‹ Guide-recueil de Paris-BruléChapitre 36 sur 47 · THÉÂTRE-FRANÇAIS · texte numérisé non relu

THÉÂTRE-FRANÇAIS

Le Théâtre-Français devait être aussi incendié; tous les préparatifs avaient été faits pour y mettre le feu, mais on négligea cette dernière formalité en voyant les proportions gigantesques que prenait l’incendie du Palais-Royal. Il était évident, pour les misérables incendiaires, que le feu allait se communiquer à ce monument , ainsi qu’à toutes les galeries; mais il n’en fut pas ainsi, les flammes s’arrêtèrent aux murs de l’aile gauche, et ne les dépassèrent pas.

Le Théâtre-Français nous reste intact, ainsi que toutes les galeries du palais, dont les brillants magasins ont déjà commencé leur réouverture.

SAINT-E'ÜSTÀCHE

L’église Salnt-Eustache est criblée d’obus; une bombe, lancée de la rue Neuve-des-Petits-Champs, a brisé tout un pan de mur.

Nous avons pénétré jusque dans l’église pour voir si les vitraux n’avaient pas souffert du combat. L’église, dégarnie de tous ses ornements, est heureusement intacte à l’intérieur.

A la chapelle de la Vierge, le curé de la paroisse disait, en présence de nombreux fidèles, les prières ordonnées pour le salut de la France.

Cette église a été préservée de l’incendie dans les circonstances suivantes :

Le 5e régiment provisoire, faisant partie du 4e corps, était arrivé aux halles. L’on voyait une famée noire et épaisse sortir du clocheton; M. Vallier, lieutenant au 3e bataillon de la garde nationale et professeur à l’école de Saint-Cyr, qui avait obtenu du 5° régiment de servir dans ses rangs, demanda à aller reconnaître où était le foyer de ce nouvel incendie.

Entrant dans l’église, il monta rapidement dans les combles et parvint au clocheton. Il vit qu’il serait facile de se rendre maître du feu, car il ne s’agissait que d’éteindre des poutres enflammées.

Pour cela, il fallait de l’eau, et l’église ne disposait que d’une pompe ; M. Vallier réunit des hommes du quartier qui firent la chaîne et, par ce moyen, éteignirent avec quelques seaux d’eau les poutres brûlantes.

Il était temps, car un peu plus tard le feu se communiquait à la forêt de bois de la charpente de la nef, et dès lors l’incendie n’aurait pu être maîtrisé.

Les dégâts de Saint-Eustache ont été causés par les obus qui ont affreusement détérioré l’abside et fait effronder la toiture de la chapelle de la Vierge,

située dans cette partie du monument. Beaucoup de peintures de M. Couture ont cruellement souffert, le clocheton qui était au-dessus de l’horloge n’existe plus, mais l’édifice est facilement réparable.

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