DES LUNETTES ET DE LEUR USAGE
C'est 'au seizième siècle que Bacon , cordelier d'Oxfort, inventa les lunettes en découvrant que les verres convexes grossissaient les objets, et que les verres creux ou concaves les rappetissaient. Les lunettes, par leur fabrication , appartiennent
exclusivement à la mécanique, maîs^ par leur application elles tombent dans le domaiDe de rocoliste. M. Ro«»^nelta s'est évidemment trompé en disant qu'excepté Touvrage de Welier, on n'a rien écrit sur l'usage et rapplicah'on des Inn elles. Béer, Williams Kitchiner , Chevalier , ont donné des préceptes très-sensés pour l'application et l'usage des lunettes.
Les lunettes ont pour but :
1° De conserver la vue;
Q.^ De corriger des imperfections de la vue ;
3° De suppléer à Tabsence ou à la perte d'une des parlîes constituantes l'appareil visuel.
A. Conseri^er la vue. On a cru qu'en portant certaines espèces de verres l'on conservait la vue, et pour cela les opticiens de tous les temps et de tous les pajs se sont mis en frais pour trouver ce précieux meuble : et sans contredit nous aurons un de CCS jours des lunettes homœopalhiques.
Rien n'a été funeste à la vue comme la rechercbe de cette nouvelle espèce de pierre philosophale , et les vend eurs de lunettes, dites conserves, ont fait autant de mal que la petitevérole. Où trouver en effet un verre qui vous mette à l'abri des excès de travail, des appartemens chauffés, de l'intempéxence , etc. ? A peine pouvez-vous espérer qu'un verre légè rament coloré puisse amoindrir les effets d'une trop forte lumière et la photophobie qui accompagne presque toujours les congestions de Tœil et de ses annexes.
L'expérience seule a conduit les Orientaux et les Lapons à employer des moyens semblables pour diminuer l'intensité des rayons solaires reflétés par les terrains sabloneux ou les neiges du pôle Nord.
Quelques personnes, en se servant avant le temps de verres à grossissement, ditsmenesmes convexes, fatiguent leur vue , et cncccièrent la presbytie, résultant de l'âge,
B. Les lunettes corrigent les défauts de la vue, en modifiant ou rectifiant les aberrations visuelles que la myopie et la presbylie entraînent après elles. Les presbytes et les myopes doivent porter des lunettes plutôt faibles que fortes , et en changer rarement. Je connais des myopes et des presbytes qui se sont rendus presque aveugles en faisant le contraire.
C. Lorsque , par'iine chute , par tout autre accident," ou par «ne opération , Tocil ou les yeux ont été privés du cristallin , rindividu y voit ; mais sa vue est vague comme celle que Von obtient en vojantavec une lunette privée d'un objectif. On rend la vue plus nette, plus longue en faisant porter au malade des verres dits à cataracte. Mais il faut attendre que plusieurs mois se soient écoulés depuis l'opération ; car, leur action exallant l'image des objets sur la rétine encore surexcitée , Tamaurose peut s'ensuivre.
Pour être à son aise , un opéré de cataracte doit avoir des lunettes pour voir de près et lire , et des lunettes pour marcber et voir de loin. Je crois observer que lorsque l'on a opéré un œil par l'abaissement , et l'autre par l'extraction à succès égal, l'œil opéré par abaissement j voit mieux que Tautre , ce dont on peu s'assurer en essayant pour lui un verre bien moins convexe que celui qui est nécessaire à l'œil dont le cristallin a été extrait.
Alun ( sulfate d'alumine et de potasse pur ) , employé en solution très-concentrée pour terminer quelques œdèmes subaigus. On en fait des collyres en dissolvant de deux à vingtquatre grains par once de liquide , selon la sensibilité du malade et de la partie. L'alun calciné sert à réprimer les végéta-» tions fongueuses de la conjonctive.
Ammoniaque. Remède mis en usage en liniment après le^ piqûres d'insectes venimeux, scorpions , abeilles , guêpes, etc. Ces linimens servent aussi pour dissiper les paralysies légères de la paupière. Uni au baume de Fioraventi , il est employé en vapeur dans quelques cas , où il faut porter une légère excitation sur l'œil ; sous forme de carbonate et uni à quelques autres substances, il forme la poudre anti-amaurotique de Peysson. Combiné avec le suif de mouton et l'axonge, il constitue la pommade de Gondrct, escharotique puissant. Le mu— riate d'ammoniaque ( sel ammoniaque du commerce) en solutiori
"«oncenlréea été employé par Guérin pour les taîes; on a renoncé à son usage , parce qu'il échoue.
Abnica MONTANA ( Amique des montagnes ), Plante alpine Irès-vanlée dans les affections traumatiques de Toeil, en application externe, en infusion. Le professeur Scarpa avait retiré de grands avantages de son alcoolat, dans les amauroses légères et nerveuses.
Argent. Ce métal est très-employé dans les maladies des yeux : son nitrate forme la partie active des collyres et des pommades : quand il est réduit à Tétat de pierre infernale , il est bien plus actif et d*un usage usuel.
AzAREUM EuROPEUM, Uni au muguet, coiwaîlaria maïalis^ et forme la base de la poudre stcrnutatoire de Saint-Ange, recommandée comme révulsif sur la membrane pituitaire dans quelques affections , suites de suppression des sécrétions pituitaires, ou d'un saignement de nez habituel. On l'emploie pur ou mêlé au tabac.
Belladone ( /élropa belladona ). Substance dont on fait en ophlhalmologie un grand usage sous forme d'extrait , de solution aqueuse, et en cataplasme. La belladone jouissant de la propriété de dilater la pupille , on s'en sert pour examiner les profondeurs de l'œil en augmentant le champ pupillaire. Pour obtenir ce résultat, l'on inslilie plusieurs fois dans la journée quelques gouttes de solution aqueuse ( voir sa formule) , ou bien on en (ait prendre quelques grains en pilules ou en lavemens. Les frictions sur les paupières ayant moins d'action, toutes les fois que l'on peut mettre en pratique l'instillation, il faut le faire, ce moyen étant plus sûr et plus prompt. H ne faut jamais oublier de prévenir la personne que celte substance produit quelquefois des vertiges ou des tournoiement de tête, qui alarment, et qui sont même suivis d'un aveuglemens momentané : cette dilatation peut durer plusieurs jours. On ne ^oit pas considérer comme de l'atropine , mais bien comme «n extrait plus pur et plus concentré de belladone, la préparation que M. OEhler a consignée dans les bulletins ophlhalmolo- ^iques d'Ammon (i).
<4) Tom. II , png. 223.
Voici comment il faut la préparer : on prend une certaine quantité de feuilles de belladone que l*on fait digérer dans de Talcool aiguisé avec un peu d'acide sulfurique : après huit ou dix jours de digestion , l'on filtre l'alcool, et on le distille. Le résidu est dissout dans l'eau et filtré à son tour : on précipite par le sous-acétate de plomb liquide : on chauffe ensuite la liqueur et l'on filtre ; on ajoute de nouveau de l'acide sulfurique^ et Ton précipite le plomb en faisant passer dans la solution ua courant d'hydrogène sulfuré.
La liqueur étant filtrée de nouveau, on l'incorpore à la magnésie, et quand le tout est en consistance d'extrait, on dissout celui-ci dans l'éther sulfurique alcoolisé. Ce dernier liquide est encore reporté de nouveau à son résidu dans l'eau distillée, opération qui est suivie d'une nouvelle évaporatiou.
BiGNOGNiA CATALPA. Substancc réccmmcnt introduite dans la matière médicale oculaire, par D'Ammon, et que l'on emploie avec succès dans les affections scrofuleuses en extrait et ea boisson.
Beurre ordinaire ^ non salé , base de la plupart des pommades ophihalmiques. Comme il rancit facilement, les Anglais lui substituent avec avantage l'huile , le beurre de cacao et la cire.
Beurre de cacao. On s'en sert pour rendre l'onguent napolitain belladone moins liquide, et comme base de quelques onguens.
Borax {sous^horate de soude). On le dissout dans l'eau à la dose de lo grains à un gros par once d'eaupourdes colyrcs.
Colchique ( colchicum autumnale ). On a beaucoup vanté et avec raison l'usage de la semence de colchique dans le traitement des affections de l'œil compliquées de rhumatismes et d'affections goutteuses : M. Kiinn de Strasbourg a publié a ce sujet un travail fort intéressant, et que l'Athénée de Paris a jécompensé d'une médaille. Si^ dans un grand nombre de circonstances , le colchique a été sans action , il peut se faire que
le médicament ait été mal préparé. C'est parce qcre pareil inxionvénient m'est arrivé, que je crois devoir donner ici la formule de préparation de M. Delescbamps, pharmacien, à Paris; sa teiuture de colchique préparée ainsi est excessivement active*
Semences de colchique, séchées avec soin, 4 onces. Alcool absolu , I livre. * Il faut moudre les semences avec un moulin à poivre; ensuite on les mélange avec l'alcool dans un flacon bouché à l'émerî, et on les soumet à la digestion pendant quinze jours à la température de 20°. Agitez de temps en temps , filtrez et conservez dans des flacons bouchés à rémeri.
Cette teinture étant fort active : on commence à en prendre huit a dix gouttes deux fois par jour dans une infusion.
Le colchique est la base d'une teinture anti-goutteuse que fabrique M. Piron , pharmacien à Bruxelles. Je l'ai employé avec beaucoup de succès dans les aifeclions rhumatismales de l'œil.
Extrait de colchique. ( Formule de M. Deleschamps. ) Semences de colchique moulues , i livre. Alcool anhydre , suffisante quantité.
Opérez à l'aide de la méthode de déplacement jusqu'à ce que l'alcool ne se charge plus d'aucun principe.
Distillez pour retirer l'alcool, et faire évaporer le résidu eu consistance d'extrait. On le donne de i à 6 grains en pilules (i)^
Chaux (C«/a?).Eau seconde de chaux, employée pure ou «nieau lait, dans quelques affections ulcéreuses du bord des paupières. L'eau seconde forme la base de différens collyres, de l'eau noire deGrœJff, de Scarpa, de l'eau céleste., etc.
Chlorure d'oxide de sodium ( Oxide liquide ), employé en application sur les paupières brûlées ( Lis franc) , encéraldans les mêmes cas, en injection dans quelques blcnnorrhées. Il faut prendre le chlorure d'oxide de sodium au lo® degré du chl oromètre de Gay-Lussac pourpoint de départ j avec l'addition de l'eau onlui donne différens dédoublemens.
(1) Et en potions. Pour la teinture éthôrée, mêmes proportions que pour la teinture alcoolique.
Cuivre. Ce métal ne s'emploie que lorsqu'il est combiné chimiquement avec les acides acétique, sulfurique, nitrique, et l'oxigène. L'acétate de cuivre, verdet, vert de gris (aerugo) forme le principe actif d'un grand nombre de collyres et de pommades : le sulfate de cuivre sert à cautériser quelques ulcérations, c'est un astringent très-actif dans quelqnes hypercrises de la conjonctive , suivies de sécrétion : dissout dans l'eau il forme des collyres^ les eaux astringentes de Balhes, de Scarpa , etc. Le nitrate de cuivre fondu moulé en cylindre est plus actif que le sulfate mais moins caustique que le nitrate d'argent : on s'en sert pour détruire les granulations.
Eau de roses. Léger astringent : celle des pays chauds l'est beaucoup plus que celle d'Europe. On en fait à Aîger de parfaite.
Eau de laurier-cerise. Lorsque cette eau provient des pays chauds , elle est très-active : on l'emploie seule ou combinée avec d'autres substances. Je me suis fort étendu sur son action dans un mémoire couronné par l'Athénée de médecine de Paris (i).
Huile de noix. {Nuxjuglans ). L'huile vieille et rancie de la noix est employée contre les taies et nuages de la cornée. Marc-Antoine Petit de Lyon la rendait plus active en y ajoutant une grande quantité de tartre slibié.
Huile de foie de morue. ( Oleum jecoris azelli). Substance récemment introduite dans la thérapeutique oculaire. Elle est produite par l'expression du foie de la morue; il y en a de trois espèces, la blonde, la brune et la noire. Nous sommes le premier qui l'ayons employée, pour guérir les taies et nuages de la cornée. On commence par employer la blonde en touchant le nuage avec un pinceau imbibé. Cette application produit un léger sentiment de chaleur et de larmoiement, de peu de durée il est vrai. Après quelques semaines d'emploi l'on
{i\ Mémoire sur l'emploi de l'eau distillée de laurier-cerise, Cours vièdical , 1830.
passe à un mélange égal d'huile blonde et brune , puis à la brune pure, enfin à la noire dont l'action est excessivement vive et acre. Ce remède doit être employé fort long-temps.
A. rinlérieur on l'a prescrite pour combattre les ophthalmies scrofuleuses et rhumatismales.
Huiles essentielles employées pour les mêmes usages que l'ammoniaque. Dans quelques paralysies des paupières Ton se sert avec succès d'un liuiment contenant de Thuile de croton tiglium dont l'action est fort vive et qui produit immédiatement un érysipcle phlycténoïde.
Iode. Celle substance et ses combinaisons chimiques jouent un grand rôle dans la thérapeutique des afifections oculaires entachées d'une complication spécifique. On l'emploie en collyres, en pommades, en frictions, à l'inlérfeur: sous forme escharotique, telle que la solution caustique de Lugol, etc.
JusQuiAME. Celte substance , de même que la belladone , s'emploie, intérieurement en pilules ou en potion, extérieurement en solution , ou frictions seule ou unie à quelques autres médicamens.
Eu la traitant comme la belladonne, par le procédé d'OEltsen, l'on obtient un extrait concentré très-actif. Giuntini de Florence avait observé qu'en combinant l'extrait de belladonne et celui de jusquiame on obtenait plutôt la dilatation de la pupille^ que lorsqu'on employait l'un ou l'autre isolément.
Mercure. Celte substance et ses diverses préparations chimiques forment la base d'un grand nombre de formules trèsusitées et fortactives. Le mercure éteint dansl'axonge formel'onguent napolitain, que l'on emploie si souvent en frictions, seul ou combiné avec diverses autres substances. Il est important de choisir pour sa fabrication la méthode où l'on emploie la graisse la moins oxygénée ; car elle fatigue alors très-facilement la peau. Dans quelques cas l'on remplace avantageusement l'onguent napolitain par un onguent dont l'axonge récent est la base , et où le mercure est représenté par le calomel lavé à la vapeur , ou par l'oxide blanc ammoniacal.
Le calomel est un médicament héroïque dans un grand nombre de maladies des yeux ; on l'emploie pur ou combiné à rintérieur et à Textérieur. Uni h Teau seconde de chaux, il forme l'eau noire des Anglais et de M. le professeur GrœfiF.
Le sublimé corrosif s'emploie à Tinlérieur , à l'extérieur en lotion , friction , et application : il forme la base d'un grand nombre de collyres. Uni à l'eau de chaux, il forme l'eau phagédénique employée dans quelques affections dégénérescentes de l'œil et de nature vénérienne.
Le mercure éteint dans l'argile donne la poudre de Lalouetlei que l'on emploie en fumigations.
Lesoxides, deulo-oxides et sulfures de mercure distincts entrent aussi dans la matière médicale oculaire et sont le priacipe actif d'un grand nombre de pommades.
MuaiATE DE SOUDE. Celte substance s'emploie intérieurement et extérieurement, A l'intérieur on la donne à la dose d'une cuillerée à café matin et soir dans du bouillon ou tout autre véhicule dans les affections scrofuleuses.
J'ai pu me convaincre par ma propre expérience, que c'était un excellent remède (i) et que MM. Coindet et Odier n'avaient pas exagéré ses propriétés. Serait-ce parce que dans la plupart des cas il contient de l'iode ?
A l'extérieur , le professeur Rust de Berlin s'est servi avec avantage du chlorure de sodium en solution aqueuse pure ou combinée avec l'opium ; il prend avec un pinceau une petite quantité de cette solution et l'applique sur les taies de la cornée. Dans d'autres circonstances on humecte le pinceau avec de la salive, on l'imprègne, avec He la poudre très-fine, dn médicament et on s'en sert de la même manière.
On fait décrépiter au feu le chlorure de sodium pour le priver de son humidité , et après l'avoir pulvérisé avec soin , on l'enferme dans un bocal à l'émeri pour le préserver du contact de l'air : cette substance est très-active : son action se fait sentir dans toute l'étendue de la cornée.
r^on seulement M. Rust, mais encore M. Guilllé (2) ont
(1) De la kératite scrofuleuse {Bulletin clinique ^ 1836), par Car* ron du Yillards.
^, (2) GuiiUé, Bibliothèque ophthalmologique ^ paj. i90.
par ses applications successives sur la cornée , fait disparaître un grand nombre de taies fort anciennes.
L'eau de mer naturelle, s'emploie également avec avantages fin lotions et en douches dans une infinité de maladies de Toeil eï de ses annexes.
Opium. Cette substance joue un grand rôle dans les affections oculaires : on l'emploie sous diverses formes et à l'élat de diverses combinaisons chimiques. Uni au calomel, il rend le ptjalisme moins prompt. Combiné à Taxonge^ à la salive, à l'huile , il s'administre en frictions. A l'état d'acétate ou d'hydroclilorate de morphine, il entre dans les collyres, et on l'introduit dans l'économie par la méthode endermique ou par cellede M. Lafargue de Sainl-Emilion. Dissous dans le vin, il forme les vins d'opium de Rousseau, de Sydeoham, de Jœger^ etc. Ces vins servent pour les collyres , les applications directes ou indirectes, purs ou unis à des collyres.
L'eau distillée d'opium de la pharmacopée prussienne , est^ au rapport de quelques ophthalmogistes allemands ^ un excellent calmant.
Pierre divine. Remède fort vanté par les anciens ocu-i* listes : c'est Saint-Yves qui lui a donné son nom. Voici comme il recommande de le préparer :
^ Vitriol de cypro lïitri et aluminis
aa libram i contrit, et pulv. in vaso vitreo, cal. arenae lîquefactîs adde Gamph» trit»
Cette substance forme le principe actif d'un grand nombre de collyres et de pommades.
Or {^urum) .Préparations. Depuis quelques années, j'emploie le stannate d'or contre les affections scrofuleuses et syphiiilîques de l'œil, surtout lorsqu'il s'agit de fistules orbitales ou préorbitales. Je m'en suis très-bien trouvé, et je crois que ce
médicament justifie les éloges qu'en ont fails MM. Chrétien et Legrand.
Le cyanure d'or a été inlroduit tout récemment par nous dans le traitement des affcclions de l'œil : nous l'employons en. frictions, autour de l'orbite et à l'intérieur en pilules.
La solution alcoolique ammoniacale de cyanure d'or , à la dose de quatre grains pour dix onces de liquide, est un excel'îent emménagogue. C'est mon ami le docteur Furnari qui a découvert la propriété que j'annonce. Plusieurs médecins , entre autres M. Sellier de Paris , ont vérifié la valeur de cette médication , et en ont obtenu de nombreux succès.
Plomb. Le plomb fournit par des préparations , au formulaire oplîtbalmique , le sous-acétate de plomb liquide (extrait de Saturne) , le sous-acetate concret ou cristallisé (bleu de Saturne) et l'oxide blanc (céruse).
Potasse CAUSTIQUE {Pierre à cautère). Celte substance, dont l'énergie est extrême, doit être employée avec les mêmes précautions que la pierre infernale. Pour rendre son emploi plus facile on la réduit en cylindres. Mais comme ceux-ci tombent facilement en déliquescence , j'ai pour habitude, aussitôt qu'ils sortent du moule, de les faire plonger dans de la cire à cacheter, fondue au bain-marie ; par ce moyen , non seulement on peut les tenir avec les doigts, mais encore tailler leur extrémité en forme de crayon. La potasse caustique s'emploie aussi en collyres à la dose d'un demi-grain à un grain par once d'eau, et en ajoutant quelques grains à l'onguent digestif ordinaire ^ on forme une pommade très-active, employée avec succès contre quelques tumeurs des paupières ou des pourtours de l'orbite dont la suppuration est lente et incertaine ou irrégu— lière.
Unie à la chaux dans des proportions convenables , la potasse constitue le caustique de Vienne dont on se sert avec teaucoup d'avantage , en ce que l'on peut calculer et borner son action , et enlever par son moyen des tumeurs dont l'extirpation serait très- difficile ou impossible.
Suie ( Fuligo), C'est à nous que Ton doit d'avoir introduit
la suie dans la thérapeutique des maladies oculaires ( Gazette médicale f i83). Pour rendre son action plus sûre, nous l'employons sous forme d'extrait aqueux , préparé comme tous les extraits ordinaires. Nous l'employons à la dose de 6 5 24 grains par once de liquide ; dant» les mêmes proportions elle s'unit à l'axongc et forme une excellente pommade contre la gratelle et les démangeaisons des sourcils. Combinée avec le sucre candi , le charbon et la pierre infernale , le tout réduit en poudre impalpable^ elle forme un collyre sec que nous employons avec succès contre les pannus charnus de la conjonctive et de la cornée»
Sumac vénéneux {Rhus toxlcodendrum). Le sumac vénéneux ainsi que l'annonce son nom est une substance fort active, ce qui n'a pas empêché de l'employer avec avantage dans le traitement des affections scrofuleuses. On le donne sous forme de suc à la dose de 24 gouttes dans une potion de huit onces dont on prend trois cuillerées dans la journée. M. Baudelocque a entrepris à ce sujet une série d'expériences, qu'il est bon de consulter.
Tartre stibie ( Tartrate de potasse antimonié), Vasani est le premier (i) qui ait introduit l'usage externe du tartre slibié, sous forme de collyre, dans l'ophlhaloaie égyptienne d' Ancône ; il l'a employé de dix à quinze grains par once d'eau. J'ai eu l'occasion d'éprouver toute la puissance de ce moyen et c'est vraiment une tache pour la mémoire du professeur Scarpa de l'avoir tourné en ridicule sans l'avoir expérimenté. Celte conduite d'un homme aussi judicieux ne peut être expliquée que par l'horreur qu'il éprouvait pour Rasori et sa doo« tri ne :
On prépare avec le tartre stibié non seulement la pommade d'Autenrieth , mais encore l'emplâtre stibié dont voici la for-^ mule,
(1) Vasani storia» ouvr. cité.
Of Tartre antîmonié de potasse 1 gros.
Emplâtre citrin (i) 3 gro».
Cet emplâtre, qui produit de très-bons effets, doit se renouveler tous les jours, jusqu'à ce qu'il apparaisse sur la peau des vésicules noires. Quant à la pommade, sa formule est indiquée dans toutes les pharmacopées. Nous nous bornerons seulement à dire que M. le professeur Broussais père y fait ajouter ua scrupule par once de sulfure rouge de mercure : l'expérience m'ayant prouvé que cette addition rendait l'éruption moins douloureuse.
Thé noir, et thé vert. L'infusion de tbé noir est un des meilleurs astringens légers que Ton puisse employer contre l'inflammation légère du bord libre des paupières. Elle peut servir de véhicule à un grand nombre de collyres et d'injections. L'infusion de thé vert est plus active et plus excitante, on l'emploie en fomentation chaude dans quelques affections des paupières accompagnées de spasme el de faiblesse. Elle peut servir de véhicule à un grand nombre de collyres excitaus.
Thérébenthine de Venise. Depuis quelques années l'on emploie avec succès la térébenthine à l'intérieur dans quelques afTeclions profondes de l'œil , à la dose de un à plusieurs gros dans un excipient convenable.
Vésicatoires. Ils s'emploient comme révulsifs directs ou indirects : ceux que l'on applique derrière les oreilles se nomment oreillons. La pharmacie Leconte à Paris possède une formule, qui a l'immense avantage d'être Irès-active, de ne jamais couler, et de ne point laisser de substance sur la pean, pour les enfans j'emploie de préférence la pommade dite vési— cante de Lausanne. Cette pommade est un secret. M. Galloud
(1) Einplastrum citrinmn pharmacopœœ F'indelonensis, Teiebinlhin.venel.J bel}i ovis \ ^^^ seqiialem paitcm,
Cerœ flavœ )
M. f . S. act em.
qui habite les frontières de la Suisse , s'est livré à de trèsgrandes reclierches à ce sujet ; j'ai une formule que je dois à robligeance de ce pharmacien distingué et qui, soumise avec celle de Lausanne à des expériences comparatives, ^ constamment donné des résultats analogues,
VÉratrine. [Alcali ^végétal du vératrum sabadilla), La véralrine s'emploie ordinairement à l'extérieur à la dose de dix grains sur une once d'axonge. On en fait des frictions autour de l'orbite dans quelques affections amaurotiques et dans les cataractes commençantes. Il paraît que M. Turnebul de Londres a obtenu quelques guérisons par ce moyen. Ne seraitce pas parce que les secousses et vomissemens produits par ce médicament ont amené le décollement du cristallin, ainsi que mon ami le docteur Cunier vient de le constater dans ces derijiers temps (i), et que l'a observé plusieurs fois mon père sous l'influence des éternuemens convulsifs provoqués par la poudre de St- Ange, dans laquelle il entre aussi de rdlébore.
Zinc. Comme nous l'avons vu au commencement de ce livre, le zinc existe dans la matière médicale oplhalmiqufi dès la plus haute antiquité. Les fleurs de zinc (oxide de zinc) s'emploient sous forme de collyre à la dose de un à quinze grains par once d'eau ; unies à la graisse , elles forment des pontimades ophthalmiques.
La lutie, qui est un oxide de zinc, uni au même métal, a les mêmes usages. Mais de toutes les préparations de zinc la plus employée c'est le sulfate de zinc, nommé aussi vitriol blanc, et descendu dans la médecine populaire sous le nom de couperose blanche. Pour un collyre, on commence d'un à six grains par once d'eau; pour les pommades, de deux à dix grains par gros d'axonge.
Les anciens oculistes employaient beaucoup de cadmie (2). De nos jours on a beaucoup vanté le sulfate de cadmium : il est beaucoup plus actif que le sulfate ordinaire ; j'engage M. Stœber (3) et ceux qui comme lui contestent cette action , non
(1) Cunier, Bulletin médical lelge , juin 1837.
(2) Conrad Walroth , ouvr. cité.
(3) Ouvrage cité , pag, 482.
seulement à faire des expériences comparatives, maïs encore à consulter à ce sujet un des membres de l'académie royale de médecine^ M. Chevallier, qui Ta expérimenté sur lui-même.
■CONSIDÉRATIONS SUR L'APPr.ICATION ET LA MANIPULATION DE QUELQUES MÉDICAMENS GPHTIIALMIQUES.
Caustiques. Toutes les fois que Ton veut porter un caustique sur Toeil, il faut non seulement prendre des précautions pour ne les porter que sur la partie à cautériser, mais encore pour s'opposer à ce qu'il ne se combine pas avec les tissu5, ne tombe pas sur les parties environnantes. C'est pour cette raison qu'aussitôt que les caustiques auront produit leur effet , il faut en absterger les parties avec uneétoupe de charpie, ou injecter du lait tiède. Toute les fois que Ton veut employer du nilrate d'argent fondu, il faut le tailler en cr.iyon excessivement fin, excepté toutefois lorsqu'on en veut badigeonner la muqueuse palpébrale. Il est assez difficile d'aiguiser un cilindre de nitrate d'argent en pointe un peu aiguë ; le meilleuc moyen est de l'émoudre sur une petite meule tournante en le maintenant légèrement sur la meule au moyen du doigt garni d'un morceau de peau.
M. Trousseau (i) avait proposé de se servir pour cautériser les ulcérations d'un petit diamètre, de mettre un stylet d'argent rougi que l'on présenterait à du nitrate d'argent fondu réduit en poudre ; par cette opération la tige métallique se charge à son extrémité d'une parcelle de caustique que l'on peut aussi appliquer au fond des ulcérations infondibuliformes.
Dans tous les cas, je supplée à ce moyen en me servant d'un petit pinéeau à miniature très-fin qu'après avoir imbibé d'un peu de salive je promène sur un cylindre de nitrate d'argent fondu , et afin qu'il ne s'écoule aucun intervalle entre la cautérisation et l'injection délersive, j'emploie un petit appareil dont j'ai donné la description plus haut (2).
Collyres. Dans les pharmacopées modernes on n'a conservé
(1) Bulletin thérapeutique^ tom. I, pag. 188. ^: (2) Voyez Ophthalmie d^s nouveau-nés.
la désignation de collyres que pour ceux fabriqués avec dear substances liquides. Autrefois on nommait collyres secs des substances destinées à des insufflations qu'aujourd'hui nous désignerons par le nom de poudres ophtbalmiques. Dans l'application des collyres , il ne faut jamais perdre de vue que la sen» sibilité des malades n'est point la même , et que tel individu n'éprouve aucun sentiment désagréable , d'un collyre qui eu irrite excessivement un autre ; il est surtout raisonnable et rationnel de commencer par des doses très-légères , que l'on peut augmentera mesure que la tolérance s'établit. Il est même des substances dont il faut amoindrir raclion par l'addition de mucilages de différentes espèces. Il est des collyres que l'on emploie froids; il en est d'autres qui doivent être tièdes ou chauds : autant que possible , il faut élever la température au bain-maric. Toutes les fois que l'on emploie un collyre, il faut agiter le mélange afin de remettre en suspension les substances qui se précipitent : toutes les fois qu'on le peut, il faut employer les collyres par instillation : dans tous les établissemens ophthalmiques. On emploie à cet effet un petit meuble connu sous le nom de compte- goutte. Pour pratiquer cette opération avec fruit , il faut que le malade renverse la tête en arrière et entre-ouvre légèrement les paupières : pour les enfans, on est quelquefois forcé d'employer une certaine force pour les leur écarter^ et quelque peu douloureuse que soit cette opération, la plupart d'entre eux s'y refusent avec une certaine opiniâtreté.
Quelquefois, mais plus rarement, on emploie le collyre en application sur les paupières au moyen de petites compresses imbibées de ce liquide , ou mieux encore avec des petites tranches d'épongés trempées dans le collyre. Lorsque le médicament est excessivement actif, on se sert d'un pinceau pour le porter sur la partie ; c'est de cette manière que l'on applique l'huile essentielle d e citron , l'huile de grillon , etc.
La première sensation que l'on éprouve dans l'œil après l'introduction d'un collyre, même le plus léger, ressemble à celle de tout corps étranger introduit dans les paupières ; l'œil rougit, devient larmoyant , puis il rentre peu à peu dans son état antérieur. C'est par la gravité et la durée des phénomènes consécutifs , à l'introduction du collyre que Ton calcule son ac-
lion et que l'on doit Taugmenter ou le diminuer, selon qu*i! produit plus ou moins d'effet. En général , lorsque la douleur, la rougeur et le larmoiement durent plus de dix minutes, le médicament est trop actif, il est convenable de le dédoubler avec l'eau distillée : si au contraire le malade éprouve peu de sensation sous l'influence de l'inslillalion il faut augmenter la dose.
Poudres ophtlialmiques. Les poudres ophthalnjjques , plus connues autrefois souL le nom de collyres secs, doivent être broyées et porpbyrisces avec un soin extrême; il faut s'assurer de cette qualité, non seulement par le tact, mais encore en examinant le corps pulvérulent avec une forte lentille : les poudres qui ne sont pas douées de ces qualités, irritent l'œil mécaniquement : il est même à désirer que l'on porphyrise à l'eau toutes les substances susceptibles de l'être par ce moyen. Toutes les poudres ophthalniiques s'emploient en insufflation, ou avec un petit pinceau : pour les insuffler , on se sert d'un tuyau de plume : afin de rendre cette application plus facile , i^ai fait construire sur une éclielle beaucoup moindre un instrument analogue à l'insufflateur de M. Guillon de Paris. Un des plus grands inconvéniens de l'usage des poudres , c'est de ne pouvoir se les appliquer soi-même : en ajoutant à l'instrument dont je viens de parler, une sonde de gomme élastique, le malade s'insuffle lui-même. Aussitôt après l'insufflation , le malade doit fermer les paupières pendant quelques instans, afin de retenir le médicament.
Application de la vapeur, La première, comme la plus fréquente application de la vapeur, est celle qui résulte de l'évaporation des liquides en ébullition ou de la combustion des diverses substances ; enfin de la] volatilisation des substances éthérées.
Afin de mettre plus facilement l'œil en rapport avec des substances volatiles dont on provoque même le dégagement par le bain-marie , l'on a construit différons appareils. Le plus simple est celui de Carie Graeff (i) ; le plus commode est celui que j'ai fait construire, que l'on trouve chez M. Chevallier.
(d) Cari Grœff, Repertoriiim cité.
L'on peut quelquefois melire les substances volaliles dans la paume de la main , et l'on peut avoir les deux mains Tune contre l'autre , les approcher des yeux : dans quelques maladies où il est nécessaire de mettre Tœil en rapport avec la poudre de Lalouette, ou le cinabre en ëvaporalion, on peut se servir de l'appareil de M. Rapou, de Lyon (i), et même de celui de M. Chevallier, qui sert indistinctement pour les vapeur sèches et les vapeurs humides. Lorsqu'on ne peut se procurer ces divers appareils , il faut se servir simplement d'une pelle à feu , convenablement échauffée pour évaporer ou brûler les substances. Les vapeurs s'employent aussi sous forme de douches au moyen de l'appareil portatif de M. Rapou , ou avec celui de M. Chevallier : afin de concentrer davantage les effets du jet de vapeur sur Toeil , j'ai fait confectionner des embouts variés , au moyen desquels l'on bouche, ou Ton préserve la partie que l'on veut.
Sachet, C'est aussi par évaporation qu'agissent les sachets," étant composés de substances médicamenteuses diffusibles, telles que la poudre de fleurs de camomille ou de sureau , de sucre, d'arnica,d'éponge calcinée, d'iris, d'ioderenferméesdans des sacs de soie ou de coton un peu serré, que l'on attache à une bande frontale, et que l'on tient ainsi flottant, en suspension sur l'oeil, pour que l'organe ne soit ni échauffé ni comprimé.
Douches liquides. Ces douches liquides ont une très-grande action dans une infinité de maladies rebelles , on les emploie froides ou cbaudes selon l'occui renée, en se servant de l'appareil inventé par Béer, et que M. Jiingken a jugé convenable de de s'approprier. Le professeur Himly recommande pour cet cisage une pompe aspirante et foulante fort ingénieuse mais dont le prix est assez élevé et que l'on peut remplacer dans tous les cas, et avec avantage par l'appareil de M. Despruneaux. Les douches se donnent en jet unique et en arrosoir : au moyen des embouts en caoutchouc on peut concentrer le H— ■quide sur un point, tandis qu'on en préserve un autre. Quand l'on a la facilité de se rendre aux eaux minérales, l'on y trouve Soutes les commodités possibles pour y prendre des douches
^1) Médecine fumigatoire.
oculaires : à Aix en Savoie et à Bourbon-î'ArcLanibault , les malades n'ont rien à désirer sur ce point.
Pommades ophthatmiqucs. Pour fabriquer les pommades oplillialmiques, il faut avoir soin que les sub.vlances qui les rendent actives soient réduites en poudre excessivement fines, afin que leur mélange avec Texcipient soit dépourvu de toutes granulations , et qu'en Tétendant sur la main ou sur un verre le tact ou l'œil ne découvrent aucune pjirlicuîe appréciable: c'est surtout dans l'application des pommades à bases caustiques qu'il faut redoubler de précautions.
Le beurre non salé , l'axonge , la moelle de bœuf, le beurre de cacao, l'builc, la cire, forment la base de la plupart des pommades. Do toutes ces substances , celle qui se conserve le mieux, c'est la moelle de bœuf, convenablement épurée: après elle vient l'axonge : le beurre est le plus mauvais de tous les excipicns par la facilité avec laquelle il s'altère. Les Anglais emploient l'huiie d'olive épurée mêlée au blanc de baleine» Depuis quelques années je me sers avec beaucoup d'avantage, pour quelques affections spéciales, de l'axonge obtenu par la trituration et la fonte du foie de la raie (Raia pescatrix).
Dans quelques cas, et dans les pays cbauds surtout, l'on est forcé d'iijouler à l'axonge , à la moelle de bœuf , à la graisse de foie de raie, une certaine quantité de cire, afin de donnera ces substances un degré de fermeté telle , que les médicamcns que l'on y incorpore puissent y rester en suspension , sans crainte d'être précipitées.
Les pommades s'appliquent sur le bord des paupières avec la pulpe du doigt et dans l'intérieur du globe avec un pinceau ou une petile spatule en baleine. Comme les substances graisseuses provoquent quelquefois des érithèmes sur le bord des paupières des personnes dont la peau est vulnérable , il faut se borner à les appliquer le soir en se coucbant : le lendemain on lave la paupière avec un peu d'eau distillée de laurier cerise ajoutée à du lait d'amande.
Electricité et g alitants me. L'électricité et le galvanisme convenablement appliqués, sont des moyens fort importons ; malheureusement le charlatanisme les a exploités à son profit ce qui a fait jeter quelque défaveur sur leurs avantages thé-
rapeuliques. Je leur al vu cependant produire des résultais trèsavantageux dans quelques affections paralytiques: MM. Fabré- Palaprat , Monet de Lyon, en ont retiré de très-grands avantages: M Magendie rapporte des guérisons extraordinaires obtenues par ce moyen , c'est surtout la galvano-puncture qui est le plus énergique.
On doit toujours commencer par des chocs peuviolens : il faut d'abord prendre quelques disques , puis augmenter graduellement leur action en dénudant la peau et en y appliquant des médicainens , l'on peut faire pénétrer plus facile- Dient les mcdicamens dans l'économie. M. Maunoir s'est servi de ce moyen pour amener sur des vésicatoircs une fluxion très* énergique dans quelques affections névralgiques de la face et dont j'ai parlé ailleurs. Voici comment il procède : on place sur le front ou la tempe un vésicatoire , un autre est posé sur la région siis-orbitaire : on enlève l'épiderme aussitôt que l'ampoule est formée : puis, plaçant sur la surface dénudée un disque de Yolla au pôle positif dans la région sus«orbitaire , et on met un autre disque au pôle négatif dans la région sousorbitaire , les deux plaques en rapport avec un fil de laiton. Aussitôt que le courant est établi , on ne tarde pas à observer une sécrétion très-abondante, d'une sérosité limpide transparente, qui s'échappe des surfaces dénudées.
Quand on veut augmenter l'action du galvanisme , on porte le nombre des disques jusqu'à trente , quarante , cinquante paires. M. Fabré avait un appareil avec lequel non seulement l'on pouvait graduera volonté l'action du choc, mais encore le rendre intermittent au besoin. M. Billand a présenté à l'académie royale des sciences un appareil fort ingénieux, au moyen duquel on n'a besoin, ni de disques, ni d'acides, ni d'aucun des accessoires obligés pour la production de Téleclricité.
L'électricité et le galvanisme produisent souvent des congestions cérébrales qu'il faut combattre par des moyens appropriés.