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VII. — Les eaux

Une conduite d'eau en poterie, découverte dans les fouilles de l'égout de la rue de Rivoli, et les restes d'un aqueduc d'Arcueil, visibles encore au palais des Thermes, prouvent que, dès la domination romaine, Lutèce était approvisionnée d'eaux de source. Au moyen âge , les sources des Prés-Saint-Gervais furent amenées par un aqueduc au bas de la butte Montmartre, au monastère de Saint-Laurent. Plus tard, les religieux de Saint-Germaindes- Champs amenèrent à Paris les sources de Belleville. Sous PhiUppe-Auguste, la propriété des eaux de Saint- Gervais et de Belleville passa aux rois de France, et, au quinzième siècle, elle fut dévolue à la municipalité. L'insuffisance des sources fit naître l'idée d'employer l'eau de Seine, et en 1608 on construisit la pompe de la Samaritaine. En 1613 fut posée la première pierre de l'aqueduc d'Arcueil, qui en 1624 amenait sur les hauteurs de la rive gauche les sources de Rungis. En 1670, on revint ji, de Seine, pour cause d'insuffisance ; et la pomjj Dame fut construite cette même année. En j nouvelle machiné fut établie sous le pont de Ij

mais sans succès. Les premières pompes à feu dalent de 1777, et le filtrage de 1763 à 1782.

Tous ces essais pour l'alimentation d'une grande ville n'avaient abouti à produire, sur la fin du dix-huitième siècle, qu'un volume de 7,986 mètres cubes par 24 heures. La canalisation de TOurcq et l'établissement du grand bassin de la Villette, de 1797 à 1809, amenèrent d'un seul coup 170,000 mètres cubes sur les hauteurs de Paris. Depuis ce grand travail, M. Mulot a foré le puits artésien de Grenelle (1833-1841), profond de 548 mètres, débitant 940 mètres cubes par jour. Le puits artésien de Passy, creusé de 1855 à 1861, donne par 24 heures 16 à 17,000 mètres cubes.

Deux nouveaux puits artésiens ont été forés pendant ces dernières années, l'un sur la place lîébert (XVIII* arrondissement), et l'autre au sommet de la butte aux Cailles (XI 1I« arrondissement) .

L'insuffisance des eaux de Paris avait depuis longtemps frappé l'édilité parisienne. De là la création des vastes réservoirs de Ménilmontant et de Belleville et la dérivation des eaux de la Dhuys, rivière du département de l'Aisne qui se jette dans le Surmelin, affluent de la Marne.

Le réservoir de Ménilmontant a deux étages : l'étage supérieur, qui est à 108 mètres au-dessus du niveau de la mer, reçoit les eaux de la Dhuys. Il est circulaire et sa capacité est de 100,000 mètres cubes. L'étage inférieur, qui reçoit les eaux de la Marne, a une capacité dé 30,000 mètres cubes. — Une machine à vapeur de 15 chevaux puise dans le réservoir de Ménilmontant l'eau destinée à ahmenter le réservoir de Belleville, également à 2 étages, et plus élevé que le précédent. — Il dessert les quartiers les plus hauts de la ville.

Le produit de la dérivation des eaux de la Dhuys est évalué à 40,000 mètres cubes par jour. La longueur totale de l'aqueduc est de 134 kilomètres, auxquels il faut ajouter 25 kilomètres pour l'aqueduc affluent de Surmelon.

Enfin, on a établi à Montrouge un vaste récipient, des-

tiné à recevoir les eaux de dérivation de la Vanne, petite liylère qui prend sa source dans le département de TAube, à la limite des plaines crayeuses de la Champagne et à 14 kilomètres de Troyes. L'aqueduc de dérivation a une longueur totale de 175 kilomètres. Après avoir franchi la vallée de la Bièvre au moyen d'un pont-aqueduc, élevé au-dessus de l'ancien aqueduc d'Arcueil, il entre dans Paris par le sommet du plateau de Montrouge.

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