décigr
Quand la solution sera complète, mélangez-la avec l'albumine, et pour ce faire, versez d'abord votre albumine dans une capsule de porcelaine un peu grande et bien vernie, ensuite ajoutez-y la solution des autres substances et mélangez le tout, en agitant vivement avec une fourchette de buis. L'albumine ne tarde pas à se gonfler, à prendre une apparence spumeuse, et comme on dit, à se changer en neige. Continuez à la battre, jusqu'à ce que cette neige soit devenue assez consistante pour soutenir la fourchette sans s'affaisser.
Portez la capsule qui contient cette neige dans un! endroit retiré, afin qu'il n'y puisse tomber aucun j atome de poussière, et laissez reposer pendant environ 20 heures; au bout de ce temps, l'albumine aura perdu sa forme neigeuse, pour se changer en albumine liquide, visqueuse, collante et susceptible d'être étendue en couche uniforme sur la lame de verre qui recevra le dessin photographique.
Prenez avec beaucoup de précaution la capsule qui contient l'albumine liquide et, sans l'agiter en aucune façon, versez-la doucement dans un flacon. Faites attention seulement de ne pas verser tout le liquide; mais seulement les trois quarts ou les quatre cinquièmes au plus; ce qui restera dans la capsule ne peut servir à rien et gâterait votre albumine si voué l'y mêliez.
PRÉPARATION DE i/ ALBUMINE.
OBSERVATIONS
1° Mode d'action de l'iode et de l'iodure de potassium sur l'albumine.
Dans la formule que nous avons indiquée plus haut, le rapport entre Falbumine et l'iodure de potassium, qui est :: 10.0 : 1, et celui avec l'iode :: 500 : 1, doivent être exactement observés ; car si Ton employait une plus grande proportion de ces deux dernières substances, il-se formerait sur la couche albumineuse une trop grande quantité d'iodure d'argent 9 et l'épreuve négative sortirait trop intense et trop puissante ; ce qui dans la suite brûlerait et perdrait entièrement les blancs de l'épreuve positive. Si, au contraire, en diminuait les rapports indiqués plus haut, le dessin obtenu n'aurait pas une vigueur suffisante, les contrastes ne seraient pas assez marqués et Ton pécherait par un excès de monotonie.
L'iode, en contact avec l'eau et l'iodure de potassium, dans la préparation du mélange photographique de l'albumine, se dissout immédiatement et forme avec ce sel une combinaison particulière, un deuto-iodure. Lorsqu'on mélange la solution avec l'albumine, cette dernière enlève à l'iodure de potassium son excès d'iode et se décompose partiellement en donnant naissance probablement à de l'acide iodhydrique, puisque l'albumine photographique, colorée d'abord par l'iode, devient bientôt incolore.
L'iodure de potassium et l'acide iodhydrique qui se sont formés, servent plus tard à produire sur l'albu-
mine un iodure d'argent insoluble dans l'eau, mais sensible à la lumière. Cette réaction se produit en immergeant l'albumine étendue sur le verre, dans un bain de nitrate d'argent ; on exprime cette même réaction par les signes chimiques suivants :
KH AgO, NOs = KO, NO5 + Agi.
Dans la préparation de l'albumine photographique, l'iode pourrait être supprimé, pourvu qu'on le remplaçât par une plus forte proportion d'iodurë de potassium; par exemple : 1 + 1/3 au lieu de i, pour iOQ parties d'albumine; mais alors la sensibilité de l'albumine serait diminuée.
2° Action du bromure de potassium.
On ajoute ce sel à l'albumine pour donner lieu par une réaction chimique analogue à celle qui vient d'être indiquée , à la formation d'un bromure d'argent qui est également impressionnable à la lumière. Ce bromure présente des avantages dans quelques circonstances particulières ; il existe certains rayons colorés, comme le jaune et le vert qui l'impressionnent plus rapidement que l'iodure d'argent* On est donc autorisé à penser que son emploi produit une plus grande harmonie dans les dessins photographiques. A mon avis, la proportion de 1 de bromure pour 5 d'iodure de potassium dans l'albumine photographique ne paraît pas retarder d'une manière sensible les résultats , et on trouve une bien légère différence en supprimant ce bromure dans la préparation de l'albumine.
PRÉPARATION DE i/ ALBUMINE.
3° Action de la gomme et du sucre.
L'addition du sucre dans l'albumine photographique ne paraît pas avoir pour effet de la rendre plus sensible, plus perméable à l'action photogénique, comme l'ont prétendu quelques auteurs. Des expériences directes m'ont démontré que la proportion plus ou moins grande de sucre reste évidemment sans influence sur la célérité photogénique.
La gomme ne manifeste non plus aucune action appréciable sur la promptitude.
Le sucre et la gomme sont deux substances inertes, indifférentes aux réactions qui se passent dans leur sein. L'albumine semble être aussi dans les mêmes conditions, mais sa nature plus complexe peut faire supposer qu'elle les réunit à un bien moindre degré. Le motif qui a déterminé à ajouter ces deux substances est tout simplement de modifier la constitution physique de l'albumine, d'augmenter sa force d'adhérence sur le verre, de la rendre plus tenace et plus résistante dans les différents bains qui serviront plus tarda la sensibiliser, ou à développer et à fixer l'image qu'elle doit recevoir.
Si l'on employait une plus grande proportion de sucre et de gomme, je ne crois pas qu'on obtint un meilleur résultat ; il parait, au contraire, bien certain que l'albumine deviendrait de plus en plus mauvaise à mesure qu'on exagérerait ces proportions. En résumé, une dose exagérée de sucre rend l'albumine trop difficile à sécher, la couche reste molle ; en forçant, au
contraire, la proportion de gomme, la conche est tropi dure et trop cassante. Ce n'est donc pas sans raison qu'on a adopté les rapports indiqués ci-dessus.
4° Action de l'eau.
La proportion d'eau, que Ton ajoute à la solution à raison de 5 0/o, n'est pas tellement*nécessaire ni telJ lement importante, qu'elle ne puisse être modifiée en! aucune façon. On pourrait même la supprimer tout-à-' fait et mélaager directement les autres substances avec! Falbumine ; cela pourrait surtout se faire pendant Tété! où la chaleur rend Falbumine plus liquide, plus coulante, plus extensible sur la plaque de verre. Mais d'un autre côté on pourra augmenter de beaucoup la quantité, d'eau, principalement en hiver. Toutefois on ne doit pas dépasser certaines limites, parce que l'albumine trop étendue laisse sur le verre une pellicule trop mince, qui a l'inconvénient de ne pas conserver longtemps sa sensibilité ; tandis qu'une couche plus épaisse, produite par une albumine peu ou point étendue, conserve pendant plusieurs mois sa sensibilité primitive.
5° Cause d'accélération dans l'albumine.
11 n'est point exact, bien qu'on en ait dit, qu'une couche épaisse d'albumine soit plus promptement impressionnée. Une couche mince est tout aussi prompte, toutes choses égales d'ailleurs ; la seule différence dans îe premier cas se traduit par un accroissement d'in-
PRÉPARATION DE L'ALBUMINE. 3i
nsité due à une plus forte proportion de matière lotogénique impressionnée. Le même effet se produit, l'on emploie une quantité d'iodure supérieure ou iférieure à celle qui a été prescrite; le sel d'argent ! décomposé par la lumière en plus ou moins grande ^portion; et par conséquent l'image qui en résulte ;t plus ou moins intense dans le même temps de ose ; mais il ne s'ensuit pas que si, avec une proporon donnée d'iodure on obtient une image, on n'obendra pourtant aucune trace d'impression en adopm une autre proportion. J'en ai fait l'expérience ans des limites assez étendues, et ce fait me semble Ët-à-fait hors de doute.
Suivant moi, la seule cause accélératrice de mon Ibumine se trouve dans l'adjonction de l'iode. Des xpériences comparatives m'ont en effet démontré, u'au moyen de cette addition, on peut obtenir une tnage dans un espace de temps où l'iodure de potasium ne pourrait encore produire aucune trace d'im- •ression.
Quelques auteurs, dans le but d'augmenter la senibilité, ont cherché à remplacer l'iodure de potassium »ar d'autres iodures. Il leur semblait, en effet, que tes iodures à bases différentes devaient présenter, au ûoment de la formation de l'iodure d'argent, une iisposition de molécules diverses, et qu'une partie de litrate d'argent à l'état naissant se trouvant toujours m contact de la couche sensible , ces iodures devaient nécessairement modifier l'action lumineuse, iuoi qu'il en soit, aucun autre iodure, aucun autre wômure ne peut, jusqu'ici, être substitué, avec un
avantage marqué, à Fiodure et au bromure de ptj tassium, dans la prépation de Falbumine photograph que. Nous verrons plus tard qu'on doit plutôt chercha le moyen d'arriver au maximum de sensibilité, da* la manière de sensibiliser et de développer Fimag<
6° Nature de l'albumine 'photographique.
En considérant Falbumine sous le rapport pratique nous appellerons l'attention du lecteur sur les parti cularités suivantes : a, corps microscopiques dans l'a bumine. 6, moyen de les écarter, c, différence de 1 quantité d'albumine contenue dans les œùfs. d, moye de mesurer l'albumine.
A. Corps microscopiques contenus dans l'albumine.
Le liquide mucilagineux qui se sépare de l'albu mine battue en neige \ malgré sa transparence à pc; près complète, contient cependant beaucoup de sub stances hétérogènes. Bien qu'elles soient microscopi ques, ou à peine visibles à l'œil nu, elles peuven cependant apporter la plus grande perturbation et li plus grand désordre dans les opérations subséquentes Elles sont d'autant plus à craindre, que leur ténuit même les fait échapper à peu près infailliblement \ l'attention et aux soins de l'opérateur, qui ne com mence à s'en défier et à se convaincre de leur présence qu'après des échecs multipliés. Quand on aura appri à ses dépens combien il est désagréable de se trouve parfois dans l'impossibilité d'obtenir aucun résulta
PRÉPARATION DE i/ ALBUMINE. 33
ssable, par des causes imprévues et des obstacles iiorés ; qu'on aura cherché à y remédier par une ie d'essais, tantôt en essayant la pureté des submces, tantôt en recherchant les circonstances à évi- [ celles à suivre; on nous saura peut-être quelque 5 d'avoir appelé l'attention sur des conditions qui raissent de peu d'importance, mais qui sont cepennt indispensables pour obtenir des résultats conflits et irréprochables.
1 B. Moyens d'écarter les corps microscopiques.
fPour débarrasser l'albumine de ces corps nuisibles désastreux, il ne suffit pas de la filtrer à travers un mis double et revêtu en dessous d'une mousseline en serrée, car ces corpuscules, à peine appréciables l'œil, mais capables de déterminer des attractions ou 3S répulsions sur la couche d'albumine étendue sur verre, passeraient encore à travers toutes ces étoffes, n a essayé de filtrer ce liquide avec du papier à itre, mais l'albumine ne le traverse que très-lenteient, en sorte que le photographe contrarié et rebuté M obligé de changer le filtre qui s'engorge à chaque ustant et ne laisse plus passer le liquide. i. J'ai cherché tous les moyens possibles pour puri- Iter autrement l'albumine. J'ai pensé d'abord que ces lorpuscules nuisibles provenaient de quelqu'une des Jabstances qui entrent dans la préparation de l'albuisiaine, mais j'ai dû reconnaître qu'elles étaient tout-àaiait innocentes, et que les modifications que j'avais Essayé de leur faire subir étaient sans aucune influence
sur la réussite de l'opération. A la fin, ayant obserj que les résultats étaient d'autant plus inférieurs, q je voulais économiser l'albumine liquide en la 1 cantant de l'albumine neigeuse, j'ai été forcé de co dure que ces matières, que ces corpuscules nuisibli dans l'emploi de l'albumine photographique, devaie se trouver au fond du vase en vertu de leur pesa: teur spécifique un peu plus grande que celle de m bumine. Cet état ne leur permet pas de suivre libr| ment le cours de l'albumine, lorsqu'on l'étend sur verre, leur inertie retient le liquide et l'empêche s'étendre d'une manière uniforme.
En définitive, en ne prenant que la partie sup rieure du liquide albuinineux, après un repos c quelques heures, j'ai trouvé, à ma grande surpris»! que les épreuves négatives devenaient tout-à-fa exemptes de ces points noirs, de ces petits yeux ci culaires ou oblongs qui se produisaient avec tant c persistance, sans pouvoir les éviter ; et la couche d'à bumine était d'une délicatesse et d'une égalité adm râbles; à tel point qu'il m'a été possible d'étendre in punément, et à plusieurs reprises, l'albumine sur 3 verre sans avoir besoin de la filtrer.
Il me paraît donc évident que ce qui est le plus craindre dans l'albumine photographique, ce sont le substances microscopiques, spécifiquement plus pej santés qu'el-le. Les substances plus légères ne doiverj pas être aussi nuisibles, puisque la couche supérieur du liquide que l'on étend sur le verre étant la premièri à partir, lorsqu'on renverse l'excès d'albumine, eli entraîne naturellement avec elle les corpuscules le
PRÉPARATION DE h' ALBUMINE. 35
is légers qui surnagent. Toutefois si on peut les iter ceserà certainement encore mieux, et pour y river il faut mettre l'albumine dans un vase haut étroit, la laisser reposer, et au moyen d'une pittte, aspirer le liquide intermédiaire et abandonner surplus lorsqu'on aura employé les 2/3 ou les 3;4
[i liquide. , . , , . .
(En agissant ainsi, on a l'avantage d éviter a la fois l5 particules plus pesantes ou plus légères que le hlide. Ces dernières peuvent parfois se trouver menées à des corps gras, et elles peuvent produire ,r l'albumine, lorsqu'on l'étend, des répulsions de Buide qui ne sont pas moins dangereuses que les factions produites par les corpuscules plus pesants.
C. Différence de là quantité d'albumine contenue dans les œufs.
i J'ai vu nombre de photographes et même quelques iuteur-squi, pour l'albumine d'un œuf de poule, emploient toujours la même quantité de substances phoographiques, dans la persuasion où ils sont, que 1 almmine d'un œuf doit être toujours à peu près la même. 11 s'en faut cependant de beaucoup, et la dillérence de l'albumine d'un œuf avec celle d'un autre lBuf est très-grande, à tel point que le poids peut varier entre 20, 30 et même 35 grammes. Cela explique, «usqu'à un certain point, la différence des résultats obtenus. 11 faut encore ajouter que dans certains cas la qualité de l'albumine n'est pas moins différente que sa quantité. Aussi, l'opérateur aura toujours soin de re-
cueillir de préférence l'albumine des œufs frais d'ui vieille poule; car on a observé que les œufs d'ui poule jeune donnent des résultats moins constant et que les œufs conservés depuis quelque temps m duisent une albumine moins tenace.
D. Moyens de mesurer l'albumine.
L'albumine ayant un poids spécifique qui diffère pe! de celui de l'eau, il sera plus commode de la mesuré avec un verre gradué.
Les photographes pourront trouver utile de gradué eux-mêmes les verres dont ils ont souvent besoin dan les diverses préparations qu'ils ont à faire. Cette opé ration est très-facile, et on obtient, sans aucune peine une exactitude plus rigoureuse que celle des verre gradués du commerce. Voici comment on s'y prend ' au moyen d'un diamant à écrire, òn tire une ligne verticale sur le verre à graduer. On place ce verd sur une table bien d'aplomb, on y verse 10 grammes d eau et avec le diamant on fait un trait horizontal, près duquel on inscrit le chiffre 10. On verse dans le verre 10 autres grammes et on fait un second trait toujours coïncidant avec la superficie de l'eau, et on écrit le chiffre 20. On continue ainsi jusqu'à ce qu'on ait le nombre de divisions voulues; toutes ces divisions indiqueront le poids de l'eau et de l'albumine qu ils mesurent.
Les diamants à écrire sur le verre sont également utiles pour graduer les tubes, les éprouvettes, les flacons, etc. On les trouve chez tous les marchands de aiamauts à couper le verre.
1 Le verre le plus convenable pour cette opération, st celui qu'on nomme cristal ou glace , à cause e l'uniformité de son épaisseur et de l'égalité de (a surface. L'unique objection qu'on peut faire conce son usage, est son prix un peu élevé. Une glace n peu grande, d'une dimension de 30 sur 40 cenpiètres et d'une épaisseur d'environ 2 millimètres, «vient environ à 5 francs, tandis qu'une feuille de serre à vitre ne coûte pas plus d'un franc.
Le photographe commencera par couper ses glaces ,vec un diamant, à des dimensions parfaitement éga- 3s à celles des châssis de sa chambre obscure ; et près les avoir coupées, il passera sur leurs champs me petite lime, ou un morceau de grès pour enlever 3 bord tranchant produit par le diamant (1).
L'application de l'albumine peut se diviser en deux parties principales : 1° polissage de la glace, 2° extenion de l'albumine sur la glace polie.
1° Polissage de la glace.
Si la glace est neuve et qu'elle n'ait jamais servi, ivez-la à l'eau et essuyez-la avec un linge. Placez la lace ainsi lavée sur une table bien unie, et envoyezle souffle de votre haleine qui, en se condensant, y
(1) Le mieux est encore de se servir d'une meule pour cette opération, du reste très-facile. {Note du Traducteur.)
Guide du photographe. 4
formera une couche humide. Alors, au moyen d'un chiffon très-fin et bien uni frottez la glace avec forc^ pour enlever la malpropreté qui adhère au verre. Poui faire disparaître toutes les substances grasses qui pourraient encore rester, humectez légèrement un autre chiffon avec de l'alcool ou de l'ammoniaque liquide, et servez-vous-en pour frotter la glace dans tous le* sens. Terminez enfin le poli du verre en continuant à frotter avec un troisième chiffon bien propre, et séchez jusqu'à ce que le verre soit bien net, bien poli ei exempt d'humidité.
Vous reconnaîtrez que le verre est suffisamment poli et capable de recevoir uniformément et de retenir il couche d'albumine, en y condensant de nouveau votre haleine; elle devra former une couche uniforme ë| sans tache sur toute la superficie du verre. S'il n'enétaii pas ainsi, il faudrait recommencer entièrement le poli.
Si, au contraire, la glace n'était pas neuve et qu'elle eût déjà fourni des épreuves, elle portera soit uni couche d'albumine, soit une image négative qu'or veut effacer. Dans ce cas, on doit mouiller la couclu d'albumine de la plaque avec de l'ammoniaque 01 avec une solution concentrée de carbonate de soude L'ammoniaque ramollit la couche albumineuse, et ai' bout de quelques instants, en frottant avec un morceau de toile ordinaire, l'albumine se détache complètement du verre. On lave à l'eau, on essuie ave< un linge et on pose la plaque sur un de ses angle.' pour qu'elle sèche d'elle-même ; ensuite on la polit ai moyen du souffle et de l'alcool, comme il a été dit poujf une plaque neuve. r
Les plaques de verre polies sont mises à l'instant .ême dans une boîte spéciale à rainures., qui sert à s conserver et à les défendre contre la poussière, juswexL moment où elles seront albuminées. On devra marquer la partie polie de la plaque pour pouvoir préserver du contact des doigts lorsqu'on la sortira 3 la boite ; il suffit pour cela de coller un petit moriau de papier sur le revers de chaque glace. Mais serait encore plus expéditif de tourner simplement jutes les faces polies des plaques, vers le même côté ì la boîte, que Ton reconnaîtra toujours par un signe rtérieur placé sur cette même boîte, ou par la position 3 la charnière.
Il se forme quelquefois, sur les plaques qui ont déjà rvi, un dépôt d'argent métallique, qui adhère avec nt de force, que l'action de l'alcool et de l'amnfoniaîe sont insuffisants pour l'enlever. Dans ce cas il lut mouiller la plaque avec de l'acide nitrique (eau rte) étendu d'eau dans la proportion de 1 d'acide pur 5 d'eau. On enlèvera ainsi tout le dépôt d'argent. , Pour obtenir le même effet, on a proposé d'attaquer
superficie du verre avec du tripoli, du rouge d'Ani eterre ou d'autres poudres plus dures, délayées dans jilcool ou la térébenthine ; mais cela n'est nullement pcessaire, et c'est une opération ennuyeuse et malpopre.
Pour frotter la plaque et pour la polir, on se sert ,'dinairement de coton cardé, au lieu de linge de iile. Le coton a l'inconvénient de déposer sur les ,)rds de la glace une multitude de petits poils qui se iélangent à l'albumine, lorsqu'on l'étend. Les étoffes
ir
de laine, qui ont été proposées par d'autres personnes,. D sont encore moins propres à cette opération,, soit parce e que le verre ainsi échauffé se charge d'électricité qui \^ attire la poussière , soit parce que la laine contient naturellement une substance grasse qui résiste à Faction de Falcool et de l'ammoniaque liquide.
Le poli de la glace doit être l'objet de tous les soins du photographe ; il doit surtout ne pas trop se presser, comme le font toujours les commençants ; il vaut bien mieux employer 10 minutes de plus à cette opération, que de manquer une épreuve qui aura coûte plusieurs heures de temps et de soins. Si la glace n'était pas parfaitement polie, l'albumine ne s'y éten- 1 drait pas d'une manière égale, et on courrait le risque , de la voir se détacher du verre sous l'action des dif- ( férents bains. M. Martens de Venise me disait un jour j que ses glaces neuves retenaient plus fortement J'aKi bumine que les glaces ayant déjà servi, quelques soins qu'il prit pour les repolir. Avec mon albumine additionnée de gomme et de sucre, je n'ai jamais remarqué aucune différence sensible de ce genre.
2° Extension de l'albumirie sur la glace.
Prenez avec soin votre glace dans la boîte à rainures où vous l'avez mise après le poli, et la soutenant de la main gauche, passez rapidement à la superfìcie qui a été polie un large pinceau de blaireau, pour chasse] la poussière et les petits corpuscules filamenteux e1 pulvérulents à peine visibles, qui ont été attirés pai Félectricité développée en frictionnant le verre.
APPLICATION DE i/aLBUMINE SUR LE Y ERRE. 41
Placez alors la glace sur un petit support bien de Iniveau, et posé sur une table du laboratoire. Il est bien 'entendu que la partie supérieure du verre sera celle qui a été polie.
Au moyen d'une pipette de verre parfaitement propre, aspirez une quantité suffisante d'albumine préparée, décantée, bien limpide, et versez-la sur le milieu de la glace.
Enlevez ensuite cette glace et inclinez-la doucement bans tous les sens pour étendre l'albumine sur toute la superfìcie. Vous pourrez vous aider d'une petite baguette de verre pour étendre l'albumine, dans le cas où il se formerait des vides. Ces vides se manifestent toujours quand la glace est légèrement grasse ou malpropre, mais ils peuvent encore être causés par un excès de siccité du verre ; dans ce dernier cas, vous faciliterez l'épanebement de l'albumine, en dirigeant légèrement votre baleine sur le verre.
Après avoir bien réparti l'albumine sur toute la surface polie, inclinez légèrement votre plaque vers • un de ses angles, pour y rassembler la plus grande : partie du liquide; ensuite relevez la plaque avec une certaine promptitude, et abaissez fortement l'angle ! opposé, pour faire écouler l'excès d'albumine, et pour donner en même temps à l'albumine qui s'écoule un ? mouvement plus rapide, afin qu'elle entraîne plus facilement avec elle les substances étrangères qui nagent à sa surface. Ces substances voltigent continuellement [ dans l'air et sont produites dans le laboratoire par 1 l'agitation de nos vêtements et par le contact des ob- 1 jets environnants.
Après avoir enlevé de la plaque tout l'excès d'albumine, on la place promptement, à l'abri de la poussière, dans une boîte appropriée à cet usage. On doit maintenir la plaque sous une légère inclinaison de deux ou trois degrés, vers l'angle de sortie du liquide, parce que si on la mettait tout-à-fait à plat, le liquide rassemblé à la partie supérieure reviendrait sur luimême, vers le centre de la glace, et ne manquerait pas de produire une onde bien marquée d'albumine qui gâterait l'épreuve négative.
En opérant de cette manière, la couche d'albumine est toujours un peu plus épaisse vers l'angle de sortie, mais cette épaisseur augmente graduellement sans solution de continuité, et dans la suite il n'en résulte aucun inconvénient sérieux.
Quand on n'a pas le temps d'attendre, on peut faire sécher immédiatement la glace albuminée au moyen de la chaleur. Ayez pour cela une lampe à double courant d'air, comme celles dites à modérateur; ces lampes produisent à la fois une grande lumière et une chaleur intense. Après avoir enlevé l'excès d'albumine de la glace, on la place au-dessus de la flamme de la lampe, à une distance suffisante pour sécher l'albumine, en commençant par l'angle supérieur et en descendant à mesure que l'albumine s'échauffe en dégageant de la vapeur. En peu de temps l'albumine sera parfaitement sèche.
Il faut bien se garder de trop chauffer la glace, parce » que l'albumine en séchant se crevasserait infaillibleipent, et il deviendrait impossible d'en faire quelque chose de bon. En maintenant la glace albuminée au-
lessus de la lampe, on doit toujours la tenir légèrenent inclinée pour faciliter l'écoulement du liquide «cédant. L'inclinaison ne devra pas dépasser 30 degrés. On pourra remplacer la lampe à modérateur par ine simple lampe à alcool qui sera encore plus convenable pour cette opération.
Bien qu'on en ait dit, il n'est pas possible de faire îécher le verre albuminé au-dessus d'un fourneau ni levant le feu d'une cheminée, parce qu'il se chargerait d'une myriade de molécules de poussière ou de rendre suspendues dans l'air, et qui produisent autant de points noirs, sous l'action du liquide révélateur.
La méthode que nous venons de décrire est celle ju'on doit suivre pour des glaces d'une dimension un peu grande; mais pour appliquer avec succès l'albumine sur des glaces plus petites, celles qui sont iestinées aux épreuves stéréoscopiques, positives ou aégatives, il sera indispensable de suivre le procédé suivant, décrit dans l'excellent ouvrage de Couppier, I chimiste.
« La manière la plus commode de tenir la glace, et la seule d'ailleurs applicable au mode d'albuminage généralement employé, et que je vais indiquer comme la plus sûre et la plus facile, consiste à la prendre à ['aide d'un mandrin de bois qu'on y colle préalablei aient dans le milieu.
A cet effet, on doit se munir de deux ou trois mandrins de 20 centimètres environ de long, sur 3 ou 4 centimètres de diamètre ; celle des extrémités qui doit être appliquée sur la glace est creusée d'une feuillure
de 1 ou 2 centimètres,, de manière à présenter à la vue l'aspect d'un tube à parois de i centimètre d'épaisseur.
On enduit alors d'une légère couche de gutta-percha la surface annulaire que présente cette extrémité de chacun des mandrins, et, après avoir posé les glaces sur du papier très-propre, le côté nettoyé en contact avec le papier, on chauffe dans la flamme d'une lampe à alcool la gutta-percha des mandrins que Ton applique aussitôt sur l'envers des glaces, en ayant soin de les placer le plus possible dans le milieu.
Quelques minutes suffisent pour que l'adhérence soit parfaite.
Lorsque la gutta-percha est refroidie, on prend la glace par ce manche et on enlève parfaitement la poussière qui est restée attachée à sa surface.
On fait ce dernier nettoyage d'abord à l'aide d'une peau de daim souple et propre, puis enfin avec un blaireau large et fin, qui, passé légèrement sur la glace, finit de faire disparaître toute trace de poussière.
Il est bien entendu que cette dernière opération se fait au moment d'étendre l'albumine, et qu'on doit y apporter tous ses soins, si l'on veut éviter de voir se former sur le cliché, au moment du développement de l'image , une foule de points noirs qui sont dus à autant de grains de poussière laissés sur la glace.
Le choix du verre qui doit recevoir la couche d'albumine n'est pas indifférent; on ne peut employer à cet usage que du verre dressé et poli exprès, connu dans le commerce sous le nom de glace mince pour négatif. »
APPLICATION DE l' ALBUMINE SUR LE VERRE.
De l'albuminage des glaces.
« Il ne suffit pas seulement, pour échapper à la poussière, de l'avoir parfaitement enlevée de dessus la glace, mais il faut encore éviter celle qui peut y tomber pendant l'albuminage.
De là, on comprendra la nécessité de faire cette opération dans un appartement très-propre, exempt de courants d'air, et arrosé, s'il est possible, quelque temps auparavant.
Toutes choses étant ainsi disposées, on prend une glace, et la tenant horizontalement, on y verse une petite quantité d'albumine préparée, conformément a ce qui a été dit, décantée et parfaitement limpide.
Cette petite quantité d'albumine doit être cependant suffisante, pour qu'à l'aide d'un léger mouvement et d'une baguette' de verre, on puisse facilement en recouvrir toute la surface de la glace.
Lorsque le liquide est bien uniformément répandu, on en enlève l'excès, soit en penchant la glace dans divers sens, de manière à le faire arriver sur ses bords, d'où on l'aspire alors avec une pipette de verre, soit simplement en le laissant écouler par un angle.
Lorsqu'il ne reste plus sur le verre que la quantité d'albumine qu'on juge convenable, on tâche, par un mouvement de la main, de la ramener vers le miheu de la glace, et alors, en frottant l'une contre l'autre les deux mains entre lesquelles on tient le mandrin pressé, on imprime à la glace un léger mouvement de rotation horizontale.
La couche d'albumine, quoique très-mince, s'étend alors très-régulièrement.
On doit prendre garde à ce que le mouvement ne soit ni trop prolongé ni trop rapide, parce qu'il finirait par chasser le liquide du milieu de la glace sur les bords.
Quelques expériences doivent suffire pour amener l'amateur à pouvoir, presque à coup sûr, albuminer convenablement une glace.
La glace étant albuminée, on en détache le mandrin par torsion, et on la laisse sécher à l'abri de la poussière.
La manière la plus commode de faire sécher les glaces consiste à les placer, à mesure qu'elles sont albuminées, dans une boîte à rainures où elles conservent la position horizontale, et dans laquelle se trouvent intercalées entre chacune d'elles des planchettes mobiles, glissées également dans les rainures et destinées à activer la dessiccation.
La boîte elle-même est soutenue sur trois vis calantes qui servent à en établir l'aplomb parfait.
Il est bon de sécher le plus rapidement possible la couche d'albumine, et pour cela on ne doit introduire les glaces dans la boite que lorsque celle-ci, ainsi que les planchettes, ont été chauffées préalablement.
On peut de même, pendant la dessiccation, retirer de temps en temps les planchettes pour les chauffer -et les replacer chaudes. »
L'opérateur ne saurait prendre trop de précautions et de soins dans cette opération d'albuminage des glaces, qui est peut-être la plus difficile et la plus ira-
APPLICATION DE i/ ALBUMINE SUR LE VERRE. 47
portante de toutes pour arriver au succès. Pour éviter la poussière, on devra albuminer dans une chambre bien propre, où il n'existe pas de couiant d'air; on aura soin d'arroser le parquet et d'asperger un peu d'eau dans l'air, comme le font les imprimeurs sur étoffes, avant de commencer cette même opération.
Au moment où l'on verse l'albumine sur la glace, au moyen de la pipette, il faut approcher celle-ci trèsprès de la superficie du verre, afin que la chute du liquide ne produise pas des bulles d'air qui pourraient défigurer l'épreuve. Lorsque ces petites bulles se manifestent, il faut les réunir au moyen de la baguette de verre avant de faire écouler l'excès d'albumine, parce qu'il est alors plus facile de s'en débarrasser.
Il ne faut pas avoir peur que le liquide étendu sur j le verre se répande au moment où on incline la glace; on verra en effet que les bords du verre opposent un obstacle naturel au passage de l'albumine ; cependant si elle parvenait à se faire une issue, il faudrait redoubler d'attention pour éviter la perte du liquide.
L'excès d'albumine qui s'écoule de la giace, doit être versé dans un flacon à part ; on le filtrera ensuite à travers un tamis double, garni en outre d^une mousseline, avant de l'employer à albuminer d'autres verres. On pourra encore laisser l'albumine se clarifier par l'effet du repos, la décanter et l'enlever avec une pipette; on arrivera ainsi au même but, et les résultats seront encore plus parfaits et plus certains. Toutefois cette dernière méthode entraîne nécessairement quelques lenteurs.
Ce n'est pas chose très-facile de juger du moment
précis où l'on doit relever la glace, dont on laisse écouler l'excès d'albumine par un de ses angles. Si on laisse le verre trop longtemps incliné, il y restera une couche par trop mince d'albumine ; et l'inconvénient contraire aura lieu, si on arrête trop tôt l'écoulement. Une couche mince à l'excès ne peut donner de bons résultats, et le dessin produit manque de vigueur. Une couche trop épaisse, au contraire, est difficile à sensibiliser convenablement, parce que le nitrate d'argent qui sert à transformer l'iodure de potassium en iodure d'argent et qui augmente par sa présence la sensibilité de ce dernier, se décompose entièrement dans l'épaisseur de l'albumine, en sorte qu'il devient sans influence sur la sensibilité photogénique de la couche d'albumine.
OBSERVATION
Emploi du savon pour le nettoyage des glaces.
L'alcool, l'ammoniaque, la potasse, la soude sont employés au poli des glaces à cause de» leur propriété de dissoudre les graisses.
^ Le savon est une substance qui m'a parfaitement réussi pour laver les glaces, mais je ne sache pas qu'il ait encore été proposé pour cet usage. En faisant à chaud une eau de savon un peu concentrée, et en y ajoutant une certaine quantité de carbonate de potasse, on obtient un liquide qui est éminemment propre à dissoudre les corps gras, et qui, sous ce rapport, me paraît préférable à tous les autres moyens que l'on a employés. Le mode d'agir du savon n'est pas seulement chimique pour s'assimiler les contraires, il est
encore physique, c'est-à-dire qu'il attire les semblables. Le savon enlève avec une extrême facilité la graisse >t les impuretés qu'il rencontre, en formant avec elles ine espèce d'émulsion. Après avoir nettoyé la glace avec le savon, il faut avoir soin de la laver encore ivec une solution étendue de carbonate de potasse, it, en dernier lieu, avec de l'eau. Les plaques soumises à ce procédé seront très-propres et bien polies.
L'argent métallique qui, avec le temps, se dépose >ur les glaces n'est pas , à beaucoup près , aussi à ;ramdre que les graisses pour entraver l'extension aniforme de l'albumine sur le verre. C'est pourquoi 'opérateur, après avoir décapé la glace au moyen de .'acide nitrique, étendu d'eau, comme nous l'avons lit plus haut, doit encore la passer à l'eau de savon pour enlever toutes les traces de graisse qui pourraient rester sur le verre. Nous devons cependant ivertir, qu'avant d'employer le savon, il faut neutraiser l'acide du premier lavage en plongeant la glace ians une solution de carbonate de potasse ou de soude ; ii on négligeait cette précaution, on obtiendrait un }ffet tout contraire, et le verre se graisserait partout.
TROISIÈME OPÉRATION
Dans 100 grammes d'eau faites dissoudre : Azotate d'argent 8 gr.
Ajoutez ensuite :
Acide acétique cristalli sable. 16 gr.
Guide du Photographe. 5
Cette solution, désignée par Talbot, sous le nom d'acéto-nitrate d'argent, doit être faite à froid dams un vase de verre ou de porcelaine. On devra employer de Feau distillée, ou au moins de l'eau de pluie. On pourrait encore se servir d'eau ordinaire, mais elle! contient toujours en dissolution une plus ou moins grande quantité de chlorures, qui forment avec le nitrate d'argent un précipité blanc, laiteux, qui trouble le liquide. Il faut donc, dans ce dernier cas, filtrer lé dissolution dans un entonnoir garni d'un papier s filtrer, avant de l'employer à sensibiliser la glace albuminée.
OBSERVATIONS
1° Modifications que l'acéto-nitrate d'argent subit, et moyen d'y remédier.
Sous l'influence prolongée de la lumière, l'acéto nitrate d'argent se décompose partiellement, en lais* sant tomber au fond du flacon un précipité noir. Pou.| éviter cet effet, on met ordinairement Facéto-nitrat< dans un flacon de verre coloré ; toutefois, le verre blei! ne vaut pas beaucoup mieux que le verre ordinaire par la raison que les rayons bleus sont très-photogé niques. '
L'acéto-nitrate d'argent se conserve indéfiniment lorsqu'on le tient à l'obscurité et dans un flacon biei bouché. Employé à sensibiliser les glaces, il dure jus qu'à épuisement du liquide. S'il se trouble, on 1; filtre, et s'il vient à perdre, par la volatilisation, un quantité notable d'acide acétique, on en remet, san
lépasser la proportion du cinquième de celui qu'on a imployé primitivement lors de la préparation du barn. Le défaut d'acide acétique se reconnaît à l'odorat, nais surtout par la tendance qu'ont les épreuves négatives à se tacher dans le bain révélateur.
Le bain sensibilisateur, en contact avec l'air, se recouvre constamment d'une couche légère d'argent Silique réduit par la poussière qui voltige dans Fair, ou par d'autres substances réductrices qu'il contient lui-même, depuis le moment où l'on a commencé à s'en servir.
Dans les grands froids, ou quand le liquide s est concentré par une évaporation lente, il se dépose des cristaux en forme d'aiguilles, qui se redissolvent a une température plus élevée, ou bien en allongeant convenablement le liquide.
L'acéto-nitrate d'argent, après avoir servi quelque temps, prend, même à l'obscurité, une couleur brune qui résiste à la filtratura, parce que la matière colorante est en dissolution dans le liquide; mais la terre à porcelaine ou kaolin réussit à le rendre presque incolore. Je ne suis pas bien convaincu que cette couleur de l'acéto-nitrate soit nuisible aux négatives sur verre; aussi, le photographe ne doit point s'en préoccuper.
Lorsqu'il s'agit de négatives sur papier, cette coloration peut devenir nuisible. C'est pourquoi on conseille de clarifier le liquide au moyen du charbon animal; mais cette méthode ne pourrait pas être appliquée dans le cas qui nous occupe, car, suivant les expériences de M. Legray, l'acéto-nitrate d'argent,
mélangé de charbon animal, acquiert la singulière propriété de dissoudre l'albumine.
2° Dosage convenable de Vacéio-nitrate 'd'argent.
Presque tous les photographes ont une manière différente de préparer leur acéto-nitrate d'argent, sous ]e rapport de la quantité des substances qui 1$ composent. Cela prouve qu'il existe une certaine latitude, quant à la composition et à la concentration de ce liquide. Les commençants, pour ne pas augmenter les chances d'insuccès, feront bien, toutefois, de s'en tenir aux proportions indiquées plus haut.
Après avoir préparé le bain sensibilisateur, on constate, au moyon d'un aéromètre, le degré qu'il indique. Lorsqu'il a servi pendant longtemps, on peut essayer de nouveau le degré de la solution ; si elle est trop concentrée, on pourra l'étendre d'eau et d'acide acétique, dans la proportion primitive, pour le ramener à son degré normal. Mais pour obtenir rigoureusement les mêmes résultats, il faudrait encore pouvoir détruire les altérations incessantes produites par les substances contenues dans l'albumine des glaces, et qui, à la longue, abandonnent dans la solution du nitrate de potasse, de Fiodure et du brômure d'argent, etc.
3° Action du bain 'pendant la sensibilisation.
L'acéto-nitrate, au moment où on y plonge la glace, coagule, c'est-à-dire, rend insoluble l'albumine, et
donne naissance à une double réaction avec les sels contenus dans la couche alhumineuse. La combinaison sensible qui en résulte est principalement Fiodure d'argent ; cependant, ce composé à lui seul est loin d'être aussi sensible à la lumière que quand il se trouve en présence du nitrate d'argent.
L'acide acétique n'augmente en aucune manière la sensibilité de l'iodure d'argent quant à l'action lumineuse ; il a plutôt pour effet de l'amoindrir. Cependant, il est nécessaire de l'ajouter au bain, parce qu'il conserve les blancs de l'épreuve et les empêche de
noircir. , .
D'autres substances, ajoutées à l'acéto-nitrate d argent, paraissent avoir une certaine influence sur la propriété impressionnable de l'iodure d'argent aux rayons lumineux. Talbot, dans son premier procédé, avait indiqué dans cette vue l'acide gallique. M. Martins, dans son ouvrage, propose d'ajouter du carbonate de potasse ou de soude (pour 30 parties de nitrate d'argent et 36 d'acide nitrique 1 à 1 1/2 de carbonate) ; il assure que cette combinaison offre un trèsgrand avantage, non-seulement pour neutraliser l'acide nitrique qui peut se trouver à l'état libre, mais encore pour déterminer la formation d'une certaine quantité d'acétate d'argent.
Il existe un moyen bien plus simple d'accroître la sensibilité de l'albumine; il consiste à diminuer la dose d'acide acétique dans le bain sensibilisateur ; par exemple, à la réduire de 16 à 12 p. 0/o dans la formule indiquée plus haut. En substituant l'acide pyroligneux à l'acide nitrique cristallisable, on aug-
menterait encore la sensibilité photogénique, par la raison que Facide pyroligneux est plus dilué.
Le secret d'obtenir le maximum de sensibilité avec l'acéto-nitrate d'argent consiste donc principalement à le maintenir au moindre degré possible d'acidité; mais, hâtons-nous d'ajouter qu'avec une quantité d'acide, relativement forte, il est plus facile d'obtenir constamment de bons résultats et de conserver l'albumine plus longtemps sensible ; mais il devient alors nécessaire de prolonger un peu plus la durée de la pose.
On a prétendu calculer, au moyen des équivalents chimiques, la quantité de plaques albuminées que l'acéto-nitrate peut sensibiliser. Mais, dans notre espèce, ce calcul ne peut pas être fait avec quelque justesse, et il serait d'ailleurs inutile de s'en occuper. Une étude bien autrement sérieuse est celle des corps f qui entrent dans la composition de l'acéto-nitrate d'argent.
4° Du nitrate d'argent.
En parlant de cet élément essentiel du bain sensi- L bilisateur, nous nous arrêterons sur les points suivants : |
a. Propriétés chimiques et préparation du nitrate d'argent.
ò. Ses propriétés photogéniques.
c. Moyen de récupérer le nitrate d'argent qui se j perd dans la sensibilisation, le fixage, etc.
A. Propriétés chimigues et préparation du nitrate d'argent.
Le nitrate d'argent est composé d'acide nitrique t d'oxyde d'argent combinés chimiquement ensemble ous la forme que nous lui connaissons. 11 est repréenté parles chimistes sous la formule A gO, N O8; son quivalent est exprimé par le chiffre 170. A la tem- >érature de + 1 S", il est soluble dans son poids d'eau ; •eau bouillante en dissout le double de son poids, .'alcool bouillant en dissout le quart de son poids, et lans l'alcool froid il ne s'en dissout qu'une très-petite traantité. Lorsqu'on le chauffe dans un creuset, il fond; et à une température plus élevée, il perd son oxygène, et sa solution devient alcaline à la réaction du papier tournesol, parce qu'il contient alors du nitrite et de l'oxyde d'argent. On le décompose parle fer, le zinc, le mercure, le cuivre qui précipitent l'argent à l'état métallique et le remplacent dans sa combinaison avec l'acide nitrique. Enfin il exerce une action corrosive sur les corps organiques du règne animal. La pierre infernale n'est pas autre chose que du nitrate d'argent fondu.
Autant que possible on ne doit jamais mélanger du nitrate d'argent avec l'ammoniaque liquide, ni avec des solutions de sels ammoniacaux, parce qu'il se produit alors une combinaison très -dangereuse d'oxyde d'argent et d'ammoniaque, qui se dépose sous la forme d'une poudre noire. Cette poudre que l'on appelle argent fulminant, est explosive au plus haut degré, et la
cause la plus insignifiante peut déterminer une déton^ nation d'une force épouvantable.
Rien n'est plus facile que la préparation du nitrate, „ d'argent; toutefois l'opération devra être faite à l'ai libre, pour ne pas être incommode par les vapeurs qui se développent. On met dans une capsule de porcelaine :
Argent 1 partie.
Acide nitrique 2
Eau 2
On applique une légère chaleur, et quand la solution) est complète, on la fait évaporer jusqu'à siccité. En élevant plus haut l'action de la chaleur, le sel entre bientôt en fusion et perd toute trace d'acidité. Le nitrate d'argent fondu est le seul que devraient employer les photographes, attendu que le nitrate d'argent cristallisé du commerce est presque toujours acide, et qu'il pourrait apporter de graves perturbations dans les opérations photographiques.
Pour préparer le nitrate d'argent, on peut faire usage de l'argent monnayé, qui contient un dixième de son poids de cuivre. Dans ce cas il se produit en même temps du nitrate de cuivre qui reste mélangé avec le nitrate d'argent. Ce nitrate de cuivre, encore bien qu'il ne soit pas de nature à contrarier les opérations suivantes,» peut cependant être éliminé du nitrate d'argent en élevant la température du sel lorsqu'il I est en fusion. La chaleur précipite l'oxyde de cuivre insoluble que l'on sépare, en faisant dissoudre le sel et en filtrant la dissolution.
Pour obtenir le nitrate d'argent parfaitement pur, a précipite, au moyen du chlorure de sodium, la soition du nitrate d'argent de monnaie. Le précipité btenu est lavé dans l'eau, on le rend acide avec de iacidechlorhydrique étendu et l'on y ajoute quelques lorceaux de zinc, l'argent se précipite immédiaterient sur le zinc à l'état métallique, sous la forme de »oudre noire. On lave cette poudre avec de l'acide hlorhydrique ou de l'acide sulfurique étendu, pour Lissoudre les portions de zinc qui s'y trouvent mélanges et obtenir ainsi l'argent à l'état de pureté ; enfin mfait dissoudre cet argent dans l'acide nitriquecomme nous l'avons dit, et il en résulte un nitrate parfaitement pur. L'argent de coupelle produirait- aussi avec l'acide nitrique un nitrate d'argent suffisamment pur.
Le photographe trouvera utile de préparer lui-même !le nitrate d'argent dont il a besoin, parce qu'on le lui 'vend souvent un prix exagéré 5 et d'ailleurs le photographe de profession et le simple amateur ont déjà à 'supporter bien d'autres dépenses, qui sont loin de fa- I voriser les progrès de l'art.
B. Propriétés photographiques du nitrate d'argent.
Ce sel a la propriété de rendre sensible par lui- I même le papier sur lequel on l'étend, sans qu'il soit : besoin d'aucune autre préparation. Mais un papier préparé de cette manière ne pourrait servir à prendre des épreuves négatives dans la chambre jaoire, parce ! qu'il n'est pas assez sensible. On prétend cependant ! qu'il réussit assez bien, lorsqu'on l'emploie pour le ti-
rage des épreuves positives, et qu'il a un avantage sur tous les autres papiers photogéniques, celui d< donner des positives que Ton peut parfaitement fixei par un simple lavage à l'eau chaude.
Les solutions de nitrate d'argent, sous l'influence de la lumière, tachent la peau et le linge en un noii très-solide. A cause de cette propriété, le nitrate d'argent forme la hase d'une encre à marquer la toile et le calicot : on pourrait très-bien lui donner le nom d'encre photographique. Etendez d'abord sur le linge!
une solution de :
Gomme arabique 1 gram.
Cristaux de soude 4 —
Eau 16 —
Laissez sécher et écrivez avec une encre ainsi composée :
Nitrate d'argent 4 gram.
Gomme arabique 4 —
Eau 16- —
En exposant ensuite les caractères à la lumière, l'on |i obtient une écriture d'un noir indélébile.
C. Moyens de récupérer le nitrate d'argent qui se perd dans les opérations.
Dans les opérations photographiques il se perd beau- j coup d'argent sous diverses formes, et la quantité I réellement utilisée n'est que celle que l'on retrouve en I définitive sur une bonne épreuve. Mais si on a le soin jj de précipiter, au moyen du chlorure de sodium, les !
PRÉPABATION DU BAIN SENSIBILISATEUR. 89
>aux qui ont servi au lavage des glace, sensibilisées eTliquides qui ont servi à développer l'image , si i on on serve les filtres, les épreuves manquees, les papC Juiont servi à essuyer le nitrate etl^o-nitrate d'argent, on peut recouvrer presque tout lar
ST° SÌ les précipités impurs, les papiers, etc., sont brûlés pour détruire la matière organique, et les cendres qui en proviennent sont placées dans un meange kcide nìrique et d'acide chlorhydrique, pour convertir les sels d'argent en chlorure d'argent. Le iure ainsi obtenu peut être traité de deux manières différentes : par la voie humide, comme nous ïavons déjà vu, ou par la voie sèche. Cette dernière consiste à calciner dans un creuset de terre 100 paries de chlorure d'argent avec 70 parties de marbre blanc et 4 parties de charbon, ou33 parties de resine e t à y ajouter du borax, quand les vapeurs ont cesse de se dégager. L'argent métallique qui se rassemble au fond du creuset est dissous dans l'acide nitrique, et l'on obtient ainsi un nouveau nitrate d'argent avec toutes ses propriétés primitives.
2» Mais quand le nitrate d'argent a ete melange, quand il s'est combiné avec l'hyposulfite de soude on ne peut plus opérer de la même manière; il faudra d'abord changer tout l'argent en sulfure, soit en acidifiant fortement le mélange, soit en le soumettant a l'action de l'acide sulfhydrique.
On mélange ensuite le sulfure d'argent avec de la limarne de fer, on le fait fondre à la chaleur rouge g et le produit calciné de nouveau avec du salpêtre et
du borax abandonnerai-argent, en le mettant dan- 1 eau, qui dissoudra le sulfate de fer formé. Toutefois avec l'argent, il se dépose encore du fer; aussi on ] dissout dans l'acide nitrique, et dans cette dernière solution on précipite l'argent sous la forme de chlorure. On peut encore traiter le sulfure d'argent avec du chlorure de cuivre ou avec un mélange de chlorure de sodium et de sulfate de cuivre. En peu de jours le sulfure d'argent se change entièrement en chlorure dont on extrait l'argent par la voie humide ou par la voie sèche.
Nous aurions encore à parler de l'acide acétique et de 1 eau qui entrent dans la composition du bain sensibilisateur, mais la description de ces deux corps sera plus convenablement placée dans la dernière partie de cet ouvrage.
QUATRIÈME OPÉRATION
SENSIBILISATION DE L'ALBUMINE.
L'opération de rendre la glace albuminée sensible à la lumière, doit être exécutée à la simple lueur d'une bougie, ou tout au moins dans un cabinet faiblement éclairé par une petite ouverture garnie d'un verre jaune. Si l'on n'avait pas de ce verre à sa disposition, on étendrait sur les vitres de la fenêtre une couche de vernis jaune composé d huile de noix et de jaune de chrome ; ce vernis s'applique sur le verre au moyen d'un tampon de coton recouvert d'un chiffon de toile fine, en frappant légèrement sur la vitre le
SENSIBILISATION DE L' ALBUMINE. 6i
tampon imbibé d'une petite quantité de vernis ; il s'étend ainsi régulièrement sur le verre, et prend un grain fin très-convenable. Toutefois, comme ce vernis est sujet à s'endommager, il est plus avantageux de garnir la vitre de la fenêtre du cabinet noir avec da papier jaune, que l'on teint dans une solution aqueuse concentrée d'acide picrique, et qu'on rend transparent en y appliquant une couche d'huile.
Sensibiliser l'albumine, c'est mettre la couche albuminée de la glace en contact avec l'acéto-nitrate d'argent; sous son influence, l'albumine se coagule, l'iodure de potassium qu'elle renferme se transforme en iodure d'argent insoluble et sensible à la lumière.
L'acéto-nitrate d'argent doit être étendu promptement, et sans solution de continuité, sur toute la surface albuminée ; c'est là une condition indispensable pour la bonne réussite de l'opération. On peut suivre trois différentes méthodes pour obtenir ce résultat.
Première méthode. — Elle consiste à plonger vertii calement le verre albuminé dans l'acéto-nitrate d'argent contenu dans un vase vertical de forme convenable. Ce vase a la forme d'un parallélipipède oblong, ayant à son orifice un espace vide suffisant pour éviter l'épanchement du liquide, lorsqu'on y plonge la glace à sensibiliser. Il est composé de deux lames de verre, de dimension un peu plus grande que la glace, et d'un châssis de bois muni de rainures convenables sur ses côtés intérieurs. C'est dans ces rainures que l'on place les deux lames de verre en face l'une da l'autre, à la distance d'environ un centimètre et demi; les vides laissés par les verres dans les rainures sont Guide du Photographe. 6
remplis d'un mastic résineux imperméable. Si Ton n veut que ce récipient soit bien étanche, il faut que le g mastic ne soit ni trop dur, ni trop fragile, ni trop gl mou. Un mélange fait à chaud, avec 100 parties de, B colophane et 18 parties d'huile de noix, appliqué ^ aussi à chaud et en chauffant légèrement le vase pour éviter que le verre n'éclate, est très-convenable pour produire une adhérence parfaite entre le bois et le verre. Si Ton introduit la plaque albuminée dans un vase de cette fornje, rempli de bain sensibilisateur, on n'éprouvera aucune difficulté sérieuse pour l'y j plonger régulièrement et sans solution de continuité. T
Mais, outre que cette méthode exige une grande^ quantité d'acéto-nitrate d'argent, il s'en perd encore beaucoup, par la nécessité de baigner les deux sur- j faces de la glace dans le liquide sensibilisateur; de r plus, le photographe est obligé de déterminer, dès le j principe, la position du ciel de l'image négative. Ce j sera naturellement la partie de la glace qui plonge dans le fond du vase.
On trouve dans le commerce des cuvettes verticales en gutta-percha pour la sensibilisation.
Deuxième méthode. — Après avoir versé le bain sensibilisateur dans une cuvette large et profonde, on soulève une des extrémités de cette cuvette, de manière à ce que le liquide se rassemble tout entier sur un seul côté ; on place la glace à sensibiliser sur la partie de la cuvette qui est restée à sec, et, au moyen d'un mouvement convenable , on . abaisse promptement, mais sans précipitation, la cuvette. L'acéto-nitrate recouvre ainsi d'un seul coup, et d'une
SENSIBILISATION DE l' ALBUMINE. 63
nanière continue, toute l'albumine étendue sur la çlace. Pour bien réussir, il faut que le liquide soit Suffisamment abondant. Cette méthode est assez comnode et avantageuse pour les glaces de petite dimen- ;ion. C'est celle qui convient le mieux lorsque Ton )père sur collodion; mais pour les glaces plus grandes, kle ne peut pas remplacer celle que nous allons décrire.
Troisième méthode. — Cette dernière, qui me parait la meilleure sous le rapport de l'économie et de la propreté, consiste à recouvrir la partie albuminée du verre avec l'acéto-nitrate d'argent, de manière à ce gue le liquide ne touche pas le revers de la glace. ! On chauffe d'abord une des extrémités d'un bâton de gutta-percha ou d'un morceau de cire, rendu© moins fragile et plus collante avec un peu de térébenthine, et l'on applique cette extrémité chauffée sur le milieu du revers de la glace albuminée. Au bout de quelques instants, le bâton s'attache assez fortement à la glace pour qu'on puisse s'en servir comme d'un manche pour la tenir ; on la met à part pour la laisser refroidir complètement. On verse alors l'acétonitrate dans une cuvette large et peu profonde, et l'on passé à la superficie du liquide le bord d'une carte bien polie pour enlever entièrement la pellicule d'argent métallique qui a pu se former au-dessus du bain ; la hauteur du liquide dans la cuvette devra s'élever à environ 1 centimètre, pour éviter les bulles d'air sur la glace albuminée. -
Lorsque le petit manche de gutta-percha ou de tire est bien refroidi, on prend la glace et on l'intro-
doit dans l'acéto-nitrate, sous une légère inclinaison, et en ayant soin qu'elle touche à peine le liquide, d'une manière régulière, prompte et sans hésitation.
Aussitôt que toute la surface albuminée se trouve en contact avec le liquide, la glace tend à nager, et! l'opérateur profitera de cette disposition pour la soutenir, en sorte que le revers ne soit pas baigné inutilement.
Ici, comme en toute chose, il faut uîi peu d'expé-j rience avant de réussir, il faut d'abord acquérir la dextérité convenable, pour opérer à coup sûr et avec! la régularité voulue.
Il est essentiel que la gutta-percha ou la cire soit| tout-à-fait refroidie, parce que la plus légère chaleurfl qui pourrait encore rester dans le verre produirait! une tache désagréable au centre de répreuve néga-| tive, et qui se reproduirait plus tard sur l'épreuve* positive.
Pour sensibiliser les glaces de petite dimension.! on peut se servir d'un fil d'argent plié par le milieu1; et recourbé en deux petits crochets divergents à égakj distance de chacune de ses extrémités ; ces crochetij servent à prendre la glace, et remplacent avec avantage la gutta-percha et la cire.
Quelques auteurs conseillent d'introduire la glace dans le bain sensibilisateur en la guidant par un de ses côtés avec un crochet d'argent, de platine ou simplement de baieine ; je ne pense pas que cet instruit ment puisse être employé avec succès, principale! ment pour les plaques un peu grandes (1).
(i) Le manche le plus convenable dont on puisse se servir poujj
SENSIBILISATION DE i/ ALBUMINE. 65
De quelque méthode qu'on se serve pour introduire a glace dans le bain sensibilisateur, on l'y laisse séourner pendant 20 ou 25 secondes ; on la retire, on a laisse égoutter un moment, par un de ses angles, iu-dessus du bain, et ensuite on l'immerge penlant quelques secondes dans une bassine remplie i'eau ordinaire. L'eau distillée serait certainement préférable ; cependant, l'eau commune suffit généralement. Cette eau enlève l'excès d'acéto-nitrate dont :a présence empêcherait le verre de conserver sa sensibilité .
La plaque, après avoir été sensibilisée et lavée, est mise à égoutter et à sécher spontanément dans une obscurité parfaite ; enfin, on la range dans la boîte qui sert à la conserver et à la préserver de la lumière, jusqu'au moment où elle sera placée dans le châssis pour être portée dans la chambre noire.
OBSERVATIONS
1° Indications données par la glace sensibilisée.
j Ce n'est qu'après avoir sensibilisé la glace que Ton peut juger de l'égalité de la couche d'albumine; les -plus petites molécules de poussière ou de matière hétérogène s'y découvrent alors, soit en accumulant l'albumine sous la forme d'autant de points blancs
manœuvrer les glaces, est bien certainement la petite ventouse en jl caoutchouc proposée par M. Davanne. Ce petit instrument est assea connu pour que nous soyons dispensé de le décrire.
[Note du Traducteur.)
qui se transforment en autant de points noirs lors du développement de l'image, soit en écartant la couche albumineuse sous la forme de petits yeux, de petits cercles, d'étoiles transparentes, où la couche d'albumine est excessivement mince.
Lorsque* ces effets se produisent, il vaudra mieux rejeter la glace plutôt que de perdre son temps et ses soins à l'exposer à la chambre obscure, à développer l'image, etc. On doit cependant excepter les cas où l'on peut faire tomber ces défectuosités dans le ciel de l'épreuve.
2° Moyens d'accroître la sensibilité de l'albumine.
On a essayé bien des moyens d'accroître la sensibilité de la couche albumineuse rendue impressionnable par l'acéto-nitrate d'argent. Ces tentatives ont beaucoup perdu de leur importance depuis la découverte du collodion, d'autant plus que la sensibilité ne peut être accrue sans inconvénient, toutes les fois que l'on opère à sec.
Mais si Ton veut exposer la glace encore humide, on ne doit point laver à l'eau l'albumine sensibilisée, quand on tient à obtenir une grande promptitude d'action photogénique ; cette accélération est la conséquence de l'action du nitrate d'argent sur l'iodure de la même base.
On peut encore augmenter notablement la sensibilité de la couche d'albumine en y étendant des corps réducteurs; ainsi, une solution concentrée d'acide galljque augmentera la sensibilité de près du double.
SENSIBILISATION DE l' ALBUMINE. , 67
Un mélange d'acide gallique et de nitrate d'argent produira une action tellement rapide, dans de bonnes conditions de lumière, et avec un bon objectif, qu'on pourra obtenir un portrait en 20 secondes en développant l'image suivant la méthode qui sera décrite.
M Blanquart(l) a proposé comme moyen décélération, l'usage d'une solution très-étendue de fluorure de potassium. L'alcalinité légère que l'on rencontre toujours dans ce sel est sans doute la cause de sa puissance accélératrice ; en effet,nous avons essayé d'appliquer surla couche d'albumine sensibilisée une solution étendue d'ammoniaque liquide (10 gouttes pour 100 grammes d'eau), et nous avons obtenu ainsi une sensibilité beaucoup plus grande; mais si l'on exagère outre mesure cette sensibilité, on court le risque d'arriver à une réduction irrégulière de lïodure d argent qui se manifestera par un voile ou une sorte de nuage sur la superficie de l'albumine, lorsqu'on fera
sortir l'image. , , , . ,
C'est un fait très-singulier que les methooes les plus généralement usitées pour préparer l'albumine et pour la sensibiliser conduisent à des résultats un peu lents, si on les compare avec ceux donnés par le collodion et par la plaque métallique. Nous avons cependant des exemples de différents cas où l'on obtient avec 1 albumine une sensibilité photogénique tellement exquise, qu'elle laisse bien en arrière celle qu'on peut obtenir dans les meilleures conditions avec le collodion et la plaque. En effet, M. Bacot a adressé en 1851, à l'Acade-
(1) Traité de Photographie s«r papier, gar M. Blanqnart-Evrard. Paris, 1851. îliez Roret, rue Hautefeuille, 12.
mie des sciences à Paris, des épreuves positives tirées au moyen de négatives sur verre albuminé, qui représentaient la mer avec ses flots agités. M. Talbot, l'inventeur de la photographie sur papier, a fait connaître dans la même année un procédé découvert par lui pour rendre l'albumine tellement sensible, qu'elle pouvait reproduire l'image d'un disque couvert de caractère et mis en mouvement très-rapide sur son axe, pourvu qu'on l'éclairât instantanément au moyen d'une étincelle électrique. Les expériences de Talbot ont été répétées à Londres et à Paris, mais personne n'a jamais pu obtenir des résultats qui approchassent le moins du monde de cette exquise sensibilité ; peutêtre même M. Talbot n'a-t-il jamais pu reproduire les mêmes effets, comme cela est aussi arrivé à M. Bacot. Dans les opérations il se rencontre par fois certaines combinaisons fortuites de matières, certaines altérations de substances qu'il est impossible de déterminer à volonté, à cause de leur instabilité même.
3° L'albumine ne perd pas facilement la sensibilité reçue.
Les verres albuminés une fois sensibilisés par l'acéto-nitrate peuvent être conservés très-longtemps à leur état de sensibilité; cette propriété qui semble particulière aux verres albuminés dépend en grande partie des modes de préparation de l'albumine. Lorsque cette préparation est faite suivant la méthode que nous avons indiquée, les glaces peuvent être conservées sensibles sans aucun inconvénient pendant 3 mois et
SENSIBILISATION DE L' ALBUMINE. M
?lus,pourvu,bien entendu,qu'on aitle soin de les renfermer dans une boîte bien close. Par contre, ayant essayé une fois de remplacer l'iodure de potassium par celui d'ammonium, dans la préparation de l'albumine, mes plaques, après 4 jours de sensunhsation, avaient perdu toute leur sensibilité, et elles se recouvraient d'un voile brun d'argent réduit, au moment du développement de l'image par l'acide galhque.
Le lecteur saura apprécier toute l'utilité de la propriété qu'ont les plaques albuminées de pouvoir conserver longtemps leur sensibilité. Elles pourront ainsi être préparées en grand nombre, et l'on sera touiours prêt à opérer, puisqu'il ne reste plus qu a les exposer à la lumière, et qu'après cette opération, elles peuvent être encore conservées jusqu'à ce que le photographe ou l'amateur ait le temps et la facilité de développer les images. De cette manière le bagage du photographe voyageur se réduit à la chambre noire et à4a boîte aux glaces ; il ne lui restera que 1 ennui de la pose, et il aura au retour de son voyage une collection de dessins photographiques qu'il sera impatient de faire apparaître.
4° Cuvettes photographiques.
La cuvette dans laquelle on verse l'acéto-nitrate d'argent pour sensibiliser les glaces suivant la troisièmeméthode que nous avons décrite, ala forme d'une petite bassine carrée, large et peu profonde. Le photographe emploie souvent des vases de cette espece dans ses différentes opérations ; on en fabrique en por-
celaine, en gutta-percha, en verre, et même en bois. Ces derniers que Fon trouve difficilement à la dimension dont on a besoin, sont d'une construction trèsfacile; voici comment je les fabrique pour mon usage 1 Je coupe une lame de verre d'une épaisseur convenable et de la dimension dont j'ai besoin; je fais faire ensuite un cadre de bois dur d'une hauteur de 5 cent, au moins et avec une rainure sur le milieu de ses côtés plats internes. Je fais entrer le verre dans cette rainure, je remplis ensuite les vides qui se trouvent entre lui et la rainure, avec un mastic résineux, composé de 100 parties de colophane et 1 8 parties d'huile de noix que je fais fondre ensemble à la chaleur. Depuis que je fais usage de cette composition, mes cuvettes n'ont plus jamais laissé échapper une goutte de liquide. Si le mastic était un peu sec, c'est-à-dire fait avec une moindre quantité d'huile, il se crevasserait en refroidissant. Si, au contraire, il était trop gras, il s'amollirait dans les fortes chaleurs de l'été. Pour tous les bains qui sont alcalins, il vaudra mieux employer des cuvettes de fer blanc ou de porcelaine.
CINQUIÈME OPÉRATION
Prenez votre glace sensibilisée et renfermez-la dans le châssis qui permettra de la placer dans la chambre noire, de la mettre au foyer, c'est-à-dire au point où se forme l'imagé, sans cesser de la garantir du contact de la lumière extérieure.
Placez votre chambre noire en face du modèle que ,ous voulez reproduire ; ayez soin que le soleil ne nenne pas frapper directement sur l'objectif et fartes » soi, autant que possible, que le modèle son. klairé obliquement, afin d'obtenir de plus grands effets de lumière et d'ombre.
Mettez au foyer sur le verre depob, en le faisant avancer ou reculer, jusqu'à ce que l'image se peigne bien nette et bien distincte au centre et aux extrémités Pour mieux apprécier cette image, servez-vous d'un voilé noir qui empêchera la lumière extérieure d'éclairer le verre dépoli.
Quand vous aurez mis l'image au foyer serrez la vis, afin que la chambre noire ne bouge plus ; enlevez le verre dépoli, et mettez à sa place le chassis qui contient la glace sensible; nous payons pas besoin d'ajouter que la surface sensible doit être tournee du
côté du modèle.
Si tout va bien, ouvrez alors le volet qui recouvre encore la plaque sensible. La lumière transmise par la lentiUe et réfléchie par les objets à reproduire viendra frapper, impressionner et décomposer la couche sensible. Dans la saison froide, et surtout quand les rayons du soleil viennent frapper directement sur la chambre noire, il sera bon de recouvrir ce le-ci avec un mouchoir blanc, pour l'empêcher de s échauffer, ce qui produirait à l'intérieur un dégagement de sapeurs dont la condensation surla lentille mettrart obstacle au passage des rayons lumineux.
Après avoir laissé agir la lumière pendant 5 à 0 minutes, ou pour mieux dire, pendant le temps qne
vous jugerez suffisant, d'après l'intensité et la qualité de la lumière, la sensibilité de la glace, la longueur du foyer de l'objectif, la température et autres circonstances, fermez de nouveau le châssis, en abaissante volet. Enlevez-le delà chambre noire et remettez à sa; place le verre dépoli; portez le châssis dans le cabinet noir, où vous pourrez, à ia lumière d'une bougie, découvrir la glace impressionnée, pour faire sortir l'image latente au moyen des liquides révélateurs.
Dans cette opération, il faut, pour obtenir de bons résultats, avoir égard à plusieurs considérations. Les propriétés de la lumière et des lentilles doivent d'abord être étudiées dans leur rapport avec l'action qui se produit pendant la pose.
OBSERVATIONS
1 0 De la lumière.
La lumière qui émane du soleil est une réunion de divers rayons dont les uns produisent les couleurs, tels sont les rayons lumineux ou visibles ; les autres produisent de la chaleur, ce sont les rayons carolifiques ; d'autres enfin produisent des modifications, des altérations sur un grand nombre de corps ; ces derniers rayons sont appelés chimiques, photogéniques ! ou actiniques.
Le spectre solaire, que l'on obtient en faisant tomber un rayon de lumière sur l'un des angles d'un prisme, fait voir les rayons colorés ou lumineux que renferme la lumière ; nos yeux ne peuvent apercevoir
les rayons calorifiques, ni chimiques du spectre ; mais, au moyen d'un thermomètre, ou de substances chimiques convenables , nous pouvons être pleinement convaincus de l'existence de ces rayons.
Les rayons colorés contenus dans la lumière sont encore isolés ou rendus visibles par les corps colorés. Les corps noirs absorbent toute la lumière, les corps blancs la renvoient toute entière.
Les couleurs que Ton voit distinctement dans le spectre solaire sont au nombre de sept, ce sont : le violet, l'indigo, le bleu, le vert, le jaune, l'orangé, le rouge.
Un examen plus attentif du spectre a fait découvrir à Sir John Herschell deux autres couleurs, sur les deux extrémités opposés du spectre : la première, à côté du rayon rouge, qui est le moins réfrangible, comme on peut le voir dans la figure lre ci-après, manifeste un rouge plus intense, un rouge cramoisi; mais près du rayon violet, qui est le rayon le plus réfrangible, on observe un autre rayon couleur de lavande qui participe des deux extrêmes violet et rouge et qui forme entre eux une transition insensible.
Tout récemment, M. Stokes a découvert au-dessus du rayon violet, et beaucoup au-delà du spectre, un autre rayon coloré en bleu dont on ne soupçonnait pas encore l'existence.
Le spectre prismatique, en nous donnant l'analyse des rayons colorés contenus dans la lumière, a fait supposer que ceux-ci étaient la véritable indication des couleurs simples de la nature. En admettant cette supposition, il y aurait neuf ou dix couleurs simples. Guide du photographe. 7
Mais cette hypothèse, non-seulement répugne à l'idée de simplicité, puisque les couleurs verte, violette et orangé peuvent être décomposées à volonté, mais de plus, M. Brewster en a démontré l'inexactitude ; il a prouvé que le spectre du prisme consiste dans trois spectres chromatiques superposés Fun à Fautre; et que les trois couleurs vraiment simples, le rouge, le jaune et le bleu, indécomposées et indécomposables, peuvent se retrouver dans toutes les parties du prisme.
Les divers rayons lumineux, calorifiques et chimiques, dont la réunion compose les rayons du soleil, sont isolés par le prisme, parce qu'ils ont entre eux un degré différent de réfrangibilité. En effet, dans le spectre, leurs influences ne coïncident point ; leur maximum et leur minimum ne sont point voisins, mais à un«e grande distance Fun de Fautre ; ainsi les rayons colorés les plus lumineux, qui sont évidemment les rayons jaunes, sont moins réfrangibles que les rayons bleus, et plus réfrangibles que les rayons rouges. Les rayons qui produisent la chaleur sont principalement associés aux rayons rouges ; les rayons chimiques, ou rayons capables de produire les décompositions chi. miques, et que les photographes appellent rayons photogéniques, ont une réfrangibilité encore plus grande que celle des rayons colorés ordinaires et des rayons calorifiques.
Dans la figure qui suit et où Ton a exprimé la décomposition de la lumière produite par le prisme, on a représenté par une courbe le relatif maximum et minimum de la puissance chimique, ou, comme on dit encore, de Yactinisrne des rayons du spectre.
Nous remarquons donc que les rayons chimiques
Kg. 1.
'•— |" ■■; Bleu hors
i l du
spectreo
Lavande.
Violet.
Indigo.
Bleu.
Vert.
Jan ne.
Orangé.
Ronge.
Ronge ex-
trême.
ou actiniques sont les plus réfrangibles , que leur maximum d'actinisme se trouve près du rayon violet du spectre, et que leur action s'étend beaucoup audelà des rayons lumineux visibles. Près du rayon rouge nous trouvons un autre degré plutôt élevé d'actinisme, mais cela dépend probablement de son union avec la force calorifique, qui, comme on sait, est aussi capable par elle-même de produire de profondes décompositions chimiques.
Cette plus grande rélrangibilité des rayons actiniques est un grave obstacle à la production d'une image photographique bien nette; en effet, les rayons actiniques et les rayons visibles ou colorés étant réfractés à angle différent par le prisme, il en résulte
que le foyer optique de la lentille ne coïncide pas toujours avec le foyer actinique ; c'est-à-dire, que le point où les rayons colorés ou visibles se réunissent derrière la lentille, n'est pas le même que celui où se réunissent les rayons invisibles, qui ont la plus grande action chimique sur la plaque sensibilisée. En outre, l'actinisme étant, en raison inverse de l'intensité lumineuse des objets éclairés, ou, en d'autres termes, le plus grand effet chimique ou photogénique se trouvant près des rayons colorés les moins lumineux, comme le bleu et le violet, tandis que le moindre effet est voisin des rayons les plus lumineux, comme le jaune, il en résulte que la reproduction photographique est rarement exacte dans sa relation entre les lumières et les ombres des objets colorés. Le jaune, le rouge, le vert sont traduits sur la couche sensible comme des ombres, tandis que le bleu le plus intense équivaut presque à du blanc. On comprend par là combien il est important pour le photographe d'avoir égard à la couleur du fond et des différentes parties du modèle, pour arriver à obtenir un dessin correct et ressemblant.
Véritablement c'est une chose surprenante que, oùla lumière est la plus forte comme près du rayon jaune, l'actinisme est précisément le moindre, ou presque nul, tandis que, aux endroits où la lumière et la chaleur sont très-faibles, l'actinisme a son maximum d'effet. Cela prouve que l'actinisme, la lumière et la chaleur, bien que réunis dans les rayons du soleil, sont cependant des choses bien distinctes entre elles, qui ne doivent pas être confondues, et qui se
comportent avec des propriétés différentes et particulières, vis-à-vis des divers objets de la nature.
L'action de ces pouvoirs dissemblables qui dérivent de la lumière solaire, se révèle aux photographes d'une manière différente, suivant les saisons de l'année, les heures du jour et les différents pays de la terre. .C'est ainsi que, dès les premiers temps de la photographie, on a remarqué qu'au printemps, et le matin, l'atmosphère étant plus azurée que dans l'été ou que dans l'après-midi, et en apparence moins lumineuse, on obtient cependant une bien plus grande rapidité photogénique; et que dans les pays méridionaux, avec une atmosphère chaude et enflammée , la sensibilité est beaucoup moindre que dans les pays froids, bien que la lumière y soit moins intense (1).
Le professeur Hunt résume de la manière suivante, dans son ouvrage, les influences chimiques produites par les rayons solaires.
1 0 Les rayons, suivant la nature différente de leurs couleurs, offrent une intensité et uno nature différentes d'action chimique.
2° Les rayons les plus lumineux exercent la moindre action chimique sur toutes les substances inorganiques. Les rayons les moins lumineux et ceux qui ne
' (1) Advancing from our own Lands towards the tropics, it is found that the difficulties of obtaining pictures by the solar influences increase ; and under the action of the glowing light of equatorial climes a much louger period is recruired for impressing a photograph than is occupied in the process either in London or Paris. It lias been stated by D. Draper that in his progress from New York to the southern States he found the space protected from chemical change by the yellow rays regularly increasing.
A Marnai of Photoyraphy Robert Hunt. London 1853.
le sont pas du tout manifestent une action chimique
très-intense sur les mêmes substances.
3° Les rayons les plus lumineux influencent toutes les substances d'origine organique, et particulièrement avec excitation de la force vitale.
4° La puissance photogénique ainsi modifiée se rencontre dans toutes les parties du spectre prismatique ; dans certains cas, cette action est positive ou excitante ; dans d'autres, elle est négative ou débilitante.
5° On a observé que les rayons les plus lumineux empêchent toute action chimique de nature à transformer les corps inorganiques qui sont en même temps soumis à l'influence des rayons chimiques.
6° Donc l'actinisme, regardé jusqu'alors comme un phénomène dépendant de la lumière, es-t au contraire en antagonisme direct avec elle.
7° Les rayons calorifiques produisent des réactions chimiques, en vertu d'une action complexe qu'on n'a pas encore bien comprise.
8° L'actinisme est nécessaire pour déterminer la germination vigoureuse des semis ; la lumière est nécessaire pour faire croître la plante et décomposer Facide carbonique, et le calorique pour développer et régulariser les fonctions de cette même plante.
9° La phosphorescence est due à l'actinisme, et non pas à la lumière.
10° Les phénomènes électriques sont accélérés par Factinisme et retardés par la lumière.
2° Des Lentilles.
Les lentilles ont une superficie en forme de calotte
sphérique. Elles sont bi-convexes, bi-concaves, concavo-convexes, piano-concaves et piano-convexes.
Une lentille bi-convexe ou piano-convexe tend à réunir en un seul point les rayons qu'elle reçoit, tandis qu'une lentille bi-convexe ou piano-convexe tend à les disperser.
Fig. 2.
La lentille concavo-convexe participe de ces deux propriétés, suivant le rapport du pouvoir réfringent de ses deux courbures.
Les lentilles dont se sert le photographe sont généralement de cette dernière forme.
Tous les rayons qui, partant d'un point A, fig. 2, viennent à tomber sur une lentille L L, la traversent, et sont déviés, de telle sorte qu'ils passent tous par le même point a, que l'on appelle le foyer de limage de A. Ce point a est situé sur la ligne droite qui réunit le point A avec le centre optique delà lentille C.
Soit D, la distance de l'objet à la lentille, ou, dans la figure, la ligne AC,
d la distance de son foyer ou de son image, ou a C.
F, une quantité qui demeure constante pour la même lentille, les opticiens démontrèront que l'on aura toujours :
-ir+4-Tt1)
Ceci posé, si Fon suppose que le point A est trèséloigné de la lentille, à une distance infinie, comme on peut le supposer pour le soleil ou les étoiles, on
aura — = 0, d'où — = ou bien d=±=F; donc Fig. 3. F n'est autre chose que la distance
focale correspondant à un objet infiniment éloigné.
La longueur F est celle que Ton appelle la distance focale principale d'une lentille. On la détermine facilement en dirigeant un objectif vers le soleil, et en l'approchant ou en l'éloignant d'un châssis , jusqu'à ce que l'image du soleil qui s'y forme, soit la plus nette et la plus petite possible. En mesurant alors la distance du châssis à la lentille, on aura la longueur du foyer principal.
Si l'on rapproche, au contraire, le point A de la lentille, la distance D diminue, et, par conséquent, la va-
leur de — est augmentée ; tandis que nous avons vu dans l'équation
précédente que plus on diminue -i I I d plus on augmente la valeur de d; ce qui revient à dire que, en diminuant la distance
de l'objet à la lentille, la distance ouille donne son image s'accroît. Ainsi , si, par exemple, on a D = 4F, ou, en d'autres termes, si l'objet est placé à une distance de la lentille qui soit le quadruple du foyer principal de cette lentille, on aura
■— + 4- = ~FT5 ou bien ~-r = 4F d F' d
J. — • = — ;, ou enfin, a =
La distance de l'image sera donc les
quatre tiers de ce qu'elle était quand
l'objet était très-éloigné.
Si l'on suppose, au contraire, que
D = 2F, on aura--r=
— — , ou bien d = 2F, la distance 2F 7
de l'image sera alors le double de celle du foyer principal. En outre, dans ce cas, la distance de l'objet à la lentille sera égale à celle de son image.
Si on continue à diminuer la distance de l'objet ài la lentille, la distance de l'image augmentera rapide-
ment. Ainsi, si l'on prend, par exemple, D = -^p oa 2 1 :
Flg. 5. Fig> 6
Si Fon continue encore à raccourcir la distance de l'objet à la lentille, et si Ton prend, par exemple,
D = F, on trouvera = 0, ou bien d est d'une grandeur infinie. En pareil cas, les rayons qui émergent de la lentille ne se rencontrent que dans un point situé à une distance infinie, ce qui revient à dire qu'ils sont parallèles, comme dans la figure 7.
EXPOSITION A LA CHAMBRE OBSCURE- Fig. 7. Fig. 8.
11 est inutile de rapprocher davantage l'objet de la lentille, parce qu'alors les rayons qui en sortent, nonseulement ne peuvent plus passer par un point situé de l'autre côté de cette lentille, mais convergent vers un point placé sur le même côté que l'objet. Voyez fig. 8.
11 est facile d'expérimenter ces règles de la distance de l'image dans ses rapports avec celle de l'objet, en se servant d'une lentille dont la distance focale soit
Fig. 9.
très-petite. On la place devant une bougie allumée dans une pièce dont les volets soient fermés, et présentant derrière la lentille une feuille de papier, on la fera varier jusqu'à ce qu'on obtienne une image très-nette de la flamme dé la bougie. La distance du papier à la lentille donnera la distance de l'image correspondante à la distance de la bougie à la lentille.
Si Ton considère alors en avant de la lentille, non pas un seul point, mais deux, par exemple, la ligne droite AB, fig. 9, il sera évident que l'on aura une image de A sur le prolongement de la ligne AC au point a, et que For aura une image de B au point ò placée sur la ligne B C. L'image prise de tout autre point de la ligne droite AB, par exemple de M, sera sur MC; ainsi, l'on aura derrière la lentille une image de la ligne droite A M B représentée par la ligne amb. Cette image est renversée, c'est-àtoe que les parties qui sont en haut de l'objet, sont représentées en bas et en sens inverse, La ligne amb, image de la droite AMB, n'est ce-
pendant pas une ligne droite. En effet, si M G est plus petit que AC,- on sait qu'au contraire mC doit être plus grand que aC, et, par conséquent m ne peut pas se trouver sur la ligne ò a, mais bien en m'. En conséquence, si le rapport de grandeur de l'objet AB avec sa distance de la len- .
tille n'est pas très-grand, le point m' sera assez voisin du point M où la ligne m' G coupe la ligne 6 a, et en négligeant la différence entre m et m\ l'image de AB pourra être considérée comme représentée par la ligne ab.
Soit G la grandeur de l'objet,
g celle de son image.
D la distance de l'objet à la lentille (représentée par C B ou par toute autre lignée droite tirée de G à la ligne" droite AB que Ton suppose assez éloignée pour pouvoir retenir tous les points comme équidistants à C) ;
d la distance de son image (représentée encore par C6).
Nous aurons deux triangles semblables ACB, aCb
Guide du Photographe. S
dans lesquels nous aurons G : g : : D : d, d'où
Si alors, au lieu d'une simple ligne droite, on place devant la lentille un objet complexe, à chacun de ses points correspondra, derrière la lentille, un point de limage, et la réunion de tous ces points sera l'image de l'objet Cette image sera non-seulement sens dessus dessous, mais encore renversée, c'est-à-dire, que non-seulement le haut sera en bas^ mais encore que la gauche occupera la droite, et réciproquement.
Si, en outre, l'objet est tel que chacun de ses points puisse, sans une erreur trop sensible, être regardé comme équidistant à la lentille, les différents points de son image pourront aussi être regardés comme équidistants du centre de la lentille, et l'image de l'objet sera semblable à l'objet lui-même. Alors, le rapport entre la grandeur de l'image et celle 'de l'objet, sera encore celle indiquée par l'équation (2) ci-dessus.
Dans les deux équations fondamentales que nous avons vues ci-dessus,
± , J__ JL. ± d d f D F 9 G ~~ ~D nous savons que :
G indique la grandeur de l'objet ; g la grandeur de l'image; D la distance de l'objet à la lentille; d la distance de l'image à la lentille ; F la distance du foyer principal.
Or, lorsque trois de ces quantités sont connues, on I
peut toujours calculer les autres, de sorte qu'au besoin, on arrive à connaître la distance, le foyer et la grandeur de l'image de l'objet. Pour rendre ce calcul plus facile, nous tirerons, des équations précédentes, les formules ci-après, qui comprennent tous les cas possibles :
gV gF ff(D — F)
Gd
GF
Gd
gT)
DF
DF
Gd
Dg
Supposons, par exemple, que l'on connaisse la distance du foyer principal, la distance de l'objet à la lentille, et la grandeur de l'objet, si l'on veut savoir à quelle distance de la lentille se formera l'image, on n'aura qu'à chercher la valeur de d dans les formules précédentes où se trouvent FDG, et Fon trouvera :
DF
Ainsi, soit
on aura :
a — '90— 0.30 ~" 8970 Si, au contraire, avec les mêmes données, l'on veut savoir quelle sera la grandeur de l'image, on n'aura
qu'à chercher la valeur de g dans les formules susdites. On trouvera que
donc :
„ 10 X 0.30 3 * 90 — 0.30 ~~ lôTT °-334
De même, étant donnés une lentille dont on veut connaître la distance du foyer principal, et un objet il sera facile de déterminer la distance où Fon devra placer cette lentille, pour que le rapport entre la grandeur de l'objet et celle de son image soit telle qu'on le désirera.
c'est pourquoi D = F(G + 9
Nous avons dit que les images des lignes droites seront également droites, que les images des objets seront semblables aux objets eux-mêmes, et que ces images auront leurs points presque équidistants à la lentille, pourvu que la distance de l'objet présente un aspect tel, que tous ses points puissent être considères comme équidistants à la lentille.
Mais si, au contraire, nous plaçons la lentille de notre appareil devant un paysage, avec des objets très-lointains et d'autres plus rapprochés, la distance de limage des points éloignés sera sensiblement plus voisine de la lentille que celle des points les plus rapproches. Si on ajuste ensuite le verre dépoli, de maniere à y voir distinctement l'image des lointains, celle des objets plus voisins sera confuse, tandis qu'au contraire, si les objets voisins donnent une image
nette, ce seront les lointains qui se dessineront d'une manière confuse. Il n'existe pas de lentille qui puisse, en même temps, donner d'une manière distincte l'image des objets très-rapprochés et de ceux qui sont dans le lointain.
Le photographe doit s'arranger de manière à ne pas avoir des objets trop rapprochés dans les vues qu'il veut prendre. On voit, en effet, par l'équation
— y — que, quand D est considérable par
rapport à F, d n'est pas beaucoup plus grand que F, quelle que soit la grandeur de D.
Ainsi, par exemple, si D = 500 F., on aura :
Alors, si F = 1 mètre par exemple, soit :
JL JL 1
On verra que la différence entre la distance de l'image des objets placés à 500 mètres, et celle des objets situés à 1,000 mètres, sera seulement de
— — = — ~ -— ou d'un millimètre
environ; mais, erjjre les objets situés à 50 mètres et
ceux placés à 100 mètres, la différence de la distance
focale sera d'environ 1 centimètre ; c'est-à-dire
Lorsque les objets placés au-devant de la lentille seront à une distance peu considérable relativement a la longueur du foyer de cette lentille, on rencontrera deux graves inconvénients : le premier, c'est que toutes les parties d'un même objet ne viendront pas également nettes, parles raisons exposées plus haut; mais en second lieu, le rapport de grandeur entre l'image et l'objet ne sera pas le même dans tous ses points.
Ainsi, si on place devant la lentille la figure d'une personne, le nez et les autres parties les plus saillantes du visage seront plus rapprochés de la lentille, et par conséquent, leur image sera relativement plus grosse que celle des autres parties moins proéminentes.
fi résulte, de tout ceci que quand le rapport de la grandeur de l'image avec celle de l'objet doit être un peu fort, il devient nécessaire d'employer un objectif à long foyer.
Supposons que l'on veuille faire un portrait de grandeur naturelle, si l'on a, par exemple, un objectif de 2 mètres dé foyer, il faudra placer la personne à 4 mètres de la lentille, et l'image se formera à la même distance, c'est-à-dire à 4 mètres derrière la lentille.
Dans ce cas il sera impossible de donner au verre dépoli une position telle que la netteté soit rigoureusement la même pour toutes les parties de l'image de la figure. Toutefois, une différence *e quelques centimètres dans la position des différentes parties du visage, ne donnera pas une très-grande différence dans la grandeur relative des parties correspondantes de l'image.
Si on suppose en effet D n'ayant pas plus de 4 mètres, mais par exemple 3m.95, on aura
au lieu de 1.
En supposant, au contraire, la longueur du foyer principal de 30 centimètres seulement, et les parties moyennes du visage à la distance de 60 centimètres de l'objectif, et de 55 centimètres seulement pour celles qui sont plus en saillie, on aura :
9 °-30 = 1.200 au lieu de 1.
Pour que les images qui se forment derrière une lentille soient tout-à-fait nettes, il faudrait que tous les objets fussent à égale distance du centre de la lentille, ou bien qu'ils fussent tous à la superficie d'une sphère d'un rayon donné. Lesimagesde tous cesmêmes objets seraient alors également derrière la lentille, sur la surface d'une sphère d'un rayon déterminé. Mais comme les objets qui doivent être reproduits par le photographe, sont à différentes distances, et comme la superficie qui reçoit l'image des objets est plane et non pas sphérique, il en résulte qu'on rie peut obtenir sur une même photographie, des images également distinctes des objets placés à des distances tresdifférentes, et que la netteté d'une image varie dans toutes ses parties, puisque, quand elle est grande au centre, elle est nécessairement petite à ses extrémités, et réciproquement. On peut cependant atténuer ces
deux défauts en choisissant des lentilles appropriées à la nature et à la distance des objets à repîodu e Us deviendront alors moins sensibles, mais il ne 'nt pas espérer de pouvoir les éviter entièrement
3° Des aberrations chromatique etsphérique.
ve™ d°enïerVe attentivement formée sur le
leThamn de'l^rT6 dÌS6ntleS Paraphes, sur
fois cZ ambPe DOire' 0n trowera Par-
foi cette image présente des zônes colorées qui rappellent celles de l'arc-en-ciel. Cet effet est produit par la composition et par la forme du verre de la lentfl e
ffl,Y°bjf -tÌf d'Une Chambre noire Présentant une surface spbenque peut être considéré comme la réunion dune mfimté de prismes disposés autour d'un Te Ces prismes, dans les lentilles ordinaires, réfracteni et décomposent la lumière blanche envoyée pa ^ les objets extérieurs, et produisent ce qu'on appelle ïZ
sur Te t rizr s :.° or es qui renden t rima^
sur le verre depoh de la chambre noire. On parvient heureusement à corriger cet effet de
deTxTutVetla;UmÌère 6n ^bLantlSbl deux lentilles dont chacune est faite d'un verre doué d un pouvoir dispersif différent, le crown-glass et le flmt-gkss, e que l'on réunit en un seul objectif. L'une de ces lentilles est bi-convexe, l'autre bi-coneave et -urnes ensemble en un seul tout, elles formen 'ut
Aiectif composé concavo-convexe. On désigne cet objectif sous le nom d'achromatique, parce quii donne une image pluspure et exempte des anneaux colores içue produit une lentille simple formée dun seul
verre
Le flint-glass est un verre plus dense, et son pouvoir réfringent est d'environ 2 ou du double de celui de Veau. Le crown-glass est moins dense, et son pouvoir réfringent équivant seulement a 1,50. Les rayons lumineux, dans leur passage à travers une lentille achromatique composée de ces deux verres pour former l'image de la chambre noire, sont réfractes par le crown-glass, puis par le flint-glass, de telle sorte que les rayons colorés, dispersés d'abord, se réunissent ensuite et se neutralisent avec formation de lumière blanche. . .
La correction de l'aberration chromatique ainsi obtenue, bienque suffisante dans les cas ordinaires, n est cependant qu'approximative.
Pour arriver à un achromatisme parfait, il laudrait, à l'exemple du professeur Amici, construire des lentilles composées de fragments de verre différents et qui eussent la propriété de faire converger en unseul point les couleurs du spectre. Mais hâtons-nous d afouter que cette perfection d'achromatisme ne peut être atteinte sans nuire àia lumière qui éclaire 1 objet, et que dès-lors elle serait plus nuisible qu utile . au photographe. , L'aberration sphérique est bien plus difficile a corriger. Elle dérive principalement de l'inexactitude de cette hypothèse que : tous les rayons qui, partant d un
Point que nous T* **** *"* UD
viennent se refrlte, u n i L6Sray°ns 1uiS «He, ne conv~ "fU loin duc^tre de la len-;,
quelque peu. jeCÙf' mais lls s'en «oignent |
^SÏ^S t ™>-P-ient à qu'on a dû renon^r jV ? aberration telle, convexes. lentilles concavo-
ration fel * ?artie ce ^re d aberextrêmes ^SIÌSS^ Vf»"*^*!*-
vemfre oi^Z cÏTT d'Une ^ ou-
de produire une mw-s de Ia lentille,
•aetriMlteZ? V fî^î 0DSI"!ni' * %<*
il en résulte que sur le champ de l'image, les objets Approchés et'ceux qui sont éloignés sont représentes
TC— tt photographe ne peut obtenir cette augmentation de netteté et de précision de ft, mie ^r toute l'étendue de son châssis, qu'en enlevant à cette image une grande quantité de lumxere, ce Li I pour effet inévitable d'en ralentir la production.^
eShe àia plaque pour être im pressionnee ^ de g» être en proportion exacte avec le plus ou moins d ou verture du diaphragme , c'est-à-dire avec la plus ou m n grande quantité de lumière utilisée. Cependant Expérience a démontré qu'avec une ouverture a»» t Site, l'impression a *™f^™^Z nière plus prompte qu'on ne devrait s y Mendie
Lorsqu'il s'agit de reproduire des objet. ; immobi es, il est toujours bon d'employer des diaphragmes la durée de la pose sera un peu prolongée, mais on obttndra un dessin beaucoup plus net. Cependan^pour les portraits, qui exigent une pose beaucoup plu courte on ne peut plus recourir à cet expédient II dev nt alors indispensable d'avoir un P^£g£ c'est-à-dire composé de deux ou f^IT achromatiques légèrement distancées entie eUes
Les objectifs doubles dont on se sert le p us corn ninnément pour les portraits sont f ormes de , deux .hmtiUes achromatiques. Les rayons envoyés par le modèle àreproduire, après avoir été réfractés par la premiere
à la seconde, ils sont, ainsi centralises, réduits a un
exprimé ainsi : 1 aulre> Peu* ôti
lentille ,1, ^1. L™d , "TT, qM " ptemiê"
Les objectifs doubles sont òli*
«s simples composés dCtLrSSri neS'°bj:C" une confusionet uneinterfé-Pn, .1 ' *presenter
ils ont aussi une ptT^LlT^T^^ ce .ni nuit
mage (1). Ces inconvénients se font surtout ™ A es objectifs qui sont à tres-courî &fa SS ! ^ impossible aux opticiens de lelévit t0Ut"a' Les objectifs de Woitglander et Son de Vienne sont
d'ailleurs, les objectifs doubles prodvfi en?^ ^ égaleS
meut plus correctes que les ofeSSll ™omV™^le bulletin de la Société fZ, T P™ ' 0y6Z Sur «««e question pagf, 14. tC fraDC-aiSe de ^'«graphie, janvier 1857,
{Note du traducteur.)
H foyer très-court, ils concentrent beaucoup la lumière it conviennent surtout quand on veut obtenir le maxiraum de rapidité photogénique, f Les objectifs français sont fabriqués avec un foyer jlus long, ils sont par conséquent moins prompts, mais lussi ils produisent une plus grande netteté, qui les •end préférables toutes les fois qu'on ne veut pas sarifier la perfection de l'image à la rapidité des résultats, e
•|° De la différence entre le foyer chimique ou photogénique et le foyer optique ou visuel.
L'aberration chromatique occasionne la différence [ui existe souvent dans les objectifs entre le foyer photogénique et le foyer optique.
Un objectif qui serait composé d'une simple lentille hromatique ordinaire aurait donc constamment son òyer chimique différent du foyer visuel. Ce foyer himique, à cause de la plus grande réfrangibilité des ayons bleus et violets auprès desquels se trouve le aaximum de l'actinisme de la lumière, est toujours >lus rapproché de Fobjectif que son foyer optique, te dernier, comme on sait, existe principalement dans e voisinage des rayons jaune et rouge qui sont les plus umineux (1).
(1) Pour bien comprendre ce passage, il faut se rappeler ce qui a té dit pins haut, page 72, et la distinction qui a été établie entre es rayons calorifiques, chimiques et lumineux. H faut surtout éviter ie confondre les rayons lumineux avec les rayons actiniques.
{Note du traducteur.)
Guide du Photographe. 9
La figure suivante démontrera suffisamment cet action de la lumière et de la lentille.
H. Mais dans un objectif coi?
posé de deux verres ou achr.
matique, les deux foyers coïs cident souvent, et quand ils soi séparés, le photographe che chera par le tâtonnement la p« tite différence qui existerait ei tre le foyer chimique et :
foyer optique. ;
Pour y arriver, on placer quelques objets devant la chan \ bre noire, et on les espacera ^ distance inégale de l'objectif. 0 .
mettra au foyer sur l'objet d j milieu, on tirera une épreuve et on examinera si l'objet mi !
au foyer est en effet venu 1 plus net sur l'épreuve obtenue Si, au contraire, les objets plu voisins de l'objectif sont venu 1 les plus nets sur l'épreuve, celi M prouvera que le foyer photogé « nique est plus rapproché de I « lentille que le foyer optique ; 2 a sera le contraire, si les objets il N plus éloignés sont venus plui a nets et plus distincts sur l'épreuve. Alors, en rap prochant ou en éloignant de deux millimètres, pa exemple, le verre dépoli vers le foyer photogénique,, on tirera une seconde épreuve, sans déplacer ni les
■jets ni la chambre noire, et on verra si on a renntré le foyer photogénique, ou si on Ta dépassé, ms ce dernier cas, on répétera l'expérience en variant ulement d'un millimètre, et si celane suffit pasenre, d'un demi-millimètre. Lorsqu'on aura ainsi connu la distance précise entre le foyer optique et ! foyer chimique, on détermine une fois pour toutes, ïv un repère, le point que devra occuper la plaque msibilisée pendant l'impression lumineuse. 'Voilà pour les objectifs simples composés d'une ule lentille achromatique; mais s'il s'agit d'objectifs bubles, le problème est bien plus compliqué. Dans | derniers la différence entre les deux foyers n'est îs aussi constante, et elle peut varier suivant Tin* Insité de la lumière dont on dispose et suivant ia stance des objets à reproduire. Ce sont là des eau- !s qui viennent enchérir sur les difficultés déjà si l'andes des opérations photographiques.
5° De la manière de placer la chambre noire.
j Lorsqu'on veut obtenir une image photographique p verre, sur papier ou sur métal, il faut toujours sposer la chambre noire de manière à ce que le 3rre dépoli (qui doit être remplacé par le châssis infermant la plaque sensible) se trouve parallèle à direction des lignes qui sont également parallèles ms le modèle et qui doivent conserver ce parallésme dans le dessin obtenu. Si l'on veut par exemple '.produire un monument, les assises verticales des ierresne seront parallèles qu'autant que le verre dépoli jîra également vertical et parallèle par rapport à elles.
Soit MNPQle verre dépoli supposé très-incliné, | Ole foyer de Fobjectif,
ABCD deux lignes droites parallèles dans Vobje qu'on veut reproduire.
Fig. 12.
Admettons que le verre dépoli soit énormément
arge, qu'il s'étende à l'infini, que la droite AB renontre ce verre en A et CD en C. Si Ton suppose la Verticale Oo abaissée du point 0 et coupant le verre :n 0, il est clair que l'image de AB se produira sur aligne Aoò.
En effet, supposons un plan vertical passant par AB t par 0, ce plan comprendra la verticale Oo, et comme elle-ci coupe la surface du verre en o, il s'ensuit que e plan vertical passant par AB et par o coupera le erre suivant la ligne Ao. Or, je dis que l'image de iBsera représentée plus ou moins nette sur le verre lépoli suivant Aob'.
En effet, le verre dirige les rayons lumineux qui -artent d'un point quelconque comme B, de manière . ce qu'ils viennent tous converger vers un point uniiie 6, placé à une certaine distance sur 0, mais toujours sur la ligne qui réunit B avec 0. L'image de AB le peut donc être hors du plan qui passe par AB et m oy elle doit être sur le verre sur la droite Ao b'. )e même l'image de CD devra être sur Cod' qui >asse par le point C, où CD coupe le plan du verre, ît par le point o où la verticale abaissée de 0 coupe 3 verre.
D'autres lignes droites parallèles donneraient égaement des images qui toutes seraient situées sur les Iroites passant par o.
Ainsi les assises verticales donnent des images non oarallèles, mais convergentes vers le point où la vericale abaissée du centre optique de la lentille coupe- ?ait le plan du verre dépoli. Les images de ces assises ae seront donc parallèles entre elles qu'à la condition
que le verre sera vertical. Et d'une manière plus gé-j
nérale : les images de deux ou de plusieurs parallèle;!
seront encore parallèles, si le verre dépoli est parallèle]
à leur direction.
Si no as supposons alors que la plaque de verre dépoli est parallèle à la ligne AB, la droite 0 o qui est parallèle à AB sera aussi parallèle à la plaque, et par conséquent le point o sera placé à une distance infinie. Le point de rencontre des images de AB, de CD et de toutes leurs parallèles, sera donc aussi à une distance infinie.
t Pour Pendre la vue d'un monument, il faut que la distance entre la chambre noire et l'édifice égale, au- 1 tant que possible, deux ou trois fois la hauteur de ce dernier, et que la chambre noire soit placée à peu près au niveau du centre de son élévation, par la raison que les parties les plus éloignées de l'objectif, en donnant une image plus petite dans la chambre noire, convergeraient vers le centre du tableau, et qu'on aurait ainsi une plus grande difficulté à obtenir une netteté satisfaisante sur toute l'étendue de l'épreuve.
Il faut une bien grande habitude pour déterminer à première vue la distance où l'opérateur doit se placer pour reproduire un monument, de manière à ce que ses proportions ne soient ni trop grandes ni trop restreintes. Quand on se place trop près de l'objet, si c'est par exemple une église, une tour, il est rare que l'on puisse comprendre la totalité du monument dans le cadre dont on dispose.
C'est pour le photographe un grand ennui que de placer sa chambre noire tantôt en avant, tantôt en ar-
•ière, jusqu'à ce qu'il obtienne un dessin satisfaisant. 3our y arriver plus facilement, je me sers avec avanage d'une petite lentille ordinaire. Je la place entre non œil et l'objet à reproduire et j'observe dans cette entille un monument renversé comme dans le verre lépoli de la chambre noire, et par l'espace que le nonument occupe sur ma lentille, je puis conclure issez exactement à quelle distance, je dois me placer ç>our reproduire le monument dans des proportions convenables.
6° Des règles à suivre dans l'acquisition des objectifs.
Le commençant qui voudra acheter un objectif, devra surtout faire attention à ce qu'il produise une image nette, bien éclairée et exempte d'aberration | chromatique ou sphérique. Le verre ne devra pas présenter d'ondulations dans l'épaisseur de sa masse, il ae devra pas non plus être trop coloré ; quant aux petites bulles et aux petits points noirs qui peuvent se rencontrer dans l'intérieur du verre, ils ne produisent aucun effet fâcheux.
Les objectifs doubles destinés aux portraits doivent présenter un diamètre assez grand pour obtenir la 'même vitesse avec un foyer un peu long.
Les objectifs pour vues sont ordinairement simples avec une seule lentille achromatique à foyer très-long; toutefois, pour pouvoir au besoin reproduire les objets très-rapprochés et qui, à raison de leur situation, ne (pourraient être représentés qu'en partie par une len-
tille simple, on fabrique depuis quelque temps (1) des objectifs auxquels on peut ajouter une seconde et même une troisième lentille du même diamètre que la premiere. Dans ce cas, la longueur de foyer des trois lentilles est différente et de plus elle présente les rapports que nous avons indiqués plus haut. Ainsi, si la première lentille a 20 centimètres de foyer, la seconde en aura 30 et la troisième 40. En employant les trois lentilles, l'image est certainement moins parfaite, elle est confuse vers les bords par suite d'une plus grande aberration, mais on a au moins l'avantage d'obtenir en entier le sujet que l'on veut reproduire.
La chambre noire de Quinet est assez commode pour les vues stéréoscopiques, elle est pourvue de deux objectifs qui permettent d'obtenir d'un seul coup les deux images. A la vérité, ces images laissent quelque chose à désirer, si on les compare à celles obtenues par la méthode de Claudet, mais sous le rapport de la facilité et de la promptitude d'exécution elles sont bien préférables dans l'usage ordinaire.
^ Quand on achète un objectif, il ne faut pas regarder à son prix, mais à sa bonté. Le proverbe dit vrai : qui paie cher, dépense moins. 11 n'est pas facile d'apprécier les qualités d'un objectif, d'une chambre noire,
(1) Il n'est pas exact de dire qu'on fabrique seulement depuis quelque temps des objectifs composés où la lentille antérieure peut être I remplacée par une autre, dans le but de modifier la longueur focale. Cette mvention, qui est propre à M. Ch. Chevalier, remonte au* prem.ers temps de la photographie, et elle a valu à son auteur la premiere distinction accordée par la Société de Photographie, en 1841 à la suite du concours qu'élle avait ouvert. [Noie du traducteur.)
t des autres instruments de la photographie ; c'est »our cela qu'on devra s'adresser de préférence à un abricant habile et consciencieux, si l'on ne veut pas voir à regretter plus tard sa propre présomption et e trouver dans l'impossibilité d'obtenir rien de bon, >ar suite de l'imperfection de ses instruments et malgré tous les soins et toute l'habileté qu'on pourrait ivoir.
SIXIÈME OPÉRATION
La glace sensibilisée, après avoir été exposée dans ia chambre noire aux radiations lumineuses transmises par l'objectif, renferme une image photographique dont on ne peut, en aucune manière, soupçonner la présence, puisque en apparence la couche sensible ne semble avoir éprouvé aucune modification.
Cette image invisible, et qui se trouve sur l'albumine à l'état latent, nous pouvons la faire paraître, la révéler au moyen d'une solution de substances chimiques capables de réagir profondément sur les parties de la glace qui ont été impressionnées par la lumière, tout en réservant celles qui n'ont pas subi cette action. Ces substances agissent en faisant passer plus ou moins au noir les portions qui ont été plus ou moins éclairées, et qui forment ainsi une dégradation successive du noir au gris jusqu'au blanc, et donnent une image exacte des objets qui sont venus se peindre sur la couche sensible exposée dans la chambre noire.
C'est un effet véritablement magique et tout-à-fait merveilleux, que de voir sous l'influence de ces substances chimiques dissoutes dans l'eau, naître, croître UcaT Perf6Ctl0nner un dessin aussi exact et aussi dé-
Les liquides les plus convenables pour développer 1 mage latente sur la couche d'albumine, sont l'adoe galhque et l'azotate d'argent, dissous dans uue proportion déterminée d'eau.
1° Solution d'acide gallique.
Remplissez presque entièrement d'eau commune,
Z r°n, t ™V6; a->'outez-y™ excès d'acide galhque cristallisé, soit : 6
Acide gallique 5 parties
Eau 100 -
Agitez plusieurs fois le mélange pendant un intervalle d environ 12 heures,- filtrez ensuite le liquide et conservez-le dans un flacon bouché à l'éméri.
L acide gallique étant beaucoup plus soluble à chaud, on peut obtenir plus promptement cette solution en faisantchauffer le mélange qu'on laisseensuite refroidir, et qu'on filtre.
Une dissolution d'acide gallique employée chaude, développerait l'image d'une manière plus énergique • niais en se refroidissant et en s'évaporant sur la glace, elle ne manquerait Pas d'y déposer de petits cristaux d acide galhque qui tachent l'épreuve.
2° Solution de nitrate d'argent.
Mettez dans un vase de verre ou de porcelaine : Nitrate d'argent fondu. 4 parties.
Eau *00 —
Le sel étant dissous, filtrez la liqueur et conservezla pour l'usage, dans un flacon bien bouché et tenu à Fabri de la lumière. On peut faire cette solution plus faible et n'employer que 2 à 3 pour cent de nitrate d'argent. Mais il serait dangereux de la préparer plus concentrée, parce qu'alors il devient difficile de maîtriser et de régulariser le noircissement trop rapide de l'image, qui lui communique des contrastes trop hourtés de blancs et de noirs.-
4° Propriétés et préparation de l'acide gallique.
Une solution d'acide gallique conservée à l'abri du contact de l'air, dans un flacon rempli jusqu'au bouchon, acquiert, au bout de dix ou quinze jours, une couleur de citron plus ou moins brune, et on prétend que dans cet état elle produit un meilleur effet que lorsqu'elle est récemment préparée (i).
Au bout de quelques mois, la solution d'acide gallique perd ses propriétés. La présence dans le liquide
(i) Il est toujours infiniment plus sûr de rejeter la dissolution d'acide gallique dès qu'elle change de couleur et qu'elle perd sa limpidité. {Note du traducteur.)
d'uà fort excès d'acide gallique en forme de préc pite, le denature entièrement en fermentant, en s. décomposant et en se transformant en d'autres prÒ duits inconnus. . v
M. Laborde a fait remarquer que l'acétate de chaui possède la propriété d'augmenter d'une manière ex traordinaire la solubilité de l'acide gallique, et qu'er l ajoutant à la solution ordinaire d'acide galliqut dans la proportion de 2 grammes d'acétate de cham pour 100 grammes de solution, il accélère la venue de 1 image photographique. Il faut pourtant dire que les épreuves sont plus sujettes à se tacher avec cette addition d'acétate de chaux.
L'acide gallique s'extrait de la noix de galles On met une partie de noix de galles réduite en poudre grossière, avec 3 parties d'eau, dans un vase que 1 on maintient à la température de 20 à 2S degrés pendant un ou deux mois, en ayant soin d'ajouter de temps en temps un peu d'eau, pour éviter que le melange ne se dessèche. Au bout de ce temps, on fait évaporer jusqu'à siccité, et on traite le résidu par 1 alcool bouillant. L'acide gallique se dégage et se depose, en refroidissant, en cristaux comme des aiguilles. En faisant cristalliser une seconde fois, on obtient l'acide gallique suffisamment pur.
la composition de l'acide gallique est représentée par : G7H808 + HO; son équivalent chimique est 94 Ses propriétés acides sont très-faibles ; mais il a une grande tendance à se combiner avec les oxydes métalliques, et il forme avec eux des composés insolru bles. Une produit par lui-même aucun précipité avec
LIQUIDES RÉDUCTEURS. 109
la gélatine, et quand cet effet se produit, cela vient de ce qu'il contient un peu de tannin acide par suite d'un défaut de préparation.
L'acide gallique pourrait être remplacé par d'aufres substances pour le développement de l'image sur ilbumine, mais il n'en existe pas de plus avanta-* puse ; lorsque, au contraire, on opère sur collodion [1 est infiniment préférable de se servir d'acide pyro- ^allique, ou de proto-sulfate de fer, comme nous le verrons plus loin.
2° Liquides réducteurs et liquides révélateurs.
j La solution d'acide gallique et les autres qui ont 5té indiquées tout-à-l'heure pour développer l'image, igissent en différentes manières sur la solution de nirate d'argent, à cause de leur tendance à se combiner ivec l'oxygène, * et à réduire à un moindre degré l'oxydation, ou même à l'état métallique, les oxydes jui retiennent l'oxygène avec une faible affinité chinique. Lors donc q'ae nous aurons seulement à parer de ces solutions réductrices, nous les distinguerons sous le nom de liquides réducteurs, et nous appellerons liquides révélateurs ceux qui sont composés [l'un liquide réducteur mélangé à une solution de nirate d'argent.
I Les liquides réducteurs ont besoin de la solution lie nitrate d'argent, et cette dernière ne peut se passer i'eux pour produire la révélation, le développement lu dessin photographique.
Toutefois, en prolongeant très-longtemps l'action Guide du Photographe. 10
de la lumière dans la chambre obscure, cette image finirait par se développer d'elle-même, sans le secours des liquides réducteurs. C'est ce qui a fait penser à quelques auteurs que les liquides révélateurs ne foni; que continuer l'action commencée par la lumière sur Tiodure d'argent, et que cette action est identique dans l'un et dans l'autre cas. Cependant un grand nombre de faits conduisent à penser que, dès les premiers instants où elle agit, la lumière produit une action particulière, sui generis, bien définie, qui modifie l'iodure d'argent d'une façon telle, qu'il contracte la singulière propriété de noircir au contact des sels d'argent unis à des substances très-avides, d'oxygène.
En employant les liquides révélateurs, la durée de la pose est diminuée ; elle devient cent fois plus courte*. Pour obtenir une image complète avec la lumière seule, il faudrait un temps si long, que les applications de la photographie deviendraient très-limitées. Ces liquides agissent en désoxydant, en réduisant à l'état métallique Tiodure d'argent altéré par la lumière ; pendant ce temps-là ils s'oxydent eux-mêmes et se changent en. produits plus fortement oxygénés. Les proto-sels de fer se changent en per-sels; l'acide gallique et l'acide pyro-gallique produisent des combinaisons plus oxygénées, mais dont la nature n'est pas encore bien déterminée. Par contre, l'iodure d'argent qui n'a souffert aucune transformation sous Fini fluence de la lumière, n'est pas sensiblement altéré par les liquides réducteurs.
On ne connaît pas bien le mode d'action des li-
LIQUIDES RÉDUCTEURS. ili
1 quides révélateurs sur l'iodure d'argent impressionné 1 par les radiations lumineuses. Il paraîtrait que cet [iodure, sous l'influence simultanée du liquide réduc- I teur et de la solution de nitrate d'argent, subit direc- I tement une réduction qui met en liberté l'argent resté I adhérent sur la couche impressionnée, tandis que | l'iode se porte sur les autres combinaisons. D'un autre côté, on pourrait supposer que le nitrate d'argent subit lui-même une désoxydation par l'effet du liquide ! réducteur, et qu'étant attiré par l'iodure d'argent impressionné par la lumière, c'est lui qui produit le noircissement dont les gradations diversement distribuées donnent lieu à la formation de l'image.
Mais à quelque hypothèse que l'on veuille recourir pour expliquer le développement de l'image, ce qu'il y a de bien certain, c'est que les liquides réducteurs, comme les acides gollique, pyro-gallique, le sulfate de fer, etc., sont tout-à-fait impuissants à développer l'image photographique latente produite par la lumière, sans l'addition du nitrate d'argent. Si quelquefois le contraire arrive, ce n'est qu'en apparence, et cela provient de ce qu'il se trouve dans la couche sensible une certaine quantité de nitrate d'argent laissée par le liquide sensibilisateur. Ce dernier cas arrive surtout dans le procédé humide, mais dans les procédés à sec, comme il est nécessaire de laver la couche sensibilisée, il est difficile que l'action seule du liquide réducteur puisse développer l'image. Jl est donc évident que le nitrate d'argent agit non-seule ment comme sensibilisateur et comme accélérateur le la couche destinée à recevoir l'image, mais encore
comme le principal agent révélateur de l'image ellemême.
Le développement de limage étant dû, en fin de compte, à un procédé de réduction ou de désoxydation, il s'ensuit que tout ce qui peut faciliter cette dernière, ajoute à la promptitude de la venue de l'image, et permet de diminuer la durée de la pose.
Les acides tendent, en général, à retarder le développement de l'image, parce qu'ils ont toujours une disposition à l'oxyder, ce qui est en opposition directe avec l'effet que nous cherchons. L'acide nitrique, qui possède une propriété oxydante assez énergique, contrarie particulièrement l'opération dont nous parlons. C'est pour cela que l'on recommande toujours d'employer le nitrate d'argent fondu, devenu neutre, en abandonnant à la chaleur son excès d'acide, soit qu'on l'emploie comme sensibilisateur ou accélérateur, soit qu'on s'en serve pour développer l'image, concurremment avec les liquides réducteurs. L'acétate de chaux, ajouté à l'acide gallique, accélère la venue de l'image, parce qu'il expulse une partie de l'acide nitrique du nitrate d'argent, en le remplaçant par l'acide acétique dont l'action oxydante est beaucoup moins énergique.
Il ne faut donc pas chercher à accroître l'action réductrice et désoxydante des liquides révélateurs audelà de certaines limites, parce que si leur énergie est frop grande, il se produit facilement un nuage qui s'étend comme un voile sur toute la superficie de l'image; ce nuage est dû à une réduction générale de tout l'iodure d'argent impressionné ou non par la lu-
DÉVELOPPEMENT DE L'iMAGE. 113
mière. Le même inconvénient peut aussi se présenter lorsqu'on fait un mauvais usage des accélérateurs dans la préparation de la couche sensible, et quand même les agents révélateurs auraient été bien préparés pour réussir dans les cas ordinaires. Les accélérateurs qui sont aussi une espèce de réducteurs d'une nature analogue à ceux que Ton emploie pour développer l'image, produisent dans certains cas une altération sur Fiodure d'argent, même sans le concours de la lumière, et ils lui donnent une prédisposition à noircir, sous l'action des liquides révélateurs.
Les matières colorantes qui ont la propriété de se modifier et de se désoxyder au contact de l'air atmosphérique, sembleraient devoir agir comme substances réductrices propres à développer l'image photographique, en les employant en mélange avec le nitrate d'argent. C'est ainsi que des décoctions de campêche, de bois de Brésil, de sumac, de cachou, substituées à l'acide gallique, m'ont donné une image assez bien venue. Mais je n'en ai obtenu aucune avec des décoctions de bois jaune, de quercitron, de curcuma, de gaude, d'orseille, de sandal et de garance.
SEPTIÈME OPÉRATION
DÉVELOPPEMENT DE L'iMAGE.
Enlevez la glace impressionnée de la chambre obscure, et portez-la à l'obscurité dans un cabinet faiblement éclairé par une bougie ou par une fenêtre garnie d'un verre jaune.
Posez la glace horizontalement sur un trépied, et versez sur le milieu la solution saturée d'acide gallique.
Etendez promptement l'acide gallique sur toute la surface albuminée, au moyen d'un tampon de coton bien blanc et exempt de toute impureté. '
Vous aurez soin que le liquide recouvre uniformément la couche albuminée, et, dans ce but, vous maintiendrez la glace parfaitement horizontale,- et vous y mettrez une assez grande quantité de solution d'acide gallique pour que le liquide soit sur le point de déborder. En agissant, ainsi, vous n'aurez point à craindre que le liquide s'accumule sur un seul point, laissant à sec la partie opposée. Ce dernier cas serait tout- à -fait désastreux ; en effet, si , Faction de l'acide gallique vient à être interrompue 1 par le manque de liquide, l'épreuve négative se tache ensuite sous l'action du nitrate d'argent, et elle se I recouvre en partie d'un nuage ou d'un voile léger I d'argent métallique.
Lorsque la dissolution d'acide gallique n'est pas I parfaitement saturée, on court encore le risque de f voir les plus belles épreuves se couvrir , entièrement : de taches. Ces taches, du reste., sont tellement tena- I ces, qu'on ne peut les enlever sans détruire en même temps le dessin.
Lorsque l'acide gallique a séjourné pendant cinq \ minutes sur la couche albuminée, inclinez votre glace vers un de ses angles et laissez écouler tout l'excédant I de liquide dans un flacon ad hoc. Cela fait, replacez la I glace sur le trépied horizontal, et sans perdre de temps,
DÉVELOPPEMENT DE i/lMAGE. Ì15
ersez au milieu de la couche impressionnée la soluon de nitrate d'argent, composée, comme nous Faons dit, de 4 parties de nitrate d'argent fondu avec ' 00 parties d'eau. L'image photographique ne tardera as à paraître. Si cependant, soit par défaut de luîière ou par suite d'une pose trop courte, elle n'avait as pris une intensité suffisante au bout de 10 minu- 36, reprenez la solution d'acide gallique qui a été eversée dans un flacon, comm e nous venons de le dire, t étendez-la de nouveau sur la glace, mélangez bien et acide gallique avec le nitrate d'argent sur toute 'étendue de l'épreuve, à l'aide d'un tampon de coton; e dessin ne tardera pas à acquérir une grande intensité ;t beaucoup de vigueur.
Cette méthode de renforcement du dessin est très- )onne quand on a le temps de bien surveiller le développement, mais il serait plus facile et plus sûr de tonner'' de la vigueur à une épreuve faible en la traient de la manière suivante :
On lave la couche d'albumine avec de l'eau pour inlever toute trace de nitrate, et on la traite ensuite le nouveau avec l'acide gallique ; au bout de deux ninutes, on renverse le liquide dans un verre et on «rerse sur l'épreuve une nouvelle couche de nitrate d'argent, à 4 pour cent, qui rendra tout d'abord l'image plus intense. Si cependant elle n'avait pas encore atteint une vigueur suffisante, l'on recommencera avec l'acide gallique, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on ob- ; tienne l'effet désiré.
Pour mieux apprécier la venue de l'image, mettez jsur une table une feuille de papier blanc ou une pia-
que de porcelaine, et en plaçant la glace à une légèi distance de la superficie blanche, éclairée par ui^ bougie, vous distinguerez clairement le dessin.
Il est bon d'être averti qu'on peut facilement se troj per quant à Fintensité que doivent avoir les épreuve négatives. On aura donc soin de les avoir, toujours pli faibles et moins foncées qu'on ne le croirait néce^ saire, afin qu'elles puissent donner des épreuves pc sitives où les transitions des lumières aux ombres ] soient ni trop brusques ni trop disproportionnées.
Aussitôt que vous jugerez Fépreuve suffisammer. venue, lavez-la à grande eau, pour arrêter Facto combinée de Facide gallique et du nitrate d'argent su toute sa surface. Mais avant de l'exposer au contact d la lumière, il restera à la fixer suivant ïa manière qu< nous indiquerons tout-à-Fheure.
OBSERVATIONS
1° Solidité de la couche sur le verre.
En étendant les liquides au moyen de coton cardé, on peut facilement rayer ou détériorer l'albumine! parce que sous l'influence du liquide révélateur elle perd au bout de quelque temps sa ténacité.
Pour éviter cet inconvénient, on prend la glace de! la main droite, on verse le liquide sur Fépreuve, et aussitôt inclinant la glace dans tous les sens, on parvient à étendre le liquide sur toute la superficie. Lorsque l'albumine est sèche, Facide gallique que l'on y verse ne coule pas uniformément au premier abord;j il devient donc nécessaire de l'étendre avec le coton,
DÉVELOPPEMENT DE l' IMAGE. H 7
Lis cette opération n'offre alors aucun inconvénient arce que l'albumine sèche est très-solide et peut apporter un frottement assez énergique, sans en être ndommagée. Cependant on pourrait humecter à l'aance la couche d'albumine en passant la glace dans ne assiette pleine d'eau, en la faisant ensuite sécher iresque complètement. On la traite alors avec une blution d'acide gallique qui s'étend sur l'albumine ,vec la plus grande facilité.
2" Action de la chaleur dans le développement de l'image.
i Pour accélérer la venue des épreuves négatives, on peut chauffer la glace au moyen d'une lampe à alcool que l'on promène au-dessous; mais on ne doit recourir à cet expédient que dans des cas extrêmes; il ne faut pas oublier que par le refroidissement il peut se déposer sur la couche des cristaux d'acide gallique; que si l'on approche trop la lampe du verre, l'albumine qui n'a pas encore perdu sa sensibilité, peut être tachée par un excès de lumière; enfin qu'une chaleur inégale peut faire éclater la glace.
3° Ancienne méthode de développement.
Quelques photographes se servent encore d'une méthode différente pour faire apparaître l'image né- ! gative.
Ils mettent la glace dans une bassine contenant une solution imparfaitement saturée d'acide gallique;
tonSdl d0Ìt être aSS<ÎZ ab°ndant P°Ur
toute la glace, on ajoute alors à l'acide gallique que
ques gouttes d'acéto-nitrate d'argent, sans leguel or
dinairement le développement n'aurait pas lieu 1
Cet e méthode donne également de bons resultate
ma s le peu de concentration du liquide et le mod,
particulier d'action du nitrate d'argent ainsi étendu
obligent à augmenter le temps de pose au moins d J
Ce"u°nedÏf0iS ^ ^ ^ dans ^eméZde C est une différence énorme et qui suffirait déjà pour
aire rejeter cette méthode; mais en outre, l'obfiga on oU Ym est de laigser ]e u.de , Wiga
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4° Catalissotype.
Ayant un j our laissé par hasard un tampon de coton sur une glace et en contact avec l'image pendant son ^dével oppement, sous l'influence de V%£^ hmee de l'acide gallique et du nitrate d'argent m remarqué que l'image était beaucoup plus intense
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