III. — Paris sous la seconde race des rois de France
Les rois de la seconde race ne demeurèrent pas habituellement à Paris, non plus que les derniers Mérovingiens. Cependant Charlemagne y vint quelquefois et y ouvrit deux écoles. Louis le Débonnaire y assembla deux conciles. Après sa mort se développa la puissance des comtes de Paris, et l'un d'eux, Eudes, joignit au titre de comte de Paris celui de duc de France. Au neuvième siècle, la ville fut plusieurs fois ravagée par les Normands qui remontaient la Seine. Les faubourgs furent pillés et
brûlés en 841, 845, 856, 861. Les Parisiens fortifiôreni leur ville, élevèrent des tours à l'extrémité du Petit-Pont et du Grand-Pont de la Cité (aujourd'hui pont Saint-Michel et pont au Change), et, dirigés par le comte Eudes et l'évéque Gozlin, soutinrent, en 885 et 886, un siège de treize mois, qui a été chanté dans un pocme latin par un contemporain, Abbon, moine de Saint-Germain des Prés. Le comte Eudes, déjà duc de France, fut proclamé roi en 888, après la déposition de Charles le Gros. Robert, frère du comte Eudes, eut pendant un an le titre de roi ^922- 923). Le fils de Robert, Hugues le Grand, comte de Paris et duc de France, eut lui-même pour fils et pour successeur, dans son comté et son duché, Hugues Capet, qui fut proclamé roi de France, dans l'assemblée de Noyon, en 987.