‹ Guide universel et complet de l'étranger dans ParisChapitre 110 sur 273 · AU BUREAU · texte numérisé non relu

AU BUREAU

Avant-scènes des premières 10 fr.

Avant-scènes du rez-de-chaussée .... lO

Premières loges de face 6

Premières loges de balcon l

Première galerie 5

•Fauteuils d'orchestre 5

Avant-scènes des deuxièmes 3'

Premier balcon 4

Baignoires 4

Deuxièmes loges de face 3

Deuxièmes loges de côté 2

J)euxième galerie. 2

Deuxième balcon 1 fr. 50 2 fr.

Parterre 2 3

Avant-scènes de la troisième galerie. . . i

Troisième galerie 1

Troisième amphithéâtre » 75

Quatrième amphithéâtre » 50

OPÉRA ou acàdémic hationale de musique.

{Ancien Opéra, rue Lepeletier et rue Drouot, près du boulevard des Italiens (ix* arrondiss.). — Nouvel Opéra, boulevard des Capucines. et entre les rues Âuber, Scribe, Neuve-des<Mathurins et Halévy (ixe arrondiss.)

L'Opéra date de 1645. Le cardinal Mazarin voulant flatter les goûts de la reine Anne d'Autriche, qui aimait passionnément les spectacles, fit venir d'Italie une troupe de musiciens de cette nation, puis une autre troupe d'acteurs et de chanteurs, qui représentèrent la tragédie d'Andromède, et, aux noces de Louis XIV, VErcole amante (Hercule amant) Les troubles de'la Fronde suspendirent les opéras, et éloignèrent les chanteurs italiens. Mais bientôt les maîtres de musique de la reine, Lambert et Cambert, conçurent le projet de donner des opéras français ; ils hasardèrent la représentation d'une pastorale, qui, en 1659, fut jouée à Issy, ensuite à Yincennes. La cour y assista, et la pièce réussit. En 1669, l'abbé Perrin obtint le privilège d'établir des opéras à Paris et dans les autres villes du royaume. Il composa avec ses associés la pièce de Pomon", qui fut jouée en 1617 dans le jeu de paume de Bel- Air, rue Mazarine, vis-à-vis de la rue Guénégaud. En 1672, une querelle survenue entre l'abbé Perrin et ses associés lui fit retirer son privilège, que Louis XIV accorda au célèbre musicien florentin Lulli, et alors fut réellement fondée l'Académie royale de musique, pour les opéras français. A la mort de Molière, en 1673, le théâtre du Palais-Royal fut cédé à cette Académie, qui y resta longtemps. Les premières femmes qui jouèrent et chantèrent n'y parurent qu'en 1681. Le premier bal de l'Opéra y fut donné en 1716. Mais, en 1763, le feu ayant pris à la salle, l'Opéra dut

se réfugier au Théâtre des Tuileries. Un incendie l'ayant aussi dévoré en 1781, Fopéra reprit sa vie errante, et s'établit provisoirement à la Porte-Saint-Martin jusqu'en 1794, d'où il vint dans une nouvelle salle que le gouvernement lui avait fait construire sur la rue Richelieu, en face de la Bibliothèque nationale. L'Opéra s'y était maintenu jusqu'en 1820; mais, à cette même année, le duc de Berry étant tombé sous le poignard de Louvel, on résolut de démolir la salle et d'élever à sa place un monument expiatoire. La révolution de 1830 empêcha l'érection du monument, et mita sa place une fontaine. Dès l'année 1820, l'architecte Debret construisit une nouvelle salle d'Opéra sur la rue Lepeletier, près du boulevard des Italiens. C'est là qu'était, jusqu'à ces derniers temps, l'Académie nationale de musique, détruite en 1873 par un incendie. Un décret de 1860 décida l'érection d'un nouveau théâtre monumental, dont M. Garnier a été chargé, et qui touche à son complet achèvement. La façade principale est sur le boulevard des Capucines. Il est isolé de toutes parts par les rues Auber, Scribe, Neuve-des-Mathurins et Halévy.

La façade du nouvel Opéra se compose d'un soubassement avec deux avant-corps, percé de deux arcades, dont les intervalles sont ornés de groupes, de statues et de médaillons. Au-dessus s'élève un ordre corinthien à colonnes accouplées, séparant sept vastes baies et formant ce qu'on appelle en Italie une loggia. Deux frontons s' arrondissant sur l'entablement des avant-corps coupent heureusement l'horizontalité de la ligne. Cet ordre supporte un attique décoré de groupes, de bas-reliefs et de cartouches, et terminé sur la ligne de ciel par un cordon de masques tragiques et comiques en bronze.

Voilà l'ossature de la façade indiquée. Toutes ces parties sont en pierre blanche.

Les grandes colonnes des travées sont monolithes et n'ont pas moins de 10 mètres 20 centimètres de hauteur .

Entre les colonnes accouplées dont la blanclie tache d'un fond jaspé, s'encadre un petit ordj

deux colonnes en marbre jaspé, aux chapiteaux dorés, supportant une frise au-dessus de laquelle s'ouvre, entre deux consoles, richement ornées et terminées par des masques de théâtre dans un champ de marbre de couleur, un grand œil- de-bœuf, où s'ajuste sur un piédouche le buste en bronze doré d'un compositeur illustre. La base du piédouche est blasonnée des armes d'une ville ; sur une plaque en marbre vert de Corse, incrustée dans la plaque du petit ordre, des lettres gravées et dorées nomment le musicien célèbre représenté par le buste. Un balcon dont les balustres sont en marbre vert de Suède, achève de remplir la travée. (Théoph. Gautier, Journ. off., 5 août 1867.)

Les groupes qui décorent la façade de l'Opéra sont au nombre de quatre. Ils représentent, en commençant par la gauche, la Musique, la Poésie lyrique, la Tragédie lyrique et la Danse. La Musique est de M. Guillaume ; la Poésie lyrique de M. Jouffroy, la Tragédie lyrique de M. Perraud ; la Danse de M. Carpeaux. L'Idylle, la Cantate, la Fable, l'Elégie, tels sont les sujets des statues qui ont pour auteurs MM. Ancelin, Chapus, Dubois et Vatrinelles, Falguiôres. Les avant-corps sont surmontés de la Poésie lyrique et les Muses d'une part, et de l'autre, de la Po/isie lyrique, qu'accompagnent des Renommées. Ces morceaux sont dus à M. Gumery et sont en bronze doré.

Sur le pignon du grand mur de la scène, on a monté uu Apollon de M. Aimé Millet. Deux Pégases, de M. Lequesne^ occupent les angles de ce mur. Toutes ces figures, de proportions colossales, sont exécutées en bronze galvanoplastique.

La balustrade qui isole l'édifice est en pierre du Jura, avec balustres en marbre jaspé d'Italie, surmontée de statues et de lampadaires.

Voilà pour l'extérieur ; quant aux travaux intérieurs, ils sont activement poussés. Le vestibule, qui s'étend le long de la façade principale, donne accès à une vaste salle, ornée de colonnes accouplées en marbre, et contenant l'escalier d'honneur.

Les décorations du foyer avancent rapidement. M. Amboise Baudry a consacré plusieurs années à des compositions qui feront de ce foyer Tune des plus belles salles du monde.

L'Opéra était avant i866 administré par le ministre d'Etat de la maison de l'Empereur. Depuis cette époque, le directeur de l'Opéra administre son théâtre à ses risques et périls, mais en recevant une subvention. Les artistes dont les appointements sont au-dessous de 40,000 fr. sont astreints à une retenue pour la constitution d'une caisse de retraite. La plupart des chanteurs sont formés parle Conservatoire de musique. Les ballets se composent des premiers danseurs et des premières danseuses. Le nouveau théâtre de l'Opéra, boulevard des Capucines, sera ouvert seulement en ^875; nous ne pouvons encore donner le prix des places. Voici quel était le prix à Tancien Opéca (rue Lepelletier).

Prix des places à Vancien théâtre de rOpéra (rue Lepelletier) :

âu en

bureau location

Orchestre. 10 fr. 12 fr.

Amphithéâtre 12 15

Avant-scènes du rez-de-chaussée .... iO H 2

Avant-scènes, premières loges 12 14

Premières loges de face 12 il

Premières loges de côté 8 10

Avant-scènes des deuxièmes loges ... 8 10

Baignoires 8 io

Deuxièmes loges de côté 7 io

Troisièmes — face 6 9

— — côté A 6

Quatrièmes — face 4 6

— — côté 2 50 .3

Cinquièmes — — 2 SO 3

Parterre 5 7

Amphithéâtre des quatrièmes 2 50 3

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