‹ Guide-recueil de Paris-BruléChapitre 14 sur 47 · RUE ROYALE · texte numérisé non relu

RUE ROYALE

Dans la rue Royale, le pâté de maisons compris entre la Madeleine et le faubourg Saint-Honoré a été entièrement consumé ; ce n’est plus qu’un monceau de décombres.

Treize édifices ont été complètement anéantis par l’incendie ; il n’en reste rien, absolument rien que les ruines encore fumantes. La maison Aurelly, un des plus anciens et des plus renommés magasins de Paris, n’existe plus.

L’incendie s’est arrêté au no 5 du faubourg Saint-Honoré, où se trouve la maison de mercerie à la Pensée. Le magasin du pâtissier de la rue Royale, où s’arrêtaient généralement les promeneurs des Champs-Elysées, est entièrement brûlé, ainsi que le bureau d’omnibus et la maison de déménagements au coin du faubourg.

En face, la maison n° 422 de la rue Saint- Honoré est également détruite; le feu y a consumé upe collection inestimable de tableaux du célèbre

peintre Decamps, dont sa veuve n’avait voulu se défaire à aucun prix. Perte irréparable pour les arts !

De nombreuses victimes ont été ensevelies sous les décombres. On cite, entre autres, une jeune femme qui a été brûlée au n® 17 de la rue Royale, avec ün enfant qu’elle allaitait. Le feu a été mis dans la nuit du 22. Les incendiaires se firent ouvrir toutes les portes à une heure du matin, et sans avertir les locataires, ils répandirent j du pétrole dans tous les escaliers, et l’allumèrent; quelques instants après tout le quartier était en flammes.

La maison qui est située à l’angle du faubourg s’est écroulée, ensevelissant sous ses ruines onze personnes! sept cadavres seulement ont pu être retirés.

Dans cette même rue, trois hommes, portant le costume des pompiers, ont été surpris jetant du pétrole pour attiser l’incendie ; ils ont été immédiatement arrêtés, conduits au ministère de la marine, puis fusillés dans le fossé au pied de la barricade de la rue Saint-Florentin.

Deux femmes arrêtées dans les mêmes circonstances ont subi le même sort.

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