'un corps papillaire entrevue par Ruisch, par Scemmering, décrit par Millier et Statchowr et que par ses investigations patientes et minutieuses , M. Eblé est parvenu à mettre en évidence et à faire dessiner.

Ces papilles confondues pendant long-temds avec les canaux excréteurs des°glandes, Meibomius en diffèrent essentiellement. Les dernières recherches de M. Zeis, surtout, ont prouvé l'exactitude de la description donnée par Meibomius , par Mascagni , qui ne font ouvrir les conduits des glandes méibomiennes } qu'à la partie antérieure des pau-

pières. JeVai pas' l'intention, ici , de faire de Tanatomie mieroscopique de ces corps ,* j'y reviendra^ en d'autres lieux.

Corium de la conjonctive?

Le corium de la conjonctive qui supporte le corps papilpillaire , est une membrane mince , résistante , et que M. Eblé considère comme une partie constituante du corps papillaire lui-même : comme le corium cutané , il paraît composé de plusieurs couches de tissu cellulaires , excessivement denses , excessivement unis , elles sont traversées par une infinité de vaisseaux qui se rendent dans les corps papillaires.

La conjonctive est abondamment fournie de vaisseaux sanguin, provenant du système sanguin , profond et externe de l'œil. Ces vaissanx s'anastomosent entre eux en une infinité de manières , et ont été parfaitement décrits par Eblé, par Hemmer, et par Denonvilliers.

La connaissance de ce réseau joue un grand rôle dans le diagnostic des ophthalmies. C'est à la prédominance de son système sanguin , que la conjonctive doit sa grande susceptibilité à s'enflammer.

La conjonctive est abondamment aussi pourvue de vaisseaux lymphatiques , comme le prouvent les belles injections de Fohmann ; elle est aussi richement pourvue de nerfs. La conjonctive est susceptible de se régénérer comme toutes les muqueuses , et elles se continue à travers les points lacrymaux dans les organes de ce nom , ou elles prend alors le nom de membrane pituitaire.

De la choroïde.

La choroïde est la troisième membrane de l'œil , pour ceux qui regardent la cornée comme uue partie séparée de la sclérotique ; elle est située immédiatement au des-

sous de la sclérotique , et s'étend depuis l'entrée du! nerf optique jusqu'à la circonférence de la cornée; son nom lui vient de la ressemblance plus ou moins réelle, avec une des enveloppes du fœtus , le chorion.

C'est une tunique peu résistante , molle , gonflée , distendue par un grand nombre de vaisseaux de toute espèce. Les vaisseaux existent surtout du côté de la sclérotique à laquelle ils adhèrent par un tissu celluleux peu résistant , et un certain nombre de vaisseaux qui la traverse comme il sera aisé de le voir en consultant l'exposition de la structure intime des tissus de l'œil.

Là où existent les vaisseaux principaux est le trajet des nerfs ciliaires ; cette cellulosité est plus abondante : à mesure que l'on avance en âge elle diminue , et prend de la, consistance, de telle manière que Ton ne la détache de la sclérotique, qu'assez difficilement dans un âge avancé , tandis que chez les enfans, il ne s'agit que de souffler entre les deux membranes , au moyen d'un chalumeau introduit par une petite ouverture faite à la sclérotique. La face externe de la sclérotique est revêtue d'un enduit noirâtre, que l'on nomme enduit réticuîaire de Malpighi, qui existe aussi dans plusieurs autres parties du corps. Il suit aussi la même marche que le tissu cellulaire , abondant et adhérent dans l'enfance, il diminue de noirceur et de résistance dans la vieillesse. M. Michel Mondini pense que la couleur noire est due à de Foxide de fer ; selon lui, en calcinant dans un creuset de platine , une choroïde d'homme, l'aimant retire du résidu des parcelles ténues de fer.

Sur la face externe de la choroïde nétoyée de ses cellulosités , on aperçoit de petites bandes blanches , qui sont les nerfs ciliaires, au nombre de six rameaux faciles à distinguer , et se terminent en un grand nombre de file ts.

'Du cercle cilîaire.

Orbiculus ciliaris Haller : ligamentus ciliare. Commissure de la choroïde de Chaussier.

Le cercle ciliaire que Lieutaud nommait plexus ciliaire , le croyant formé par des nerfs réunis , est un anneau grisâtre, plus épais à sa grande circonférence qu'à la petite, et situé entre la choroïde , la sclérotique et l'iris : il est large de deux lignes environ et adhère fortement à la sclérotique. Quoique résistante, sa texture est pulpeuse, et il reçoit une si grande quantité de nerfs que quelques anatomistes l'ont considéré comme un ganglion. L'iris a avec lui des rapports analogues à ceux de la cornée avec la sclérotique, à la différence près qu'on les sépare plus facilement. Un point d'union avec l'iris, a lieu à sa petite circonférence , où celui-ci repose sur une petite gouttière, l'anneau ou orbe ciliaire est abreuvé par les artères ciliaires longues et antérieures.

De Viris'.

On donne ce nom à un anneau membraneux flottant dans l'humeur aqueuse, et percé - au centre par une ou- 7erture nommée pupille , son nom lui vient de la variété de couleurs que présente sa face antérieure, et il .Va porté depuis Ruffus d'Eplièse jusqu'à nous. Placé en forme de barrière , il sépare la partie antérieure de l'œil en deux deux parties , dont l'une se nomme chambre antérieure de l'œil ou cornéenne, l'autre chambre postérieure ou cristalline. Circulaire et aplatie, cette cloison, au moyen de son trou pupillaire, permet une libre communication entre les deux chambres. Pendant la vie, le diamètre ordinaire de la pupille est d'une ligne : mais , en raison de la contraction ou de l'expansion de l'iris , elle peut augmenter

ou diminuer. Les deux chambres de l'œil , qnï sont formée* par Tiris , ne sont point égales en grandeur; la postérieure est la plus étroite, elle a à peine un quart de ligne de profondeur, surtout dans le point qui correspond à la partie la plus épaisse du cristallin ; la seconde , au contraire, à souvent jusqu'à deux lignes de diamètre. La face antérieure de Tiris a été pendant long-temps le sujet de controverses; les uns affirment qu'elle est convexe, les autres qu'elle est plane. Winslow et beaucoup d'analomistes la regardent comme convexe. Le fait est réel; mais il est moins apparent dans l'enfance, que lorsque l'âge a apporté au cristallin les modifications qui changent sa forme. Cette face antérieure est recouverte , on ne peut plus en douter aujourd'hui , par la membrane de l'humeur aqueuse ; découverte si long-temps disputée à Descemet par Demours. (1) Cette surface est diaprée de diverses couleurs; on y remarque beaucoup de stries qui serpentent plus ou moins parallèlement : les unes sont grandes et larges : les autres petites et étroites ; elles convergent du côté de la pupille vers l'anneau intérieur du petit cercle qui est toujours formé de rayons plus colorés que celui que , par opposition, on nomme le grand cercle. Pendant la vie ces stries sont plus prononcées qu'après la mort: elles sont parsemées de beaucoup de nerfs, de vaisseaux, et de villosités. L'iris est d'autant plus clair, qu'il appartient à des individus plus rapprochés du Nord, caractère déjà entrevu par Tacite , et qu'il assignait aux Germains , en disant : Cœrulei oculi rutilœque comœ. Par contre , plus l'on se rapproche de la race éthiopienne \

(1) Descemet , Primvs memlranam istam descripsit anno 4756 (Mémoires de mathématiques et physiques présentés à l'Académie des sciences, tom. V) , sed lividia invidia Demours (Lettre à Petit , 1767) membranœ istius inventionem siU competere contenait, Kieser de anamorphosi oculi, Pag, 64.

plus l'iris est noir , au point que chez quelques nègres il faut regarder de très-près pour reconnaître la pupille.

La face postérieure de Tiris se nomme aussi "uvée , à cause d'un vernis noir très-prononcé, peu adhérent dans l'enfance , mais très-adhérent dans l'âge adulte. Quand le pigment a disparu, on voit à cette face de l'iris plusieurs rayons droits converges dans le petit anneau , mais tout-à-fait distincts des stries : ce sont des petites lignes saillantes environnées de villosités très-prononcées, et qui paraissent être la continuation des procès ciliaires , ce qui n'est pas. Le grand cercle ou la grande circonférence de l'iris correspond en dehors au cercle ciliaire , à la choroïde et au procès ciliaires. On peut facilement le détacher de ces diverses parties , circonstance dont on profite dans quelques opérations de pupille artificielle. Sa petite circonférence ou petit cercle constitue les limites de la pupille.: L'iris est composé de deux lames intimement unies près de la pupille , mais qu'on peut isoler de la grande circonférence. Winslow, Ruisch, Maunouir, Sir Évérard Home, Baiier, Cloquet, admettent des fibres musculaires niées par d'autres anatomistes , et dont nous espérons prouver l'existence dans la partie de cet ouvrage qui^sera consacrée àl'anatomie microscopique de l'œil.

Dans le fœtus jusqu'au septième mois, la pupille est obstruée par une membrane découverte en 1738 par Wachendorff, qui la nomma membrane pupillaire. Cette membrane a été parfaitement décrite par M. le professeur Jules Cloquet (1) : sa persistance après la naissance constitue une cécité toute particulière , réclamant un traitement spécial.

L'iris reçoit un très-grand nombre de nerfs , de vaisseaux sanguins , artériels et veineux, le tout formant un réseau merveilleux.

(i) Jules Cloquet, Mémoire [sur la membrane pupillaire* Paris ^

Des procès ciliaires*

Les procès ciliaires sont de petites dentelures vasculomembraneuses , placées en rayons, qui entourent le cristallin en manière de couronne. Cet anneau ne ressemble pas mal au disque d'une fleur, radiée , et forme un anneau que Ton nomme vulgairement corps ciliaire , et que Chaussier nommait corps sous-irïen. Le nombre des procès ciliaires est ordinairement de soixante, mais il s'élève souvent jusqu'à quatre-vingts et plus. Chacun d'eux est long ordinairement d'une ligne et demie, mais ils sont alternativement plus longs et plus courts. Ces corpuscules sont triangulaires , plus minces , plus pâles à la circonférence convexe du corps ciliaire ; plus épais , plus blancs à la face concave , ils naissent progressivement de son cercle ondulé par des cannelures à peine visibles, leur bord antérieur ou convexe est appliqué contre le cercle ciliaire et l'iris ,' leur bord postérieur est concave et reçu à la circonférence du cristallin dans une canelure du corps vitré. Leur dentelure entoure le cristallin comme une espèce de sertissure destinée à le maintenir, mais elle n'a aucune adhérence intime avec lui comme l'a très-bien prouvé le professeur Panizza (1).

La plupart des anatomistes depuis Descartes, Keller, Willis , admettent des fibres musculaires dans la structure des procès ciliaires en leur attribuant la fonction d'éloigner ou de rapprocher le cristallin. Sir Évérard Home dit même y avoir trouvé des faisceaux de fibres musculaires qui n'ont jamais été rencontrés depuis lui. Quant aux vaisseaux sanguins , ils y existent en grande abondance. Les fonctions physiologiques des procès ciliaires sont encore fort obscures : M. Ribes (2) pense qu'ils sont destinés

(1) Bartholomeo Panizza, Memoria salla depressione. Pag, 4S,

(2) Ribes, Mémoire de la société médicale d'émulation.

à la production des humeurs de l'œil. J'aime mieux croire, avec Haller, qu'ils sont destinés à maintenir le cristallin en place , pour l1 empêcher de fuir dans les différentes configurations qne prend l'œil pour s'accomoder aux différentes distances , ainsi que le prouvent les belles expériences de Sir Éverard Home , (1) faites concurremment avec le célèbre opticien de Londres Ramsdem

De la rétine,

La rétine a été connue'par les anatomistes de la plus haute antiquité , c7est une membrane molle , 'pulpeuse extrêmement mince, transparente pendant la vie, légèrement opaque après la mort et s'étendant depuis le nerf optique jusqu'au cristallin ; dans ce trajet elle embrasse . exactement le corps vitré et elle tapisse la face interne de la choroïde. Pour un grand nombre d'anatomistes , elle n'est que l'expansion du nerf optique ; d'autres, au nombre desquels il faut placer en première ligne M. Ribes , pensent que c'est une membrane particulière sur laquelle le nerf optique vient s'épanouir comme les nerfs olfactifs sur la membrane pituitaire, et le nerf acoustique sur celle du labyrinthe. Déjà avant lui, Winslow, le plus remarquable des scrutateurs de l'anatomie intime, semblait douter que les filets nerveux qui traversent la lame criblée , fussent capables de former une membrane aussi épaisse que la rétine. Nous verrons en temps et lieu que l'anatomie intime prouvera que cette lame criblée n'existe pas , et que par conséquent on peut facilement prouver que la rétine n'est que l'expansion du nerf optique. Arrivée au niveau des procès ciliaires, la rétine forme un bourrelet un peu épais , puis va se terminer en une lame fine et comme

(1) The croonian Lecture, by Everavd Home, Philosoph.jra?i$action} 1795, à\%

pulpeuse qui se réfléchit sur eux , puis s'enfonçant dans leurs intervalles , parvient jusqu'au cristallin. La rétine n'adhère point au corps vitré ni à la choroïde , elle ne communique ni avec les vaisseaux ni avec les tissus cellulaires. Il paraît étrange que jusqu'en mil sept cent quatre-vingt-onze , ait échappé aux investigations des plus célèbres anatomistes , une tache jaune , découverte par le professeur Sœmmering : elle est à deux lignes environ du nerf optique et sur la face interne de la rétine. Cette tache jaune est connue sous le nom de Corpus Luteum, elle a une ligne de largeur; elle est jaune foncé chez les adultes, et plus claire chez les enfans et les vieillards : elle est entourée de plis vagues g et rayonnans, dont un seul a une forme constante. Au centre de la tache jaune, l'on rencontre un trou irrégulier très-étroit. Cette tache est propre à l'homme et à quelques grands singes , du genre orang et chimpanzé. Son usage est compleltement ignoré. La rétine paraît formée de deux lames tellement unies que l'on ne peut les séparer. Mieux vaut, me semble , admettre deux surfaces, l'une externe médullaire etj pulpeuse se détachant par la macération : Vautre interne et fibrovasculaire plus résistante et servant de soutien à la première, ce qui lui a fait donner le nom d'arachnoïde. C'est dans celle-ci que s'épanouit l'artère centrale du nerf optique.

De la memhrane de l'humeur aqueuse.

La membrane de l'humeur aqueuse est une pellicule hyaline, très-difficile à distinguer à l'état sain, qui tapisse la face concave de la cornée , la surface externe de Tiris. Elle adhère intimement à toutes ces parties, et ne peut en être séparée chez les individus adultes ; mais bien dans le fœtus, les embryons des animaux, les moutons et les veaux malades •. chez les enibryons c'est un sac séreux sans ouïs*

Verture ,r en" raison de la présence de la membrane pupillaire.

Il n'est pas certain encore qu'elle pénètre dans la chambre postérieure : par rébuilition ou la pntréfactioaon , la sépare assez facilement de la face postérieure de la cornée ; comme nous l'avons dit plus haut, elle fut découverte par Descemet; il paraît cependant que Zinn l'avait entrevue. Généralement, elle est considérée comme 1a source de l'humeur aqueuse , quoique Ruisch et Ribes pensent que ce;!e-ci provient d'autres parties de l'œil à travers des conduits particuliers.

L'humeur aqueuse est une liqueur limpide qui remplit les deux chambres de l'œil , de celte manière elle est en contact avec les deux surfaces de l'iris. [Sa quantité est de huit à douze grains, ce dont je me suis plus d'une fois convaincu par des expériences attentives : elle est légèrement gluante; soumise à l'action du calorique, elle s'évapore sans laisser de résidu : l'alcool et les acides ne modifient point sa densité. Le papier de tournesol est insensible à son action. M. Chenevix pense que sa pesanteur spécifique est de 1,0003 ; selon ce chimiste , elle contient de la gélatine, de l'albumine et du chlorhydrate d'oxide de sodium. Abandonnée à elle-même , elle se régénère très-facilement, elle est destinée à donner à l'œil la transparence et la clarté, à maintenir la distance des deux chambres et à soutenir la convexité de la cornée, ce dont il est facile de se convaincre quand on l'évacué artificiellement , soit dans l'opération de la cataracte par extraction , soit lorsque l'on veut obtenir l'évacuation de cette humeur,

Du cristallin*

Le cristallin, qve l'on ne peut trop considérer comme une humeur, est un corps lenticulaire chez l'adulte, presque sphérique chez le fœtus ; tandis qu'il Test complètement

chez quelques animaux. Il est placé entre l'humeur aqueuse, l'iris et le corps vitré, sur lequel il repose dans un espace concave que Ton nomme niche ou fossette du cristallin. Sa face antérieure est moins convexe que la postérieure , elle est continuellement baignée par l'humeur aqueuse de la chambre postérieure, et maintenue en place non seulement par une capsule qui lui est propre, mais encore par les procès ciliaires qui l'environnent de toutes parts. Il a quatre lignes de diamètre chez les Européens, et son poids, comme nous l'avons dit à l'article Bulbe, est de quatre grains; chez les nègres, il a jusqu'à cinq lignes et demie de diamètre et son poids varie de cinq à six grains et demi ; chez le fœtus, il est d'une couleur légèrement rougeâtre ; chez l'adulte, toutes les fois qu'il est sain, il est complètement transparent et incolore ; chez les vieillards il prend une teinte ambrée, sans perdre sa transparence. Il est d'autant plus mou que l'individu est plus jeune , sa construction est sujette à controverse, ainsi que nous le prouverons ; les uns prétendent qu'il est composé de lames superposées ayant uu noyau solide.^ M. Jules Cloquet croit qu'il est formé par trois segmens de sphère qui s'unissent entre eux. M. Chenevix pense qu'il ne diffère nullement de la composition chimique de l'humeur aqueuse ; selon lui , sa plus grande résistance n'est due qu'à un excès de gélatine. Sa pesanteur spécifique est de 1,0790. La manière dont il vit est encore un problème : les uns pensent qu'il s'entretient par Timbibition ; d'autres, qu'il est entretenu par une exhalalion particulière. Il paraît que les vaisseaux se bornent à sa capsule,, c'est une opinion généralement admise , de môme que de lui refuser des nerfs. La membrane ou capsule du cristallin est un sac sans ouverture logé luimême dans la cuvette hyaloïdienne ; lorsqu'on l'ouvre , le cristallin s'en échappe sous la plus légère pression. Cette sortie est facilitée par la présence de l'humeur de Morgagni, espèce de liquide visqueux peu abondant situé entre la

capsule et le cristallin. Traité par les acides" ou les alcooliques et rébullition, le cristallin s'obscurcit facilement et se dessèche très-bien, et lorsquaprès plusieurs années on le remet dans l'eau , de raccorni qu'il était, il reprend sa forme première ; la capsule a une texture analogue à celie de la membrane de l'humeur vitrée ; elle reçoit de la rétine une artère qui s'anastomose avec celle des procès ciliaires. Ses veines et ses nerfs sont inconnus.

De V humeur vitrée et de la membrane hyaloïde.

La plus grande partie du globe est occupée par ane niaase molle, transparente, tremblante comme la gelée , sa forme ressemble à une sphère légèrement aplatie à la surface antérieure sur laquelle on trouve une dépression. Elle est enveloppée presque de toutes parts par la rétine avec laquelle elle ne contracte aucune adhérence ; son poids total est ordinairement de 86 grains. Sa translucidité et sa limpidité n'éprouvent point d'altération par les progrès de l'âge. Adams (1) prétend que chez les vieillards elle se liquifie. Le professeur Scarpa a prouvé la futilité de cette assertion. Dans le fœtus elle a une teinte rougeâtre, et chez les enfans qui ont succombé pendant le travail d'accouchement,, elle est complètement rouge ; par contre, elle est jaune citrin lorsque l'enfant a péri à la suite de l'ictère des nouveau-nés. L'humeur vitrée se délaie dans l'eau , elle n'est modifiée ni par l'ébullition , ni par l'alcool ou les acides ; à peine ceux-ci la troublentils , sa pesanteur spécifique est de 1,0009. Le corps ou l'humeur vitrée est maintenue par une membrane mince transparente et formée de cellules agglomérées que l'on nomme aussi éponges hyaloïdiennes. Marteggiani (2) pensait que la membrane hyaloïde n'existait plus à la partie postérieure de

(1) Adams Inquiry in to fréquent failure , etc., etc.

(2) Marteggiani , Novce ofoervqtiones d? ocuIq ïiumqno, Napoli, p. 27%

l'œil, qui correspond à l'entrée du nerf optique ; il suffit de disséquer un œil avec soin pour se convaincre du contrai'*e. Cette membrane , toutes les fois que l'humeur est à l'état sain, n'offre aucune différence en raison de l'âge des sexes. Dans tous les cas , elle est plus forte et plus résistante dans les parties qui sont destinées à former la niche du cristallin et dans celles qui sont en rapport avec le corps ciliaire.

Au niveau de ce corps , vers le pourtour du cristallin , Thyaloïde se divise en deux lames. Après avoir surmonté la périphérie du cristallin , cette membrane se divise en deux lames , dont une va s'insérer et se confondre à la partie antérieure du cristallin. Cette marche et cette disposition donnent lieu à la formation d'un petit espace curviligne, de forme triangulaire dont la base correspond à la périphérie du cristallin et la pointe à l'origine de la susdite men brane. Cet espace, qui existe tout autour du cristallin, lorsqu'on le remplit d'air , ne ressemble pas mal à l'intestin colon , et a été nommé par Petit (François) canal gaudronné.

La structure vasculaire de Thyaloïde est peu connue ; elle reçoit quelques branches de l'artère de la rétine et de celle qui traverse le centre de l'humeur vitrée pour se rendre au cristallin. La cuvette qui reçoit le cristallin est formée par l'autre lame de Thyaloïde ; elle suit par conséquent une marche opposée à celle qui recouvre le cristallin. Elle est remarquablement résistante , ce qui lui fait jouer un grand rôle dans l'opération de la cataracte. C'est afin de faire connaître la résistance qu'offre le cristallin à Taiguille qui cherche à le déprimer et à le débarrasser de ses attaches , afin de le plonger dans Thumeur vitrée , que le professeur Panizza a institué diverses expériences qu'il démontrait dans ses cours. Voici comment il s'exprime à ce sujet : « Après avoir séparé le globe oculaire de toutes les parties environnantes et accessoires, en laissant aussi long de nerf optique que possible , je place celui-ci entre le doigt médius et l'annulaire, en le

maintenant en place avec le pouce et le doigt indicateur de la main gauche au moyen d'une pression aussi légère que possible ; l'œil ainsi fixé, je saisis l'aiguille à cataracte lancéolée, sans courbure, et après l'avoir introduite comme pour l'opération delà cataracte en faisant pénétrer la pointe jusqu'au centre de l'espace pupiliaire ; ensuite un aide intelligent est chargé d'enlever avec précaution la cornée transparente et l'iris, afin de mettre à découvert entièrement la superficie intérieure du cristallin et de voir ce qu'il adviendrait sous linfluence de la pression de l'aiguille sur le cristallin et sur sa capsule, ou pour mieuxdire, sur la cristalloïde. Je comprime alors directement le cristallin au centre de sa superficie antérieure, je refoule l'humeur vitrée d'avant en arrière : le cristallin résiste à une pression considérable sans rompre la zonule ciliaire , la partie postérieure de la capsule cristalline, pas même Thyaloïde qui lui correspond. Aussitôt que l'on cesse brusquement la pression, l'élasticité de l'humeur vitrée reporte rapidement le cristallin en avant, où il reprend sa place. »[

La résistance qu'éprouve le cristallin à s'enfoncer et à pénétrer dans le corps vitré, est due non seulement à l'élasticité de celui-ci , mais encore aux liens que la cristalloïde a contractés avec la zone ciliaire, ainsi que nous l'avons dit plus haut.

En effet, l'on voit facilement qu'en pressant directement sur le cristallin et sa capsule, toutes les adhérences de celle-ci avec sa périphérie , concourent à retenir le cristallin au moment où on veut le plonger dans l'humeur vitrée qui lui résiste, en étant elle-même poussée en avant par l'action des muscles de l'œil, qui tendent à diminuer son diamètre transversal pendant l'opération. Une fois que le cristallin a rompu les premières cellules de l'humeur vitré, il y pénètre avec plus de facilité, parce qu'elles diminuent de résistance à mesure qu'elles approchent du nerf optique.

Pour s'assurer de la différence qui existe entre la pesanteur spécifique du cristallin et de L'humeur vitrée-, il faut faire l'expérience qui suit. Après avoir placé un œil humain dans un petit vase de terre glaise pour le tenir fixe ; on enlève avec précaution la cornée et l'iris; on détache avec soin le cristallin de sa capsule, puis avec un kératotome très-affilé on incise crucialement la partie postérieure de la cristalloïde qui lui correspond afin de mettre ainsi à nu une portion de l'humeur vitrée ; on saisit alors le cristallin avec une aiguille à cataracte ; on le présente à la fente pratiquée dans la capsule, et on l'abandonne à son propre poids. Sur vingt expériences de cette nature , dans huit cas il ne s'enfonça nullement , dans six il pénétra un peu dans l'humeur vitrée , dans cinq il s'enfonça un peu plus; une fois seulement, il s'approfondit tout-à-fait.

Pour m'assurer de plus en plus de la valeur de ces expériences, ainsi que l'avait fait le professeur de Pavie ; je remplaçai le cristallin par une lentille artificielle formée par un peu d'oxide de plomb et de cire , afin de la rendre un peu plus pesante , et constamment les résultats ont été les mêmes , quel que fût l'âge du malade.

Si au contraire avant de placer le cristallin sur la fente de la capsule on a soin de broyer et confondre les cellules de l'humeur vitrée , le cristallin s'enfonce aussitôt de son propre poids. Cette expérience est plus que concluante pour prouver que la résistance des cellules de l'humeur vitrée est plus que suffisante pour retenir le cristallin et pour empêcher son immersion.

Le professeur Panizza a fait souvent devant nous l'expérience suivante , pour prouver ce phénomène. On remplit un petit verre de blanc d'oeuf frais ; on place dessus celui-ci un cristallin de cire , rendu un peu pesant par l'addition de quelques particules de plomb , en quantité suffisante pour le faire enfoncer légèrement dans l'albumine. Si on remue celui-ci en divers sens au moyen d'un

instrument tranchant, on ne tarde pas à voir le cristallin se précipiter au fond du vase. Il résulte de ces diverses expériences que la pesanteur spécifique de l'humeur vitrée renfermée dans ces cellules , est à peu près égale à celle du cristallin , et que pour détruire téquilibre à l'avantage de ce dernier , il faut rompre les diverses cellules de ta membrane de l'humeur vitrée. Il ne faut jamais perdre de vue ces rapports et ces expériences ; car ils jouent un grand rôle dans l'opération de la cataracte par dépression.

Vaisseaux artériels et veineux de Vœil.

L'œil est un organe pourvu d'un système vasculaire sanguin nombreux et très-développé. Les artères qui portent la vie dans le globe de l'œil et ses annexes sortent de deux sources ayant elles-mêmes une origine commune. Les vaisseaux artériels qui arrosent les parties internes sortent uniquement de la carotide interne ou cérébrale : c'est l'artère ophthalmique et ses ramifications. Les artères qui arrosent les parties externes en reçoivent de la carotide externe ou faciale, et de la carotide interne dont nous avons déjà parlé.

Artères des parties externes de Vœil. Ces artères , comme nous l'avons dit, proviennent de la carotide externe et se joignent, par des anastomoses, aux provenances de la carotide interne. Les artères des parties extérieures de l'œil sont : l'artère maxillaire externe , l'artère maxillaire interne, l'artère transverse de la face et diverses .branches de la temporale.

Maxillaire externe. A peine au sortir de la carotide externe, au niveau de la région sub-linguale , la maxillaire externe donne naissance a l'artère faciale ; celle-ci , à son tour, se porte à la paupière inférieure, où elle se distribue, non.seulement^ dans les jégumens , mais encore dans le

ïnuscle orbiculaire; quand elle est arrivée à l'union de ce muscle à l'orbite , elle se divise en deux branches principales qui vont s'anastomoser avec la transverse de la face et la temporale , ce qui forme autour des paupières et sur le sourcil un réseau artériel que Ton nomme artères orbiculaires des paupières. Un de ces rameaux traverse le sac nasal et s'introduit dans l'orbite, où il va s'anastomoser avec la branche de l'artère ophthalmique.

De Tarière maxillaire Interne. Cette artère, qui prend naissance dans la carotide externe, au niveau du condyle de la mâchoire inférieure , envoie par le trou épineux l'artère méningée qui donne quelquefois à travers la fente du sphénoïde un grand rameau à la glande lacrymale. La maxillaire envoie aussi par l'orifice postérieur du canal maxillaire une branche qui va former l'artère sous-orbiorbitaire. A travers la fente interne sphéno-maxillaire , l'artère sous-orbitaire envoie des rameaux qui donnent, non seulement des distributions à la graisse et au périoste, mais encore à la face interne du muscle orbiculaire, où elle rencontre des anastomoses de la maxillaire externe, de la transverse de la face et de la temporale profonde.

De V artère transversale de la face et de la temporale profonde. Ces deux artères ne jouent qu'un rôle fort inférieur dans la circulation de l'œil : la première provient de l'arc zygomatique et va donner quelques rameaux à la face externe du muscle orbiculaire; là elle s'unit à Vartère temporale. Celle-ci naît sous le muscle temporal , va donner des rameaux au périoste à l'angle externe des paupières où elle se rencontre et s'unit avec la transverse.

Jrtcre ophthalmique. Lorsque l'artère carotide interne

est parvenue dans le crâne , au moment de se réfléchir en

arrière pour ?e rendre dans la fissure de Sylvius, il part

de sa convexité un petit rameau artériel que l'on nomme

artère ophthalmique. Peu d'instans après sa naissance elle

passe sous le bord externe du nerf optique , elle l'accoinr I. ------- "■■ «

pagne à sa sortie du crâne, elle s'engage avec lui dans l'épaisseur de l'os, recouverte parla dure-mère et entre dans l'orbite. Sur son passage elle envoie plusieurs petits rameaux à la dure-mère et à la substance propre du nerf. Quand elle est entrée dans l'orbite elle se divise en plusieurs branches, dont une seule à un cours uniforme, c'est l'artère centrale de l'œil. D'autres rameaux, dont deux sont presquetoujours constans, se distribuent à l'orbite.

Rameaux de V artère ophthalm'que qui se portent aux par~ ties externes de l'œil. Lorsque l'artère ophthalmique est arrivée quelques lignes plus loin que les tendons du muscle droit supérieur et droit externe, elles se bifurquent en deux branches , l'une externe et l'autre interne. Le rameau externe marche entre îe muscle droit supérieur et l'élévateur de la paupière, auquel il fournit des ramules; il se porte ensuite vers la glande lacrymale , où il se distribue en forme d'éventail, chaque partie séparée de la glande recevant une petite artère; une d'elles se sépare et va accompagner le nerf frontal. Le trajet de cette artère n'est point constant : quelquefois elle se divise en deux branches dont l'une rampe à la partie interne de l'orbite, tandis que l'autre suit la partie externe pour aller s'anastomoser avec la temporale , et que l'autre en fait autant avec les branches de la maxillaire externe qui concourt à la formation de l'axe artériel orbiculaire.

Quant au rameau interne, il se divise à la même hauteur qne le précédent, en branche frontale et en branche nasale. Cette branche se dirige au trou sur-orbital , qu'elle traverse , pour aller se distribuer au muscle sourcilier et orbiculaire après avoir donné une artériole au muscle supérieur de l'œil.

Le rameau nasal prend sa naissance près de la paroi interne de l'orbite , d'où il envoie à travers les criblures de l'os ethmoïde une branche à la membrane piluitaire ethmoïdiennne. D'autres branches;arrivées au niveau de la paupière

inférieure \ se portent en différens sens au conduit nasal, à la glande lacrymale et au muscle orbiculaire, dans lequel elles s'anastomosent avec l'artère sous-orbitaire. De ces anastomoses naissent deux petites ancres nommées, Tune artère palpébrale supérieure et l'autre artère palpébrale inférieure. De celles-ci partent ensuite un grand nombre de digitations destinées à abreuver les cryptes méibomiens.

Des artères ciliaires. Lorsque l'artère ophthalmique a fourni le rameau central qui pénètre dans le globe de l'œil, elle fournit un grand nombre de branches qui se répartissent dans différens points de l'œil et qui prennent le nom d'artères ciliaires; on les divise en différentes espèces: les longues et les courtes. Ce sont elles qui fournissent l'artère centrale de la rétine et du cristallin. Les artères longues percent obliquement la sclérotique avec les nerfs du même nom, dont elles sont les satellites inséparables.

Elles sont toujours dans l'homme au nombre de deux ; elles marchent antérieurement en ligne droite et donnent une infinité de ramules à la choroïde , sur laquelle elles rampent. Lorsqu'elles sont arrivées à une ligne environ de la terminaison de la choroïde, elles se bifurquent; puis, les rameaux laissant un intervalle plus ou moins grand entre eux, ils se digitent de nouveau et vont se perdre dans l'iris , où ils s'anastomosent de mille manières avec celles du côté opposé.

C'est à tort que la plupart des anatomistes affirment que les deux grandes artères ciliaires qui rampent sur la choroïde correspondent toujours au diamètre transversal de l'œil. Rien n'est plus rare , selon moi , et sur cinquante yeux que j'ai examinés avec soin , je n'ai rencontré cette disposition qu'une seule fois ; trente-six fois sur ce nombre elles étaient une ligne et quart plus haut que ce diamètre ; treize fois, au contraire, elles étaient situées à une ligne et demie plus bas.

Des artères ciliaires courtes. Ces artères sont au nombre

de vingt Telles sont inégales, les unes plus grandes, les autres plus petites ; elles rampent sur la choroïde, où elles serpentent en différens sens , s'anastomosant entre elles et formant ainsi ce réseau merveilleux si élégamment figuré par Sœmmering. Lorsqu'elles sont parvenues à la hauleur du ligament ciliaire, elles se couvrent d'une cellulosité très-mince ; elles vont se terminer dans les procès ciliaires et dans l'iris , où elles s'anastomosent de mille manières , non seulement avec les ciliaires courtes correspondantes , mais encore avec les grandes. Dans leur trajet , les artères ciliaires courtes fournissent de petites ramuscules qui traversent la choroïde, s'y logent, et y forment de petits entrecroisemens fort remarquables.

Artères de la rétine. Cet artère naît toujours de l'artère ophthalmique. Elle pénètre dans l'œil à travers l'axe du nerf optique et aboutit à la rétine par le trou de la sclérotique. Entrée dans l'œil , elle se divise en grands rameaux qui s'étendent jusqu'aux extrémités de la rétine. Ces vaisseaux sont presque à nu du côté qui regarde le corps vitré. Du côté de la choroïde , ils sont recouverts par une couche cellullaire qui les maintient en place. Ces vaisseaux se comportent et s'épanouissent sur cette membrane comme ceux des membranes du placenta.

Des veines de Vœil.

Les veines de l'œil destinées à ramener le sang de cet organe dans la circulation sont en grand nombre, et il devait en être ainsi eu égard au développement excessif de ses artères.

C'est Yésale le premier qui a donné une description bien exacte des veines de l'œil. Depuis lui on a pris l'habitude de les diviser en veines externes et internes. Celles-ci sont la veine ophthalmique et ses rameaux , les veines ciliaires qui forment les vaisseaux dits vorticaux, la veine centrale

et les veines de la rétine. Les veines externes sont : la veine faciale antérieure, la faciale postérieure , et les sinus ophthalnnques.

De la veine ophthalmique et de ses rameaux. Le tronc principal de la veine ophthalmique entre dans le crâne par la partie la plus large de la fente sphenoïdale, et va s'insérer dans la partie antérieure et inférieure du sinus caverneux. François Petit et Zinn ont reconnu à ce sinus une communication avec la partie antérieure du sinus circulaire de lu selle turcique et quelquefois à celle du sinus pétreux supérieur. C'est à cette réunion qu'on a donné le nom de sinus ophthalmique. La plupart du temps après son arrivée dans l'orbite , elle donne un grand rameau qui va se distribuer au muscle abaisseur , et au petit oblique. Un autre se distribue à la sclérotique : après le grand rameau dont je viens de parler, naissent quelques ramifications qui vont à la gaine du nerf, puis une branche plus considérable qui fournit la lacrymale , qui après avoir traversé les muscles élévateur et abducteur va s'anastomoser avec les veines de la face. Les rameaux de la lacrymale traversent la poulie et vont se subdiviser à la caroncule lacrymale , au canal et au cercle du même nom et finissent par s'anastomoser avec la veine sus-orbitaire.

Des veines ciUaires. Du tronc commun de la veine ophthalmique interne, s'échappent quatre ou cinq rameaux qui se portent en serpentant à la partie postérieure du bulb e où elles s'introduisent : ce sont les veines ciliaires. Celles-ci, au moment de perforer la sclorétique, fournissent un grand nombre de petites ramilles qui se répandent dans les cellules qui enveloppent l'œil de même que l'insertion du nerf optique.

Lorsqu'elles sont parvenues dans l'intérieur de l'œil, elles se divisent en plusieurs points. Comme les artères et les nerfs ciliaires , elles arrivent ensuite vers la sclérotique où elles forment des contours en tous sens et se réunissent en ajaa-

stomoses multipliées , ce qui leur a fait donner îe nom de vaisseaux tourbillonnes, vorticaux (vasa vorticosa);

Quatre des plus grands rameaux servent de satellites aux artères ciliaires longues , et se distribuent dans l'iris.

Déjà veine centrale. Cette veine , dont la découverte est due à Haller , n'a pas toujours la même origine. Rarement elle naît de l'ophthalinique interne , mais presque toujours de la partie antérieure du sinus caverneux. Elle passe sous le tendon commun des muscles auxquels elle donne un certain nombre de filets ainsi qu'au périoste et au tissu cellulaire. Elle chevauche le nerf optique pendant l'espace de quelques lignes; puis elle va s'immerger dans le centre du nerf optique pour aller se distribuer à la rétine et suivre les mêmes divisions que les artères de celle-ci.

Arrivée à la hauteur des vaisseaux vorticaux, elle s'anastomose avec eux.

Des veines externes de l'œil. Une partie du sang de l'œil retourne dans le torrent de la circulation par la faciale postérieure. Yoici ces veines suivant Tordre dans lequel elles fournissent des rameaux. La veine sous-orbitale, la sur-orbitale, les palpébrales ou circonflexes des paupières : elles naissent de la veine faciale antérieure.

De la veine sous-orbitale. Elle naît du tronc à la partie partie postérieure de la fissure sphéno-maxillaire de l'orbite ; sa sortie est par le trou sous-orbital. La veine snrorbitale , au contraire , naît sur la racine du nez là où le tronc s'unit avec l'oplithalmique. Elle, envoie un grand nombre de diramations au muscle orbiculaire et au sourcillier , elle s'anastomose avec lajjveine frontale et avec les rameaux tégumenteux de la veine temporale.

Les veines palpébrales n'ont point d'origine certaine, tantôt elles proviennent de la faciale antérieure , tantôt de ia temporale profonde.

Des nerfs de l'œil.

L'œil a un appareil nerveux bien supérieur en force et en nombre à l'appareil sanguin dont nous avons esquissé la composition. Le système nerveux oculaire se compose 1° des nerfs optiques-, 2° des nerfs de la troisième paire ou moteurs communs des yeux ; 3° des nerfs de la quatrième paire ; 4° des nerfs de la cinquième paire ou nerfs trijumeaux; 5° des nerfs de la sixième paire-, 6° ganglion ophthalmique , 7° des nerfs ciliaires et du nerf optique.

Nerf optique ou oculaire , deuxième paire ( nervus oplicus seu visorius). Ces nerfs, au nombre de deux, sont les plus gros nerfs encéphaliques. Ils naissent en arrière des emmenées nommées emmenées notes et testes , en arrière de ce qu'on appelle thalami ou couches des nerfs optiques. A leur origine ils sont fort écartés et fort larges ; ils montent d'abord de bas en haut et de dedans en dehors, entre les bras de la moelle allongée, dont ils reçoivent plusieurs fibres de même que des tubercules quadrijumeaux, auxquels ils sont unis par des fibres miduîîaires; puis, marchant d'arrière en avant, ils descendent sur la face inférieure du pédoncule cérébral , auquel ils empruntent , selon quelques anatomistes, une partie de leur origine. Après avoir dépassé celte partie du cerveau, ils quittent la forme aplatie pour devenir plus épais et plus ronds ; puis ils s'unissent l'un avec l'autre , en formant un angle obtus sur la ligne médiane immédiatement au devant de la selle turcique et et au dessous du plancher du troisième ventricule. L'union de ces nerfs est excessivement intime ; elle forme une masse carrée, allongée, qui varie selon l'âge et les sujets, ainsi que Font noté Morgagni et Veutzel ; selon Meckel elle reçoit des fibres médullaires du plancher du troisième ventricule, ce qui multiplie encore l'origine du nerf optique. A partir de leur jonction, les nerfs s'écartent l'un de l'autre pour se

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porter en dehors et en devant et forment ainsi un X ou croix de saint André , conformation à laquelle on a donné le nom d'entrecroisement ou chiasma.

Rien n'est plus opposé que les opinions émises par les anatomistes sur cet entrecroisement : les uns prétendent qu'il n'y a que juxta-position ; d'autres veulent que rien ne soit mieux prouvé que l'entrecroisement; d'autres enfin sont d'avis qu'il n'y a qu'un entrecroisement partiel de quelques unes des fibres.

Les partisans de la première hypothèse allèguent :

« 1° Qu'en examinant le chiasma dans l'état frais, on voit » que les fibres du nerf traversent son bord externe sans » changer de côté , mais que la partie moyenne est abso- » lument homogène et n'offre aucune trace de structure fi- » breuse ;

» 2° Qu'on a trouvé les deux nerfs optiques entièrement » séparés l'un de l'autre , sans que la faculté visuelle eu » eût souffert le moins du monde ;

» 3° Qu'en cas d'atrophie du nerf optique survenue » après la perte d'un œil, l'altération de texture s'observe » seulement dans le nerf du même côté, derrière le chias- » ma, et qu'il est très-facile de distinguer dans ce dernier » les deux nerfs l'un de l'autre, par leur couleur et leurs » autres propriétés. »

On cite en faveur de la seconde opinion :

« 1° L'apparence dans l'état normal ;

» 2° Les cas dans lesquels on a trouvé, sans que la fonc- » tion visuelle fût troublée, l'origine d'un nerf optique ou » la portion des deux nerfs située derrière le chiasma, d'un » volume supérieur ou inférieur à celui qu'on observe or- » dinairement, et le nerf du côté opposé offrant le même ^caractère au devant du chiasma.

» 3° Les cas dans lesquels les affections dont le nerf était » le siège au devant du chiasma , ne se propageaient der- » rière ce dernier qu'au cordon nerveux du côté opposé^

» et s'étendaient même jusqu'aux portions cérébrales cor- » respondantes de ce côté.

» 4° Les cas analogues dans lesquels on a rencontré l'o- » rigine d'un des deux nerfs altérée et l'œil opposé trou- » blé dans se fonctions ; quelquefois même cette origine » seule était malade et non la portion de nerf située de » l'autre côté du chiasma.

» 5° L'analogie avec plusieurs animaux, notamment avec » la plupart des poissons, dont les nerfs s'entrecroisent évi- » demment et se pénètrent l'un l'autre. »

Quant à la troisième hypothèse, on allègue à son appui :

« 1° L'examen anatomique de la disposition normale des » parties.

» 2° Les cas pathologiques dans lesquels on a vu qu'un ?» œil, étant détruit, et son nerf altéré, les fibres externes » du nerf malade et du nerf sain restaient chacune de son » côté, devant et derrière le chiasma, tandis que les inter- » nés de l'œil sain le traversaient pour se rendre au côté » opposé, où elles produisaient les fibres internes du nerf » de ce côté, et que les internes du nerf malade passaient » également au côté sain, quoique d'une manière plus in- » sensible, du moins quelquefois.

» 3° Les cas dans lesquels on a observé, à la suite d'une » maladie de l'œil et de son nerf optique, que l'endroit où » s'opère la réunion était atrophié et que derrière lui le » nerf du côté opposé présentait le même genre d'oblitéra- » lion.

» 4° Les cas de perte d'un œil avec altération d'un » seul nerf optique au devant du chiasma et du nerf op- » posé, ou des deux nerfs, mais à un moindre degré , der- » rièrece point. Le fait semble réellement favorable à l'hy- » pothèse d'une décussation partielle , puisqu'on ne peut » pas l'expliquer autrement , suivant l'opinion de divers » physiologistes, d'autant plus que dans beaucoup de cas » où les deux nerfs étaient atrophiés derrière le chiasma?

îrcelui de l'œil sairf a été trouvé plus gros* qu'à l'ordi- » naire (1). »

Tous ces faits réunis ne fournissent aucun argumeut pérempîoire en faveur de Tune de ces trois opinions : il faut attendre que le temps et d' ultérieures investigations viennent débrouiller le chaos de faits pour et contre. Nous espérons surtout beaucoup de l'application des puissances microscopiques éclairées par le gaz.

Après leur jonction ou leur entrecroisement , les deux nerfs s'écartent de nouveau l'un de l'autre ; ils pénètrent dans l'orbite par le trou optique, en passant dans l'anneau fibreux qui sert d'origine commune aux muscles de l'œil. Parvenus dans cette cavité , ils passent sous le muscle élévateur et vont s'insérer dans le bulbe , en compagnie de l'artère centrale de l'œil. Leur insertion dans la sclérotique n'est point parallèle à celle de la pupille. La substance des nerfs adhère étroitement à la dure-mère par l'intermédiaire d'une cellulosité abondante. Celle-ci forme autour d'eux une gaine fibreuse qui se continue en devant avec la sclérotique. Le nerf optique, selon quelques anatomistes, s'épanouit pour former la rétine, ce que l'on démontre difficilement sur l'homme, et devient très-évident chez les animaux des genres chélidoniens, sauriens et squales.

On le considère comme l'organe de la transmission des rayons lumineux au cerveau. Le nerf manque d'élasticité et de résistance. Ces qualités lui sont communes avec tous les nerfs du sentiment.

Nerf moteur commun desycux, &cu1o-muscuîaire commun, oculo-muscularis inferior par tertium. Ce nerf naît de la partie interne des cuisses de la moelle allongée près le bord antérieur de la protubérance annulaire ou pont de Varole , à peu près deux lignes au dessus de son bord inférieur, là où commence la lame criblée grise qui recouvre

(1) Meckel , Anatomie , tom. II , p.

la face inférieure du pédoncule, et il tire même une partie de son origine de cette lame. Ce tronc considérable, qui tient ordinairement le quatrième nerf pour la grosseur parmijles nerfs encéphaliques reçoit ordinairement quelques petits filets provenant de la face inférieure et externe du pédoncule cérébral. Ce nerf ne tarde pas à se bifurquer pour former deux nerfs qui vont à l'un et à l'autre œil. Ceux-ci s'écartent l'un de l'autre , se portent d'arrière eu avant et de dedans en dehors , sous Tune et l'autre saillie de l'artère vertébrale et viennent percer la dure-mère au côté interne des apophyses clinoïdes extérieures ; puis ils pénètrent dans l'orbite entre le tendon commun des trois muscles droits de l'œil avec les nerfs moteur externe et ophthalmique. Mais avant que chaque nerf entre dans l'orbite , le nerf commun se divise en deux branches , l'une supérieure, l'autre inférieure; la supérieure, qui est la plus mince passe sur le nerf optique et le rameau nasal de la branche ophthalmique auquel il s'anastomose , après quoi il perce le muscle droit supérieur pour ail er se terminer dans le releveur propre de la paupière. Le rameau inférieur qui est le plus gros et qui provient directement du tronc , poursuit son chemin sous le nerf optique et se divise à son tour en trois rameaux , un interne , un moyen et un externe inférieur. Le premier se perd, dans le muscle droit interne , le plus court va au droit inférieur , le troisième enfin , long et grêle se distribue dans le petit oblique et va rejoindre le ganglion lenlicuiaire dont il forme une racine. Nerf pathétique , nerf de la quatrième paire de beaucoup d*anatomistes. Nerf oculo-musculaire interne (Chaussier). Ce nerf , le plus grêle de tous ceux qui proviennent de l'encéphale, parcourt un trajet considérable avant de donner aucune bifurcation. Il naît , tantôt plus haut , tantôt plus bas dans une bande transversale qui unit les pédoncules aux tubercules quadrijumeaux. Les racines sont quelquefois multiples, quelquefois isolées, puis elles se réunissent en un

cordon mince, arrondi,, très-peu résistant, qui descendent dehors et en avant, contournent les pédoncules du cerveau,, puis se rapprochent l\m de l'autre et marchent le long de 1 apophyse clinoïde postérieure ; au dessus de la fente du rocher , ils pénètrent dans la dure-mère , où ils sont logés sans adhérence ; ils passent au côté externe des nerfs moteurs entre la lame supérieure de la dure-mère et le sinus> caverneux, dont ils ne sont séparés que par une lame cellulaire très-mince. Vers ce point ils croisent les nerfs moteurs oculaires communs avec la branche ophthalmique au dedans de laquelle ils se portent. Ils entrent enfin dans l'orbite à travers la partie la plus large de la fente sphénoïdaïe; dans cette cavité ils rencontrent le rameau frontal, du nerf ophthalmique avec lequel ils cheminent. De là ils, se dirigent vers le muscle oblique supérieur de l'oeil, dans, lequel ils s'insèrent en se ramifiant en divers points.

Nerfs tri faciaux (Chaussier) , nerf de la cinquième paire . nerfs trijumeaux ( Boyer , Bichat ) , nervus quintus cerebri. Ce nerf est ainsi nommé parce qu'il se divise en trois branches principales , la maxillaire supérieure , l'inférieure et. l'ophthalmique de Willis. C'est par cette dernière branche seulement qu'il appartient à l'appareil oculaire. Le nerf qui est très-gros , tire son origine du bord postérieur du prolongement inférieur du cervelet, non loin du pont de Varole. C'est un faisceau de fibres blanches qui remonte, au dehors de la protubérance cérébrale, et qui, lorsqu'il est parvenu à la partie inférieure du pédoncule du cerveau, gagne le bord supérieur du rocher sur lequel il s'est réfléchi , et où il existe-une espèce de gouttière pour le recevoir.

Deux lames de la dure-mère lui forment une espèce de canal ; après avoir ainsi cheminé pendant quelques instans,, ce nerf s'élargit et se dirige en avant, en bas et en dehors ; alors ses filets s'écartent, s'enlre-croisent et viennent former un ganglion semi-lunaire, plus connu sous le nom des

Gasser. Il est cependant un filet de la 5e paire qui ne concourt point à |la formation de ce renflement, c'est une partie de la racine de la 5e paire. Le ganglion de Gasser donne naissance à trois rameaux principaux qui sont le nerf ophthalmique de Willis, le maxillaire supérieur et l'inférieur.

Le nerf ophthalmique et le nerf maxillaire supérieur naissent souvent par un tronc commun ; ils s'anastomosent entre eux après êtrexarrivés à leur destination, ou lorsqu'ils vont s'engager dans leurs trous respectifs. Grâce aux travaux de M. Cruveilhier et aux belles préparations de M. Bonamy, on a découvert dans la dure-mère des filets nerveux provenant du ganglion de Gasser.

La branche ophthalmique de Willis, nerf orbilaire de

Winslow, orbito-frontal de Chaussier. C'est la moins volumineuse des trois branches des nerfs trijumeanx, placée au côté externe et supérieur des sinus caverneux dont elle est séparée par une forte cloison. Elle se porte de derrière en avant au dessous du nerf de la 3e paire jusqu'à la partie la plus large de la fente sphénoïdale. Avant d'arriver là, elle prend une disposition plexiforme et se divise en trois rameaux , les nerfs lacrymal , frontal et nasal , lesquels pénètrent dans l'orbtie par différeus points de la fente susnommée. Avant cette division, la branche ophthalmique fournit, suivant Arnold, un nerf récurrent qui va se jeter dans la tente du cervelet.

Nerf lacrymal ou lacrymo-palpébral. Ce nerf naît en dehors du nerf ophthalmique dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus caverneux. Il pénètre dans l'orbite le long du bord supérieur du muscle droit externe. Il se divise en trois filets, un qui passe dans la glande lacrymale et va se perdre dans la conjonctive, dans les tarses et dans le muscle orbiculaire, un second qui se distribue à la glande ellemême, et un troisième qui envoie encore des filets à la même glande ; un autre qui traverse le trou malaire pour aller

s'anastomoser sur la joue avec le nerf facial ; enfin un autre filet qui se perd dans la fosse temporale. Ces deux branches s'anastomosent entre elles.

Nerf frontal, fronto-palpêbral de Chaussier. Ce nerf est la continuation du nerf oplithalmique, il pénètre dans l'orbite par la partie la plus large de sa fente sphénoïdale ; là il se partage en deux filets qui courent ensemble le long de la partie supérieure de l'orbite : ce sont le frontal interne et le frontal externe.

La branche frontale externe ou sous-orbitaire est la plus considérable ; elle gagne le trou orbitaire pour arriver sur le front comme grand nombre de filets que Ton appelle frontaux ou palpébraux, en raison de leur direction. La branche frontale interne sort de l'orbite entre le trou orbitaire supérieur, et la poulie cartilagineuse du muscle grand oblique : de même que la branche externe, elle se divise en rameaux frontaux et palpébraux.

Nerf nasal. Le nerf nasal naît du nerf oplithalmique, tout près de son entrée dans le sinus caverneux. Il marche au côté du nerf moteur commun et pénètre avec lui dans l'orbite. Lorsqu'il y est arrivé, il glisse obliquement de dehors en dedans entre la branche supérieure du nerf de la 3e paire et la partie la plus reculée du nerf optique.

Il suit cette direction jusqu'à ce qu'il soit parvenu à la partie antérieure de l'orbite ; là il se divise en deux rameaux, le nasal interne et externe. Avant d'entrer dans l'orbite, il fournit un ou plusieurs filets grêles qui vont concourir à la formation du ganglion oplithalmique. Il fournit en outre d'autres filets qui vont percer la partie postérieure de la sclérotique pour aller former les ganglions ciliaires.

Rameau nasal externe, palpébral de Chau$si°r. Le rameau nasal externe suit la direction primitive du nerf dont il procède, sortant au dessous de la poulie cartilagineuse du grand oblique; puis il se divise, à son tour, eu filets palpé-

braux et nasaux qui vont s'anastomoser avec les autres bran1 ches palpébrales et nasales du môme nerf et quelques filets du nerf facial.

Le rameau interne ou ethmoïdal s'engage dans le canal orbitaire interne pour aller se rendre à la fosse elhmoïdule, il passe sur les côtés de l'apophyse crista-galii , s'introduit dans les narines par la fente ethmoïdale , puis se divise en deux filets, dont l'un interne se rend à la cloison , où il se termine en des filamens excessivement ténus.

Le nerf externe , ou de la paroi , se divise à son tour en un grand nombre de filets qui passent derrière l'os propre du n?z et vont s'anastomoser aux ailes du nez , au lobe et à l'intérieur des narines , et ils s'anastomosent souvent avec le nerf de la face.

, Ganglion ophthalmique.he ganglion ophtlialmique,que l'on nomme aussi ganglion ci liaire , lenticulaire, est un petit renflement grisâtre situé au côté externe du nerf optique , à deux ou trois lignes du trou du même nom ; son volume varie depuis un simple renflement miliaire jusqu'au volume d'une belle lentille , recevant en différens points des nerfs du nerf nasal de la branche inférieure du moteur commun, un filet de communication avec le ganglion cervical supérieur. Il prend une forme étoilée, qui est complétée par la naissance du nerf ciliaire. Les nerfs ciliaires, que Casserius appelait Taclorii, sortent du ganglion ophthalmique,en deux faisceaux qui adhèrent au nerf optique , mais qui s'en écartent à mesure qu'ils s'approchent de la sclérotique , dans laquelle ils entrent à la partie postérieure du bulbe. Ils la percent tous séparément en compagnie des artères du môme nom. Ils^se divisent en deux fai ceaux principaux, le fascicule supérieur et inférieur. Ils ne s'anastomosent point entre eux avant d'entrer dans le globe , à l'exception du nerf ciliaire provenant directement du rameau nasal , qui s'anastomose avec un nerf ciliaire venant du ganglion ophthaîmiqne.

Lorsqu'ils' sont "arrivés dans lasclérotique , ils se forment en bandelettes larges et marchent d'arrière en avant, parallèlement entre la sclérotique et la choroïde jusqu'au niveau de l'orbe ciliaire. Lorsqu'ils sont parvenus à Tare ciliaire, ils se divisent en deux rameaux majeurs qui, allant s'anastomoser avec ceux du côté opposé , forment un ganglion annulaire , ainsi nommé par Sœmmering, et auquel Chaussier a donné le nom de ciliaire. C'est de lui que partent les nerfs i riens.

Nerf maxillaire supérieur. On nomme ainsi la branche moyenne du nerf trijumeau. Elle se glisse d'arrière en avant et de dedans en dehors jusqu'au canal du sphénoïde, par où elle arrive dans la fosse sphéno-maxiliaire ; de là elle gagne le canal sous-orbitaire, qu'elle parcourt et d'où elle sort er, prenant le nom de sous-orbitaire ; au sortir de là , ce nerf s'épanouit sur la joue.

Rameau orbltaire. Né immédiatement au devant du grand trou rond , il traverse la fente sphéno-maxiliaire, puis il entre dans l'orbite en longeant sa paroi inférieure ; il fournit un rameau lacrymal , qui pénètre la glande lacrymale, s'anastomose avec la branche lacrymale du nerf opththalmique et envoie des rameaux à la paupière supérieure.

Le rameau temporo-malaire qui se divise lui-même en plusieurs filets connus sous le nom de malaires et temporaux ; l'un traverse l'os malaire et vient se distribuer à la peau correspondante ; l'autre , après avoir traversé l'os malaire lui-même , s'enfonce dans l'épaisseur du muscle temporal profond.

Nerf moteur externe. Le nerf, qui constitue la sixième paire, naît ordinairement du sillon qui sépare la protubérance du bulbe rachidien. Il forme immédiatement deux faisceaux l'un plus gros, l'autre plus petit, qui se réunissent dans le sinus caverneux. Il y baigne dans le sang ; il adhère à la carotide par une cellulosité fort abondante ; c'est dans cette partie qu'il fournit un qu plusieurs filets longs et

minces,' dont les uns, suivant le trajet de la carotide, vont s'anastomoser avec le ganglion cervical du grand sympathique, et les autres avec la branche ophthalmique de Willis ; il pénètre ensuite dans l'orbite par la partie la plus large de la fente sphénoidale ; il passe sur l'origine de la veine ophthalmique croisant à angle aigu la branche ophthalmique au dessous de laquelle il est placé , gagne la face interne du muscle droit externe dans laquelle il pénètre après s'être épanoui en un grand nombre de filets trèsdéliés.

Tous ces nerfs que nous venons de décrire , et qui se distribuent à l'œil el à ses annexes, sont, excepté le nerf optique , uniquement destinés à la sensation de la vision , consacrés à porter la sensibilité et le mouvement dans l'oeil ; car nous ne pensons point que le nerf de la cinquième paire puisse jouer un autre rôle que de concourir à la nutrition de l'iris et de la cornée. Les expériences de M. Magendie ont évidemment prouvé l'action de ce nerf sur la conservation de l'œil ; mais l'animal sur lequel on l'a coupé , ne cesse de voir que parce que la cornée perd les facultés qui la rendent perméable à la lumière.

D'après tout ce que l'on vient de lire , il est facile de voir que l'œil représente un instrument de dioptrique composé d'humeurs et de membranes transparentes, et dont la densité n'est pas la même. La position de ces divers milieux transparent est telle qu'elle rapproche peu à peu les rayons lumineux qui les traversent et les réunit en un seul faisceau qui va peindre les objets dans le fond de l'œil sur la rétine. L'impression une fois produite , .la rétine la transmet au sensorium commune. Pour que la vision s'exécute , il est nécessaire que ces milieux jouissent d'une transparence parfaite , que la rétine soit suffisamment impressionnable et que le nerf optique enfin soit un conducteur convenable vers les centres cérébraux. Un rien peut

déranger l'admirable mécanisme qui compose l'étonnant

appareil de la vision. Un vice dans l'harmonie des transparences , la chute d'un des corps refringens , l'insensibilité de la rétine, la paresse ou paralysie du nerf, peuvent modifier et interrompre les fonctions de la vision. Maintenant si Ton ajoute les altérations de texture , de résistance , de forme , de fonctions , de sécrétions , l'on aura une idée complette de la facilité avec laquelle le pouvoir visuel se vicie , se détraque ou s'abolit.

Par sa forme globuleuse et par le mécanisme de ses attaches l'œil est destiné à s'adapter pour voir les objets à diverses distances. Lorsqu'une cause particulière modifie cette puissance , l'œil tombe dans des conditions particulières , qui ont reçu le nom de presbytie et de myopie.

Lorsque l'œil est très-convexe, les rayons lumineux sont réfractés avec force, l'on ne peut distinguer les objets que lorsqu'ils sont très-rapprochés, c'est la myopie ; quand, au contraire , l'œil est aplati , la réfraction étant moins considérable, l'on aperçoit seulement les^objets éloignés, c'est la presbytie.

La myopie est l'apanage de l'enfance et de la jeunesse, mais elle persiste dans l'âge mûr. La presbytie ne se rencontre que dans la vieillesse ; il existe cependant des hommes presbytes de bonne heure ; mais il faut considérer cette fâcheuse propriété comme le résultat de travaux prolongés, et surtout de l'usage imprudent et intempestif de verres à grossissement. C'est ici la place de relater quelques unes des observations et expériences faites parsirEverard Home et M. Ramsdem , opticiens d'une grande réputation , pour prouver que les changemens dans la convexité de la cornée étaient le moyen d'ajustement cle l'œil aux diverses distances des objets : moyens sans lesquels, d'après les lois de l'optique,la vision ne saurait être nette, que pour une distance donnée, et serait plus ou moins distincte pour toutes les autres.

L'œil est destiné à recevoir les rayons lumineux , à les réfracter , à les rassembler dans un foyer d'où ils se trans-

— ma —

mettent au sensorium commune. Cet organe étant destiné à voir à différentes distances , et les rayons lumineux se condensant toujours dans le fond de l'organe , il était nécessaire que l'œil eût lu (acuité de changer la disposition de ses surfaces convexes , sur lesquelles les rayons lumineux, arrivent en divergeant pour pouvoir s'ajuster par ce moyen aux diverses distances.

Une trop grande convexité de la cornée ou du cristallin converge trop tôt les rayons lumineux et produit une vue vague toutes les fois que l'individu considère les objets éloignés -, tandis que , en les fixant de très-près ou avec un verre concave , il les distingue parfaitement. C'est ce que Ton nomme la myopie.

La presbytie par contre est une condition tout opposée de l'œil, qui, n'ayant pas assez de convexité, la convergence des rayons lumineux se fait trop loin derrière le cristallin. Avec un verre convexe on réinéfTte pai f<itement à cette infirmité, qui est propre à la vieillesse , mais que Ton rencontre quelquefois chez des jeunes gens qui se la sont produite artificiellement en se servant de verres convexes.

Himter avait pensé que rajustement de l'œil a différentes distances était produit par les fibres du cristallin qu'il croyait de nature musculaire. Afin de savoir à quoi s'en tenir à ce sujet, M. Everard Home eut l'idée d'expérimenter sur un homme dont on aurait extrait une cataracte à un œii , l'autre étant parfaitement sain ; il se proposait , dans le cas où l'opération sus-mentionnée aurait réussi, de mesurer le foyer d'une lentille en l'appliquant à l'œil opéré , de telle manière qu'il acquît une faculté visuelle égale à celle de l'œi! sain, et réciproquement , celui d'une lentille appliquée à l'œil sain, telle qu'il pût voir comme avec l'œil opéré. Il pensa que par la même occasion , l'on pourrait aussi s'assurer si, malgré l'absence du cristallin, l'œil pouvait conserver ses facultés d'ajustement.

Quelquetempô après on opéra à l'hôpital Saint-Georges un nommé Benjamin Clerc , âgé de vingt-un ans , et portant une cataracte à l'œil droit, tandis que le gauche était parfaitement sain. M. Home saisit avec empressement l'occasion de se livrer aux expériences qu'il avait projetées aussitôt que le malade serait en état de les supporter sans compromettre son opération.

Comme la plupart des opérés de cataracte , Clerc supportait assez facilement la lumière du jour, mais il était fatigué par celle du soleil et de la chandelle. Dans l'obscurité, il ne voyait point du tout. Dans un jour assez vif, il voyait vaguement, il est vrai, les objets entre six et neuf pouces de distance. Avec un verre convexe des deux côtés, dont une des surfaces avait un pouce et demi de rayon , le malade vit exactement les objets, ce qui prouvait manifestement que le cristallin est destiné à faire subir aux rayons lumineux une réfraction suffisante et nécessaire pour corriger l'aberration résultant de la sphéricité de la cornée.

Il résulta aussi de cette expérience que l'œil pouvait encore, malgré l'absence du cristailîn, conserver une puissance d'ajustement , ce dont on peut se convaincre en mesurant exactement les distances avec un pied , afin de rendre l'expérience plus complète. L'on chercha à égaliser la vision dans les deux yeux en leur ajustant des verres convenables. Si cette expérience réussissait, il était raisonnable de conclure que le cristallin n'a aucune part à la puissance d'ajustement.

Voci ce qui arriva :

L'œil parfait voyait distinctement avec un verre de six pouces et demi de foyer, à trois pouces de distance; les extrêmes étaient un pouce 7/8 et sept pouces moins quelque chose.

En plaçant devant l'œil opéré un verre de deux pouces 2/10 de foyer et dont l'ouverture était de 2/40 de pouce ;

la vision distincte était à deux pouces 7/8; les extrêmes étaient un pouce 7/8 et sept pouces.

De ces expériences , il résulte que la puissance visuelle était plus grande dans l'œil opéré que dans celui sain , et que l'on pouvait conclure que le cristallin ne jouait aucun rôle dans rajustement de l'oeil aux diverses dislances. M. Home se trouva donc en droit de conclure que la modification de la vision était produite par changement de courbe de la cornée , produisant immédiatement un changement dans la réfraction des rayons lumineux , de sorte que le foyer de l'œil varierait avec ces changemens. M. Ramsden démontra par quelques formules algébriques qu'un très-léger changement dans la courbure de la cornée suffisait pour adapter l'œil à toutes les distances possibles.

« Expérience. Une portion de cornée de 1/3 de pouce de large et de 11/20 de pouce de long, prise sur une personne de quarante ans, conservant un peu de sclérotique à chaque extrémité, fut placée sur un morceau de verre plongé dans l'eau ; cette portion de cornée fut fixée par une extrémité sur cette plaque de verre sur laquelle étaient des divisions très-petites et on exerça sur l'extrémité libre une extension assez forte. Le résultat de celte expérience fut que la cornée pouvait être allongée de 1/20 de pouce, c'està-dire de 1/11 de sa longueur ou de diamètre, et qu'abandonnée à elle-même elle revenait à son état primitif. »

« Nous espérâmes trouver quelques données de plus dans l'examen anatomique des puissances motrices du globe de l'œil, en disséquant ses muscles droits jusqu'à leur terminaison sur la sclérotique ; nous trouvâmes que leurs tendons ou aponévroses sont d'abord couchés sur cette membrane et ne s'y attachent qu'à un 4/3 de pouce de la cornée. Il était évident qu'ils ne s'y terminaient pas, mais ils y étaient si unis, qu'il était impossible de les en séparer par dissection. Un effort fait dans la direction de leurs fibres déchira ses attaches et montra que l'aponévrose se conti-

nuait jusqu'à la cornée dont un lambeau fut enlevé par Ce déchirement. La macération ne favorise pas cette opération, et dans un œil récent, en emportant forcément les quatre muscles droits à la fois, on enlève la première lame de la cornée tout entière, laissant au dessous une surface uniforme, non polie, qui est sur le même plan que la sclérotique avec laquelle elle paraît se continuer. D'après cette expérience, il semblerait que la lame externe de la cornée pourrait être considérée comme une aponévrose centrale des quatre muscles droits, tandis que la lame interne serait la continuation de la sclérotique et le moyen d'union, un tissu cellulaire très-délié. »

Une section verticale de la cornée dans toute la longueur d'un de ses diamètres, montre évidemment que son centre est plus épais que ses bords, l'élasticité de cette membrane est plus considérable dans le centre qu'à la circonférence. »

Voilà les changemens de la convexité de la cornée devinés ; il manque un appareil pour les observer et les démontrer, le voici :

On plaça une planche épaisse sur un support vertical, fixé à la distance d'un pied, vis-à-vis la fenêtre de la chambre de M. Ramsden, qui se trouve en face de toute la longueur de la rue de Sackville. Dans cette planche était un trou carré assez large pour loger la face de la personne à observer ; le front et le menton étaient appuyas sur les rebords supérieur et inférieur de cette ouverture, et la joue gauche sur le bord latéral gauche, de sorte que la tête pouvait être parfaitement immobile, et l'œil gauche faisait une saillie remarquable hors du plan antérieur de cette planche. Sur la gauche de l'ouverture était fixé un microscope dont le foyer pouvait être placé sur toute la surface latérale de la cornée ; il éiaît ajusté de manière à pouvoir se mouvoir en devant, verticalement, et horizontalement. De la partie supérieure de l'ouverture partait horizontale-

ment une tige'de laiton à charnière ou articulation , à l'extrémité de laquelle pendait une platine de laiton qui pouvait être élevée, abaissée, avancée ou éloignée et qui était percée d'un petit trou qu'on plaçait vis-à-vis de Toeil.

Un mathématicien de mérite, sir Henri Englefield, assista aux expériences MM. Home et Ramsden.

Il n'était pas facile de fixer le foyer du microscope suf la cornée , le plus léger mouvement , même celui que faisait en parlant la personne dont on observait l'œil , dérangeait tout.

Dans les premières expériences sur la cornée observée, on vit quatre lignes courbes, la réflexion des barreaux de la fenêtre sur la cornée les rendait confuses. En ouvrant les fenêtres , les lignes courbes parurent distinctement , et la plus interne dans le microscope fut reconnue pour être la surface antérieure de la cornée.

On prescrivit à la personne dont on observait l'œil , de regarder au travers du trou de la plaque de laiton vers l'angle d'une cheminée située au haut de la rue Sackville à la distance de plus de 700 pieds , et ensuite de fixer le bord même du trou de la plaque, qui n'était qu'à six pouces de l'œil ; dans cette expérience qui fut répétée , on voyait les lignes courbes se séparer , et il fallait ^éloigner le microscope de l'œil toutes les fois qu'il se fixait vers le bord du trou et vice versa,

La grande lumière de la fenêtre fatiguait l'œil observé. On en voila toute la partie qui n'était pas absolument nécessaire pour les observations , et pour ce!a on fit un trou au volet qui répondait vis-à-vis de la platine. Alors les quatre lignes disparurent entièrement.

On en conclut qu'elles étaient formées par la réflexion des quatre bords de la croisée : cet arrangement rendit la cornée très-nette , on put mesurer son épaisseur, et son mouvement devint parfaitement distinct*

JAnugmentution de. la convexité de la cornée qui avait

lieu lorsque l'œil se fixait sur un objet très-rapproché , fut évalué à 1/800 de pouce par le moyen du micromètre ajusté à l'objectif du microscope qui grossissait trente fois. Les termes de comparaison étaient de 90 pieds et de 6 pouces. La fermeture de la fenêtre empêchait de voir au-delà de 90 pieds , distance à peine suffisante pour obtenir sur la cornée des rayons parallèles ; ce qui est en faveur des résultats. Ces expériences en vinrent à un point de perfection, que M. Ramsden, en observant l'œil de MM. Home ou Englefied, pouvait leur dire exactement quel était l'objet qu'ils fixaient.

De ces diverses expériences , M. Home a cru pouvoir tirer les conclusions suivantes :

1° Que l'absence du cristallin n'empêche point l'œil de s'ajuster lui-même aux diverses distances. '

2° Que le cristallin est destiné à corriger l'aberration sphérique des rayons lumineux.

3° Que la cornée est élastique, que, quand elle est étirée , elle peut s'allonger 1-/44 de son diamètre , et qu'abandonnée à elle-même^ elle revient à sa première grandeur.

4° Que les tendons des quatre muscles droits de Vœil se continuent jusque sur les bords de la cornée et se terminent en se perdant sur sa face externe , et que par conséquent leur action doit étendre ses bords.

5° Que lorsque l'œil change son foyer adapté à une distance très-grande , la figure de la cornée change visiblement ei devient plus convexe , et que quand l'œil est de nouveau adapté à des rayons parallèles , le changement pai lequel la cornée est renvoyée à son premier état est également visible.

Le pigment noir étendu sur la choroïde et derrière l'iris en absorbant une partie des rayons lumineux , tempère l'action de la lumière sur la rétine. Ce phénomène est surtout fort appréciable chez les individus qui sont privés de pigment noir ; des albinos , en un mot.

La rétine, du' reste, n'est douée que d^une sensibilité relative à la lumière , car elle l'est très-peu à l'action des instrumens tranchans ou piquans. Depuis long-temps M. Lusardi a pour habitude d'implanter son aiguille à cataracte à une très-grande distance de l'union de la cornée à la sclérotique : ses opérations ne sont pas plus suivies d'inflammations que celles des autres opérateurs qui pénètrent par la cornée. Bien plus , en établissant des expériences comparatives, c'est-à-dire en opérant une cataracte par la cornée et l'autre par la rétine , les malades ont toujours déclaré que la ponction de la cornée était beaucoup plus douloureuse que celle de la sclérotique en traversant la rétine. D'un autre, côté M.'Magendie , dans ses belles recherches sur les usages et les fonctions des nerfs de la cinquième paire (1) , a prouvé qu'en broyant et déchirant cette membrane avec une aiguille , le sujet éprouvait une douleur beaucoup moindre que lorsque l'on piquait l'œil à la partie antérieure. L'iris joue aussi un grand rôle dans la distribution de la lumière dans Tintérieur de l'oeil. L'action des muscles de l'œil lui fait aussi éprouver des mouvemens d'avancement ou de recul qui ne sont pas sans influence sur l'ajustement.

Comme on le voit, je n'ai fait qu'ébaucher ici la description des parties qui composent l'œil et de leurs fonctions. On doit donc considérer ce travail comme un mémento destiné à rappeler des connaissances que doivent avoir puisées ailleurs ceux qui veulent se livrer avec fruit à l'élude et au traitement des maladies des yeux.

(4) Magendie, Recherches sur Vinfluence de la 5e paire sur la nutrition et les fonctions de V œil. Journal de physiologie expérimentale , t. IV, p. 176.

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