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SOLUTION DE NITRATE D 'ARGENT

Nous étudierons plus tard la cause de ce mode d'action du nitrate d'argent.

4° Pellicule d'argent.

La solution de nitrate d'argent, par suite de son exposition obligée à l'air dans la cuvette qui la renferme, se recouvre toujours d'une mince pellicule d'argent métallique, provenant de la réduction opérée par les petites molécules de poussière ou d'autres corspuscules de matières organiques qui viennent à tomber à la surface du bain. On enlève cette pellicule, comme nous l'avons déjà dit pour l'acéto-nitrate d'argent, en passant sur la superficie du bain le bord d'une feuille de papier qui, après avoir rassemblé l'argent sur un des côtés de la cuvette, l'enlève, en faisant avec le papier une légère pression sur les parois de la cuvette. Si on négligeait cette précaution avant d'opérer, le papier se tacherait, et l'épreuve serait perdue.

5° Nitrate d'argent remplacé par Vammonio-nitrate.

On a proposé, dans ces derniers temps, l'ammonionitrate d'argent, comme remplaçant avantageusement le nitrate de la même base, dans la solution qui ser^ à sensibiliser le papier positif. L'ammoniaque que renferme le premier de ces sels favorise énérgiquement l'impression lumineuse, lorsqu'il se trouve en contact avec le chlorure d'argent sur le papier. Dans le procédé ordinaire, l'impression est accompagnée d'un dégagement d'une certaine quantité d'acide chlorhydrique, dont la présence retarde le progrès de Guide du Photographe. 13

la réduction; avec Fammonio-nitrate d'argent, au contraire, l'acide est neutralisé à mesure qu'il se produit, et l'impression est plus prompte.

Un autre avantage de l'ammonio-nitrate d'argent, c'est qu'il permet d'obtenir une teinte noire particulière, à laquelle on arrive difficilement d'une autre manière.

L'ammonio-nitrate d'argent se prépare en faisant tomber goutte à goutte de l'ammoniaque liquide 'dans une solution de nitrate d'argent, jusqu'à ce que le précipité brun qui se forme d'abord se soit redissous. La solution doit être neutre, et lorsqu'elle manifeste une réaction alcaline, parce qu'on a employé quelques gouttes d'ammoniaque de plus qu'il ne faut, on y ajoute quelques gouttes de solution de nitrate d'argent, jusqu'à ce qu'il ne se produise plus aucun trouble dans la liqueur. Cette préparation doit être conservée dans une obscurité complète, car elle est, beaucoup plus altérable à la lumière que la solution de nitrate d'argent seul ; nous n'insisterons pas davantage sur l'utilité de substituer l'ammonio-nitrate au nitrate d'argent, parce qu'il ne peut pas servir à sensibiliser le papier albuminé, par la raison qu'il ne coagule 'pas l'albumine ; mais, en outre, l'ammoniaque, mis en contact avec le nitrate d'argent, peut, comme on le verra plus loin, donner naissance à une combinaison très-dangereuse, connue sous le nom d'argent fulminant.

SENSIBILISATION DU PAPIER.

Avant de procéder à cette opération, il faut d'abord prendre quelques dispositions préalables.

i° Versez dans une cuvette de verre, construite comme nous Favons dit plus haut, la solution de chlorure de sodium à 8 0/o, et à proximité de cette cuvette, étendez sur une table bien plane un ou deux cahiers de papier buvard, ou de papier à filtre ou d'impression, bien propre et d'un grain très-fin.

2° Dans un cabinet voisin, faiblement éclairé par la lumière transmise par un simple carreau de ver ^ jaune, versez dans une autre cuvette la solution âo nitrate d'argent à 16 0/o, et nettoyez la superficie de ce bain en y passant le bord d'une feuille de papier pour enlever la pellicule qui aurait pu s'y former.

Ces dispositions prises, coupez une feuille de papier un peu plus grande que l'image à reproduire, et abandonnez-la à la surface de la solution de chlorure de sodium. Faites bien attention qu'il ne reste aucune bulle d'air entre le papier et le liquide, afin que rien ne s'oppose à l'absorption uniforme du chlorure de sodium par le papier.

Vous éviterez facilement la formation de ces bulles,, . en plaçant le papier sur le bain, d'une manière inclinée, en sorte que la partie qui se trouve la première en contact avec le liquide, puisse chasser devant elle ce liquide, à mesure que vous abaisserez le surplus de la feuille de papier. Si, malgré tout, vous

vous aperceviez qu'il se formât quelques bulles, faites-les disparaître en soufflant dessus, ou bien au moyen d'une baguette de verre.

Il faut éviter que le liquide ne vienne mouiller partiellement le revers du papier , sans cela il se tacherait lors de son exposition ultérieure à la lumière ; on y parvient facilement en n'appuyant pas trop fortement le papier sur le bain.

Lorsque le dessous du papier paraît uniformément humecté, sans que la solution se répande sur le revers, abandonnez-le sur le bain, et laissez-le en contact avec le liquide pendant 3 à 5 minutes, et même plus longtemps, suivant que le papier est plus ou moins épais, qu'il a été encollé au moyen de l'amidon ou de la gélatine, etc., etc. Enlevez-le ensuite du bain en le saisissant par un de ses angles avec une pince en buis (1), et laissez-le s'égoutter quelques instants au-dessus de la cuvette.

Mettez alors votre papier entre les feuilles du papier buvard, et appuyez dans tous les sens, en le changeant de place, et en renouvelant le papier buvard, jusqu'à ce que le papier préparé ne montre plus la moindre trace de liquide.

Après avoir bien essuyé cette feuille de papier, portez-la tout de suite dans la chambre éclairée par un verre jaune, sur la solution de nitrate d'argent,

(1) Les pinces à ressort ou bruxelles en corne, en baleine, en argent ou en platine, que Ton trouve communément dans le commerce, ou que Ton peut facilement construire soi-même, nous paraissent infiniment préférables aux pinces en buis recommandées par l'auteur.

(Note du traducteur.)

SENSIBILISATION DU PAPIER POSITIF. i49

ayant toujours soin qu'aucune bulle ne soit enfermée entre le papier et le bain, et que le liquide ne vienne pas sur le revers du papier.

11 n'est pas nécessaire de dire que c'est le côté du papier, imprégné de chlorure de sodium, qui doit être placé sur le bain d'argent»

Au bout de trois minutes environ, enlevez la feuille de papier, tenez-la suspendue au-dessus du bain d'argent pour la laisser égoutter quelques instants ; enfin, placez-la sur une ficelle tendue en l'air, afin qu'elle puisse sécher d'elle-même. La faible lumière jaune à laquelle on opère, ne peut nuire à la sensibilité du papier. Si vous étiez pressé, faites sécher votre papier sensible en le tenant auprès d'un feu de charbons allumés dans un fourneau.

Le papier, une fois bien sec, sera prêt à recevoir l'image photographique ; il aura toute sa sensibilité.

On pourra sensibiliser plusieurs feuilles en les passant successivement l'une après l'autre, et sans interruption, du bain de sodium au bain d'argent. Hette méthode permettra de sensibiliser beaucoup de papier en peu de temps. Mais on ne doit pas en préparer au-delà des besoins d'une semaine, parce que le papier positif s'altère avec le temps, et sans qu'il soit besoin, pour cela, de l'intervention de la lumière.

On doit conserver le papier sensibilisé dans une boîte, à l'abri de la lumière et de l'humidité, et dans un cahier en forme de buvard, dans lequel toutes les feuilles sensibles seront séparées les unes des autres.

OBSERVATIONS

1° Altérabilité du papier sensible.

Au bout de 4 ou 5 jours, le papier sensibilisé, de la manière que nous avons dit, bien qu'il soit conservé dans l'obscurité la plus complète, commence à prendre une teinte d'un brun violet ; cependant, à ce point, il peut encore servir, parce que cette légère teinte brune disparaît dans Fhyposulfite qui sert au fixage (1).

Il ne faut donc pas préparer à la fois une trop grande quantité de papier sensible lorsqu'on prévoit qu'on ne pourra pas Fempioyer dans un délai rapproché. Le papier ne conserve pas longtemps toute sa sensibilité primitive, et après quelques jours écoulés depuis sa préparation, il faut prolonger beaucoup plus longtemps l'exposition à la lumière, sous l'épreuve négative, pour arriver à reproduire l'image.

Lorsqu'on reste plus de 15 jours sans faire usage du papier sensible, il finit par acquérir une teinte tellement intense, que l'hyposulnte ne peut plus la détruire, et il devient alors impossible d'obtenir une bonne épreuve.

2° Chloruration du papier.

On peut, au contraire, sans aucun inconvénient,

(1) Lorsque la teinte brune est plus prononcée, c'est-à-dire 6 ou 8 jours après la préparation, le papier a perdu une grande partie de sa sensibilité, l'épreuve vient souvent tachée, et le bain d'hyposulfite devient impuissant à rendre au papier sa blancheur dans les clairs du dessin. [Note du traducteur.)

préparer, si Ton veut, une très-grande quantité de papier au chlorure de sodium seulement, et le conserver indéfiniment avant de le rendre sensible par le bain d'argent; mais cela serait à peu près inutile, car dans le même temps que le papier est soumis au nitrate d'argent , on peut placer une autre feuille sur le chlorure de sodium; et l'humidité de ce dernier, au moment de sa préparation, favorise et facilite l'action- capillaire et l'absorption du nitrate d'argent, de telle sorte que la transformation du chlorure de sodium en chlorure d'argent s'effectue promptement sur toute la surface, et l'on risque moins alors de tacher le papier par l'interposition des bulles d'air qui se produisent bien plus facilement sur un papier sec.

Pour ne jamais confondre le côté du papier' qui a 'été chloruré, il sera bon de marquer le côté opposé par un signe fait avec un crayon sur un de ses angles; ce signe, qui sera un petit cercle ou une. croix, etc., indiquera le côté qui ne doit pas être mis en contact avec la solution de nitrate d'argent.

3° Immersion du papier dans les bains sensibilisateurs.

Quelques personnes, au lieu de déposer simplement la feuille de papier à sensibiliser à la surface du bain de chlorure de sodium, l'y plongent entièrement, et elles suivent encore la même méthode pour le bain ! de nitrate d'argent ; elles ont pour but d'obtenir ainsi une image plus riche et plus vigoureuse ; mais si l'on considère que la production de l'image est tout-à-fait superficielle, qu'elle ne pénètre jamais dans la masse

du papier, ainsi que l'ont démontré des expérience?] directes faites exclusivement à ce point de vue, oui comprendra que la méthode par immersion est tout- 1 à fait inutile, et qu'elle doit être rejetée, parce qua Ton consomme en pure perte une grande quantité dej nitrate d'argent sans aucune compensation.

4° Extension du liquide sensibilisateur sur le papier,

M. Talbot, dans ses premières expériences, avaif adopté, pour sensibiliser le papier, une méthode qu consistait à y étendre les solutions au moyen d'i pinceau très-doux; mais la méthode qui consiste déposer le papier sur les bains sensibilisateurs est inJ Animent plus simple et surtout plus sûre. Malgré tout quelques auteurs anglais recommandent encore la; manière primitive de l'inventeur de la photographia sur papier ; mais ils semblent, en cela, sacrifier à uri mouvement de vanité nationale, plutôt que consulte! l'utilité pratique que peuvent en tirer les photo-1 graphes.

5° Qualités du papier.

Le papier peut souvent renfermer, dans l'épaisseui de sa pâte, des particules métalliques qui se sont détachées de la machine pendant la fabrication. Ces particules se reconnaissent à leur opacité, lorsqu'on exa-j mine le papier par transparence ; quelquefois même elles sont visibles à la superfìcie du papier. Il serait impossible d'obtenir de bonnes épreuves positives sui un semblable papier, parce que les impuretés métal-

ques précipitent l'argent de son nitrate, et forment ir l'image des taches noires d'un effet désastreux. • Le photographe devra toujours choisir le papier le lus blanc et le plus pur qu'il pourra trouver.

Nos fabricants de papier, sans doute à cause de la lureté des eaux de notre pays, fournissent des produits tout aussi bons que ceux que Ton tire de France, l'Angleterre et d'Allemagne, pour la préparation des nages positives. Les frères Avond fabriquent despaiers à lettre et des papiers de bureau assez parfaits pur les besoins du photographe ; ils peuvent remlacer avec avantage les papiers français encollés à [amidon des frères Canson, et le papier à lettre satiné [nglais encollé à la gélatine qui porte la marque de iVhattman, le papier de Bergman, de Gruben, etc. [ Pour les épreuves positives d'un grand format, ils laut nécessairement employer un papier d'une épaiseur considérable, afin de pouvoir le manœuvrer sans [.ccident dans les bains sensibilisateurs et fixateurs ; [[uant aux épreuves de petite dimension, le papier à !3ttre de première qualité est très-convenable.

Les papiers doivent être fabriqués sur tissu de | élin,etnon pas sur une toile à vergeure comme sont quelques papiers à lettre anglais.

Le lecteur qui n'est pas au courant du mode de abrication du papier, ne comprendra peut-être pas [ne les deux faces du papier ne présentent pas une structure identique. Le côté qui, au moment de la abrication, repose sur la toile métallique, pour pren- Ire sa forme, porte encore l'empreinte de cette toile ; )t si on le regarde sous un certain angle (à un jour

frisant), on verra que ce côté est plus poreux et moii lisse que le côté opposé qui n'a point été en contai avec la toile métallique.

Cette propriété du papier ne doit pas être négligé; par le photographe, qui devra toujours sensibiliser Ì surface la plus lisse ; elle est aussi moins sujette être tachée par des particules métalliques ; ces dei nières, en effet, en vertu de leur pesanteur, desceij dent à la surface inférieure du papier pendant qu'| se produit sur la toile.

6° Papier albuminé,

La texture fibreuse du papier s'oppose à ce qu'oi puisse produire une image positive aussi fine que Ì négative obtenue sur le verre albuminé. Mais si l'oi étend sur le papier une couche d'albumine liquide rendue photographique par le chlore d@ sodium, g on le laisse parfaitement sécher, et qu'on le sensibi lise ensuite avec le nitrate d'argent, on obtient ui papier sensible qui donnera des épreuves positive! douées d'une plus grande pureté de lignes. La gélaj tine et l'amidon sont encore employés dans le mêm< but, mais avec des résultats moins satisfaisants.

Dans ce cas, l'albumine se prépare avec les même, 9 précautions que nous avons indiquées dans la pre|L mière partie ; elle peut être composée dans les pra portions suivantes :

Albumine 90 parties

Eau 10 —

Chlorure de sodium ou chlorure d'ammonium 6 — f

|0n laisse flotter le papier pendant 2 ou 3 minuteg ce liquide albumineux, contenu dans une cuvette I verre, et on le fait sécher en le suspendant avec un Lchet, par un de ses angles, sur une corde tendue ■ l'air.

■Le papier étant bien sec, on en place une feuille tre deux feuilles de papier blanc bien propre, et, Air le rendre bien plan et en même temps pour laguler l'albumine, on y passe un fer chaud à repasr. Ensuite on le sensibilise, en le portant sur une lution de nitrate d'argent qui doit être assez concenée,si l'on veut obtenir une épreuve positive avec une •ande richesse de tons, on peut, par exemple, cornee r ainsi ce bain :

Eau 100 parties.

Nitrate d'argent ; . . . 25

On laisse le papier baigner sur cette solution penant environ 5 minutes, puis, avec une petite pinça e bois, on enlève le papier que l'on laisse un peu igoutter et que l'on suspend avec un crochet au- «essus du liquide afin qu'il puisse s'égoutter et séher(l).

Le papier sensibilisé ainsi se traite dans les opérations subséquentes de la même manière que s'il n'avait i>as été albuminé. Nous ferons observer toutefois que

(1) Au lie* du crochet ou de l'épingle recourbée indiqués par Tau- |eur, nous employons avec succès pour le même usage de petites pinces j n bois dont les mâchoires, garnies de verre, peuvent être rapprochées M moyen d'une vis. Ona mis aussi dans le commerce de petites pin- «s à ressort en laiton argenté qui sont on ne peut plus commodes I xmr suspendre les papiers et les faire sécher. {Note du traducteur )

l'image est plus difficile à fixer d'une manière pa faite et qu'il serait dangereux de la traiter dans u barn fixateur trop alcalin qui aurait pour effet de J soudre la couche albumineuse.

Si l'albumine est employée plus étendue d'eav 1 épreuve sera moins brillante, ce qui a son méril dans quelques circonstances. Toutefois nous ne devor pas dissimuler que l'albumine pure ou peu étendu donne au dessin une certaine sécheresse qui lui efl lève ces couleurs harmonieuses, si ressemblantes une aqua-tinta, ce moelleux et cet aspect vaporeux qu plaît tant aux artistes.

Cependant, clans les dessins d'objets d'art, d'orne ment, de sculpture, de ciselure, comme dans le dessins pris à une longue distance ou avec un objectif d'un très-court foyer, et quand l'image doit êtr. réduite à des proportions très-restreintes, il devien important d'employer le papier albuminé, si l'on veu que les moindres détails restent encore distinctsL Quant aux épreuves stéréoscopiques, qui pour êtr< bien réussies exigent rigoureusement une netteté parlaite, on a coutume de faire les positives sur verre albuminé en suivant les indications que nous venons de donner. Lorsque ces épreuves sont bien réussies, elles produisent un effet véritablement magique observées dans le stéréoscope ; l'illusion qu'éprouve alors le spectateur est tout-à-fait surprenante, parce que les deux images se confondent en une seule, avec leurs détails les plus minutieux, l'objet reproduit se détache merveilleusement, et le relief des plans divers se produit d'une manière si naturelle que l'on croil

observer la nature même, plutôt qu'une simple reproduction.

Pour cet usage, les verres sont ordinairement prépavfeavec de l'albumine rendue photographique par l'iodure de potassium ; on les expose pendant quelques secondes à la lumière en contact avec le cliché, on ^développe et on fixe ensuite de la même manière |que nous avons indiquée, pour produire le cliché lui-même. Mais il serait presque impossible d'employer le chlorure de so'dium, parce qu'on ne peut pas Suivre les progrès de l'épreuve sur le verre sans la déplacer et sans la gâter.

» 7° Pannotypie.

Au lieu de produire l'image positive sur papier ou isuv verre, on pourrait encore l'obtenir facilement sur iune étoffe quelconque de coton, de laine ou de soie, jen employant des moyens analogues. On perdrait certainement beaucoup, quant à la netteté et à la I précision des lignes, cependant le procédé est applicable et pourrait donner naissance à une industria intéressante et utile.

] 8° Influence de la lumière sur le chlorure d'argent.

Le chlorure d'argent, produit dans la sensibilisation ; du papier positif, n'étant pas aussi impressionable aux , rayons lumineux que l'iodure d'argent, on peut impu- ; nément sensibiliser à une faible lumière diffuse. Il faut . dire toutefois qu'il est préférable d'éclairer la chambre ; où Ton opère au moyen d'un verre jaune, comme nous l'avons recommandé plus haut ; on n'a plus besoin Guide du Photographe. 14

alors de se préoccuper du temps plus ou moins long où le papier reste sous l'influence de la lumièra jaune. La lumière de couleur orangé serait peut-être» encore moins à craindre que la lumière jaune, ot la lumière rouge ne produirait plus aucun effet sur k papier sensible.

En effet, exposez à la lumière du soleil une feuillel de papier sensibilisé par le chlorure de sodium et lej nitrate d'argent, et appliquez sur cette feuille 4 petites lames de verre colorées en rouge, en jaune, enl orangé et en bleu. La feuille de papier sous le verrei rouge finit par prendre une très-légère teinte violettequ'une solution d'hyposulfite fera disparaître compttd tement; sous le verre orangé, la coloration sera plus intense et l'hyposulfite ne la détruira pas entièrement; elle sera encore beaucoup plus foncée sous le verrei jaune, et quant au verre bleu, il sera difficile de distinguer la partie qu'il recouvrait d'avec les bords exposés à nu à la lumière. Cette expérience est confirmée' par celles de Sennebier, qui a trouvé que le chlorure : d'argent est coloré en violet :

Par les rayons bleus en . . . » 29"

Par les rayons jaunes en. . . 5' 30"

Par les rayons orangés en. . 12' »

Et par les rayons rouges en. . 20' »

TROISIÈME OPÉRATION

PRODUCTION DE L'ÉPREUVE POSITIVE

Mettez sur une table bien plane une feuille de papier sensible, la face sensibilisée en dessus ; sur cette :

PRODUCTION DE L'ÉPREUVE POSITIVE. 159

feuille, appliquez la negative sur verre de manière que l'albumine soit en contact intime avec la surface préparée du papier. Si vous portez alors le tout aux rayons du soleil, la lumière, en traversant les blancs du cliché, noircira la couche sensible, et l'image négative sera reproduite sur le papier transformée en image positive.

Si Ton opérait comme nous venons de le dire, le papier n'adhérerait pas assez intimement à l'albumine, condition indispensable pour obtenir un dessin net et sans confusion ; de plus, il serait impossible de régler la durée de l'exposition, et l'épreuve positive serait presque toujours perdue, par excès ou par défaut d'intensité ; enfin, une bonne positive obtenue serait une rare exception. 11 faut donc de toute nécessité avoir à sa disposition un châssis à reproduction. Au moyen de ce simple appareil, le papier adhère exactement au cliché, et Ton peut, à volonté, l'examiner pendant qu'elle se forme, sans courir le risque de la déplacer. 11 devient alors possible d'assurer sa bonne venue.

Le châssis à reproduction se compose d'une glace et d'une planchette de bois que l'on peut serrer l'une contre l'autre ; le papier sensible et le cliché négatif sont placés entre la glace et la planchette dans la position respective que nous avons indiquée pour l'expérience ci-dessus.

La planchette de bois comprimé le papier sensible, la négative et la glace au moyen de quatre vis de pression placées deux à deux sur deux traverses situées derrière le châssis à copier. Ces traverses sont elles-mêmes

fixées par une lame de fer mobile. La pression exercée par les vis met le papier en contact parfait avec le dessin sur albumine du cliché.

Les fabricants de châssis à reproduction ont soin de coller sur la planchette de bois une étoffe moelleuse, pour diminuer la dureté de sa pression, et pour rendre plus uniforme le contact du papier avec le cliché. On pourrait obtenir le même effet au moyen d'une feuille de caoutchouc vulcanisé, mais cela serait moins commode.

Le châssis à reproduction muni de vis, est celui que Ton emploie le plus généralement, bien que son usage puisse occasionner quelques accidents, carie pas des vis, étant nécessairement très-fm , la plus légère force produit une énorme pression; ensuite, lorsqu'on expose cet instrument au soleil, la dilatation qui se produit sur le verre ne peut s'exercer librement ; il en résulte un effort suffisant pour briser trop souvent la glace. J'ai vu éclater de cette manière une glace qui avait 8 millimètres d'épaisseur.

On fabrique depuis quelque temps des châssis à reproduction dans lesquels les vis de pression sont remplacées par des ressorts fixés sur les traverses de bois ; l'extrémité de ces ressorts comprime la planchette dans les mêmes points où les vis exerceraient ! leur pression; la force des ressorts étant toujours la même, on n'a plus à craindre la rupture de la glace, et la pression est suffisante pour établir un contact parfait entre le papier et le verre albuminé.

Ceux qui emploient le châssis avis doivent fixer ces dernières de manière à produire une légère pression.

PRODUCTION DE i/ÉPREUVE POSITIVE. 161

en fixant les traverses avec la lame de fer; ces traverses une fois fixées, on s'abstiendra de serrer les vis. En opérant ainsi, on obtiendra une pression suffisante pour que les épreuves positives viennent parfaitement nettes, et on ne courra aucun risque de briser la glace du châssis.

La planchette de bois est construite de manière à pouvoir s'ouvrir par la moitié. On pourra ainsi examiner l'image positive qui se forme sur le papier, sous l'influence de la lumière ; l'autre moitié de la planchette maintiendra toutes choses dans la même position, en sorte que l'on pourra examiner le dessin autant de fois qu'on le voudra, sans que l'ouverture ou la fermeture d'un des côtés de la planchette occasionne aucun déplacement du papier.

Toutes les fois que l'on constatera les progrès de la formation de l'image positive , il faudra naturellement éviter que les rayons du soleil ne viennent frapper sur le papier, puisque la seule lumière diffuse serait déjà suffisante pour colorer uniformément la partie de la feuille que l'on met à découvert, dans le cas où on tarderait trop à refermer le châssis.

Quand on jugera que l'épreuve positive est suffisamment venue, on l'enlèvera du châssis, et en ayant Jrien soin de ne pas la toucher avec les doigts, on la ! "portera dans l'hyposulfìte de soude pour la fixer (1).

(i) Il est bien entendu qu'avant de retirer l'épreuve du châssis, on aura en soin de porterie tout dans le cabinet obscur. Cette précaution ne doit pas non plus être négligée, toutes les fois qu'on ouvrira le châssis pour constater les progrès de l'épreuve , à moins qu'une longue pratique et un eoup-d'œil exercé ne permettent à l'opérateur de se contenter d'une inspection rapide. {Note du traducteur.)

On peut cependant attendre jusqu'à huit jours et même plus longtemps avant de fixer l'image positixe, pourvu que dans tout ce temps on la conserve dans une obscurité complète et renfermée dans un carton. Une épreuve positive des moulins de Montmartre, près Paris, que j'ai fixée plus d'un mois après le tirage, a perdu dans l'hyposulfite la teinte brun-violet qu'elle avait prise, et on ne la distingue plus aujourd'une épreuve fixée immédiatement, que par une légère teinte grise uniforme qui n'est nullement désagréable.

OBSERVATION

i° L'humidité du papier et le nitrate d'argent peuvent occasionner la perte de l'épreuve négative.

Un soin qu'on doit toujours avoir, lorsqu'on tire une épreuve positive, est de veiller à ce que le papier soit parfaitement sec, si l'on ne veut pas perdre le cliché. La moindre humidité tacherait infailliblement le dessin négatif. En effet, comme pendant l'exposition au soleil, le chlorure d'argent revivifié occasionne un dégagement de gaz acide chlorhydrique , il s'ensuit nécessairement que si le papier est renfermé encore humide dans le châssis à reproduction, ce gaz wÙb se dissout dans l'eau condensée sur le cliché, et, par son contact, détruit certaines parties de l'image, sans qu'on puisse désormais y remédier.

Si on emploie pour la sensibilisation du papier une solution d'argent excessivement concentrée, ou bien % conformément à l'opinion de certains auteurs, on

PRODUCTION DE i/ÉPREUVE POSITIVE. 163

fait sécher le papier en le déposant à plat sur une table horizontale, aussitôt après l'avoir retiré du bain d'argent, au lieu de le laisser sécher suspendu à un crochet comme nous l'avons prescrit, il peut se former sur la couche sensible de petits cristaux de nitrate d'argent. Ces cristaux, dès qu'ils sont en contact avec l'albumine de la négative, produisent des taches indélébiles. Si l'on soupçonnait qu'un papier sensible pût occasionner ce pernicieux effet, on le laverait dans une bassine remplie d'eau, et on le ferait sécher avant de procéder au tirage. Ce lavage dissout le nitrate d'argent, mais le chlorure d'argent qui est insoluble, reste sur le papier (1). Il est vrai que l'image positive se forme alors plus lentement, mais elle deviendra beaucoup plus belle.

V Nécessité de laisser venir l'épreuve positive à une très-grande intensité.

La principale difficulté dans le tirage des épreuves positives consiste à bien choisir le moment précis où il faut arrêter .l'exposition à la lumière ; on ne doit pas enlever une épreuve positive du châssis à reproduction, c'est-à-dire faire cesser l'action de la lumière, avant que l'image ne soit devenue en apparence trop foncée.

Si on la laissait venir seulement à l'intensité qu'elle doit avoir en définitive, elle deviendrait par trop

(i) On peut encore débarrasser le papier des petits cristaux de nitrate d'argent formés à sa surface, en le brossant légèrement avec un* patte de lièvre. Ce procédé nous a toujours réussi.

[Note du traducteur.)

faible lors du fixage à l'hyposulfite de soude, qui l rait disparaître les demi-teintes et pâlir les ombres.

H ne faut pas toutefois pousser l'exposition jusqu'à point extrême où l'image positive prend une teint bronze métallique.

A cet excès de réduction du cblorure d'argent 1, décomposition du sel est tellement avancée, que l'hy posulfite de soude devient impuissant à dégrader e a modifier suffisamment la couleur où est arrivée l'i mage. Dans ce cas l'épreuve est manquée. ^L'expérience, qui est un grand maître en toute; choses, apprendra en peu de temps aux commençant! le point précis d'intensité qu'il faut donner à l'image et le compte qu'ils doivent tenir de l'action dissolvante de 1 hyposulfite de soude pour arrêterà tempsl'action de la lumière.

Il y a des négatives très-claires et très-transparentes qui peuvent être reproduites au soleil dans le court espace de deux ou trois minutes et même moins : tandis quavec d'autres clichés, beaucoup plus intenses, on ne peut obtenir que deux ou trois épreuves dans toute une journée. Ces deux extrêmes sont également nuisibles à la reproduction d'une bonne épreuve positive. r

Lorsqu'un cliché exige une exposition trop longue pour donner une positive, la teinte de l'image demeure souvent peu harmonieuse, et les ombres, accusées d'une manière exagérée, forment un contraste choquant avec les lumières du dessin.

Si, au contraire, l'image positive se forme trop vite, elle presente une teinte trop uniforme et sans aucune

PRODUCTION DE i/ÉPREUVE POSITIVE. 165

^position, le dessin reste confus ; et dans les cas où e cliché offre lui-même des contrastes trop accusés, le iéfaut que nous venons de signaler, au lieu d'être at~ .énué, devient encore plus fortement marqué.

I Ainsi, si le négatif est trop heurté, trop transparent,

II ne faut pas trop prolonger l'exposition ; si, au contraire, il est monotone, on ne risque rien de la pousser jusqu'à un léger excès. On obtiendra ainsi le maximum d'effet qu'on peut attendre d'un cliché.

Dans le tirage des positives, soit que l'on dispose f d'une lumière intense ou faible, en d'autres termes jque l'on opère aux rayons du soleil ou à la simple clarté d'une lumière diffuse, le résultat final est toujours le même ; seulement il se produit dans un tempi plus ou moins long, celui qui est nécessaire pour compléter la revivification du chlorure d'argent (1); ce dernier commence par devenir d'un violet qui gagne toujours en intensité, jusqu'à ce qu'il atteigne la couleur brune de l'ardoise; et si l'on pousse la réduction plus loin, l'argent réparti sur la surface du papier tend à prendre un reflet métallique qui éclaircit de plus en plus la teinte, en la faisant passer du noir au brun, au chocolat, et enfin à la couleur de bronze.

(i) Nous n'admettons pas avec l'auteur que la bonne réussite de* épreuves positives puisse être obtenue constamment sous l'influence d'une lumière plus ou moins intense, et qu'il n'y ait là qu'une simple question de temps. A notre avis, et suivant l'opinion généralement adoptée, les épreuves positives sont incomparablement plus belles lorsqu'elles sont venues sous l'influence d'un jour vif et pénétrant, sous les ' rayons d'un soleil direct. Gela se comprendra facilement si on réfléchit que quelques-unes des teintes de l'épreuve négative ne peuvent être traversées et, par conséquent, reproduites que par des radiations intenses, (^ote du traducteur.)

3° Positives instantanées.

Dans la mauvaise saison, la lenteur du tirage de épreuves occasionne un grand ennui aux p Xra l Phes de profession ; ils ont donc proposé de Sre 'papier positif de la même manière qu on Xr

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l image Z^tT? ,M pr°duit Pas directement iw? ' .faut ensuite la développer au moYen de 1 acide galbque et du nitrate d'argent Ce mode de développement est assez ennuyeux par sa lenteur maL

ZTZZ^6 conserve à peu ^ ^

S2 Z f ' CG qUi n'a pas lieu da™ la méthode ordinaire; il devient donc plus difficile de se tromper sur son intensité définitive

dont on ÎSî méth°de ^ tÌrage 6si Un ^nt dont on pourra tirer parti dans bien des circonstances.

4° ÂUtreS aWl^ims du chàssis à reproduction.

En terminant, nous rappellerons qu'on peut em Pioverle châssis à reproduction po J1^^

vures, des lithographies, des cartes géo'grapl ifes etc. en en prenant d'abord une épreuve négaLe ffUe 1 on transforme ensuite en positive" Il suffit pom cela

LIQUIDES FIXATEURS ET COLORANTS. iOZ

.'appliquer le sujet sur un papier sensible et d'expoer le tout à la lumière, comme on Ta dit. Si le dessin I, reproduire est rendu transparent par l'application l'une couche de cire vierge au moyen d'un fer à repasser, l'opération marchera plus promptement. : Les feuilles d'arbre, récemment cueillies, peuvent •>.tre reproduites dans le châssis positif ainsi que les petites nervures qui les accompagnent, avec une admirable dégradation de teintes. Les moindres détails le leur structure fibreuse et de leurs ramifications les Dlus délicates sont traduits sur le papier avec une fidéité et une exactitude surprenantes. 11 faut seulement ivoir soin d'établir le plus parfait contact possible, pour éviter toute déperdition de lumière.

QUATRIÈME OPÉRATION

Si l'image, au sortir du châssis , pouvait être conî servée sans altération ultérieure, il n'y aurait certes pas d'opération photographique plus simple que celle du tirage des positives. Mais il n'en est point ainsi.; l'image ne doit sa naissance qu'aux obstacles rencon- ! très par les rayons de la lumière dans son trajet à travers l'épreuve négative, il est donc évident qu'elle ne pourrait pas supporter la libre action de la lumière sans devenir confuse et sans disparaître, en peu de temps, sous une teinte noire continue et uniforme.

L'image positive obtenue dans le châssis a donc encore besoin d'être fixée, d'être rendue permanente et inaltérable à l'action de la lumière ; on ne peut oh-

tenir cet effet qu'en traitant l'épreuve avec des sut «tances capables de dissoudre le chlorure dWea qui napas été attaqué, ou tout au moins, de le me difler au point de le rendre désormais insensible au :

.XlcemmeUX' ^ 16 S0UStraÌre enfiD à l6Ur acti0ï L-hyposulflte de soude dissous dans l'eau, qui nou: a deja fourni un excellent moyen de fixer les épreuves négatives, est un dissolvant énergique du chlomre d argent, et c'est la substance que l'on empio* généralement pour fixer les épreuves positives. Mais ette substance, en même temps qu'elle exerce sut

er etTr C°ns°lidante> a P°« effet d'alté-

rer et de degrader la belle teinte noire violette que 1 image a prise dans le châssis, et de lui communiquer une couleur brune ocreuse très-désagréable.

II faut donc que l'image positive, après avoir été fixée, son encore ramenée à sa teinte, et qÙ'e e prenne une couleur plus belle, plus artistique qne celle qui lui est communiquée par l'hyposulfite du fixage Pour pouvoir opérer cette transformation de la cou! leur de 1 épreuve, il faut la soumettre à l'action de substances capables de réagir sur l'argent réduit qui forme 1 nuage, et de former avec lui une combinaison ■ntime, un compose d'une couleur plus intense et mieux appropriée à la nature du dessin

Le soufre et l'or sont les substances qui réussissent le mieux a produire cet effet. On les précipite d'une maniere adhérente sur l'image, au moyen de véhicules convenables et de solutions combinées dans ce

LIQUIDES FIXATEURS ET COLORANTS. j 69

I Le soufre est fourni par l'hyposulfite lui-même ; il

i j suffit d'acidifier légèrement ce sel pour mettre en liberté de Tacide hyposulfureux, ou de le modifier en

ii iy ajoutant quelques substances particulières, de mai nière à produire, dans la solution, du tétrationate de

soude. L'acide hyposulfureux et le tétrationate de i!|soude étant moins stables, ont moins d'affinité pour i-|le soufre que Fhyposulfite , et, par cela même, ils i.|sont très-convenables pour modifier la couleur des epépreuves. Les vieux bains d'hyposulfite de soude qui s (se sont modifiés, qui sont devenus acides, en fixant r|un grand nombre d'épreuves, jouissent de la propriété de colorer l'image en noir violet d'un bon î effet.

L'or est principalement fourni par le chlorure d'or. Lorsque ce sel réagit sur l'argent, qui forme l'image, il se dépose de l'or sur cet argent, et, en même temps, il se dissout une quantité équivalente de ce dernier métal qui se combine avec le chlore mis en liberté par l'or. On peut, dans certains cas, remplacer le Chlorure d'or par celui de platine.

Ainsi, la fixation et la coloration des images sont :ieux opérations bien distinctes et très-importantes.

Dans ces derniers temps, les recherches des photographes ont été principalement dirigées vers le perfectionnement de ces deux opérations, et on a essayé e moyen de les réunir en une seule. Les liquides ixateurs et colorants ont été tantôt employés séparément, et tantôt combinés ensemble, de manière à produire l'un et l'autre effet. L'emploi de ces liquides Hant subordonné à la nature de l'épreuve qu'on veut Guide du photographe. 15

fixer, soit sous le rapport de son intensité au sortir du j châssis, soit sous le rapport de Teff et final qu'elle devra produire, il s'ensuit qu'on ne peut pas déterminer d'une manière absolue l'ordre dans lequel on doit les employer. Ce sera à l'artiste à les combiner ou à les intervertir, suivant son talent. Nous traiterons donc à part des liquides qui servent à fixer, ou liquides fixateurs, de ceux qui servent à colorer, ou liquides colorants, et enfin de ceux qui servent en! même temps à fixer et à colorer les épreuves ou liquides fixateurs-colorants; nous devons dire, toutefois, que cette distinction n'est pas très-exacte, puisque! les liquides fixateurs sont aussi en réalité des liquides! colorants, bien qu'à un degré moindre que les liquides purement colorants, et que ces derniers, lorsqu'ils sont employés avec un sage discernement, peuvent aussi contribuer à fixer l'image, tout en modifiant avantageusement son état matériel.

LIQUIDES FIXATEURS.

A. Solution d'hyposulfite de soude neutre.

Dans 100 parties d'eau, faites dissoudre 16 partiesj d'hyposulfite de soude.

Filtrez et conservez pour l'usage.

Lorsque cette solution est neuve, c'est le meilleui agent fixateur que l'on connaisse. Mais, par l'usage, son action fixatrice s'amoindrit, tandis que son aetictf colorante va toujours en augmentant. On pourrait ré-i duiresa concentration à 10 0/o, lorsqu'elle est neuve! et qu'elle doit servir dans les cas ordinaires. On peut;

LIQUIDES FIXATEURS. 171

au contraire, la porter jusqu'à 20 et 25 0/o lorsqu'elle a vieilli par l'usage, ou lorsqu'elle doit servir dans les circonstances où les épreuves sont devenues par trop intenses dans le châssis à reproduction.

Si, pendant le fixage, la solution perd de son énergie fixatrice, ce n'est pas que le papier enlève au bain 4e Thyposulfite, mais parce que ce bain, se chargeant continuellement de chlorure d'argent, son action dissolvante s'affaiblit de plus en plus.

i° Formation de l'hyposulfite d'argent.

, Le nitrate et le chlorure d'argent, introduits dans le bain pendant le fixage, s'y combinent et donnent naissance à de Thyposulfite d'argent. Cet hyposullite ne doit pas séjourner sur l'épreuve, mais être dissous dans l'hyposulfite de soude. Plus la solution est conpentrée, plus la dissolution de Thyposulfite d'argent s'effectue promptement. En effet, un atome de nitrate pu de chlorure d'argent exige 3 atomes d'hyposulfite de soude, pour produire une combinaison soluble d'hyposulfite d'argent et de soude.

L'hyposulfite d'argent isolé est très-altérable; sa composition A g 0 S2 O2 devient alors AgS et SO3. Mais lorsqu'il est dissous dans Thyposulfite de soude, c'està-dire, lorsqu'il forme un sel double, comme dans notre espèce, il devient plus stable. Cependant la dissolution dépose à la longue un précipité noir de sulfure d'argent, surtout lorsqu'on la laisse exposée à l'action de la lumière.

Si Ton introduit du nitrate d'argent dans l'hyposulfite de soude, l'instabilité de l'hyposulfite d'argent est beaucoup plus forte que si Ton y ajoutait seulement du chlorure d'argent. Si l'on s'est servi pour sensibiliser le papier, d'un nitrate d'argent légèrement acide, on est exposé, au moment où on plonge l'épreuve dans le bain fixateur, à ce que l'hyposulfite d'argent produit par la réaction, se décompose partiellement sur le papier ; et c'est ainsi que les blancs de l'image contractent des taches brunes indélébiles de sulfure d'argent. Si l'hyposulfite de soude est luimême acide et un peu étendu, cet effet aura plus de chances de se produire ; mais il deviendra moins h c raindre si l'hyposulfite est neutre ou concentré. On pourra écarter tout-à-fait ce danger de tacher l'épreuve, en rendant l'hyposulfite légèrement alcalin, (comme il a été dit ci-dessus), ou bien en transformant d'abord le nitrate d'argent en chlorure par une immersion de l'épreuve dans un bain de chlorure d'or acide. La solution alcaline d'hyposulfite de soude que nous indiquerons plus loin, est, dans tous les cas, un préservatif certain contre ce genre de taches, même quand l'épreuve présente un excès d'acidité.

2° Nécessité d'éliminer l'hyposulfite de soude de l'épreuve terminée.

L'hyposulfite de soude, on ne doit pas l'oublier, ne fixe l'image qu'en vertu de sa propriété dissolvante des sels d'argent. L'existence de cet agent sur l'épreuve terminée serait donc une cause d'altération et même

LIQUIDES FIXATEURS. 173

de destruction, qui, aidée de Faction du temps, finirait par affaiblir et faire disparaître complètement l'image. Il faut donc écarter du papier qui porte cette image , jusqu'à la dernière trace d'hyposulfite de soucie, aussitôt qu'il a complété son effet dissolvant des sels d'argent altérables à la lumière. On ne saurait trop insister sur ce point.

On fait disparaître Fhyposulfite par des lavages répétés et prolongés de l'épreuve, suivant la manière qui sera indiquée en son lieu. Il semblerait que l'eau chaude devrait être beaucoup plus énergique que l'eau froide, pour dissoudre et enlever Fhyposulfite qui nuit à. la pureté de l'image ; mais il en est tout autrement, par la raison que l'eau chaude précipite sur le papier, à l'état de sulfure, l'argent dissous dans Fhyposulfite fixateur.

L'eau de. lavage, surtout lorsqu'il s'agit d'enlever les dernières traces d'hyposulfite, peut produire un effet incomplet ; si elle est impure, elle est susceptible de réagir sur Fhyposulfite, et de précipiter, sur le tissu cellulaire du papier,, des sulfures ou des oxydes insolubles, bien qu'ils s'y rencontrent en très-petite quantité. Pour remédier à cet inconvénient, je crois qu'il est bon d'ajouter, à l'eau de lavage, quelques gouttes d'ammoniaque, toutes les fois qu'on aura lieu de craindre qu'elle ne soit pas suffisamment pure.

B. Solution d'hyposulfite de soude alcalin.

Dans 100 parties d'eau, faites dissoudre 10 parties d'hyposulfite de soude, et ajoutez ensuite 5 grammes d'ammoniaque liquide.

L'effet de cette solution sur répreuve est de dégrader, de dépouiller et d'affaiblir l'intensité de couleur de l'image, d'une manière plus profonde que ne peut le faire l'hyposulfite simple. Cette propriété est trèsfavorable dans les cas où une exposition trop prolongée à la lumière a donné à l'épreuve une teinte trop intense.

Cette solution, outre qu'elle fixe solidement et promptement l'image, lui communique encore une teinte d'un rouge brun très-chaude, qui convient pour certains sujets, comme les paysages, les académies, etc. L'ammoniaque qu'elle renferme n'a pas seulement pour effet de rendre le bain alcalin, mais elle aide encore à dissoudre le chlorure d'argent, et, par cela même, elle concourt directement, avec l'hyposulfite, à la fixation de l'image photographique.

OBSERVATIONS

, Cuvette pour la solution d'hyposulfite de soude ' alcalin.

Les cuvettes destinées à contenir cette solution ne peuvent plus, comme nous l'avons vu ailleurs, être construites en verre et bois reliés ensemble par une substance résineuse. Il faut avoir une cuvette de' ferblanc ou bien réunir le verre avec le bois au moyen d'un ciment composé de blanc d'œufs et de chaux, ou mieux encore avec un mastic ferrugineux composé comme il suit :

Mêlez dans 100 parties d'eau contenant 2 parties d'acide sulfurique, 100 parties de limaille de fer et 2 parties de soufre en poudre.

Ce mélange devient très-dur en séchant, et il est jomplètement inattaquable aux aloalis, niais les acies le dissolvent, et il ne supporterait pas le contact (té nitrate d'argent.

A. Solution de chlorure d'or aeide.

Dans 1000 parties d'eau, faites dissoudre une partie le chlorure d'or, et ajoutez-y 5 parties d'acide chlorlydrique.

L'effet de cette solution est très-prompt; elle peut ervir plusieurs fois (je suite, et lorsque son action jst devenue trop faible, on la renforce en y ajoutant me nouvelle quantité de chlorure d'or. Cependant il erait préférable, dans ce cas, de la rejeter et de préparer une nouvelle solution si l'on veut obtenir avec dus de certitude de bons résultats.

On emploie du chlorure d'or acide, non-seulement lans le but de colorer l'image, de lui faire prendre les teintes particulières, violettes, bleuâtres et noires, nais encore pour atténuer la couleur bronzée trop ntense que l'épreuve peut avoir prise, pour avoir îté trop longtemps soumise à l'action de la lumière.

L'application de cette solution doit précéder celle le Thyposulfite. Elle transforme en chlorure le rirate d'argent qui existe toujours en plus ou moins grande quantité sur l'image à fixer, mais en même ;emps elle communique de l'acidité à l'épreuve; c'est )ourquoi l'opérateur ne pourra se dispenser de bien aver l'image, après l'avoir soumise à l'action de ce

mélange, et avant de l'introduire dans l'hyposulfi de soude pou& la fixer. Si Ton négligeait cette pi caution, limage serait infailliblement tachée.

OBSERVATION

Action de V acide chlorhydrique renfermé dans cette solution.

L'acide chlorhydrique exerce sur le chlorure d'à gent une action que nous avons indiquée tout d'abo] et qui est tout-à-fait avantageuse. Son contact arrê immédiatement Faction de la lumière sur le chloru; d'argent de l'épreuve positive, en sorte qu'on pei éclairer librement l'image plongée dans la solutk de chlorure d'or acide, pour suivre avec les yeux I différentes phases de coloration qu'elle éprouve, sai craindre de l'endommager. Il est bien évident J Facide chlorhydrique ne pourrait pas, dans cette réa< tion, être remplacé par aucun des acides acétiqui sulfurique et nitrique, parce que le nitrate d'argei de l'épreuve tendrait à décomposer le chlorure d'oî avant qu'il n'ait pu agir sur le dessin.

La proportion d'acide chlorhydrique contenu dar) cette solution peut être modifiée d'une manière sensi ble, en plus ou en moins ; ce qui revient à dire qu Ton peut employer de 10 à 15 parties d'acide, au lie de 5, comme nous l'avons prescrit; mais il ne faul drait pas descendre jusqu'à la proportion de 3 ou parties.

B. Solution d'hijposulfite de soude acide.

\ Les proportions relatives des ingrédients qui entrent ins cette solution ont été déterminées par M. H. Plaut, aotographe distingué de Paris.

Faites dissoudre dans 100 grammes d'eau, 3 gram- Les d'hyposulfite de soude, ajoutez ensuite 3 gouttes

acide sulfurique à 66 degrés.

\ Agitez le mélange et lorsqu'il commence à prendre

a aspecj d'un blanc laiteux avec dégagement de gaz

iide sulfureux, ce qui ne tarde pas à arriver, on doit

employer aussitôt. Au bout d'une heure environ, cette

faction cesse, et la liqueur ne produit plus le mêma

let.

OBSERVATIONS

i {o Propriétés de la solution d'hyposulfite acide.

i Les avantages que présente cette solution sont assez 3marquables, puisqu'en peu de temps on peut à la m fixer et colorer l'image. On commence par la lais- 3r environ une demi-heure dans l'hyposulfite ordiaire à 16 pour cent, on la passe un instant dans ieau pour enlever l'excès du bain fixateur, et on lintroduit pendant quelques secondes seulement dans I solution acide ; enfin, on la lave encore une foi» ans l'eau ordinaire et on la fait sécher. L'image fixée par cette méthode est devenue aussi Dlide que si elle avait été baignée pendant plusieurs eures consécutives dans une eau sans cesse renou- ! elèe. La solution acide, en changeant en sulfure l'ar-

gent de l'épreuve, semble encore avoir pour effet tj la rendre inattaquable aux traces sensibles d'hyposi fite de soude qui peuvent encore être restées dans pâte du papier, par suite d'un lavage trop peu pri longé. L'action de ce liquide suffit aubout de quelqu instants pour colorer l'épreuve de la manière la pb convenable au sujet, et suivant les différents cas. I teinte de l'épreuve passe bientôt d'un ton rougeâfc au violet intense et enfin à un noir pur. Mais il ne fai pas attendre que cette dernière teinte se manifesti avant d'arrêter l'action en plongeant l'éprauve dai l'eau, parce que, à mesure qu'elle séchera, la comb naison du soufre avec l'argent deviendra plus intim En effet, la teinte acquiert ultérieurement un rema quable degré d'intensité, et lorsqu'on la laisse veri dans le bain jusqu'à la couleur noire, l'épreuve e séchant tourne à une couleur jaunâtre ou olivati) d'un très-mauvais effet; et, par suite d'une sulfur* tion trop prolongée, l'image devient moins solide j moins résistante à l'action destructrice du temps. Il a en outre un autre inconvénient à laisser l'épremi noircir trop complètement dans le bain; c'est que 1 demi-teintes sont rongées et totalement enlevées, e| sorte que le dessin devient trop sec, trop dur, a lieu de présenter des clairs-obscurs graduellemeii fondus.

2° Influence de la quantité d'acide.

La quantité d'acide que nous avons indiquée poil composer cette solution n'est pas du tout indifférente Si au lieu d'ajouter une seule goutte d'acide sulfuriqul

f chaque gramme d'hyposulfite de soude, on en îployait une plus grande quantité, l'effet ne serait is le même. Alors les épreuves ne seraient plus ées d'une manière aussi parfaite, parce qu'on aurait ovoqué un dégagement trop abondant de soufre, là rendrait le dessin instable à l'action du temps, àlgré toutes les précautions qu'on pourrait prendre. ,i effet, en dépit d'un lavage à grande eau prolongé i répété, une épreuve fixée par un hyposulfite trop iide jaunit et prend une teinte blafarde, et elle finit I disparaître dans un temps plus ou moins long, (opérateur doit donc s'astreindre strictement aux projetions indiquées, s'il ne veut pas s'exposer à perdre ! plus belles épreuves, après les avoir fixées et coloes par cette méthode.

: Si l'on se servait d'acides acétique ou citrique pour •idifier l'hyposulfite, on pourrait sans danger augmenter sensiblement la quantité d'acide; cependant, a grand excès deviendrait toujours nuisible.

3° Théorie de cette solution.

! L'acide sulfurique que l'on introduit dans l'hypoalfite de soude ayant pour effet de séparer une quanté correspondante d'acide hyposulfureux (qui est un imposé très-instable et susceptible de décomposition oontanée), il se dégage promptement du soufre et de acide sulfureux. L'acide sulfureux, composé, comme indique sa formule chimique, de S20, se sépare en • 0* ou acide sulfureux et en S ou soufre. I Si, au moment où cette décomposition a lieu, on introduit l'épreuve dans la solution, le soufre qui se

trouve à l'état naissant, se combine avec l'argent j duit qui forme le dessin.

Mais aussitôt que l'acide hyposulfureux s'est dégas et qu d ne reste plus dans le liquide que l'acide suif , reux, 1 état du bain change et son effet sur l'épreJ n est plus le même. L'acide sulfureux lui-même di parait du liquide au bout de quelque temps, par, qu il reagit sur l'hyposulfite et qu'il donne probabl ment naissance à du tétrationate et à de l'hyposulfi de soude :

3SO* + 3NaO, S^O = 2NaOS40* -fNaO, SO».

4° Propriétés colorantes de l'acide sulfhydnque et du sulfhydrate d'ammoniaque.

On peut facilement supposer qu'au lieu de colore 'épreuve au moyen de l'acide hyposulfureux, il I iaçile d'obtenir un eiTet analogue, en employant l'acid sulfhydnque dont les propriétés colorantes sont asse connues. Le sulfhydrate d'ammoniaque pourrait ne tamment produire le même effet.

Ces deux composés se préparent en mélangean ensemble dans la même cornue du sulfure de fer « de l'acide sulfurique étendu d'eau. Si l'on veut obtej nir une solution aqueuse de gaz acide sulfhydrique on recueille dans l'eau le gaz qui se dégage/et on 1, reçoit au contraire dans de l'ammoniaque liquid.i étendue d'eau, lorsqu'on veut avoir une solution d<i suJlhydrate d'ammoniaque. Il vaut toujours mieml preparer cette dernière, par-ce qu'elle peut se conserve! indéfiniment et que, pour en tirer de l'acide sulfhydnque, il suffit de la traiter avec un acide.

i Je pense toutefois qu'il serait encore mieux de énoncer complètement à employer cet acide sous 'une comme sous Fautre forme ; son odeur est désagréable, malsaine , et lorsqu'elle vient à se répandre M à se mélanger avec l'air du laboratoire, elle noircit es balances et tous les autres ustensiles métalliques lu photographe.

! Je dois ajouter, d'un autre côté, que des expériences aites par moi-même pour arriver à colorer les épreuves au moyen de l'acide sulfhydrique libre ou com- )iné, n'ont jamais réussi à donner aux épreuves une ouleur franche et agréable ; elles sont toujours resées plus ou moins olivâtres, bleuâtres, détestables, en m mot, comme le moyen qui les avait produit.

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