LE QUARTIER DU PANTHEON
Aucun incendie ne s’est déclaré dans ce quartier, mais il était destiné à être détruit complètement, et ce n’est que par une circonstance providentielle qu’il a été sauvé de la plus épouvantable des ruines. Une vingtaine de tonneaux de poudre, placés dans les caveaux du Panthéon, devaient faire sauter le monument ; la mairie, le collège Sainte-Barbe en avaient aussi grande provision ; des fils électriques se reliant, devaient, à un moment donné, enflammer ces munitions; mais la pose de ces fils souterrains, quoique ayant été faite mystérieusement, était connue d’un habitant du quartier, qui s’empressa de les couper, sans faire part à personne de sa belle action. Quand la barricade de la rue Gray- Lussac fut prise, les fédérés se réfugièrent derrière
celle de la rue Soufflot, qui était formidable ; mais les troupes de ligne, après avoir opéré une brèche dans le mur de la maison n° 4 de la rue Royer- Collard débouchèrent par la rue Saint-Jacques et prirent les fédérés entre deux feux. Une vingtaine furent tués sur la barricade, les autres par les petites rues voisines se portèrent sur le Panthéon ; mais de ce côté, la débâcle commençait également.
Les gardes nationaux paraissaient ne plus pouvoir tenir. Un nommé Allemand , délégué de la Commune, fit donner l’ordre à tous les fédérés de se replier du côté de la rue Monge pour procéder à la mission dont il s’était chargé, faire sauter le quartier du Panthéon , mais il s’aperçut que cela lui était impossible, que les fils étaient rompus. Décidé à tout braver, il voulut alors y parvenir sans le secours de l’électricité.
Le misérable y arrivait, quand il fut arrêté par le caporal Téraillon, du 17e bataillon de chasseurs à pied \ quelques instants après, il était fusillé au pied de la barricade du Panthéon.