‹ Guide theorique et pratique du photographeChapitre 47 sur 107 · SENSIBILISATION DE LA PLAQUE · texte numérisé non relu

SENSIBILISATION DE LA PLAQUE

la boite une couche de chaux de 5 millimètres environ d'épaisseur, et au milieu de cette chaux on introduit une petite capsule de verre ou de porcelaine contenant environ 20 parties de brome liquide pour 100 parties de chaux. On referme le couvercle, et quand la chaux est devenue d'un rose couleur de chair (1), le bromure de chaux sera fait et prêt à servir.

Dans le voisinage de la boite on suspend à un cloii un fil long de 50 centimètres, muni à son extrémité d'une balle de plomb, de manière à avoir un pendule qu'on puisse faire osciller à volonté.

Tout étant ainsi préparé, on prend une plaque récemment polie , on passe à sa superficie un pinceau plat à poils fins, pour enlever les petites corpuscules qui pourraient y adhérer ; on la fixe sur une des planchettes du châssis, et l'on expose ainsi aux vapeurs de l'iode contenu dans le compartiment de gauche de la boîte (2). On met en mouvement le pendule, on

(1) Ce-tte teinte donne, àia vérité, des résultats assez satisfaisants, mais la chaux brômée à ce degré ne conserve pas longtemps ses propriétés. Il est infiniment préférable de prolonger l'absorption du brome parla chaux, jusqu'à ce que cette dernière ait pris une teinte de rouge brique foncé. Du reste, le mélange de chaux et de brôme peut être opéré d'une manière bien plus commode, en versant directement le brôme sur la chaux par petites portions à la lois et en ayant soin de bien agiter le mélange à chaque nouvelle addition de brôme.

(Noie du traducteur.)

(2) Il est mieux d'exposer -la plaque aux substances sensibilisantes soit à nu, soit sur une planchette spécialement consacrée à cet usage ; on évite ainsi le danger d'introduire dans la chambre noire des vapeurs d'iode et de brôme qui y seraient apportées par une plancl ette imprégnée de ces vapeurs. (Note du traducteur.)

compte le nombre de ses vibrations, et on observe de temps en temps la couleur que prend la plaque. Cet examen peut être fait impunément à une assez vive lumière, mais il sera toujours plus sûr d'user avec modération de cette latitude , lorsqu'on voudra obtenir le maximum de sensibilité.

Pour examiner la couleur que prend ld plaque métallique, on la soulève, puis, la tenant inclinée à 45° environ, on en approche une feuille de papier blanc, dont la lumière réfléchie par la plaque indiquera, par ses modifications, la teinte que prend l'argent. Du jaune clair la plaque passe au jaune d'or, puis au jaune orangé intense (1). Lorsque cette dernière teinte se manifeste, on ferme le compartiment à l'iode, on transporte la plaque sur celui qui renfermelebromure.de chaux, et on l'y laisse jusqu'à ce qu'elle soit devenue d'un rose violâtre. On remet alors la plaque sur l'iode, et sans consulter désormais sa couleur, on la laisse exposée pendant le tiers ou la moitié du temps qu'elle a mis dans le principe pour atteindre la couleur orangé. On compte ce temps à l'aide des vibrations du pendule. Cela fait, la plaque aura reçu toutes les préparations nécessaires pour être convenablement et promptement impressionnée dans la chambre noire.

Cette seconde exposition aux vapeurs de l'iode produit un double effet ; d'abord elle complète l'ioduration de la plaque, mais en second lieu elle lui rend

(i) Lorsqu'on veut obtenir des épreuves profondes, il sera bon de pousser i'iodage jusqu'à la teinte rose, sauf à augmenter dans une juste proportion l'exposition aux vapeurs du brome ; car il ne faut jamais perdre de vue qu'il doit toujours exister une relation proportionnelle cetre l'iode et le bromure. [Note du traducteur.)

Page 1