‹ Guide theorique et pratique du photographeChapitre 1 sur 107 · A I. V. REGNAULT · texte numérisé non relu

A I. V. REGNAULT

Membre de l'Institut, président de la Société française de Photographie.

Monsieur,

En acceptant la présidence de la Société française de Photographie, vous avez prouvé que les princes de la science ne croient pas déroger en s'intéressant à notre art favori. Votre savant patronage est à la fois un gage de progrès pour la Photographie etun puissant encouragement pour ceux qui en font l'objet de leurs études.

Lorsque j'ai entrepris la traduction du remarquable ouvrage de M. Sella, mon principal but a été de me rendre utile à mes collègues; ce sera donc leur faire hommage de mon travail, que de le publier sous les auspices du président dontnous sommes tous si fiers

E. DE VALICOURT.

PRÉFACE DU TRADUCTEUR

La Photographie réalise tous les jours de nouveaux et incontestables progrès, et si elle n'est pas encore arrivée au degré de perfection qu'elle doit nécessairement atteindre, on ne s'en prendra pas du moins à l'absence de publications sur cette matière. Chaque jour est marqué par l'apparition de quelque nouvelle brochure, et il semblerait que depuis longtemps le dernier mot devrait avoir été dit sur cet art merveilleux. Cependant il n"en est pas ainsi, et disons-le franchement, cette invasion de brochures, cette multiplicité de procédés annoncés comme nouveaux et recommandés comme infaillibles, alors que trop souvent ils sont ou tombés en désuétude, ou simplement encore à l'état d'essais, tout cela a dû nécessairement apporter le trouble, la confusion et le découragement dans l'esprit des photographes.

La plupart des traités publiés dans ces derniers temps semblent n'avoir été écrits qu'au point de vue de la spéculation et sans aueun souci du progrès de lart. Les uns ont pour but évident de servir d'an-

PRÉFACE DU TRADUCTEUR

nonce, de prospectus et de réclame à telle ou telle maison recommandée (1) ; d'autres affectent des allures mystérieuses, ils ne se vendent que sous la protection d'une triple enveloppe cachetée ; tous , du reste, sont cotés à des prix exorbitants. Et cependant, telle est la crédulité instinctive des amateurs de photographie , telle est l'influence magique du mot Photographie, imprimé sur la couverture d'un livre, qu'après avoir acheté vingt brochures illusoires, nous courons volontairement à une vingt et unième déception, qui, elle-même, ne nous rendra pas plus prudents pour l'avenir.

Mais à côté de ces publications peu scrupuleuses, il existe des ouvrages sérieux, des revues consciencieuses qui ont pris à tâche de rechercher les origines de la photograpie, d'en suivre les développements, d'en déduire les principes et de guider pas à pas le lecteur, en lui indiquant les écueils qu'il peut rencontrer sur sa route et en lui fournissant le moyen de les éviter. Au nombre de ces derniers ouvrages nous n'hésitons

(1) Les publicistes qui écrivent à ce point de vue manquent, du reste, complètement leur but; le lecteur se tient naturellement en garde contre celui qui recommande invariablement à toutes les pages la même maison, qu'il s'agisse d'appareils optiques, de produits chimiques ou des autres accessoires de la photographie ; comme si l'on pouvait être à la fois habile opticien, fabricant de produits chimiques* de plaqué, de glaces, de papiers, etc. D'un autre côté, les auteurs consciencieux, dans la crainte de passer pour les prôneurs complaisants de certains industriels , hésitent à prononcer aucun nom dans leurs ouvrages. Il en résulte que des maisons véritablement recommandablés perdent le bénéfice de la publicité consciencieuse à laquelle elles auraient droit ; et le pauvre photographe reste livré à tous les hasards d'une spéculation peu scrupuleuse.

PRÉFACE DU TRADUCTEUR. IX

pas à placer le remarquable volume publié à Turin, par M. V.-J. Sella» A mesure que nous avancions dans la lecture de ce livre, nous nous prenions à regretter que les photographes français, généralement peu familiarisés avec la langue italienne, fussent privés des utiles leçons qu'il renferme, et c'est ce qui nous a déterminé à en entreprendre la traduction. Ce travail a été exécuté peut-être un peu rapidement, parce que nous avions à cœur de le publier avant la fin de la saison photographique, nous espérons néanmoins que nos lecteurs ne nous accuseront pas d'avoir trop défiguré l'œuvre de M. Sella, et que dans notre traduction ils pourront encore apprécier le mérite de l'original.

Chimiste expérimenté, physicien ingénieux, photographe habile, écrivain élégant, M. Sella semble réunir toutes les qualités qui doivent concourir à la production d'un bon traite de photographie. Aussi sa méthode est toujours sûre, parce qu'elle repose sur des principes bien arrêtés, et il traite avec un égal bonheur les nombreuses questions d'optique, de physique, de chimie et de bon goù-t artistique qui se rattachent à la photographie.

M. Sella ne se borne pas, comme la plupart de ses devanciers, à recueillir un certain nombre de formules plus 0* moins empiriques ; il ne s'arrête pas à décrire d'une manière purement mécanique les manipulations et les tours de main propres aux différents procédés; il pénètre plus au fond des choses et recherche avec soin les causes de tous les incidents qui peuvent se produire pendant le cours des opérations. C'est ainsi qu'à la suite de chaque formule il analyse

PRÉFACE DU TRADUCTEUR

minutieusement Feffet produit par chacune des substances qui entrent dans cette formule, et l'influence qu'elles sont de nature à exercer sur le résultat final.

Dans la partie du livre consacrée à Fexposition du procédé sur albumine, Fauteur a réuni une foule d'observations et d'aperçus entièrement nouveaux. On voit que l'albumine a été pour lui l'objet d'une étude toute spéciale ; on sent qu'il est là dans son élément. Ce qu'il a expérimenté avec succès il le décrit avec une lucidité qui ne laisse rien à désirer. Cette partie de son travail sera partie ulièrement appréciée par les photographes qui font leur spécialité des épreuves stéréoscopiqués.

La photographie sur collodion a aussi été traitée par M. Sella avec une supériorité remarquable, il s'est livré à un examen approfondi des perturbations spontanées qui se produisent dans cet agent photogénique, et qui donnent si souvent lieu à ces déceptions et à ces insuccès auxquels n'échappent pas toujours même les plus habiles.

Nous aurions désiré que l'auteur donnât quelques développements de plus aux chapitres qui traitent de la photographie sur papier. Selon nous, c'est là qu'est tout l'avenir de la photographie ; c'est là que doivent tendre tous les efforts de perfectionnement. Il faut qu'on arrive à nous débarrasser de toutes ces glaces si lourdes, si encombrantes, si fragiles et si dispendieuses. Cependant, tout en travaillant à améliorer les procédés sur papier, ne rejetons pas les procédés sur albumine et sur collodion, acceptons-les au moins comme d'heureux expédients qui nous permettent

PRÉFACE DU TRADUCTEUR. XI

dériver dès à présenté cette netteté et à cette rapidité que sans doute le papier atteindra lui-même un jour.

Quant à la dag^rïéotypie, M. Sella a dit tout ce qu il est utile d'en savoir, aujourd'hui que ce procédé est a peu près abandonné.

L'auteur italien termine son livre par quelques notions de chimie sur les substances les plus employées en photographie. Cette partie de l'ouvrage a été traitée avec un soin particulier, et elle sera lue et consultée

» *' même à CÔté de restimable ouvrage de MM. Bareswill et Davanne.

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