‹ Guide pratique pour l'exploration méthodique et symptomatologique de l'oeil et de ses annexesChapitre 2 sur 3 · PREMIERE PROPOSITION · texte numérisé non relu

PREMIERE PROPOSITION

L’exploration méthodique et symptomatologique de l’œil , constitue une branche de l’ophtalmologie générale , connue sous le nom

Ophtalmoscopie.

IIe PROPOSITION.

L’œil et ses annexes étant en grande partie placés à la surface du corps , et cet organe com-

(0 Voir à la fin de ce travail.

posé d’humeurs diaphanes , i’ophtalmoseopie s’exerce en partie par le vue simple ou grandie par des instrumens d’optique, connus sous le nom d’ophtalmoscopes.

IIIe PROPOSITION.

L’exploration manuelle concourt dans un grand nombre de cas à aider et même à rectifier l’exploration visuelle. Toutes deux demandent un ensemble d’actions méthodiques qui les mette en harmonie. Ainsi , on commence par voir et examiner avec soin , sans toucher l’organe , de crainte que le tact ne développe quelques phénomènes accessoires et étrangers à la maladie : une fois que l’on aura bien vu , l’on pourra passer à l’exploration manuelle.

IVe PROPOSITION.

La vue apprécie les couleurs des tissus , la forme de leurs vaisseaux , la transparence des humeurs ; l’obscurcissement des milieux réfringens : les contractions des muscles et des organes doués de contractilité; le nombre et la configuration des produits anormaux, la quantité des organes qui manquent, la nature des sécré-

tions ; enfin, l’ensemble de l’appareil oculaire : cela à œil nu , ou aidé de puissances microscopiques , ou éclairé par des condensateurs de lumière , tels que les miroirs creux et les prismes.

Ve PROPOSITION.

Par le toucher manuel , on constate la résistance et l’ampleur du globe , les altérations dans la souplesse ou dans la consistance des tissus, des canaux, des glandes, du périoste et des os ; on reconnaît des produits anormaux ou traumatiques qui ont échappé à la vue ; enfin , on découvre des collections de fluides accumulés par engorgement des conduits , ou produits par des sécrétions anormales : cette exploration s’exerce avec la main seule , ou avec des instrumens accessoires , tels que sondes , stylets , bougies.

VIe PROPOSITION.

Dans le plus grand nombre des cas , la lumière ordinaire du jour suffit pour examiner 1 œil ; dans quelques cas , elle doit être vive et éclatante ; il doit être possible de la modérer au

besoin. Dans des occasions, rares ii est vrai , et spéciales, on doit se servir d’une lumière artificiel le pour étudier les milieux transparens de l’œil, et analyser la nature des reflets lumineux qui s’y produisent. Toutefois , il faut agir avec précaution, de crainte de fatiguer l’œil par une lumière vive , prolongée : ce moyen ne sera employé que lorsque l’on aura acquis la conviction que l’organe peut la supporter.

VIIe PROPOSITION.

Pour examiner l’œil, on doit, autant que possible, le faire à un jour franc; mais l’organe ne doit jamais être présenté de face à la lumière, si ce n’est que lorsque l’on veut reconnaître l’influence des rayons lumineux dans la profondeur des milieux refringens. Dans la plupart des cas , il faut placer l’œil de biais, afin que la vue puisse d’un seul coup embrasser la cornée et ses surfaces internes et externes , l’iris , le cristallin et ses annexes.

Dans des circonstances , il est convenable de se placer derrière le malade, tandis qu’il regarde dans un [miroir oculaire, ou ophtalrnoscope ; de cette manière , on juge très bien de l’état de l’œil sans craindre les reflets lumineux. La lu-

mière artificielle n'est préférable à lu naturelle que dans les cas où il est nécessaire d’étudier l’état de l’humeur vitrée et de la rétine , en faisant brusquement refléter le corps lumineux dans les différens points de 1 anfractuosité oculaire.

VIIIe PROPOSITION.

Afin de procéder avec plus de simplicité et de méthode dans l’examen symptomatologique de l'œil , nous suivrons l’ordre anatomique. Ainsi , nous commencerons par les sourcils , les rebords orbitaires, les paupières, les points et conduits lacrymaux , le sac réservoir des larmes , et l’organe qui les sécrète : de là nous passerons aux tarses, aux bulbes des cils, à la caroncule, aux cils, à la conjonctive oculaire et palpébrale , au globe de l’œil examiné en mase , et en détail ; enfin, à l’élatdu canal lacrymal et de la muqueuse nasale.

IXe PROPOSITION.

Au moyen de l’œil et du toucher, on s’assurera de l’état des sourcils , des bulbes qui leur donnent naissance et de la peau qui les renferme. On examinera avec soin s’ils ne sont point le siège

d’exanthèmes , d’insectes , de tumeurs , de cicatrices, ou de corps étrangers : afin de rendre cet examen complet, on promènera les doigts avec soin et précaution sur toute leur surface.

Xe PROPOSITION.

Les mêmes précautions sont indispensables pour les rebords orbitaires; il faut rechercher avec soin s’il n’y existe aucune fracture , blessure, périostose , exostose, tumeur, suppuration, fistule ou corps étrangers : on pressera avec une certaine force et graduellement sur les trous sous et supra-orbitaires pour étudier l’état physique des nerfs auxquels ils donnent issue, et leur sensibilité.

XIe PROPOSITION.

Les paupières doivent être examinées d’abord fermées , puis ouvertes. Nombreux sont les points qui doivent fixer l’attention de l’explorateur : 1° l’ampleur de ces voiles mobiles et le degré de leur fente, l’étroitesse de celle-ci ou sa grande proportion ; l’étroitesse ou l’oclusion sont-elles congéniales, accidentelles , le résultat de cicatrices , d’inflammations antérieures ou ré-

centes , enfin d’une contraction spasmodique ou permanente des muscles, connue sous le nom de blépharospasme ? 2° Leurs mouvemens doivent être étudiés avec soin : sont-ils lents , vifs, brefs, convulsifs ou paresseux; leur clignement est-il sympatique de l’affection de l’œil, ou indépendant; l’action du blépharospasme , a-t-elle produit dans le grand angle de l’œil un repli de la peau pendant en forme de sac, accidens fréquens chez les vieillards et les enfans scrofuleux ? 3° Noter la coloration, l’épaisseur des paupières, l’injection vasculaire de leurs tissus, la turgescence ou la flaxidité de leur peau ; examiner s’il n’y existe pas endurcissement partiel, 'général, œdémateux, phlegmoneux, furonculeux; si elles ne sont point le siège de tumeurs ayant leur place dans leurs rebords libres ou dans leur union avec l’orbite; promener avec précaution les doigts en divers sens : cet organe rencontre souvent des points saillans que l’œil a laissé échapper; 4° étudier l’action du muscle élévateur , comparée à celle de l’abaisseur; demander si le malade est myope, s’il contracte habituellement les paupières ; 5° enfin , prendre une connaissance exacte de l’état des bords des paupières , pour savoir s'ils ne sont point renversés

en dedans ou en dehors , ou le siège de quelque tumeur.

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