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AMIDON

L'amidon est un principe que l'on trouve abondamment dans un grand nombre de végétaux ; on l'extrait' ordinairement du blé, du riz, de la patate. L'arrowroot, le sagou, le tapioka, la révalenta ne sont autre chose que des variétés d'amidon plua ou moins pures. ' Sa composition coudait à la formule C« H^O" ; son équivalent est 162, il est insoluble dans l'eau froide, l'alcool et l'éther. Dans l'eau chauffée à la température d'environ -h 75° contigrades, il se transforme en une substance gélatineuse et collante; l'eau froide, mélangée d'un peu d'alcali caustique, dissout l'amidon. Une solution d'amidon dans l'eau chaude que l'on fait bouillir, et à laquelle on ajoute une petite

quantité d'acide sulfurique, devient bientôt parfait* ment limpide et conserve sa fluidité, en maintenant la temperature de + 60" à + 70°.

L'amidon se transforme d'abord en une substance gommeuse qu'on appelle dextrine, il finit par passer al état de véritable gomme et de sucre. La dextrine constitue une excellente colle, bien préférable à l'amidon, parce qu'elle se dissout facilement dans l'eau comme la gomme ordinaire, parce qu'elle est plus flexible et moins cassante lorsqu'elle a séché. Sa composition est identique avec celle de l'amidon.

La propriété la plus caractéristique de l'amidon, es! de former avec l'iode un composé d'un bleu intense. Une solution d'amidon dans l'eau chaude, traitée par liodure de potassium, appliquée ensuite sur une temile de papier, est un moyen très-avantageux pour decouvnr et déterminer une quantité inappréciable de chlore dans une solution; je l'ai démontré dans ma polymétrie chimique.

L'amidon est très-souvent employé en photographie, soit pour corriger les aspérités du papier, soit pour servir de véhicule aux substances photographiques.

AMMONIAQUE

L'ammoniaque du commerce, qu'on appelle aussi alcali volatil ou ammoniaque liquide, est une solution aqueuse d'ammoniaque anhydre.

L'ammoniaque anhydre est un gaz d'une densité ^environ 0,60 d'une odeur d'urine pénétrante, qui n'est cependant pas malsaine à respirer, lorsqu'elle est mélangée d'une grande quantité d'air. Ce gaz re-

AMMONIAQUE

froidi à — 40° se change en un liquide de la densité de 0,76. Sa composition est un équivalent d'azote et 3 équivalents d'hydrogène N H3, son équivalent est 17. Il est soluble dans l'alcool et l'éther ; l'eau en dissout 670 fois son volume à la température ordinaire, c'est-àdire qu'elle en dissout la moitié de son poids, et en prenant l'ammoniaque en solution, elle augmente ^de volume. L'ammoniaque liquide concentrée que l'on obtient ainsi a une densité de 0,875 et contient 32 ifi pour cent de gaz ammoniac.

L'ammoniaque liquide du commerce marque 21 à 22° à l'aéromètre de Baumé, et ne contient qu'environ 20 pour cent de gaz ammoniac ; elle a l'odeur de ce dernier, une saveur de lessive caustique ; elle rou-, git la matière colorante du curcuma et rétablitle bleu de tournesol rougi par les acides. On doit la conserver dans des bouteilles bien bouchées, parce qu'à l'air libre et à la température ordinaire elle laisse échapper le gaz ammoniac avec tant de facilité, qu'à la longue tout ce gaz peut se volatiliser spontanément, et il ne resterait que l'eau pure.

Le papier de curcuma peut servir à déterminer la quantité d'ammoniaque contenue dans ses dissolutions étendues. Mais pour déterminer les dissolutions concentrées, il vaut mieux recourir à la méthode qui a pour base la densité.

La table suivante de Davy indique approximativement la quantité réelle d'ammoniaque liquide dans les solutions de densités différentes.

DENSITÉ

de la solution.

AMMONIAQUE pour 100.

DENSITÉ de la solution.

AMMONIAQUE pour 100.

Les propriétés chimiques de Fammoniaque sont tout-à-fait contraires et opposées à celles des acides et semblables à celles des alcalis, comme la potasse, la soude, la chaux, etc. 17 parties d'ammoniaque à l'état de pureté saturent autant d'acide que 32 parties de soude, 48 parties de potasse, 77 de baryte et 28 de chaux.

L'ammoniaque liquide combinée avec les acides sulfurique, nitrique, acétique, forme des sels où l'on trouve un équivalent d'ammoniaque, un équivalent d'acide et un équivalent d'eau. Cette eau n'existe pas dans le sel à l'état d'eau de cristallisation, mais elle est tenue en combinaison par l'ammoniaque, en présence de l'acide, pour former de l'oxyde d'ammonium N H4 0.

L'ammoniaque liquide combinée, au contraire, avec les acides chlorhydrique, iodhydrique et autres hydracides analogues, ne se combine pas préalablement avec l'eau, parce qu'elle se change en ammonium en

AMMONIAQUE

se combinant avec l'hydrogène de l'acide, de la même manière qu'un corps simple se combine avec un métalloïde. Ainsi, avec l'acide chlorhydrique, elle forme le chlorure d'ammonium ou sel ammoniac NH U, et avec l'acide iodhydrique, elle forme l'iodure d ammonium .

Les sels formés par l'ammoniaque sont ordinairement très-solubles dans l'eau et dégagent une odeur d'ammoniaque, lorsqu'on y ajoute de la chaux ou de la potasse qui, en leur qualité de bases plus fortes, chassent l'ammoniaque de ses combinaisons. La chaleur volatilise et décompose les sels ammoniacaux ; et, plusieurs d'entre eux, par une simple exposition à l'air, quittent leurs caractères neutres pour prendre

celui d'acides.

L'ammoniaque forme facilement des sels doubles; ainsi, si on verse de l'ammoniaque liquide dans une solution de sulfate de cuivre, il se forme d'abord un précipité qui se dissout par une nouvelle addition d'ammoniaque et prend une couleur bleue intense.

L'ammoniaque est très-utile dans les arts ; elle a un grand nombre d'emplois en photographie, pour laver les glaces albuminées, pour fixer et modifier les épreuves, pour saturer les liquides, etc. C est le meilleur agent que l'on puisse employer pour enlever les taches de graisse, qu'elle dissout avec une grande facilité.

Les oxydes qui se dépouillent facilement de 1 oxygène, comme sont ceux d'argent, d'or et de platine, forment avec l'ammoniaque des composés explosifs fulminants très-dangereux, que l'on appelle ammoniures métalliques M,NH2.

ARGENT

Ce métal forme la base de toutes les opérations photographiques. Pour l'obtenir à l'état de pureté, on fait dissoudre de l'argent de monnaie dans de l'acide nitrique étendu, on ajoute à la solution du chlorure de sodium ou de l'acide chlorhydrique, pour précipiter l'argent à l'état de chlorure. On recueille ce précipité, on le lave et on le fait sécher, puis on le mélange graduellement avec deux fois son poids de carbonate de potasse fondu dans un creuset à la chaleur rouge ; l'argent métallique se sépare et forme un bouton au fond du creuset.

L'argent est susceptible de prendre le plus haut degré de poli ; il est très-ductile, très-malléable, ne s'oxyde point à l'air ; mais il y noircit, aussi bien que dans l'eau, lorsqu'il s'y rencontre des traces d'hydrogène sulfuré. L'équivalent de l'argent est 108, il forme avec le mercure un amalgame dont on se sert quelquefois pour argenter le cuivre à chaud.

Les plaques de cuivre et d'argent du photographe sont fabriquées directement en laminant une barre rectangulaire de cuivre, recouverte d'une feuille d'argent sur une de ses faces. Le plus ou moins d'épaisseur de l'argent forme le titre de la plaque. Les opérations nécessaires pour cette fabrication sont au nombre de 7, savoir :

4° Polir la surface de cuivre à argenter, y étendre une solution de nitrate d'argent qui dépose sur le cuivre une mince couche de ce métal; polir pour donner du brillant et de l'adhérence à la couche d'ar-

ARGENT

Sent : enfin appliquer la feuille d'argent sur le cuivre ainsi disposé, en répandant de la craie en poudre sur la face supérieure de l'argent.

2° Placer le tout entre des plaques de cuivre et le porter dans un fourneau chauffé au charbon de bois. La houille et la tourbe qui dégagent du gaz sulfureux ne pourraient pas être employées. Lorsque le lingot est arrivé à la chaleur rouge naissante, on le place sous les cylindres de fonte d'un laminoir ; la chaleur et la pression commencent à souder ensemble les deux métaux. On chauffe de nouveau et on passe une seconde fois au laminoir qui complétera la soudure.

3» Traiter cette soudure par l'acide sulfurique étendu, pour dissoudre l'oxyde qui s'est formé, laver ensuite à l'eau et faire sécher.

4» Laminer la barre entre deux cylindres de fonte; dans cette opération, le cuivre et l'argent s'étendent et s'amincissent.

5» Lorsque la plaque paraîtra avoir pris trop de dureté trop de rêcrouit, et qu'elle sera cassante, on la chauffera de nouveau à la chaleur rouge avec du charbon de bois.

6" Continuer alors l'action du laminoir, jusqu a ce que la plaque soit réduite à l'épaisseur voulue, c'est-àdire environ à 2/3 de millimètre. En supposant que l'argent avait dans l'origine le 1/30» de l'épaisseur totale du lingot, le titre de la plaque sera du trentième, ou bien elle sera au trentième, selon l'expres-

sion reçue.

7» Donner te poli et planer la plaque. La premiere de ces opérations se fait au moyen de substances chi- Guide dw photographe. 35

miques, en suivant à peu près la méthode des photographes ; la seconde s'exécute à coups de marteau sur un tas hien poli.

Cette fabrication exige une grande force motrice et beaucoup de charbon de bois. Ces deux dépenses et celle de la main-d'œuvre indispensable se paient fort cher à Paris, où la fabrication du plaqué est établie sur une grande échelle. En Italie, nous avons partout l'eau comme force motrice, le charbon de bois se trouve en abondance, la main-d'œuvre surtout est beaucoup moins chère ; on ferait donc un excellent emploi de capitaux en établissant cette fabrication dans notre pays.

L'emploi du plaqué d'argent est très-onéreux, surtout pour les amateurs 3 c'est pour cela que le professeur Hunt a proposé de se servir de cuivre simplement argenté que l'on peut obtenir à plus bas prix de la manière suivante :

Prenez une plaque de cuivre parfaitement planée, à la grandeur voulue, polissez-la parfaitement à la pierre ponce et au rouge d'Angleterre (1). Pour argenter la plaque, on la frotte avec une solution d'eau salée et ensuite avec la poudre argentifère des fabricants de timbres. Elle se compose de 1 partie de chlorure d'argent bien lavé, 5 parties de crème de tartre et 4 parties de chlorure de sodium (2). Pour faire usage de cette poudre, il faut l'humecter légèrement avec de l'eau ; lorsque sous son action la pla-

(1) On peut acheter pour cet usage les plaques préparées pour la gravure.

(2) Ce procédé d'argenture est connu dans les arts sous les noms d'argenture an bouchon.

ARGENT. 411

que de cuivre se sera recouverte d'une couche d'argent uniforme, lavez-la de suite dans une faible solution de soude, et lorsque la superficie argentée se montrera bien pure, essuyez-la avec un chiffon bien chauffé; la plaque pourra ensuite être employée.

Mais avant tout, exposez la plaque à la chaleur d'une lampe à alcool, jusqu'à ce que la face argentée ait pris une couleur jaune d'or bien distincte ; laissez-la refroidir et frottez-la ensuite doucement avec du coton imprégné d'acide nitrique étendu, jusqu'à ce que l'argent ait repris sa couleur naturelle, et essuyez-la avec un chiffon bien propre. Etendez alors sur la plaque de l'iodure de potassium, contenant en solution une petite quantité d'iode, et exposez-la à la lumière qui noircira l'iodure d'argent formé. La plaque étant bien sèche, polissez-la de nouveau avec de l'acide étendu et avec une solution de carbonate de soude, puis avec du coton sec, après avoir projeté sur la plaque une petite quantité de tripoli. Vous obtiendrez ainsi une surface parfaitement polie, et l'argenture ne laissera rien à désirer.

La théorie de ce procédé est celle-ci : la chaleur détruit l'acide et établit une adhérence plus parfaite entre le cuivre et l'argent, en sorte que la plaque peut subir le procédé subséquent. La couleur jaune qui se manifeste paraît être un oxyde d'argent qui, combiné sans doute avec une petite quantité de cuivre, est enlevé par le second poli et laisse une surface parfaitement pure.

On peut argenter les plaques de cuivre d'une ma-

nière plus parfaite au moyen de la pile galvanique. Ce procédé permet d'augmenter à volonté l'épaisseur de l'argent, sans l'intervention de la chaleur, et il donne une couche d'argent absolument pure. La méthode la plus simple consiste :

1° A placer dans un vase de faïence ou de verre un diaphragme ou tube poreux ; à remplir le premier d'une solution étendue d'acide sulfurique et l'autre avec une solution de chlorure de sodium saturée avec du chlorure d'argent.

2° A plonger dans l'acide une lame de zinc, et dans la solution saline la plaque à argenter dont on aura verni le revers, et à mettre en communication les deux plaques au moyen d un fil de cuivre.

Le faible courant électrique qui s'établit précipite l'argent d'une manière uniforme sur toute la surface de la plaque. En amalgamant à l'avance la plaque de zinc que l'on frotte avec un mélange de mercure et d'acide sulfurique étendu de dix fois son poids d'eau, le courant électrique sera plus lent, plus constant, et le résultat plus certain. Le vernis qui forme réserve sur le revers de la plaque doit, suivant le baron Gros, être composé de vernis copal, auquel on ajoute une petite quantité de chromate de plomb.

On peut obtenir le même résultat en faisant usage de la pile à courant constant de Danieli. Dans cette pile, le diaphragme est rempli d'eau salée ; on y plonge une plaque de zinc qui joue le rôle de pôle positif; le vase principal contient une solution de sulfate oie cuivre et un cylindre du même métal qui sert de pôle négatif. Le courant électrique est conduit

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