VIII. — L'éclairage
Lorsqu'on se promène le soir dans les rues de Paris et que la lumière artificielle du gaz remplace celle du soleil, on jette rarement un regard vers le passé, et l'on ne se demande pas comment étaient éclairés nos ancêtres.
Depuis l'antique couvre-feu, qui dura jusqu'au seizième siècle, on fit usage de chandelles fumeuses jusqu'en 1769.
Ce fut alors que le sieur Saingrain, ayant remporté le prix soumis au jugement de l'Académie des sciences, on adopta les lampes à l'huile, qui ne projetaient encore, malgré les réflecteurs dont elles étaient munies, que trèspeu de lumière.
L'invention de l'éclairage au gaz est due à Philippe Lebon. La priorité de cette découverte lui fut acquise par un brevet daté de 1798, et par le mémoire plus expHcite qu'il présentait l'année suivante à l'Académie des sciences.
Dès l'année 1801, Lebon réalisa son invention en établissant, rue Saint-Dominique, à l'hôtel de Seignelay, des appareils appelés par lui thermolampes. Son invention, peu encouragée, ne lui profitait guère. 11 se raidissait néanmoins contre les difficultés, quand il tomba, frappé par une main inconnue, aux Champs-Elysées.
Cependant, l'éveil était donné. En 1812. le comte de Chabrol confia à une commission de savants, composée de Cagnard de la Tour, Pinsot, d'Arcet et Paupert, la conslruction d'une usine d'éclairage pour l'hôpital Saint-Louis
Il leur demanda en outre d'étudier à fond les procédés de fabrication et d'épuration du gaz.
En 1820, Pauwels éclairait au gaz le théâtre de TOdéon et les rues environnantes. Peu de temps après, six grandes usines s'élevaient successivement dans Paris.
Réunie actuellement sous la direction d'une puissante association, la fabrication du gaz fournit, à Paris, une quantité de lumière équivalente à celle de 500,000 lampes Carcel; et qui dure chaque soir cinq heures en moyenne.