‹ Guide universel et complet de l'étranger dans ParisChapitre 106 sur 273 · C. Latrines · texte numérisé non relu

C. Latrines

naissance de Fenfanl qu'elle porte. On remarque le squelette d'un centenaire, des têtes d'éléphants de l'Asie, et le corps empaillé du séide bédouin qui poignarda au Caire, en lui présentant une demande, le brave général KléBer, durant l'occupation française en Egypte. Sur les murs de Fescalier qui conduit au premier étage sont suspendues des têtes de cerfs, de dauphins, d'hippopotames et autres. La première pièce au premier étage offre une série de têtes entières d'animaux célèbres et de têtes humaines de tous les pays, ainsi que des singes empaillés et des têtes d'animaux carnivores; près d'eux est la peau d'une momie égyptienne. La pièce suivante du môme étage contient à droite des têtes d'oiseaux, de {toissons et de reptiles, et dans des cases vitrées sont placés tous les os dont ces têtes se composent; on remarque avec admiration le nombre prodigieux d'os qui composent la tête d'un poisson. Dans quelquesunes des salles voisines et adjacentes sont des séries de tous les grands os des animaux vertébrés. La troisième pièce contient les squelettes des petits quadrupèdes; audessus des cases sont fixées à la muraille des cornes de ruminants, et sur des tables sont rangées méthodiquement des séries de dents, depuis l'homme jusqu'au cheval. Dans la quatrième salle sont des squelettes d'oiseaux et de tor-

tues. Dans la cinquième salle, des squelettes de reptiles, tels que lézards, serpents. Dans la sixième sont les muscles ; au centre est un corps humain dépouillé de sa peau, offrant ses muscles peints au naturel. La septième pièce contient les organes des sensations ; la huitième, les viscères; la neuvième, les organes de la circulation et de la sécrétion ; la dixième, les monstruosités et les fœtus de divers âges. Enfin Ton compte pour l'ensemble des différentes salles plus de 15,000 préparations anatomiques. On marche de surprise en surprise dans les quinze salles de ce cabinet.

Le bâtiment qui portait autrefois le nom de cabinet d'histoire naturelle, et qui contient la collection zoologique y fait face au Nord sur le jardin. Il a 130 pieds de longueur, et se compose de deux étages d'une architecture réguHère. Au Nord-Ouest, on a pratiqué, pour les visiteurs, une nouvelle entrée qui donne sur la rue Cuvier. Le rez- de-chaussée est occupée par une salle contenant les instruments employés dans les cultures ou leurs modèles. On y fait le cours de culture. L'intérieur est divisé en six salles au premier et cinq au second étage. Le nombre des mammifères dépasse 15,000 individus appartenant à 5,000 espèces. La collection des oiseaux comprend plus de 6,000 individus appartenant à plus de 2,300 espèces : cette collection est la plus complète. Celle des reptiles est aussi très-riche : elle contient plus de 1,800 indiyidus appartenant à plus de 500 espèces. La collection des poissons se compose de 5,000 individus et de 500 espèces, conservés avec un art qui a laissé subsister toutes leurs formes extérieures. Au milieu de ces merveilles est la statue de Buffon qui les a décrites avec tant de vérité. La collection des articulés sans vertèbres contient environ 25,000 espèces, et celle des inarticulés est également très-nombreuse. Le total des spécimens dépasse 150,000, et toutes les espèces sont classées avec un art tel, que, depuis le plus bas degré de l'échelle des animaux, comme l'éponge, jusqu'au plus élevé, comme l'éléphant, oc peut suivre les diverses gra-

dations de la nature animale pour arriver à l'homme;

La galerie minéralogique et géologique a été disposée dans» un nouveau cabinet construit à cet effet vers la partie orientale du jardin. Bâtiment de 180 pieds de long et 43 de^ large, et 10 de haut. La partie centrale de Tédifice contient la coUection minéralogique et de géologie ; la partie méridionale, la bibliothèque du musée, un amphithéâtre et d'autres pièces. La partie septentrionale est appropriée au» collections botaniques. La collection de minéralogie et de géologie est divisée en une allée centrale avec deux galeries^ de chaque côté, galerie dont le dessous est occupé par des laboratoires, des corridors et des pièces destinées aux professeurs et au service du musée. Au centre est une statue en marbre de l'illustre Cuvier par David d'Angers, une statued'flaûy par Brion, et un monument élevé à Dolomieu, le célèbre géologue, au moyen de prismes de basalte. La collection des minéraux est divisée en quatre grandes classes,. savoir : les substances terrestres acides, les substances* pierreuses, les substances inflammables et les métaux. La. coUection géologique a de même sa classification très-méthodique pour les différentes sortes de couches terrestres et^ fossiles. Les deux collections réunies comptent plus de 60,000 échantillons.

A l'étage supérieur est la galerie botanique, renfermant plus de 50,000 espèces. Le nombre des plantes sèches conservées excède 350,000, et celui des bois, fruits et grains, 4,500 articles.

La bibliothèque du musée se compose d'ouvrages sur l'histoire naturelle et les voyages, au nombre d'environ 35,000 volumes. Elle contient, en outre, une magnifique collection de dessins de plantes et d'animaux, renfermée dans plus* de 100 volumes in-folio, collection commencée en 1635, et connue sous le nom de Vélins du Muséum. Les plantes et les» animaux y sont rangés par familles naturelles.

Le jardin, dont la contenance est de 33 h^ divise en trois parties distinctes pour la jardin bas, s'étendant des bords de la Scj

et consacré à Tétude des végétaux et à leur culture ; le jardin haut, servant uniquement de promenoir, planté d*arbres verts, d'une manière irrégulière, appropriée aux accidents du terrain. La Vallée suisse, contiguê au jardin bas, est distribuée dans le genre pittoresque, suivant la diversité des besoins des animaux paisibles ou non apprivoisés qui l'habitent.

Le jardin bas est fermé, du côté du pont d'Austerlitz, par une grille accompagnée de deux pavillons, et paraît longitudinalement divisé en trois parties. Un large intervalle découvert, laissant apercevoir les galeries du musée, est de chaque côté accompagné d'une longue allée de tilleuls, puis de marronniers, et bordé d'espaces couverts, à l'endroit des plantations, d'arbres élevés, dont les masses sont partagées en carrés par des allées transversales. Au delà commsnce la culture des plantes potagères, puis vient ce qu'on appelle l'école des plantes potagères d'usage dans l'économie domestique, employées pour la nourriture de l'homme, pour celle des animaux, ou servant aux arts. Dans le bocage des arbres forestiers croissent, non loin les uns des autres, le marronnier venu de l'Inde pour orner nos jardins, l'acacia de l'Amérique du Nord pour border nos allées, le genévrier du Levant qui, planté par le célèbre Tournefort, a maintenant 43 mètres et demi de hauteur. Dans les premiers parterres placés dans l'intervalle des grandes allées s'étendant vis-à-vis des galeries , sont d'abord des fleurs et des plantes vivaces, puis un enclos fermé de grilles dans lequel on acclimate des arbres exotiques, et surtout des arbres résineux. Au milieu est une maisonnette à six pans, destinée à l'observation des abeilles. Au delà, dans un espace enfoncé, se trouvent encore des plantes vivaces ; puis vient ce que l'on nomme l'école de culture des fleurs. Les carrés les plus voisins de la grille d'entrée sont employés à la culture des plantes médicinales. Tout l'intervalle s'étendant à droite de l'allée de tilleuls jusqu'à la Vallée suisse est consacré à l'étude de 600 espèces ou variétés d'arbres fruitiers croissant sur le sol français.

Dans un premier enclos sont rassemblées toutes les espèces d'engrais, puis les matières propres à servir de support aux arbres fruitiers. Au-dessous sont des modèles de haies, de fossés, de clôtures naturelles, de murs artificiels pour former les espaliers, des greffes de toutes natures, présentant les phénomènes les plus singuliers par leur configuration ou par la réunion, soit de divers fruits sur une même tige, soit de plantations, de semis, de marcottes. Au delà est Técole des arbres fruitiers, classés d'après leurs fruits, à coques, à capsules, à noyaux, à pépins, à osselets, à baies. Au-dessus s'étend F école botanique, où 6,500 espèces de plantes sont rangées suivant la méthode naturelle de Jussieu. Chacune a une étiquette indicative de son nom, de sa famille, de sa classe.

Auprès de ces plantes sont les serres de différents degrés suivant la température du climat sous lequel végètent sur le globe les plantes qu'elles renferment. Il y a donc des serres chaudes et des serres tempérées.

Les serres chaudes^ construites à mesure que le musée s'est enrichi, sont situées à l'extrémité de la rampe qui conduit du jardin bas dans le jardin haut : Tune est placée à droite et l'autre à gauche de cette rampe. Elles sont destinées aux végétaux des tropiques. On y remarque le cacaotier, le cactus, sur lequel se nourrit la cochenille, le bananier, le mahagoni, ou bois d*acajou, le ficus elasticuSy dont le lait produit la gomme élastique. Parmi les plantes herbacées, on distingue la xylophylla, dont les fleurs naissent sur le bord de ses feuilles ; le sainfoin oscillant ; des grenadilles et des bignones qui étendent sur le toit leurs flexibles rameaux.

Dans une autre partie des serres, on voit Farbre à pain sauvage, le bétel, l'arec, le muscadier, le cacao et le caféier, dont le premier pied, envoyé du jardin de Leyde à Louis XIV, .donna des graines qui, expédiées aux Antilles, ont formé l'un des premiers éléments de ' nos colonies. On y voit une espèce de sagou^^ des dattiers et d'autres arbres exotiques, j

cierge de Pérou, s'élevant dans une lanterne vitrée de 13 à 14 mètres de hauteur, le cycas de Flnde et celui du Japon, le palmier éventail qui arracha des larmes de joie au petit nègre que le navigateur Bougainville avait ramené de son voyage autour du monde ; on aperçoit le latanier, le passiflora elata, dont les rameaux, s'étendant sur le toit, de 1 6 mètres de longueur, sont pendant huit mois chargés de fleurs.

Les serres tempérées s'élèvent, parallèlement aux allées du jardin, à rentrée de la Vallée suisse. La principale a 67 mètres de long sur 8 de large et 9 de haut. Elle se trouve dans un lieu bas situé en avant de lapremière butte. Elle est chauffée seulement quand le thermomètre descend, au dehors, au-dessus de zéro. Elle sert d'abri aux arbres croissant dans l'hémisphère boréal, sur la terre de Van Diemen ou Tasmanie et la Nouvelle-Zélande. Devant elle, dans un terrain enfoncé de 3 mètres au-dessous du sol de Tancien terrain, est le jardin de naturalisation, orné, durant Tété, des arbres de TAustralie. Près du puits est un mûrier à papier. Sur le même niveau est le jardin des semis, par lequel s'accroissent et se renouvellent sans cesse les richesses botaniques de ce magnifique établissement.

Entre les deux nouvelles serres on arrive au jardin haut. A droite est une petite butte formant une promenade agréable d'où Ton jouit d'une perspective assez étendue. A gauche est une colline fort rapide, couverte de sapins et ' d'arbres verts. En gravissant le plateau par des allées formant labyrinthe, on voit un cèdre du Liban, planté en 1735 par le célèbre Bernard de Jussieu. Lorsqu'on est arrivé au kiosque ou pavillon couronnant le monticule, on a de cette espèce de belvédère un point de vue encore plus riche et plus étendu, on plane sur une grande partie de Paris, on domine sur Vincennes, on observe le cours de la Seine et de la Marne ; enfin, l'on a devant soi toute la plaine d'Ivry à l'Est, les buttes Montmartre au Nord, et Sceaux vers le Sud. Au sommet de ce kiosque élégant est une sphère ar-

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millaire est une méridienne à détonation, où se lit cette inscription latine : Horas non numéro, nisi serenas^ qui veut dire : « Je ne compte que les heures sereines. » On remarque, en descendant, une colonne de granit, entourée vers sa base d'échantillons de minéraux, et qui sert de monument funèbre au savant Daubentoh, lequel donna cinquante années d'une vie paisible et laborieuse à étudier la nature dans ce musée, où il fut inhibé.

Au pied delà colline se trouve, à l'Ouest, Vamphithéâtre pour les cours, et dans le voisinage sont les logements des professeurs du musée. C'est dans un de ces logements que le célèbre Cuvier rendit le dernier soupir. L'amphitéâtre peut contenir 1,200 personnes. A la porte du monumenrt sont placés en été deux palmiers siciliens de 8 mètres de hauteur, qui furent envoyés à Louis XIV.

Au nord de Tamphithéâtre est la ménagerie d'animaux qui y fut amenée de Versailles en 1794. Elle est variée dans son intérieur par des enfoncements et des élévations ; elle se termine en plaine vers le quai, et communique avec le jardin par trois entrées. Les animaux paisibles y sont répartis dans quatorze enceintes, six à l'ouest du bâtiment appelé la rotonde, et huit à l'est, vers la Seine. Chacune est subdivisée en autant de compartiments cjlie l'établissement possède d'espèces diverses. Ce lieu est trèspittoresque ; on y marche dans des avenues sinueuses. Entre les loges et les compartiments, on aperçoit ici l'alpaga au long poil, avec le mouton d'Afrique à large queue ; là , le mouton du Morvan à longue laine, avec le bouc et une chèvre de Tartarie ; plus loin sont les oiseaux et les tortues, les gallinacés et les autruches, les daims et les bouquetins. Une rotonde environnée de piliers sert à loger un mulet de la race du zèbre ; une autre sert d'abri à l'éléphant, une autre à la girafe. Entre la ménagerie des animaux paisibles et le jardin sont, dans les fossés, plusieur s ours, sujets de fréquents et malins quolibets populaires. Derrière les bœufs et les vaches d'Inde est une magnifique faisanderie contenant des faisans de tous les pays.

Près d'eux sont les oiseaux de proie et les perroquets.

Une superbe rotonde ou galerie circulaire en fer, fermée par un treillage, et construite sous le roi Louis-Philippe, est affectée aux ébats des singes. Le fond de cette rotonde présente un hémicycle en maçonnerie contenant un rang de loges où Ton renferme les singes pendant la nuit et durant les jours froids et pluvieux. Cet hémicycle est chauffé durant l'hiver par des calorifères. Il y a sous la voûte, couverte en cuivre laminé, des cordes pendantes et des balançoires, où Ton peut suivre les jeux, les tours d'adresse de ces mimes agiles autant qu'infatigables et légers.

Enfin, plus près de la Seine, est la ménagerie des animaux féroces, composée de vingt et une loges ; on y voit des lions, des tigres, des léopards, des ours, des hyènes et autres.

XIL — Manufactures de Sèvres et des Gobelins.

Manufacture de Sèvres (Seine-et-Oise). Le musée céramique est ouvert au public le jeudi de midi à 4 heures, et tousses jours aux mêmes heures sur billet. Les magasins de la manufacture sont ouverts au public les mardis, jeudis et samedis, aux mêmes heures.

Cet établissement a pour objet de maintenir la bonne fabrication de la porcelaine, et d'en étendre les progrès en exécutant les ouvrages les plus dignes de servir de modèle. Elle possède un musée (musée céramique) d'une grande richesse, renfermant une collection des objets relatifs à l'histoire ou au perfectionnement des arts céramiques. On y a réuni tout ce qui peut intéresser les amateurs ou diriger la fabrication.

Manufacture des Gobelins , avenue des Gobelins , XIII* arrondissement. Ouverte sur billet le mercredi et Je samedi, de 2 à 4 heures ou de 1 à 3 heures, suivant la saison.

Cette manufacture, qui remonte à 1540, fut fondée par Jean Gobelin, dont elle a reçu le nom. Elle est consacrée à la fabrication des fapisseries et à celle des tapis dits de la Savonnerie. Cours public de chimie appliquée à la teinture.

Xin. — Archives de l'État.

RUE DES FRANCS-BOURGEOIS, 58, kV MARAIS, III« ARRONDISSEMENT.

Le dépôt central des archives renferme les documents d'intérêt public appartenant à TEtat. Il contient plus de quatre-vingt-dix millions d'actes ou de titres, répartis dans environ 300,000 cartons, liasses ou registres.

Les archives nationales, placées successivement dans le couvent des Capucines de la rue Saint-Honoré, puis aux Tuileries, puis au Louvre, puis au palais Bourbon, sont, depuis 1810, installées dans l'hôtel que le prince de Soubise fit construire en 1706, et qui est devenu propriété nationale en 1789 ; il a été récemment restauré.

Les demandes de renseignements, de communications et d'expéditions doivent être faites par lettres adressées au directeur général, ou en personne au secrétariat des Archives, de 40 à 3 heures. Une salle, dite salle du public , est ouverte chaque jour, sauf le dimanche, de 10 à 4 heures, pour les communications sans déplacement. Le public est admis à visiter les autographes des rois de France le jeudi, de i 1 à 4 heures.

Aux Archives a été réunie, en 1846, l'École des Chartes, installée dans ce qui reste de l'ancien hôtel de Guise et de Clisson.

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