LE P A LAIS- 'ROYAL
APRES
Photographié par Pkire Petit,
Le mercredi 24 mai, jour du sinistre, qui éclata vers trois heures et demie, M. Emile Le Sache, accourut en toute hâte pour offrir ses services.
Un capitaine ou lieutenant fédéré, barbe et moustaches rouges, menaça de tirer sur lui s’il ne se retirait en toute hâte ; il ajouta que le quartier allait sauter et qu’il fallait que tout brûlât. Cependant, malgré ses menaces, deux pompes furent mises en fonction par les habitants du voisinage. Il était quatre heures. Pas d’eau dans la cour des Fontaines ; il fallut faire la chaîne dans le passage conduisant à la cour d’honneur.
Une échelle fut placée sur le mur pour atteindre la terrasse de la rue de Valois ; la menace des fédérés de faire feu était tellement précise qu’il fallut renoncer à sauver le pavillon de ce côté.
Les flammes et la fumée sortaient des trois croisées au-dessus de la terrasse n° 17. Au milieu de coups de feu tirés de la barricade delà rue de Rivoli, on parvint à éteindre l’incendie allumé de ce côté.
A cinq heures, M. G. Sauve, capitaine au long cours, accompagné d’une escouade de braves garçons maçons, établissait une pompe dans la cour d’honneur, et parvenait à sauver une grande quantité de tableaux:, marbres précieux, meubles, tentures, etc.
Des chaînes se formèrent; malheureusement l’eau ne fournissait pas : les tuyaux avaient été coupés. A sept heures, M. Bessignet fils accourut avec quatre pompiers de Paris. Mais déjà le pavillon n 1, premier foyer d’incendie, était entièrement consumé.
A l’arrivée des pompiers , on combattit le feu du pavillon n° 2, pour l'empêcher de se communiquer aux appartements de la princesse Clotilde,
La flamme atteignait six croisées de la façade, du côté de la place.
M. Lebrou, pharmacien, parcourait le quartier en appelant des secours ; il revint l'aire le service de pompier, en tenant la lance, le caporal étant accablé de chaleur et de fatigue. Ici encore, sauve! âge de tous les meubles de la chapelle avec tous ses ornements d’église . La porte était sous scellés .
Enfin, à huit heures, la ligne arriva : « Vive la ligne ! » cria- 1- on de toutes parts. « Vive la France ! »
On faisait des signaux avecjun drapeau d’ambulance.
On était sauvé.
On commença à se reconnaître; on procéda avec plus de calme et d’ensemble. On chercha le moyen d’attaquer le feu par en haut, c’est-à-dire par le deuxième étage ou par les toits.
Le feu gagnait toujours du côté du. Théâtre- Français; là était le grand danger. Si le théâtre eût été atteint, c’en était fait peut-être de tout le quartier. Alors on eut l’idée d’attaquer l’incendie par le théâtre même, et de se servir de ses tuyaux pour en arrêter les progrès.
M. Le Saché se mit à la tête de ce mouvement* Monté sur la toiture, accompagné du maître machiniste, il fut obligé de se cacher, pour éviter les
balles lancées par les fédérés postés dans les combles de l’iiôtel du Louvre. Bravant le danger, les pompiers sapèrent la toiture; l’eau arriva enfin. . . Il était temps !
A dix heures, des compagnies de la Banque (12e bataillon de la garde nationale), arrivèrent. Les fédérés furent mis en fuite. Alors trente sapeurspompiers de Paris accoururent au pas de course et se rendirent maîtres du feu. Une heure plus tôt, ils auraient tout sauvé .
Les habitants du quartier, patrons, ouvriers, femmes, enfants, ont fait preuve du plus grand dévouement. Les noms de MM. Dubreuil, Plançon, sans parler de ceux déjà mentionnés, sont les premiers qui se présentent au souvenir du témoin oculaire qui a donné ces renseignements.
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