‹ Guide universel et complet de l'étranger dans ParisChapitre 188 sur 273 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Une ville immense, cachée à tous les yeux, ignorée de U plupart des Parisiens, plus vaste que Paris mênie, existe SOUS; le sol de cette grande cité, ayant ses rues, ses places, sçs carrefours, ses fontaines, contenant plusieuî-s millions «le cadavres humains, dont il ne reste plus que les ossements. Ces débris do l'espèce humaine çont rangés des deux côtés de ces voies prodigieuses en forme de muraiUes, dont les parois extérieures sont composées des os^ céments les plus volumineux ; les têtes constituent âo^ çspèces de créneaux, et le reste est jeté par derrière^ CeU« ville est décorée d'inscriptions ; on y voit même une s^rlQ de musée où Ton a recueilli tous les ossements qui op'rîiiient pour la science quelque chose d^ extraordinaire.

Ces Innombrables ^uterrains^ qui occupent sous le sol tle Paris une surface de plus de 674,000 mètres, sont dus à Pextraction des pierres de taille ou autres pour la coii* struction des maisons ou pour d'autres usages ; extraction qui a commencé avec le xiv* siècle. Ces souterrains sont situés en majeure partie sous le faubourg Saint-Jacques et sous le territoire de Monts&uris et de Gcntilly. Ce fut \h <iu'on établit, en 4786, des catacombes ou ossuaires composés de tous les ossemeitts du cimetière des Innocents et d'autres cimetières de la capitale que Ton venait de sup. primer. Dans la suite, et pendant ou après les orages révolulionuai.r^s, les corps des personnes tuées dans les troubles politiques et les ossements des paroissi?s et ra$i8ons relirgieuses de P^ris furent de même déposés aux Catacombes, 0(1 Ton amena encore, en 4808, 4809 et 4814, divers ossements trouvés dans des excavations.

il y a plus de 70 escaliers pour descçjjjj^igjjllll^^atatombes ; les trois principaux se trouventj

cour du pavillon occidental de Fancienne barrière d'Enfer ou d'Orléans ; le second à la Tombe-Issoire, qui est fennée depuis 1794; et le troisième dans la plaine de Monfsottris.

Ce que Ton nomme Tautel des obélisques est une construction de 1810, qui eut liea pour consolider le ciel de la carrière, dont les affaissements avaient fait naître de& craintes. Cet autel et ces obélisques sont imités de l'antique, et ont des piédestaux faits avec des ossements. D'autres^ travaux de consolidation ont reçu la forme d'un monument sépulcral, appelé le tombeau Gilbert.

La lampe sépulcrale se compose d'une lampe antique et du piédestal en ossements qui la supporte ; près de là est un pilier sur lequel est gravée l'inscription : Mémento quia pulvis es, qui veut dire : « Souviens-toi que tu n'es que poussière. » Sur un autre pilier sont des sentences tirées, de r Imitation de Jésus-Christ, Des chapelles, appelées l'une le tombeau de la Révolution, l'autre le tombeau des Victimes, contiennent aussi un grand nombre d'inscriptions, avec les ossements des victimes des premiers temps de la Révolution et des massacres des 2 et 3 septembre 1792.

Une source, que l'on découvrit près des travaux de consoliualion, fut appelée d'abord source de l'Oubli, pour changer plus tard ce nom en celui de fontaine de la Samaritaine, à cause de l'inscription qu'elle porte, et qui rappelle les paroles adressées par le Christ à la Samaritaine.

Dans une exploitation inférieure, que reconnut en 1777 un militaire vétéran, appelé Décure, on remarque un trèscurieux plan en relief de Port-Mahon, que ce vieux soldat mit cinq ans à exécuter.

Près de là, sur un vestibule, on lit entre autres inscriptions les deux suivantes, que nous traduisons du latin c( Au delà de ces limites reposent les ossements de ceux qui attendent une vie meilleure. »

« Arrête ! c'est ici l'empire de la mort. »

L'air, dans ces galeries, dont l'une s'étend jusqu'à 7 kilomètres, est épais et imprégné d'une sorte d'humidité acre :

on finit par s'y trouver oppressé, et l*on a hâte de revoir la lumière du jour.

On ne peut visiter les catacombes que trois ou quatre fois par an, avec une permission de l'ingénieur en elief qui réside à THôtel-de-Ville, permission quMl est fort Hifîîcllo d'obtenir.

fETIT GUIDE AUX ENVIRONS DE PARIS

Allons visiter quelques-unes des localités de la banlieue ; car la splendeur de la capitale n'est pas entièrement concentrée dans ses murs ; ses alentours y ont leur part ; et, sous ce rapport, aucune métropole n'en offre à l'œil d'aussi intéressants, n'eût-elle que Versailles, Saint-Germain, Saint- (>loud, Saint-Denis, Montmorency et Fontainebleau. Rendons-nous d'abord à Versailles par un des deux chemins de fer qui y conduisent.

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