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PREMIÈRES EXPÉRIENCES PHOTOGRAPHIQUES

Les indications les plus importantes qu'il contient sont résumées dans l'extrait suivant :

» Le papier blanc ou le parchemin blanc imprégnés avec une solution de nitrate d'argent n'éprouvent aucun changement, tant qu'on les conserve dans un endroit obscur, mais s'ils sont exposés à lumière du jour, ils changent promptement de couleur, et après avoir passé par différentes gradations du gris au brun, ils deviennent à la fin presque noirs. Les altérations de couleur arrivent d'autant plus promptement que la lumière est plus intense. Aux rayons directs du soleil, deux ou trois minutes suffisent pour compléter l'effet; à l'ombre il faut plusieurs heures. La lumière transmise par différents verres colorés agit sur le papier à différents degrés d'intensité. Ainsi on trouve que les , rayons rouges ou les rayons ordinaires du soleil transmis par un verre rouge ont très-peu d'action ; que les rayons jaunes et verts sont plus efficaces; ïnais que la lumière bleue ou violette produit un effet plus puissant et plus décisif.

)> Lorsqu'une figure quelconque est placée sur la superficie préparée, la partie recouverte par l'ombre de cette figure reste blanche, tandis que le surplus noircit promptement.

» Pour reproduire des peintures sur verre, la solution doit être étendue sur du parchemin, parce qu'il s'impressionne plus promptement que le papier. Lorsque le parchemin ou le papier a noirci, on ne peut plus enlever la couleur ni avec de l'eau ni même avec de l'eau de savon, elle est essentiellement permanente. Aussitôt qu'on aura pris la copie d'une peinture ou

d'un profil, on doit la porter dans un endroit obscur; on peut très-bien l'examiner à l'ombre, mais il faut | alors que l'exposition n'ait été que de quelques minutes. L'épreuve ne s'altère pas sensiblement à la lumière d'une bougie ou d'une lampe. Mais toutes les tentatives essayées dans le but d'empêcher une airation ultérieure sur les blancs de l'épreuve sont demeurées sans succès. On recouvre ces épreuves d'un vernis mince, mais cela ne détruit pas leur altérabilité, et malgré des lavages réitérés, il reste sur la partie blanche du parchemin ou du papier, une quantité suffisante de sel d'argent impressionnable pour le faire noircir, lorsqu'on l'expose à la lumière. Indépendamment des applications de cette méthode qui viennent d'être signalées, il en existe une foule d'autres ; on peut l'utiliser pour dessiner tous les objets qui présentent une texture en partie opaque et en partie transparente. Les nervures des feuilles d'arbre, les ailes des insectes, peuvent être fidèlement reproduites de cette manière. Seulement, dans ce cas, il faut que la lumière solaire les traverse directement, et leurs ombres sont dessinées sur le parchemin.

» Les images de la chambre obscure sont trop faibles pour produire un effet sur le nitrate d'argent dans un temps de pose raisonnable. La reproduction de ces images a été le but primitif des recherches de Wegdwood dans cette voie; et pour y parvenir, il avait employé, sur l'indication d'un de ses amis, le nitrate d'argent avec une autre substance très-sensible à la lumière ; mais les nombreux essais qu'il tenta pour atteindre son but primitif demriiêrent sans i

succès. En répétant ces expériences, j'ai trouvé que les images des petits objets amplifiées par le microscope solaire, peuvent être reproduites sans difficulté sur un papier préparé au nitrate d'argent ; mais pour réussir, il faut que le papier soit placé à une petite distance de la lentille.

» En comparant les effets produits par la lumière sur le chlorure d'argent avec ceux qu'il produit sur le nitrate, les deux auteurs anglais reconnurent que le chlorure était plus sensible, et que ces deux sels étaient plus facilement impressionnés à l'état humide, qu'à l'état sec. Ce fait était du reste connu depuis longtemps. De plus, vers le coucher du soleil, la couleur du chlorure d'argent étendu sur le papier passe lentement du blanc à un violet faible ; mais dans les mêmes circonstances, il ne se produit aucune altération immédiate sur le nitrate d'argent.

| Il faut convenir, qu'à l'exception d'un moyen d'empêcher les blancs de l'image de noircir, il ne manquait rien à ce procédé pour le rendre aussi utile qu'il est agréable.

(3) INVENTION DE NlEPCE.

Il est assez curieux de voir comment l'heureux Niepce obtenait de véritables dessins photographiques dans un temps où personne ne croyait à la possibilité d'atteindre un si grand résultat.

Voici en quels termes Niepce fait connaître sa découverte (1).

(1) Exposition et histoire des principales découvertes scientifiques modernes, par Louis Figuier, Paris 1852.

La découverte que j'ai faite, et que je désigne sous le nom à'hêliographie, consiste à reproduire spontanément, par Faction de la lumière avec les dégradations de teintes du noir au blanc , les images reçues dans la chambe obscure.

Matière première, — Préparation.

La lumière, dans son état de composition et de décomposition, agit chimiquement sur les corps. Elle est absorbée, elle se combine avec eux, et leur communique de nouvelles propriétés. Ainsi, elle augmente la consistance naturelle de quelques-uns de ces corps; elle les solidifie même, et les rend plus ou moins insolubles, suivant la durée ou l'intensité de son action. Tel est, en peu de mots, le principe de la découverte.

Principe fondamental de la découverte.

La substance ou matière première que j'emploie, celle qui m'a le mieux réussi, et qui concourt plus immédiatement à la production de l'effet, est Y asphalte ou bitume de Judée, préparé de la manière suivante :

Je remplis à moitié un verre de ce bitume pulvérisé. Je verse dessus, goutte à goutte, de l'huile essentielle de lavande jusqu'à ce que le bitume n'en absorbe plus, et qu'il en soit seulement bien pénétré. J'ajoute ensuite assez de cette huile essentielle pour qu'elle surnage de trois lignes environ au-dessus du mélange qu'il faut couvrir et abandonner à une douce chaleur, jusqu'à ce que l'essence ajoutée soit saturée de la matière colorante du bitume. Si ce vernis n'a pas le degré de consistance nécessaire, on le laisse

évaporer à l'air libre, dans une capsule, en le garantissant de Fhumidité qui l'altère et finit par le décomposer. Cet inconvénient est surtout à craindre, dans la saison froide et humide, pour les expériences faites dans la chambre noire.

Une petite quantité de ce vernis, appliquée à froid avec un tampon de peau très-douce, sur une planche d'argent plaqué bien polie, lui donne une belle couleur de vermeil, et s'y étend en couche mince et très-égale. On place ensuite la planche sur un fer chaud, recouvert de quelques doubles de papier dont on enlève ainsi, préalablement, toute Fhumidité ; et lorsque le vernis ne poisse plus, on retire la planche pour la laisser refroidir et finir de sécher à une température douce, à l'abri du contact d'un air humide. Je ne dois pas oublier de faire observer à ce sujet que c'est principalement en appliquant le vernis que cette précaution est indispensable. Dans ce cas, un disque léger, au centre duquel est fixée une courte tige que l'on tient à la bouche, suffit pour arrêter et condenser l'humidité de la respiration.

La planche, ainsi préparée, peut être immédiatement soumise aux impressions du fluide lumineux ; mais, même après y avoir été exposée assez de temps pour que l'effet ait eu lieu, rien n'indique qu'il existe réellement, car l'empreinte reste inaperçue. Il s'agit donc de la dégager, et l'on n'y parvient qu'à l'aide d'un dissolvant.

Du dissolvant. — Manière de le préparer.

Comme ce dissolvant doit être approprié au résultat

que l'on veut obtenir, il est difficile de fixer avec exactitude les proportions de sa composition ; mais, toutes choses égales d'ailleurs, il vaut mieux qu'il soit trop faible que trop fort. Celui que j'emploie de préférence est composé d'une partie, non pas en poids, mais en volume, d'huile essentielle de lavande, sur dix parties, même mesure, d'huile de pétrole blanche. Le mélange, qui devient d'abord laiteux, s'éclaircit parfaitement au bout de deux ou trois jours. Ce composé peut servir plusieurs fois de suite. 11 ne perd sa propriété dissolvante que lorsqu'il approche du terme de saturation, ce qu'on reconnaît, parce qu'il devient opaque et d'une couleur très-foncée; mais on peut le distiller et le rendre aussi bon qu'auparavant.

La plaque ou planche vernie étant retirée de la chambre obscure, on verse dans un vase de fer-blanc d'un pouce de profondeur, plus long et plus large que la plaque, une quantité de dissolvant assez considérable pour que la plaque en soit totalement recouverte. On la plonge dans le liquide, et en la regardant sous un certain angle, dans un faux jour, on voit l'empreinte apparaître et se découvrir peu à peu, quoique encore voilée par l'huile qui surnage, plus ou moins saturée de vernis. On enlève alors la plaque, et on la pose verticalement pour laisser bien égoutter le dissolvant. Quand il ne s'en échappe plus, on procède à la dernière opération, qui n'est pas la moins importante.

Du lavage. — Manière d'y 'procéder.

il suffit d'avoir pour cela un appareil fort simple, composé d'une planche de quatre pieds de long, et

plus large que la plaque. Cette planche est garnie sur ;hamp, danssalofigueur^ de deux linteaux bien joints, disant une saillie de deux pouces. Elle est fixée à un ;upport par son extrémité supérieure, à l'aide de charîiçres qui permettent de l'incliner à volonté pour ionner à l'eau que l'on verse le degré de vitesse né- ;essaire. L'extrémité inférieure de la planche aboutit lans un vase destiné à recevoir le liquide qui s'éoule.

On place la plaque sur cette planche inclinée ; on 'empêche de glisser en l'appuyant contre deux petits rampons qui ne doivent pas dépasser l'épaisseur de i plaque. 11 faut avoir soin, dans cette saison-ci, de e servir d'eau tiède. On ne la verse pas sur la plane, mais au-dessus, afin qu'en y arrivant elle fasse appe et enlève les dernières portions d'huile adhémt au vernis.

C'est alors que l'empreinte se trouve complètement égagée, et partout d'une grande netteté, si l'opéraon a été bien faite, et surtout si l'on a pu disposer 'une chambre noire perfectionnée.

Application des procédés héliographiques.

Le vernis employé pouvant s'appliquer indifféreraient sur pierre, sur métal et sur verre, sans rien langer à la manipulation, je ne m'arrêterai qu'au iode d'application sur argent et sur verre, en faisant •utefois remarquer, quant à la gravure sur cuivre, ae l'on peut sans inconvénient ajouter, à la compotion du vernis, une petite quantité de tire dissoute ans l'huile essentielle de lavande.

1 Guxde du Photographe. 31

Jusqu'ici Fargent plaqué me paraît être ce qu'il y g de mieux pour la reproduction des images, à cause de sa blancheur et de son éclat. Une chose certaine, c'est qu'après le lavage, pourvu que l'empreinte soi1 bien sèche, le résultat obtenu est déjà satisfaisant. I] serait pourtant à désirer que l'on pût, en noircissant la planche, se procurer toutes les dégradations de teintes du noir au blanc. Je me suis donc occupé de cet objet en me servant d'abord du sulfure de potassé liquide, mais il attaque le vernis quand il est concentré, et si on l'allonge d'eau il ne fait que rougir le métal. Ce double inconvénient m'a forcé d'y renoncer. La substance que j'emploie maintenant, ave« plus d'espoir de succès, est Yiode, qui a la propriété de se vaporiser à la température de l'air. Pour noircir h planche par ce procédé, il ne s'agit que de la dresse: contre une des parois intérieures d'une boîte ouverte dans le dessus, et de placer quelques grains d'iod< dans une petite rainure pratiquée le long du côté op posé, dans le fond de la boîte. On la couvre ensuit* d'un verre pour juger de l'effet qui s'opère moins vite! mais bien plus sûrement. On peut alors enlever 1< vernis avec l'alcool, et il ne reste plus aucune trace de l'empreinte primitive. Comme ce procédé est en core tout nouveau pour moi, je me bornerai à cettjj simple modification, en attendant que l'expérience m'ait mis à portée de recueillir là-dessus des détail plus circonstanciés.

Deux essais de point de vue sur verre, pris dans I; chambre obscure, m'ont offert des résultats qui, biei que défectueux , me semblent devoir être rapportés

parce que ce ggnre d'application peut se perfectionner plus aisément et devenir par la suite d'un intérêt tout particulier.

Dans l'un de ces essais, la lumière, ayant agi avec moins d'intensité, a découvert le vernis de manière à fendre les dégradations de teintes beaucoup mieux senties ; de sorte que l'empreinte, vue par transmission, reproduit jusqu'à un certain point les effets connus du Biorama.

Dans l'autre essai, au contraire, où l'action du fluide lumineux a été plus intense, les parties les plus éclairées, n'ayant pas été attaquées par le dissolvant, sont restées transparentes, et la différence des teintes résulte uniquement de l'épaisseur relative des couches plus ou moins opaques du vernis. Si l'empreinte est me par réflexion, dans un miroir, du côté verni et iious un angle déterminé, elle produit beaucoup d'effet, tandis que vue par transmission elle ne présente iju'une image confuse et incolore, et ce qu'il y a d'éonnant, c'est qu'elle paraît affecter les couleurs locales de certains objets. En méditant sur ce fait remarquable, j'ai cru pouvoir en tirer des inductions ■lui permettraient de le rattacher àia théorie de Newton ■mr le phénomène des anneaux colorés. Il suffirait, ;30ur cela, de supposer que tel rayon prismatique, le î'ayon vert, par exemple, en agissant sur la substance lu vernis et en se combinant avec elle, lui donne le ,iegré de solubilité nécessaire pour que la couche qui jìn résulte, après la double opération du dissolvant et îu lavage, réfléchisse la couleur verte. Au reste, c'est i l'observation seule à constater ce qu'il y a de vrai

dans cette hypothèse, et la chose me semble assez im téressante par elle-même pour provoquer de nouvelle» recherches et donner lieu à un examen plus approfondi.

Quoiqu'il n'y ait sans doute rien de difficile dans remploi des moyens d'exécution que je viens de rapporter, il pourrait se faire toutefois qu'on ne réussît pas complètement de prime abord. Je pense donc qu'il serait à propos d'opérer en petit, en copiant des gravures à la lumière diffuse, d'après la préparation fort simple que voici :

On vernit la gravure seulement du côté verso, de manière à la rendre bien transparente. Quand elle est parfaitement sèche, on l'applique du côté recto, sur la planche vernie, à l'aide d'un verre dont on diminue la pression en inclinant la planche sous un angle de 45 degrés. On peut de la sorte, avec deux gravures ainsi préparées , et quatre petites plaques de doublé d'argent, faire plusieurs expériences dans la journée, même par un temps sombre, pourvu que le local soit, à l'abri du froid, et surtout de l'humidité, qui, je le répète, détériore le vernis à un tel point, qu'il se détache par couches de la planche, quand on la plonge dans le dissolvant. C'est ce qui m'empêche de me servir de la chambre noire durant la mauvaise saison. En multipliant les expériences dont je viens de parler,, on sera bientôt parfaitement au fait de tous les procédés de la manipulation.

Relativement à la manière d'employer le vernis, je dois rappeler qu'il ne faut l'employer qu'en consis-

tance assez épaisse pour former une couche compacte et ausgi mince qu'il est possible, parce qu'il résiste mieux à l'action du dissolvant , et devient d'autant plus sensible aux impressions de la lumière.

A l'égard de l'iode, pour noircir les épreuves sur argent plaqué, comme à l'égard de l'acide pour graver sur cuivre, il est essentiel que le vernis, après le lavage, soit tel qu'il est désigné dans le deuxième essai sur verre , rapporté ci-dessus ; car alors il est bien moins perméabie, soit à l'acide, soit aux émanations de l'iode, principalement dans les parties où il a conservé toute sa transparence : ce n'est qu'à cette condition que l'on peut, même à l'aide du meilleur appareil d'optique, se flatter de parvenir à une complète réussite.

Additions.

Quand on ôte la planche vernie pour la faire sécher, il ne faut pas seulement la garantir de l'humidité, mais avoir soin de la mettre à l'abri du contact de la lumière.

En parlant des expériences faites à la lumière diffuse, je n'ai rien dit de ce genre d'expérience sur verre. Je vais y suppléer pour ne pas omettre une amélioration qui lui est particulière. Elle consiste simplement à placer sous la plaque de verre un papier noir, et à interposer un cadre de carton entre la plaque, du côté verni, et la gravure, qui doit avoir été préalablement collée au cadre de manière à être bien tendue. 11 résulte de cette disposition, que l'image paraît beaucoup plus vive que sur un fond blanc, ce qui ne peut que contribuer à la promptitude de l'effet, et en

366 NOTES, second lieu, que le vernis n'est pas exposé à être endommagé par suite du contact immédiat de la gravure, comme dans l'autre procédé, inconvénient qui! n'est pas aisé d'éviter par un temps- chaud, le vernis fût-il même très-sec.

Mais cet inconvénient se trouve bien compensé par l'avantage qu'ont les épreuves sur argent plaqué de résister à l'action du lavage, tandis qu'il est rare que cette opération ne détériore pas, plus ou moins, les épreuves sur verre, substance qui offre moins d'adhérence au vernis, à raison de sa nature et de son poli plus parfait. Il s'agissait donc, pour remédier à cette défectuosité, de donner plus de mordant au vernis, et je crois y être parvenu/autant du moins qu'il m'est permis d'en juger d'après des expériences trop récentes et trop peu nombreuses. Ce vernis consiste dans une solution de bitume de Judée dans l'huile animale de Bippel, qu'on laisse évaporer à la température atmosphérique, au degré de consistance requise. Il est plus onctueux, plus tenace et plus coloré que l'autre, et l'on peut, après qu'il a été appliqué, le soumettre toute de suite aux impressions du fluide lumineux qui paraît le solidifier plus promptement, parce que la grande volatilité de l'huile animale fait qu'il sèche beaucoup plus vite.

(4) DAGUERRÉOTYPIE.

Le procédé primitif de Daguerre consistait en cinq opérations :

Première opération. — Polir la plaque argentée, 1° en la frottant avec du coton, de l'huile d'olive et

DAGUERRÉOTYPIE.* — TALBOTYPIE. óbl

e la ponce ; et ensuite, pour la bien dégraisser, avec u coton, de la ponce et de l'acide nitrique étendu j 0 en chauffant fortement la plaque pendant 5 miutes, puis en la traitant de nouveau avec l'acide tendu, la pierre ponce et le coton, jusqu'à ce qu'on btienne un poli parfait.

Deuxième opération. — Exposer la plaque aux vaeurs de l'iode dans une boîte, jusqu'à ce qu'elle ait ris une couleur jaune d'or, ni plus ni moins, parce ue la couleur violette est moins sensible, et que la pleur jaune pâle donne une image trop terne, faite et sans vigueur. 11 est important, selon Daguerre, lie la température intérieure de la boîte à iode soit it même que celle de l'air ambiant, pour éviter u'il ne se condense sur la plaque une couche d'huaidité.

Troisième opération. — Impressionner la plaque en 'exposant à la lumière dans la chambre noire.

Quatrième opération. — Faire apparaître l'image >roduite par la lumière, en plaçant la plaque impresionnée dans une boîte contenant du mercure que 'on chauffe avec une lampe à alcool, jusqu'à la tenonature de + 60 degrés centigrades.

Cinquième opération. ■— Fixer l'image en la plongeant dans une dissolution concentrée de chlorure de ;odium.

(5) TALBOTYPIE.

Procédé primitif de Talbot.

Au mois de février 1839, M. Fox Talbot a commuîiqué à la Société royale de Londres, son procédé

primitif de préparation d'un papier sensible propr aux impressions photographiques. Voici commer

KSE:**.- procédé dans ^^SOPMco

Pour préparer, dit-il, un papier qu'on peut appelé photogénique ordinaire, je choisis, avant tout, 2 pa piersohdeetbienglaeéjce quej'ai trouvé de meilleu es e papier à lettre superfln. Je le plonge dans un, solution convenable de sel ordinaire, et je l'essui, jusqu a ce qu'il soit bien sec ; le sel est ainsi répart uniformément dans toute la masse du papier. J'étend; ensuite sur toute la surface du papier, mais d'un seu cote, une solution de nitrate d'argent, et je fais de nouveau sécher au feu. La solution ne doit pas être saturée, mais étendue de 7 à 8 fois son poids d'eau. Sitôl que le papier est sec, on peut l'employer.

L'expérience m'a appris qu'il y a une certaine proportjon à observer entre la quantité de sel et la force de la solution d'argent qui donne de meilleurs résultats et produit le maximum d'effet. Si l'on augmente la concentration du sel au-delà de ce point, l'effet diminue, et dans certains cas il devient à peu près

Ce papier, lorsqu'il est bien préparé, est très-favorable pour tous les sujets photogéniques. Ainsi, pa*

Tlûn Yi^no+ ^1 O • . ,

- . jt—v^^nx^ucs. Ainsi, pan

exemple, rien n'est plus parfait que les images qu'il donne des feuilles et des fleurs, surtout avec un soleil dété; la lumière traverse les feuilles et en dessine toutes les nervures.

On prend donc une feuille de ce papier et on la lave avec une solution saturée de sel, enfin on la

TALBOTYPIE. 369

fait sécher. Nous avons remarqué que quand on conserve le papier pendant quelques semaines avant de s'en servir, sa sensibilité a beaucoup diminué et que parfois elle semble avoir tout-à-fait disparu. Mais si on étend alors sur le papier une nouvelle couche de solution d'argent, il redeviendra sensible à la lumière et peut-être même plus qu'il ne Tétait en premier lieu. En lavant ainsi alternativement le papier avec les solutions salées et argentifères, et en le faisant isécher dans l'internile, je suis parvenu à augmenter [sa sensibilité jusqu'au point de le rendre propre à (recevoir les images de la chambre noire, i Lorsqu'on se livrera à cette opération, on verra que quelquefois les résultats sont tantôt plus, tantôt moins parfaits, par suite de légères variations dans les proportions employées.

Il arrive parfois que le chlorure d'argent a une dis- I position marquée à noircir de lui-même sans l'exposer à la lumière; cela indique que sa sensibilité a été poussée à l'excès : le but doit être d'approcher le plus possible de cette condition, sans toutefois l'atteindre. La substance se trouvera ainsi propre à être influencée par la plus légère action étrangère, comme celle des rayons violets, bien qu'ils soient atténués. J'ai : préparé à cet effet un nombre de feuilles de papier dans des proportions chimiques peu différentes les unes des autres. J'ai coupé un petit morceau de chacune et, après les avoir étiquetés et numérotés, j'ai exposé ces fragments, l'un après Vautre, à une lumière diffuse très-faible, pendant un quart-d'heure ; alors, si, comme cela arrive fréquemment, l'un de ces mor-

les autres, j ai choisi le papier qui porte le n» corres pondant pour l'exposer à là chambre noire

Calotype.

la topédé,déCrit CÌ-deSSUS n'6St ?as ^-sensible à la lumiere; il serait peu applicable pour obtenir des

CV:DorégatÌVendanS k Chamble -ir- T lÎ ayant appris que Daguerre se servait d'iode pour

inmnarr rIars rempiaça ie <^*T

dium parliodure de potassium, pour arriver à nro- ™; k même combi-son d'iode' et

de rélZ r 6 trouverune^stance capable

duiraï, , ^ SUP Papier' C3r Ie ^rcurene pro-

dluvr t ^ 6ffet- Gette SUbstance' Talb*< *

découvrit; cest ainsi qu'il arriva au calotvpe ainsi quy l'appelle, dans la description suivante

Prenez une feuille du meilleur papier à lettre parfaitement glacé, mais d'un grain L et uni sU3 marque de fabrique s'y trouve, vous l'enl^ ez poù

Zu, Si? Tate d'argent cristaiiisé dans 6 —

d eau distillée, lavez avec cette solution un des côtés

ce cïnirryen d> P^u doux, et marquez h ^connaître plus tard. Faites sécher

du fer , aT- preTUti0n' à ™e ^tance convenable du leu, ou laissez-le sécher spontanément à l'obscu-

Lorsqu'il est sec, ou à peu près, plongez-le dans une solution diodure de potassium contenant 500 grani-

TALBOTYPIE. 371

mes de ce sel pour une pinte d'eau, et laissez-le séjourner 2 ou 3 minutes dans la solution, ensuite plongez le papier dans un vase plein d'eau, séchez-le Légèrement au papier buvard et achevez de le sécher au feu, qui ne Fendommagera pas, bien qu'on l'en approche assez près. On peut encore le laisser sécher spontanément. Toutes ces opérations seront plus convenablement faites à la lumière d'une bougie. Le papier ainsi préparé s'appelle papier ioduré : il est d'un jaune pâle et uniformément imprégné d'iodure d'argent. Bien qu'il soit peu sensible à la lumière, il faut pourtant le conserver dans un porte-feuille, jusqu'au moment de s'en servir. Il peut être conservé pendant un temps indéterminé, sans aucune altération et sans aucun changement, pourvu qu'on le tienne à l'abri de la lumière.

Lorsqu'on veut en faire usage, on en prend une feuille qu'on lave avec un liquide préparé de la manière suivante :

Faites dissoudre 100 grains de nitrate d'argent cristallisé dans 2 onces d'eau distillée, ajoutez à cette solution le sixième de son poids d'acide acétique concentré. Pour la distinguer, nous la désignerons par la lettre A.

Faites une autre solution d'acide galliquc dans l'eau distillée. Cèt acide se dissout en très-faible proportion. Nous appellerons cette dernière solution B.

Mélangez ensemble les liquides A et B à volumes égaux, mais par petites quantités à la fois, parce que ce mélange ne peut être conservé longtemps sans s'altérer. Nous i'appelerons gallo-nitrate d'argent.

Etendez cette solution sur le côté du papier ioduré où! vous avez fan une marque, et après l'avoir laissé sé-i journer une demi-minute sur le papier, plongez ce damier dans l'eau et séchez-le doucemen/au papi | buvard Cette opération doit être faite complètemenï a l abri du jour; et bien que le papier ainsi préparé se sort quelquefois conservé pendant 2 ou 3 mois il est plus a propos de l'employer au bout de quelques heures, car souvent il éprouve, même à l'obscurité, des changements spontanés.

Le papier, après avoir reçu sa préparation, est éminemment sensible à la lumière; une exposition de moins dune seconde à la lumière diffuse suffit pour donner naissance à un changement marqué. Si un morceau de ce papier est recouvert en partie et que le reste soit exposé à la lumière pendant le plus petit espace de temps, il se produira une impression touta-fait decisive. Cette impression est d'abord latente et inappréciable aux yeux; mais si on transporte le papier dans un endroit obscur, elle se développera progressivement. On peut du reste la faire paraître en lavant l'épreuve avec le gallo-nitrate d'argent, en l'approchant à une petite distance du feu. Les parties exposées à la lumière deviennent brunes, et celles qui étaient recouvertes conservent leur couleur nrimitive. • F

Les images obtenues par ce procédé se fixent en les lavant a l'eau pure, en les essuyant au papier buvard, et enfin en les traitant avec une solution de brômure de potassium contenant 1 00 grains de ce sel dans 8 à 10 onces d'eau; au bout d'une à deux minutes, on

NIEPCOTYPIE- 373

les plonge de nouveau dans l'eau, et enfin on les fait sécher.

(6) NIEPCOTYPIE.

M. Niepce de Saint- Victor décrit de la manière suivante sa découverte de la photographie sur verre :

« Quoique ce travail ne soit qu'ébauché, je le publie tel qu'il est, ne doutant pas des rapides progrès qu'il fera dans des mains pius exercées que les miennes, et par des personnes qui opéreront dans de meilleures conditions qu'il ne m'a été permis de le faire.

» Je vais indiquer les moyens que j'ai employés, et qui m'ont donné des résultats satisfaisants, sans être parfaits. Comme tout dépend de la préparation de la plaque, je crois devoir donner la meilleure manière de préparer l'empois.

» Je prends 5 grammes d'amidon que je délaie avec 5 grammes d'eau, puis j'y en ajoute encore 95 grammes, après quoi j'y mèle 35 centigrammes d'iodure de potassium, étendu dans 5 grammes d'eau. Je mets sur le feu \ lorsque l'amidon est cuit, je le laisse refroidir, puis je le passe dans un linge, et c'est alors que je le coule sur les plaques de verre, ayant l'attention d'en couvrir toute la surface le plus également possible. Après les avoir essuyées en dessous, je les expose sur un plan parfaitement horizontal, afin de les sécher assez rapidement au soleil ou à l'étuve, pour obtenir un enduit qui ne soit pas fendillé, c'està-dire pour que le verre ne se couvre pas de cercles où l'enduit est moins épais qu'ailleurs (effet produit, selon moi, par l'iodure de potassium). Je préviens que l'amidon doit toujours être préparé dans un vase de

Guide du Photographe. 32

ói* NOTES.

porcelaine, et que la quantité de 5 grammes que je viens d'indiquer est suffisante pour enduire une dizaine de plaques, dites d'un quart. On voit par là quii est facile de préparer une grande quantité de plaques à la fois. Il importe encore de ne pas y laisser de bulles d'air, qui feraient autant de petits trous dans les épreuves.

» La plaque étant préparée de cette manière, il suffira, lorsqu'on voudra opérer, d'y appliquer de Yacéto-nitrate, au moyen d'un papier trempé à plusieurs reprises dans cette composition ; on prendra ensuite un second papier imprégné d'eau distillée, que l'on passera sur la plaque. Un second moyen consiste à imprégner préalablement la couche d'empois d'eau distillée, avant de mettre Tacéto-nitrate; dans ce dernier cas, l'image est bien plus noire, mais l'exposition à la lumière doit être un peu plus longue que par le premier moyen que j'ai indiqué.

» On expose ensuite la plaque dans la chambre obscure, et on l'y tient un peu plus de temps peutêtre que s'il s'agissait d'un papier préparé par le procédé Blanquart. Cependant j'ai obtenu des épreuves très-noires en 20 ou 25 secondes, au soleil, et en 1 minute à l'ombre (1). L'opération est conduite en-' suite comme s'il, s'agissait de papier, c'est-à-dire que l'on se sert de l'acide gallique pour faire paraître le dessin, et du bromure de potassium pour le fixer.

» Tel est le premier procédé dont je me suis servi; mais ayant eu l'idée d'employer l'albumine (blanc

(1) Eû chauffant un peu la plaque, on peut opérer en moins de temps.

NIEPCOTYPIE. 375

d'oeuf), j'ai obtenu une supériorité remarquable sous tous les rapports, et je crois que c'est à cette dernière substance qu'il faudra donner la préférence.

» Voici la manière dont j'ai préparé mes plaques : j'ai pris dans le blanc d'œuf (1) la partie la plus claire (cette espèce d'eau albumineuse), dans laquelle j'ai mis de Tiodure de potassium, puis, après l'avoir coulée sur les plaques, je l'ai laissée sécher à la température ordinaire (si elle était trop élevée, la couche d'albumine se gercerait). Lorsque l'on veut opérer, on applique l'acéto-nitrate en le versant sur la plaque, de manière à en couvrir toute la surface à la fois, mais il serait préférable de la plonger dans cetle composition pour obtenir un enduit bien uni.

)) L'acéto-nitrate rend l'albumine insoluble dans Teau, et lui donne une grande adhérence au verre. Avec l'albumine, il faut exposer un peu plus longtemps à l'action de la lumière que quand on opère avec l'amidon ; l'action de l'acide gallique est également plus longue ; mais en compensation on obtient une pureté et une finesse de trait remarquables, et qui, je crois, pourront un jour atteindre à la perfection d'une image sur la plaque d'argent,

» J'ai essayé les gélatines ; elles donnent aussi des dessins d'une grande pureté (surtout si l'on a eu la précaution de les filtrer, ce qu'il est essentiel de faire pour toutes substances), mais elles se dissolvent trop facilement dans l'eau. Si Ton veut employer l'amidon, il faudra choisir le plus fin ; pour moi, qui n'ai

(1) Plus le blanc est frais, plus il a de viscosité.

employé que ceux du commerce, le meilleur que j'ai trouvé est celui de la maison Groult.

» C'est en employant les moyens que je viens d'indiquer que j'ai obtenu des épreuves négatives. Quant aux épreuves positives, n'en ayant pas fait, je n'en parlerai pas; mais je présume que l'on peut opérer comme pour le papier, ou bien en mettant les substances dans l'amidon, mais non dans l'albumine, qu'il ne faudra même pas passer dans la solution de sel marin. Il faudra, pour cette dernière substance, plonger la plaque dans le bain d'argent.

^ » Si l'on préfère continuer à se servir de papier, j'engagerai à l'enduire d'une ou deux couches d'empois ou d'albumine, et l'on aura alors la même pureté de dessin que pour les épreuves que j'ai faites avec 1 iode ; mais je crois que, pour la photographie, cela ne vaudra jamais un corps dur et poli, recouvert d'un© couche sensible.

» J'ajouterai que l'on pourra obtenir de très-jolies épreuves positives sur verre opale.

» Ne peut~on pas espérer que, par ce moyen, on parvienne à tirer des épreuves de la pierre lithographique, ne serait-ce qu'en crayonnant le dessin reproduit, si l'on ne peut pas l'encrer autrement ? J'ai obtenu de très-belles épreuves sur un schiste (pierre a rasoir) enduit d'une couche d'albumine. A l'aide de ce moyen, les graveurs sur cuivre et sur bois pourront obtenir des images qu'il leur sera très-facile de reproduire. »

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