‹ Guide-recueil de Paris-BruléChapitre 7 sur 47 · VENDREDI 26 MAI · texte numérisé non relu

VENDREDI 26 MAI

Les fédérés étaient massés en nombre entre la place du Château-d’Eau et la Bastille et ils résistèrent énergiquement, surtout à la barricade élevée à l’angle de la rue du Temple et des boulevards ; les Magasins-Réunis furent pris à la baïonnette ; les fédérés, chassés de la place du Château-d’Eau, où ils ont subi des pertes énormes, après un combat qui a duré toute la matinée, se concentrèrent, en fuyant, dans les premières maisons du faubourg Saint- Antoine. D’autres fédérés qui occupaient Bercy, d’où il a fallu les déloger, se sont réunis aux premiers.

Le comba t fut on ne peut plus acharné dans le quarlier et la rue du Petit-Musc. Après une lutte prolongée, la place de la Bastille fut enlevée et les fédérés rejetés de l’autre côté du canal ; le onzième arrondissement tomba entièrement au pouvoir de la troupe, qui occupa aussi la gare de Lyon et la prison de Mazas.

Là aussi l’incendie a fait des ravages considérables.

La plupart des maisons bordant la place de la Bastille sont brûlées; une grande partie du boulevard Beaumarchais, du côté du canal, est en ruines ; il y avait là, on le sait, des chantiers de bois qui offraient un aliment à l’incendie; un certain nombre de maisons de la rue Sedaine ont été sérieusement atteintes.

Les fédérés avaient accumulé des barils de pétrole au pied même de la colonne de Juillet, qui est fort endommagée et percée de nombreux projectiles ; l’un d’eux n’ayant pu la traverser entièrement, y est resté incrusté et n’est sorti qu’à moitié du côté oppose.

Sur la rive gauche , des résultats importants avaient été obtenus. Le général de Cissey, en quittant son quartier-général transporté au Panthéon,

s’avança jusqu’à la barrière Saint-Jacques, et dans ia matinée s’est rendu maître de la Salpêtrière.

En même temps, les brigades Bocher et Dumont s’emparaient de la place d’Italie, tandis que le général Lacretelle prenait possession de la gare d’Orléans.

Les troupes sont malheureusement arrivées trop tard pour dégager les Gobelins, qui venaient de prendre feu.

L’insurrection était vaincue du côté du quartier Mouffetard et de la barrière d’Italie.

Le général de Cissey avait fait cinq à six mille prisonniers.

Le matin, le 36e régiment de ligne, de onze heures et demie à une heure de l’af)rés-midi, a enlevé les barricades situées dans 16 haut de la rue Lafayette, à l’angle des faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin.

De là, le 36e a marché sur la Villette et a attaqué la barricade du Rond-Point. Plusieurs compagnies ont tenté de tourner la position. Les fédérés possédaient sur ce point deux mitrailleuses. Ils ont fait seize décharges et n’ont touché aucun des assaillants. Enfin, à une heure, ils se sont retirés d’eux-mêmes, entraînant avec eux les deux mitrail-

leuses, qu’ils ont mises en batterie derrière la barricade de la rue d’Aubervilliers, abandonnant ainsi celle située à l’angle de la route d'Allemagne et de la rue Puebla.

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