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HUILES ET CORPS GRAS

On divise les huiles en huiles fixes et en huiles essentielles ou volatiles.

Les huiles grasses sont généralement liquides, elles sont absorbées avec une grande facilité par les corps poreux ; mises en contact avec le papier, elles le rendent transparent, parce qu'elles remplissent les pores ou interstices de son tissu ; elles sont toutes plus légères que Feau. Exposées à l'air, tantôt elles s'épaississent, et prennent une consistance sirupeuse, telles sont les huiles non siccatives, comme celles d'olives, de navette, etc. ; tantôt, au contraire, elles durcissent et deviennent solides comme les résines, telles sont Thuile de Un, l'huile de noix, etc., aussi ces dernières se distinguent sous le nom d'huiles siccatives.

Les huiles et les corps gras sont insolubles dans Feau, elles ne se mélangent pas avec elle, et lorsqu'on les agite fortement ensemble, au bout de quelque temps elles se séparent de Feau en vertu de leur plus grande légèreté et elles reviennent à la surface. Les huiles sont plus ou moins solubles dans Féther, Falcool et les huiles essentielles. Mélangées à Feau de savon, elles produisent très-facilement une émulsion. Sous Finfluence de la chaleur, elles dissolvent le soufre et le phosphore. Elles sont décomposées par Fiode et par le chlore, avec formation d'acide iodhydrique et chlorhydrique. Lorsque la température s'abaisse, elles se solidifient. Elles exigent une assez forte chaleur pour entrer en ébullition. Ainsi l'huile de lin, par exemple, ne bout qu'au-delà de -f- 300°. On voit par là que l'huile bouillante est très-dangereuse à manier, et qu'il doit arriver des projections de ce liquide, lorsqu'on y ajoute de l'eau.

Guide du photographe. 38

La propriété essentielle des huiles grasses de rester àia surface de Feau et de ne point se mélanger avec ce liquide, peut être utilisée pour préserver certains corps du contact de Fair.

Ainsi une solution de vitriol vert attire promptement l'oxygène de Fair et dépose du sesquioxyde de fer, mais si on la recouvre d'une légère couche d'huile d'olive, elle n'est point altérée. La propriété que possèdent les corps gras de former une émulsion, avec le savon, d'être dissous par les huiles essentielles, par l'éther et par l'alcool, celle d'être absorbés par les corps poreux et pulvérulents, ont été utilisées dans le polissage des plaques de verre et de métal.

Toutes les huiles grasses sont des composés résultant de l'union d'un acide (stéraïque, oléïque, margarique avec l'oxyde de glycérine), il faut donc les considérer comme de véritables composés salins, décomposantes par les bases. Au contact des huiles, les alcalis produisent des savons, parce qu'ils se combinent avec l'acide gras en chassant l'oxyde de glycérine.

Les huiles essentielles, celles de girofle, de cannelle, etc., ont des propriétés différentes de celles des huiles grasses ; elles sont généralement acres, sans aspect huileux, plus légères que l'eau, volatiles et fortement odorantes. Leur composition varie beaucoup : tantôt elles ne contiennent que du carbone et de l'hydrogène, tantôt elles renferment ces deux corps unis à de l'oxygène. Elles sont plus inflammables que les huiles grasses, insolubles comme elles dans Feau, mais trèssolubles dans Falcool ; elles dissolvent les graisses et les résines avec beaucoup de facilité.

HYPOSULFITE DE SOUDE. 447

Parmi ces essences, celle de térébenthine intéresse surtout le photographe. Lorsqu'elle est pure et incolore, elle a une densité de 0.86.

HYPOSULFITE DE SOUDE.

Nous avons vu que ce sel est le meilleur fixateur «onnu des images photographiques, à cause de la propriété qu'il possède de dissoudre les iodures, les bromures, les chlorures, les cyanures d'argent qui n'ont pas été altérés par la lumiere et par les liquides révélateurs. Ces propriétés ont été suffisamment décrites, il reste seulement à indiquer son mode de préparation, cela peut être utile aux photographes de province. Cette préparation n'est pas difficile. On met dans une cornue de verre de la poudre de charbon, on y ajoute de l'acide sulfurique à 66 degrés en quantité rigoureusement suffisante pour mouiller le charbon, sans aller au-delà, et on fait chauffer. On conduit le gaz qui se développe dans une solution de carbonate de soude, ce dernier se transforme peu à peu en sulfite de soude. Lorsque cette solution de sulfite est devenue neutre, on la fait bouillir avec du soufre en poudre dans une capsule de porcelaine et non pas de métal. Le soufre en se combinant avec le sulfite de soude se changera en hyposulfite de la même base. En faisant évaporer, on obtient l'hyposulfite de soude |en forme de cristaux. Du reste, cette cristallisation serait tout-à-fait inutile pour le photographe, il lui suffira de filtrer la solution obtenue, de la verser dans des flacons, et quand il voudra s'en servir, de l'étendre au degré convenable pour les opérations qu'il veut

faire. Il consultera à cet effëb la table de solubilité de ce sel, page 126.

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