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COLLODION A SEC

en commençant par un côté de la glace, et en descendant, petit à petit, vers l'autre, extrémité. Au moyen d'un tampon de coton, on appuie très-légèrement la toile cirée sur toute la superficie, pour la faire bien adhérer au collodion. On enlève alors la glace et on soulève la toile par un de ses angles pour la détacher. La toile cirée qui adhère alors fortement au collodion, l'entraîne avec elle et le détache du verre. En faisant tomber quelques gouttes d'eau entre le verre et le collodion, on facilite et on assure l'enlèvement complet de l'épreuve. On la laisse alors sécher, et on J'encadre sans avoir besoin de la protéger par aucun vernis.

Les résultats obtenus par cette méthode ne promettent pas un grand avenir, et ils sont toujours inférieurs à ceux que le photographe peut obtenir au moyen d'un bon cliché. Ces épreuves positives directes n'offrent pas la variété de teintes, la délicatesse et la douceur de modelé, ni ces admirables dégradations qui plaisent tant à un œil d'artiste ; elles ont toujours, au contraire, un aspect froid et peu agréable, malgré l'extrême exactitude et la précision des détails.

COLLODION A SBC.

Nous avons dit que le collodion doit être soumis à l'impression lumineuse, pendant qu'il est encore à l'état humide, par la raison qu'en séchant il perd sa sensibilité. Aussi, en parlant de collodion à sec, nous faisons allusion à un procédé que l'on a essayé pour employer le collodion conservé sensible, ainsi qu'on le fait pour l'albumine, et le papier.

Pour maintenir au collodion toute sa sensibilité, il Guide du Photographe, 26

faut le conserver humide. MM. Crook et Spiller ont proposé d'employer à cet effet un sel déliquescent, le nitrate de magnésie, mais ce sel est sujet à de nombreux inconvénients, et M. Shadbolt a démontré qu'on peut obtenir de bien meilleurs résultats avec le miel.

Voici comment on procède : on sensibilise la glace à Fordinaire , on la lave à Feau jusqu'à ce qu'elle coule librement sur la couche de collodion ; on recouvre ensuite la couche avec un mélange à parties égales de miel et d'eau ; la glace recouverte de cette solution ne sèche complètement qu'au bout d'un certain temps ; elle conserve pendant plusieurs jours une sensibilité suffisante pour être employée à prendre des vues. Après l'impression lumineuse, on traite la plaque à l'eau tiède pour dissoudre le miel et ensuite on développe l'image, comme d'habitude, avec l'acide pyrogallique et le nitrate d'argent.

Bien qu'on ait vanté à outrance ce procédé de collodion conservé humide, je ne pense pas qu'il puisse être d'aucune utilité réelle pour le photographe voyageur, parce que la conservation d'une surface humide sans qu'elle s'altère d'une manière ou de l'autre, est une chose très-difficile et touj ours incertaine ,• il faudra donc tôt ou tard, bon gré mal gré, y renoncer (1).

(1) Le procédé de M. Taupenot a bien fait faire un pas à la solution de ce problème, mais on peut lui reprocher de compliquer de beau* •oup les manipulations , sans déterminer une sensibilité égale à celte du collodion humide.

Quelques essais ont été aussi tentés pour conserver au collodion sa I sensibilité, au moyen d'un mucilage obtenu de la graine de lin. Bien . que des résultats très-remarquables aient été obtenus par cette dernier© méthode, la question du collodion à sec reste toujours à l'étude.

{Note du traducteur.)

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