‹ Guide pratique pour l'étude et le traitement des maladies des yeux (volume 3)Chapitre 80 sur 122 · LAGOPHTHALMIE , ÉTROITE5SE DES PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

LAGOPHTHALMIE , ÉTROITE5SE DES PAUPIÈRES

Cette maladie, plus connue sous le nom de lagophthalmie ou œil-de-lièvre, est rarement congéniale. Elle consiste dans le raccourcissement de la paupière, au point de ne lui pas permettre de découvrir complètement le globe de l'œil ; cette maladie est presque toujours produite, ou par un état spasmodique du muscle élévateur de la paupière supérieure, ou par des cicatrices vicieuses formée à la suite de perte de substance , produite par des agens chimiques et surtout par des affections ulcéreuses. On rencontre souvent des affections de cette nature chez les lépreux de Surinam et de Cayenne. J'en ai observé un cas fort remarquable

chez un ancien délégué de Cayenne, M. N , qui était

aussi particulièrement connu de M. le professeur Sanson ; cet individu n'avait les yeux abrités que par la membrane muqueuse de la paupière qui retombait en forme de rideau au devant de la cornée, et qui suppléait ainsi en quelque sorte la paupière supérieure considérablement rétrécie et presque frappée d'immobilité. Cette maladie est d'autant plus défavorable que l'œil est plus à couvert, et par conséquent plus exposés aux agens irritans externes j sous leur influence, l'œil devient la proie d'ophthalmies graves qui finissent par amener l'obscurcissement complet de la cornée et la perte de la vue.

Au moyen d'un traitement anti-spasmodique, on vient quelquefois à bout de détruire l'état tonique du muscle élévateur de la paupière. Lorsque l'on a affaire à une cicatrice vicieuse, peu considérable, il faut chercher à la détruire ; mais lorsqu'il existe une grande perte de substance, il ne reste plus qu'à pratiquer la blépharoplaslie. M. le professeur Dzondi (1), conseille d'exercer sur la cicatrice

(1) Dzondi , Mémoire pour servir au perfectio?i?ieme?it de la médecine. Halle , 1816 , pag. 169.

qui est souvent immobile, des tractions fortes et fréquentes en différons sens pondant plusieurs mois, ce qui suffit souvent pour produire un allongement convenable. Dans quelques cas il dit avoir réussi ; dans d'autres cas, il ajoute à ce premier moyen le traitementdéjà recommandé par Celse (4), et dont nous parlerons en traitant de l'ectropion.

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