COLONISE DE JUILLET
(On y monte tous les jours, en s'adressant au gardien.)
La forteresse de la Bastille, qui avait si longtemps servi de prison aux personnages détenus en vertu des lettres de cachet, ayant été prise par le peuple le 14 juillet 1789, un décret de l'Assemblée nationale de 1790 ordonna qu'elle serait immédiatement démolie et que les matériaux provenant de cette démolition seraient employés à la construction du pont Louis XVI, aujourd'hui pont de la Concorde. Le terrain, vide alors, devint une des places de la capitale, et, quand Napoléon, huit ou neuf ans plus tard, se fut emparé du pouvoir, il décréta TétabUssement d'une fontaine au centre de cette place. L'eau devait y jaiUir du corps d'un éléphant, dont le modèle en plâtre exista longtemps. Sous la Restauration, il fut question d'élever une figure colossale de la ville de Paris, au lieu de l'éléphant de Napoléon; mais, après les événements de juillet 1830, le gouvernement et les Chambres déclarèrent par une loi qu'on érigerait une colonne commémorative de la révolution, et que cette colonne se nommerait colonne de Juillet. La loi reçut sa pleine exécution, et le monument fut inauguré le 28 juillet 1840, par le roi en personne, entouré des grands corps de l'Etat et d'une foule im mense .
Un piédestal carré en marbre, élevé sur une^ ogive, sous laquelle passe de canal Saint-Ma^
pr':s du pont d'Austerlilz, se mêler à la Seine, supporte la colonne de Juillet. Sur le côté occidental de ce piédestal carré est un lion en bronze sculpté en bas- relief, lequel est à la fois F emblème et le signe zodiacal du mois de juillet. Sur le côté opposé sont les armes de la ville] de
Coloune de Juillet.
Paris, et les deux autres côtés sont entourés de palmes et de guirlandes. Les angles du piédestal supportent quatre coqs gaulois, soutenant une guirlande qui retombe en feston. L'embasement de la colonne embrasse une circonférence de 16 mètres 60 centimètres. Le fût se compose de vingt tambours unis ou couchés, ou chargés d'orne-
ments; ces tambours, qui ont une circonférence d'environ; 1/2 mètre et offrent 2 mètres d'élévation, sauf deux qui n'on« que 1 mètre de hauteur, servent de caveaux et contiennent les victimes de Juillet 1830 et de Février 1848. Le chapi^ teau couronnant le fût est couvert d'ornements dans lesquels figurent des tètes de lions et quatre enfants supportant des guirlandes. Au-dessus est une lanterne à coupofe ornée, sur laquelle est placée une boule d'un mètre de diamètre ; le génie de la Liberté surmonte le tout, tenant d'une main des chaînes brisées et de l'autre un flambeau. La coupole, élevée de 43 mètres au-dessus du sol, a 4 mètres de haut et 11 de circonférence; la statue a 4 mMres* EMfin, dans le fût de la colonne est pratiqué un escalier à colimaçon en bronze, découpé à jour, avec des rampes du môme métal; il y a 210 marches, et deux personnespeuvent y passer de front. Les travaux, confiés d'abord à l'architecte Alavoine, ont été, après sa mort, continués par l'architecte Duc. MM. Soyé et Ingé ont fondu toutes le» pièces de métal, exécutées d'après les dessins de Barye et Dumont. Du haut de la colonne on jouit d'une magnifique perspective sur Paris et les environs. Fortement endommagée dans les tristes événements de mai 1871, cette colonne est maintenant complètement réparée.
N'oublions pas de citer l'inscription sur le piédestal decette colonne ; la voici : t A la gloire des citoyens fran;çais qui s'armèrent et combattirent pour la défense des libertés publiques, dans les mémorables journées des 27» 28 et 29 juillet 1830. » Sur le fût de la colonne sont inscrits les noms des victimes de la Révolution de 1830.
COLONNES DE l'aNCIENNE BARRIÈRS DU TRONE.
Ce monument se compose de deux colonnes érigées en 1688 et qui étaient destinées à recevoir des trophées sur la partie inférieure de leurs fûts. Lorsque Louis XIV fit son entrée triomphale dans Paris, le 26 '^^
tr6ne lui avait été élevé en ce lieu même.
hommages des magistrats de la capitale : de là est venu le nom du Trône donné à cette barrière, qui terminait le faubourg Saint- Antoine et regarde le château de Vincennes, dont elle n*est éloignée que d'un kilomètre. Sous la Terreur, la place qui se trouve en deçà de cette barrière devint un lieu supplémentaire d'exécution. Les jacobins, en 1793, y firent guillotiner en un seul jour cinquanteneuf victimes politiques. Cette place a maintenant une destination plus humaine et plus pacifique : c'est un point de réunion et de fête pour les habitants du faubourg Saint-Antoine, qui vont de là jusqu'au village de Saint- Mandé et au bois de Vincennes, par une double avenue plantée d'arbres. Les deux colonnes sont surmontées des* statues colossales en bronze de saint Louis et de Philippe- Auguste.